D’AVANT T’ÂGE


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D’AVANT T’ÂGE

 

Les trains des quais où sans bagages on a déposé une part de soi, consignent des moments qui reviennent tôt ou tard. Il y a des morceaux qui savent s’auto-détruire, la mémoire n’a que faire des nanars. A quel moment ce qui compte réellement se met met-il au monde ? C’est un merveilleux voyage que celui d’aller regarder en soi. Tout marque, souvent sans qu’on le remarque; à l’empreinte notre jardin n’a pas attendu le progrès de la technique, il reconnaît nos distinctions, nos inclinaisons, nos dégoûts, notre vrai seul vouloir.

Ma rue de Verneuil à Paris 7° m’a propulsé tellement tôt que je suis sûr qu’elle a servi d’instrument à ce qui fait l’évasion qui m’est essentielle. Je sais que je suis venu au monde parce que j’avais à le découvrir. Je ne me souviens pas d’avoir été fatigué de nager, sorti de la mienne, j’ai senti un impératif besoin de recadrage, je me suis trempé dans toutes les mères qui pouvaient m’accoucher pour connaître. Au point de pallier à l’éloignement d’un littoral en ayant la capacité d’en inventer une pour pas rester sec. L’imaginaire est tout ce qui donne accès, quand en plus on appartient comme moi à la race que le matériel ne concerne pas ça focalise drôlement plus.

Le temps de gestation diffère pour chaque type de ses aspirations, pour l’amour, qui occupe le premier rang c’est étrange ment long. L’initiation semble devoir ne jamais se terminer. En fait c’est plusieurs vies qui se juxtaposent pour parvenir à celle qu’on devait suivre à l’origine. Je te connais , bien avant Toi qui sais, d’avant  t’âge.

Que de passages à travers des maisons-communicantes il faut franchir, j’ai du Lyon en moi, ma vie  est une vraie traboule.

http://loges-vieux-lyon.com/decouvrir-lyon/les-traboules-lyonnaises-156150

Niala-Loisobleu – 15/10/18