COMME LE BLEU SE FAIT INTENSE


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COMME LE BLEU SE FAIT INTENSE

 

Le pavé froid tend sa joue

à travers les barreaux de sa cage le quotidien va choisir de s’évader.

Dans les pages du jardin secret, l’insecte balade son encre sans relâche, est-il si petit qu’on arrive parfois à ne plus le voir ?

C’est vrai que sa vocation peu exhibitionniste l’oblige à cacher, pourtant croyez-moi, plus nu tu mourrais.

Je pense que l’âme est vaste au point d’avoir choisir d’habiter le corps afin de pouvoir rester dans l’étriqué visible. Modestie oblige.

Septembre est  bien dans sa peau, je veux dire la peau de l’âme car elle en a une et bien plus charnue qu’on l’imagine. Ce mois est humble, voilà pourquoi il lui sied. On voit les pampres sur le bord d’éclater, la treille déleste ses feuilles pour tenir le grain le plus longtemps possible afin que dans les jours à venir les pieds puissent le fouler. Jaillira le sang de la vigne, l’ivresse joyeuse venant à bout du vain.

Comme le bleu se fait intense

Ô ma Muse, je te trempe aux feuilles de mes toiles pour que tu peignes, seins offerts à ma soif de la troisième dimension du non-dit, ce mot qui crie retenu, lisible comme les gravures de pierre d’une obélisque jaillie du Nil, axe solaire s’il en est dans les bras du Sphinx, gardien imperturbable du fil des cataractes, grand maître de l’estuaire, pierre fendue de la Lumière…

Niala-Loisobleu – 07/09/18

ENTRE TIEN EMOI 26


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ENTRE TIEN EMOI 26

 

La chaleur étouffante aurait pu me couper les doigts si tu ne les avais pas mis à l’abri au coeur de cette ombre où l’amour marche bandé. Sans même un regard pour la folle du 3ème qui a tombé son chat en bas, sans doute dans un de ses délires, elle se remet à peindre, enfin c’est comme ça qu’elle appelle son ignorance en général d’un sentiment simple et naturel. La chaleur lance son ultime offensive, enfin j’espère, tellement besoin de me rafraîchir que je bois à la source à grand coup de la baguette à trouver. Ouah dure à tenir, comme ça vibre. Et le chien qui observe les oreilles dressées, rien ne lui échappe, on peut être tranquilles tu sais, tu te souviens comme il a bondit quand le facteur d’un piano faux voulait que tu lui accordes une faveur. La menthe a mille yeux, c’est comme la valse a du tant. Notre manière de la danser java, semble lui plaire. Si tu veux mets l’aiguille à tricoter sous son odeur rafraîchissante deux ou trois glaçons pour durcir les pointes une pincée d’Apollinaire en traversée d’estuaire, loup y es-tu, la culotte du zouave emportée par la dernière crue et la main de masseur te thaÎ les riens en un rein couleur exotique, chassons les maux, y mouchent à merde, quand on sème les greniers se purgent.

Niala-Loisobleu – 22/08/18

ENTRE TIEN EMOI 12


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ENTRE TIEN EMOI 12

L’éloignement des cigales redonne un pneu de la voie menant plus clairement à l’indicateur de vie test. Avant que les vaches retournent aux trains libérés des pannes l’entre deux-mers asperge la plage du bord à bord au bruimisateur. Ce qui reste de poussière aspire à s’ensacher. La couleur des arbres change de fruit au fur et à mesure que l’encre se lève. Pas loin un oiseau va décrocher l’abstinence. L’atelier secoue le tapis à grands coups de poitrine, on voit plus clair dans la menthe. Sur la Chaume le tilleul ombre l’herbe qui choisit de redresser. Vigueur de bas en haut, remède archi…

Niala-Loisobleu – 06/08/18

INITIATION SPONTANÉE


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INITIATION SPONTANÉE

le peigne tentaculaire

et

spectral

de mon nom tétragramme

peigne

la belle chevelure

terminologique

poussée

sur le corps

de

Olga

de même que

la fameuse position

erotique

dénommée « le cheval »

peigne la chevelure du

néant le peigne hypothétique de mon signe nominal

peigne

la chevelure spectrale

de

Olga

il peigne il saigne il chevauche jour et nuit la belle chevelure télépathique déchaînée sur le nom fatal sur le nom ovale de
Olga

dans un corps-à-corps

télépathique

télépathique splendide

et

complémentaire

on peigne on saigne on chevauche

jour et nuit

le tête-à-tête antithétique

de

ces deux tétragrammes

spectraux

de même que

le fameux chevalier erotique

s’identifie

mythologiquement

à

son cheval

mon nom

télémétrique

Luca

s’identifie

physiologiquement

Olga

il s’identifie

à la splendide chevelure

homographe

de

Olga

dont le

g spécifique

se dissout

tautologiquement

dans l’océan du vertige de l’éclair du cheval

calligraphique

de

mon

L

initial

initial primordial et triangulaire

comme une éruption synthèse

dans la fixité du néant.

