CABOTAGE


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CABOTAGE

 

Le pas s’accélère circulation sanguine exit

Assis au bord de mes pensées, je rends la fenêtre et emprunte la grande porte laissant le bruit des chevaux galoper par la cochère

Quelques cheminées de fées mises sur le pont de mon voilier

me voilà prêt à divaguer dans le grand bain de ton pont principal

Que c’est chaud et plus bleu que le catalogue de croisières d’une marque de sous-vêtements coquins

Laisse-moi caboter au long de ton rivage

Ne pas hésiter à dépasser la ligne d’horizon, elle reste basse quand on ne la resale pas.

 

 

Niala-Loisobleu – 28/05/18

 

 

À LA RANI DE JHANSI


LakshmiBai

À LA RANI DE JHANSI

PAR ANDRÉ VELTER

On n’est jamais si bien que dans une autre vie,
Loin de soi, loin de tout, en terrain découvert, À
Gwalior si l’on veut près du temple désert
De
Tali-Ka-Mandir où l’on est sans envie.

Le palais bat de l’aile.
S’il contemple le vide,
C’est qu’y tomber serait une fin trop brutale,
Trop vive pour le décor de légende fatale
Où la
Rani qui meurt tient d’une main avide

L’épée à embrocher l’Anglais et son empire.
La poussière a passé sur les ors, les émaux,
La gloire a pris congé en un dernier soupir.

Rien n’est triste pourtant et rien ne pousse au pire,
On dirait qu’un absent murmure mot à mot
Un refrain où la brume boit le sang et les os.

NOCTURNES


NOCTURNES

Les pas de ta jupe avant qu’elle ne tombât en pâmoison – cygne d’un autre tant – glissent sur l’ininterrompu mouvement de tes hanches, à voie hôte. Musique de seins frottés l’un à l’autre des touches du piano. Dents de mon amer. ö jamais je ne voudrais traverser ton tropique sans aller-retour, je me fous de Neptune et de ses habitudes aquatiques, qu’il aille se faire foutre, nous n’avons rien à voir ensemble, dans ses abysses là. Je t’harponne la petite culotte de dix ongles vampires, langue calais dans les dentelles, ton herbu pour moustaches et la pression sur le bouton de l’ascenseur qui s’y cache à l’étiage du grand magasin du bon heur des dames.

Niala-Loisobleu – 1er Juin 2017

TRAIN DE NUIT


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TRAIN DE NUIT

La nuit roule ses ronflements

dans la penderie

des soleils décrochés

remuent

par le col fermé

je crois que m’aime la lune-cigare est déconnectée

plus rien n’allume la consigne

Gare

Sur le quai des affectés

un mouchoir

fait sale d’attente

Y a que les yeux

pour deviner dans les fumées

le sel des larmes

des anciens transports fer ô vert

Niala-Loisobleu – 8 Octobre 2016