Du haut de la nuit


Du haut de la nuit

Jardin suspendu aux courbes d’un arc-en-ciel,

qui va cerf-volant

Au bout de ma ficelle vagabonde, libre, je vais vers une tolérance,

ouverte à nos mains jointes,

recoudre la déchirure de nos poitrines malmenées.

Je franchis  les ronces cachées dans la transparence du simulacre.

Niala-Loisobleu 16 Octobre 2017

 

JE CROIS


 

JE CROIS

Le corbeau croasse
Et l’herbe croit
Le crapaud coasse
Et moi je crois
J’ai pas d’apôtre
J’ai pas de croix
Je crois en l’autre
Je crois en moi

E didi é didi é didi-a
E didi é didi é didim
E didi é didi é didi-a
E didi é didi é didim

Le corbeau croasse
Et moi je crois
J’ai pas d’apôtre
J’ai pas de croix
Je crois en l’autre
Je crois en moi
J’ai eu des crises
Crises de foi
Dans les églises
Il fait très froid
Mais une vierge
Me réchauffa
Vierge du même
Signe que moi

E didi é didi é didi-a
E didi é didi é didim
E didi é didi é didi-a
E didi é didi é didim

Le corbeau croasse
Et moi je crois
J’ai pas d’apôtre
J’ai pas de croix
Je crois en l’autre
Je crois en moi
Las que mon âme
Ronge son frein
A Notre-Dame
J’ai pris le train
Si je m’égare
Fermez les yeux
Dans une gare
Je prierai Dieu

E didi é didi é didi-a
E didi é didi é didim
E didi é didi é didi-a
E didi é didi é didim

Le corbeau croasse
Et moi je crois
J’ai pas d’apôtre
J’ai pas de croix
Je crois en l’autre
Je crois en moi
Crois crois crois
E didi é didi é didi-a
E didi é didi é didim

Claude Nougaro

 

ET PUIS, UN JOUR JE


ET PUIS, UN JOUR JE

Ce Dimanche je suis passé par Hesse, Char et Celan. Il faisait un sombre qui ne me sied pas dans mon dominical. Au point que j’en fus rendu à me remercier d’avoir invité au restaurant. J’avais jamais acheté des rideaux d’île. Et bien c’est fait. Quand le coton est vraiment blanc il y a rien de plus anti-inflammatoire pour le mal de do.. La mer autour d’Oléron a sans doute bougé depuis que tout petit je l’ai marié. La guerre, c’est là que j’en ai fait la douloureuse connaissance. Cet après-midi, je l’ai prise à part. On a causé.

La guerre n’est plus la guerre.

Après les rois qui y jouaient par plaisir, elle a viré. Tournée mondiale par deux fois, elle s’est faite destruction massive pour favoriser le progrès. Du coup le courage individuel s’en est pris un coup de vieux. Le patriote n’a plus de frontière. Le monde est laminé. Ouah se disent les rois du pétrole, à nous le pactole. Moi je crois qu’il faudrait juste remettre ses pendules à l’heure. Avoir peur oui, mais pas de se lever. Avoir peur de plus se réveiller. L’espoir n’est pas un remède, c’est un acte personnel contre les marchands du temple.

Niala-Loisobleu – 4 Juin 2014

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TAIN DE PROMESSE


TAIN DE PROMESSE

Est-ce la matière à couleur
que tu attends
corsage ouvert
quelques grains de sel dans la paume
ou la banda et ses cuivres coiffée de bérets rouges
Est-ce le temps que tu relayettes
dans la grotte de ton ventre
en posant tes mains d’ocre aux parois
les deux seins tremblants
devant la horde sauvage des hommes
Est-ce moi que tu retiens
noeud d’union qu’une promesse fila
dans l’haleine d’une odyssée
au dur métier de vivre dans les marées de larmes
corps enquillés pour ne plus dessaler
Le jour de demain se pouvant aussi bien nuit à huis clos
qu’appareillage à la découverte d’un espace libre hors naufrage
il sera
ce que Nous
en aurons faits, sortis de l’isoloir intime
Niala-Loisobleu – 22 Avril 2014
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Billet d’adieu aux lignes perdues


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Billet d’adieu aux lignes perdues

Ramper des las le long du carreau
sentir de rouille cet ocre aux rouges
qu’un fond de bleu
a mis en écailles
dans une image du ciel
venue s’arrêter là
peut-être simplement pour saluer les mouettes
Sentir aussi bien des montées marines
chargées d’iodes sépias
par voie nasale
qu’au profond du derme refermé aux manches des vieux outils de bois
la sentir cette vie sans autre pourquoi avancés

 Ici le tant est suspendu à t’attendre

l’érode en rien ne fabule mon Amour

Les rives de Brouage ont appareillées
encablures lointaines
sans que le sel ait fondu d’un grain, la planète n’est plus ronde, ce ciel à plat se fait parallèle à la mer. Infini vertical ouvert luisant tantôt boue vert d’âtre
tantôt argent sans fric
pointillé de plumes blanches aux cris d’abordage
avides de labours proches
aussi bien d’étraves que de socs

On dirait que je cabane
l’atelier me marine, peindre me lance.

Surtout ce frisson venu de ton aine où le varech mouillé sable mon chant pagne par le dérapé d’une dune passée entre les boutons du corsage ouvert de la pinède
avant que les huîtres baillent aux claires en se tirant du talon d’Achille

Ô mon coquillage

Je me ciel ô

pour m’abstraire de ces formes ordinaires où tout se confond
pour mieux goûter à cette palette saline
où mon pinceau trempe d’en vie
Au marais le marin
tient sa viole entre les cuisses de la Cayenne
son archet frotte au remous du clapot qui se lève
Un jour en corps à vivre

Je dois appareiller des pièges côtiers, les sirènes ne cessent de chanter coeur d’étocs en chalutant la nasse du miroir aux alouettes. Je vois à portée de brosse les premières touches d’un autre tableau, mes mains n’en tremblent que d’émoi.

La fenêtre est toute à ton guet, en attente de rouvrir ses volets sur l’accent de tes bras. On ne peut vouloir le bonheur des autres sans être soulevé par le sien propre.

Je règle notre erre à ton courant ascendant nos corps hissés tous voiles dehors

Je t’aime couleur de vie d’une autre traversée d’encre jetée

Hâlons hâlons, sortons droit devant, la fleur de celle…

Niala-Loisobleu
23 Février 2017

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