 

Ghérasim Luca

DEDICACE à BARBARA


Liegende-Mutter

DEDICACE à BARBARA

 Nu

Nu, j’ai vécu nu
Naufragé de naissance
Sur l’île de Malenfance
Dont nul n’est revenu
Nu, j’ai vécu nu
Dans des vignes sauvages
Nourri de vin d’orage 

Et de corsages émus
Nu, vieil ingénu
J’ai nagé dans tes cieux
Depuis les terres de feu
Jusqu’aux herbes ténues
Nu, j’ai pleuré nu
Dans la buée d’un miroir
Le coeur en gyrophare
Qu’est-ce qu’on s’aimait… Samu

Nu, j’ai vécu nu
Sur le fil de mes songes
Les tissus de mensonges
Mon destin biscornu
Mais nu, je continue
Mon chemin de tempête
En gueulant à tue-tête
La chanson des canuts
Nu, j’avance nu
Dépouillé de mon ombre
J’voulais pas être un nombre
Je le suis devenu
Nu, j’ai vécu nu
Aux quatre coins des gares
Clandestin d’une histoire
Qui n’a plus d’avenue

Nu, je suis venu
Visiter en passant
Un globule de sang
Un neutrone des nues
Nu, le torse nu
Je voudrais qu’on m’inhume
Dans mon plus beau posthume
« Pacifiste inconnu »

Allain Leprest

Bonjour Marthe


C'était les années70 (8)

Bonjour Marthe

 

A y regarder de près, que le loin inscrit sans intérêt d’inutile en existence, c’est dû pourtant à l’esprit d’usure induit par le profit

Le chinois de cette cuisine passe-t-il vraiment les débris du biliaire ? Mais le monde ne serait pas le monde si j’étais conforme à son concept. Heureusement totalement antipathique à ses adeptes, je n’ai pas sa maladie de pot.

Ils n’aiment pas ta gueule m’a dit Marthe, alors que j’étais en corps que tout petit. La bonne et douce, sur la valeur de l’humain, avait une connaissance que seule la saloperie du genre peut apprendre.

Quand enfin libérée à pouvoir être détachée de son lit de torture, je l’ai prise à pleine bouche pour un baiser qui se décollera jamais du bonheur qu’une misère injuste à tout fait pour détruire, je suis entré dans l’honneur qui lui était dû. Les caniveaux n’ont depuis jamais séchés des eaux claires où son coeur m’avait mis à nager. Marthe petite bonne femme que le pain gonfle toujours de sa mie tendre comme amour sans réserve, je me tartine de toi comme la pesée que me donnait le boulanger quand je signais encore Alain Denèfle.

Niala-Loisobleu –

 

INDEFINISSABLE MYSTERE


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INDEFINISSABLE MYSTERE

A la tombée des reins, quand les tâches de manoeuvres méritent la rasade à dépoussiérer le sec, qu’il pleuve ou pas, j’ouvre l’enveloppe d’une condition rêvée.

Les plus gros cailloux juchés à grimpe-moi si t’oses se sont dressés au-dessus du défi des chevaliers de l’autoroute.

J’ai entendu le coq de bruyère sortir du dessous d’un buisson aromatique en déployant son parfum de l’éventail de sa queue. Plus loin des dindons pendaient du glouglou au-dessus du tastevin  comme si la vigne qui s’étirait à flanc de colline avait déjà tiré le pressoir aux pieds nus. Car comme elle me chatouillait la plante le moins que je puisse dire c’est que ce poème de Juillet était plus que prémonitoire. D’aucuns n’auraient pas hésité à nommer ça une publications de bans.

Etrange comme il n’y a pas de distance infranchissable. La notion de tant est insaisissable. L’amour est plus métaphysique que la plus grande des marieuses. Le soir il arrive qu’il dise debout c’est l’heur.

