Au gué de l’Autre


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Au gué de l’Autre

Le premier frisson de l’éveil s’étant blotti par-dessus les longues distances, chacun à sa place tout au chaud, est entré de son jardin secret. On, qui quoi qu’il soit, nous toi émoi. Chat rade, bercé par le flot de la lune mise à l’ô. Mon premier pas concerné, mon second tout entier et mon troisième oeil pour oeil est en mille. Tu n’as pas eu le froid des jours derniers, ton pouls est resté calme en sa braise. Sans doute sont-ils supérieurs en nombre les drames engendrés par le noir.Comment s’y prendre plus mal que de choisir l’hérésie de refaire le monde. Le bonheur est à faire de soi pour pouvoir aux autres quelque chose de simple, griffonné sur un cahier de brouillons, de cette automatique écriture qui ne se relit que par le destinataire. Et où la nécessité du décret à paraître est inconnue. J’aime l’inconnu. Tout comme Toi quand tu te blottis contre ma poitrine. Ce sont les départs en voyage partout où vit une certaine folie. L’amour abolit et oppose. A quoi me servirait de savoir tout sur comment ça marche le téléphone, si ce n’est que pendant cette inutile connaissance j’aurais perdu l’essentiel de la tienne toute en moi par l’oreille, mieux que si face à face on ne trouvait pas quoi se dire. Tant de lits sont à deux seuls côte à côte.

Si le boulier de nos jours attend une de nos mains allons d’abord voir le chant de l’oiseau, les paroles qu’il aura mises à l’arbre seront de la bonne encre. Tricoter avec les aiguilles du sablier c’est trop proche des mailles qui sautent pour que l’envie de te conditionner me prenne. Non laisse-toi nue à mes touchers, il me faut ton haleine. Enfant de mes traversées.

Niala-Loisobleu

30 Mars 2018

 

GRACIAS A LA VIDA


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GRACIAS A LA VIDA

 

L’ombre figurée se serait définitivement penchée pour absorber la vague

et pêcher l’allure de la marée au trait d’écume

si le vent retenu avait ravalé la voile avant  qu’à la proue  la mariée ait pu poser son bouquet

des premières glaciations nos silex n’auraient jamais vu le jour à la trouée du feu du clair-obscur

si les pierres-gardiennes n’avaient révélé le secret du tracé de la cathédrale d’amour

pour bâtir avec les outils du luth final en chansons de gestes courtois saltimbanques crachant un ô revoir qui tourne les mouchoirs

alors sortis de nos larmes nous irons accrochés au réverbère de notre seul espoir en bandant le fil de notre funambule traversée sur le fil du rasoir

dents serrées sur les semailles du taire d’un bleu sacré qui tient le guet intérieur

à l’écart du chemin de ronde puisant l’eau comme un âne en noria

pour se vendre en packs

Demeure pure de roche, minérale et végétale ma Beauté, ma Vie, mon Amour.

 

Niala-Loisobleu – 17 Janvier 2018