Niala-Loisobleu – 14 Mai 2018

LA BOÎTE A L’ÊTRE 39 / COULE L’EAU


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 39

COULE L’EAU

Chevilles en gargouilles

Au bord du quai

Les ongles d’une nuit griffent

Les pas qui vont de travers

L’Ile St-Louis cherche où asseoir son chêne

Il n’y a plus d’espace vers la justice

La Conciergerie est dans l’escalier

Les affaires renvoyées en poste restante

Un chat maigre surveille la souris de l’ordinateur

Les yeux enfoncés dans un famélique festin

D’un délire d’affamé

Quand la Seine partit un certain matin du Plateau de Langres

Est-il possible qu’elle ait pu imaginer les peines

Qu’il lui faudrait supporter avant de gagner son Hâvre

J’en doute

Quoique les méandres m’interpellent

Ne sont-ce pas des spasmes

Des ruades

Des j’irais pas plus loin

Si elle a eu des prémonitions

Jehanne mise à part

Mais roue en dedans

Peut-être qu’elle a vu la première

Le mal de France

Sous ses formes géopoliticophysiques

Batelières

Ou maritimes

Quelle drôle d’idée d’avoir donné ce nom là à un transatlantique

Surtout quand on flotte de travers

Qu’on prend l’eau à la première goutte

Alors j’te dis pas quand la tempête arrive

J’ai gardé la verdeur de la mousse des bords de quai

Mes fesses en sont tatouées à jamais

Louis , mon père

M’y a appris à lire l’homme

Rhune pas piqué des foins

C’est fou comme un bon maître est un pont insubmersible

On a été quelques uns à cette école là

Nos fronts en gardent les craies

Coule l’eau

Coule la vie

 

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2011

 

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MARCHE A L’AMOUR


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Où que je sois, j’ai cette Marche à l’Amour en portrait de Toi, ma Muse.

Elle accompagne mes escapades au bleu de toutes mes couleurs, se fait arbres flottés pour un pilotis à cabane, où notre lit vogue. Elle a de l’oiseau le libertaire parcours, du fauve les ô d’heurs, du cheval la force d’airain.

Aquatique vol intersidéral ce poème est tout ce que je pense et ne peux que te chanter.

Merci Gaston Miron

N-L – 07/05/18

 

MARCHE A L’AMOUR

Tu as les yeux pers des champs de rosées tu as des yeux d’aventure et d’années-lumière la douceur du fond des brises au mois de mai dans les accompagnements de ma vie en friche
avec cette chaleur d’oiseau à ton corps craintif moi qui suis charpente et beaucoup de fardoches moi je fonce à vive allure et entêté d’avenir la tête en bas comme un
bison dans son destin la blancheur des nénuphars s’élève jusqu’à ton cou pour la conjuration de mes manitous maléfiques moi qui ai des yeux où ciel et mer
s’influencent pour la réverbération de ta mort lointaine avec cette tache errante de chevreuil que tu as

tu viendras tout ensoleillée d’existence

la bouche envahie par la fraîcheur des herbes

le corps mûri par les jardins oubliés

où tes seins sont devenus des envoûtements

tu te lèves, tu es l’aube dans mes bras

où tu changes comme les saisons

je te prendrai marcheur d’un pays d’haleine

à bout de misères et à bout de démesures

je veux te faire aimer la vie notre vie

t’aimer fou de racines à feuilles et grave

de jour en jour à travers nuits et gués

de moellons nos vertus silencieuses

je finirai bien par te rencontrer quelque part

bon dieu !

et contre tout ce qui me rend absent et douloureux

par le mince regard qui me reste au fond du froid

j’affirme ô mon amour que tu existes

je corrige notre vie

nous n’irons plus mourir de langueur à des milles de distance dans nos rêves bourrasques des filets de sang dans la soif craquelée de nos lèvres les épaules
baignées de vols de mouettes non

j’irai te chercher nous vivrons sur la terre la détresse n’est pas incurable qui fait de moi une épave de dérision, un ballon d’indécence un pitre aux larmes
d’étincelles et de lésions profondes frappe l’air et le feu de mes soifs coule-moi dans tes mains de ciel de soie la tête la première pour ne plus revenir si ce n’est pour
remonter debout à ton flanc nouveau venu de l’amour du monde constelle-moi de ton corps de voie lactée même si j’ai fait de ma vie dans un plongeon une sorte de marais, une
espèce de rage noire si je fus cabotin, concasseur de désespoir j’ai quand même idée farouche de t’aimer pour ta pureté de t’aimer pour une tendresse que je n’ai pas
connue

dans les giboulées d’étoiles de mon ciel

l’éclair s’épanouit dans ma chair

je passe les poings durs au vent

j’ai un cœur de mille chevaux-vapeur

j’ai un cœur comme la flamme d’une chandelle

toi tu as la tête d’abîme douce n’est-ce pas la nuit de saule dans tes cheveux un visage enneigé de hasards et de fruits un regard entretenu de sources cachées et mille
chants d’insectes dans tes veines et mille pluies de pétales dans tes caresses

tu es mon amour

ma clameur mon bramement

tu es mon amour ma ceinture fléchée d’univers

ma danse carrée des quatre coins d’horizon

le rouet des écheveaux de mon espoir

tu es ma réconciliation batailleuse

mon murmure de jours à mes cils d’abeille

mon eau bleue de fenêtre

dans les hauts vols de buildings

mon amour

de fontaines de haies de ronds-points de fleurs

tu es ma chance ouverte et mon encerclement

à cause de toi

mon courage est un sapin toujours vert

et j’ai du chiendent d’achigan plein l’âme

tu es belle de tout l’avenir épargné

d’une frêle beauté soleilleuse contre l’ombre

ouvre-moi tes bras que j’entre au port

et mon corps d’amoureux viendra rouler

sur les talus du mont
Royal

orignal, quand tu brames orignal

coule-moi dans ta palinte osseuse

fais-moi passer tout cabré tout empanaché

dans ton appel et ta détermination

Montréal est grand comme un désordre universel tu es assise quelque part avec l’ombre et ton cœur ton regard vient luire sur le sommeil des colombes fille dont le visage est ma
route aux réverbères

quand je plonge dans les nuits de sources

si jamais je te rencontre fille

après les femmes de la soif glacée

je pleurerai te consolerai

de tes jours sans pluies et sans quenouilles

des circonstances de l’amour dénoué

j’allumerai chez toi les phares de la douceur

nous nous reposerons dans la lumière

de toutes les mers en fleurs de manne

puis je jetterai dans ton corps le vent de mon sang

tu seras heureuse fille heureuse

d’être la femme que tu es dans mes bras

le monde entier sera changé en toi et moi

la marche à l’amour s’ébruite en un voilier de pas voletant par les lacs de portage mes absolus poings ah violence de délices et d’aval

j’aime

que j’aime

que tu t’avances

ma ravie frileuse aux pieds nus sur les frimas de l’aube par ce temps profus d’épilobes en beauté sur ces grèves où l’été

pleuvent en longues flammèches les cris des pluviers harmonica du monde lorsque tu passes et cèdes ton corps tiède de pruche à mes bras pagayeurs lorsque nous gisons
fleurant la lumière incendiée et qu’en tangage de moisson ourlée de brises je me déploie sur ta fraîche chaleur de cigale je roule en toi

tous les saguenays d’eau noire de ma vie je fais naître en toi les frénésies de frayères au fond du cœur d’outaouais

puis le cri de l’engoulevent vient s’abattre dans ta gorj

terre meuble de l’amour ton corps

se soulève en tiges pêle-mêle

je suis au centre du monde tel qu’il gronde en moi

avec la rumeur de mon âme dans tous les coins

je vais jusqu’au bout des comètes de mon sang

haletant

harcelé de néant

et dynamité de petites apocalypses

les deux mains dans les furies dans les féeries

ô mains

ô poings

comme des cogneurs de folles tendresses

mais que tu m’aimes et si tu m’aimes

s’exhalera le froid natal de mes poumons

le sang tournera ô grand cirque

je sais que tout amour

sera retourné comme un jardin détruit

qu’importe je serai toujours si je suis seul

cet homme de lisière à bramer ton nom

eperdument malheureux parmi les pluies de trèfles

mon amour ô ma plainte

de merle-chat dans la nuit buissonneuse

ô fou feu froid de la neige

beau sexe léger ô ma neige

mon amour d’éclairs lapidée

morte

dans le froid des plus lointaines flammes

puis les années m’emportent sens dessus dessous je m’en vais en délabre au bout de mon rouleau des voix murmurent les récits de ton domaine à part moi je me parle que
vais-je devenir dans ma force fracassée ma force noire du bout de mes montagnes

pour te voir à jamais je déporte mon regard

je me tiens aux écoutes des sirènes

dans la longue nuit effilée du clocher de
Saintjacques

et parmi ces bouts de temps qui halètent

me voici de nouveau campé dans ta légende

tes grands yeux qui voient beaucoup de cortèges

les chevaux de bois de tes rires

tes yeux de paille et d’or

seront toujours au fond de mon cœur

et ils traverseront les siècles

je marche à toi, je titube à toi, je meurs de toi

lentement je m’affale de tout mon long dans l’âme

je marche à toi, je titube à toi, je bois

à la gourde vide du sens de la vie

à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud

à ces taloches de vent sans queue et sans tête

je n’ai plus de visage pour l’amour

je n’ai plus de visage pour rien de rien

parfois je m’assois par pitié de moi

j’ouvre mes bras à la croix des sommeils

mon corps est un dernier réseau de tics amoureux

avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus

je n’attends pas à demain je t’attends

je n’attends pas la fin du monde je t’attends

dégagé de la fausse auréole de ma vie.