ENSABLEMENT


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ENSABLEMENT

La spirale du cri file son arabesque à l’envers

et s’enroule aux creux des chemins enfouis sous l’or terni des feuilles

Ici tout allait en fonction d’humeurs de vents mutants

L’embûche s’est assise sur l’instant d’une prise d’air aux empreintes de mon haleine

Un val qui creuse une peur que rien ne fonde indispose de statues de bronze sorties d’une monumentale erreur

Le frémissement de l’aile pris  au filet de l’oiseleur met l’envol sous scellés

Si l’écorce rengorge  la sève

parler de rivière souterraine d’où des partances sont en voix d’être, oscille entre mauvaise foi et incapacité à se reconnaître

La chambre noire ne donnera aucune image claire

Une étoile éteinte sur le fil conducteur initie la clarté de l’embuscade

Le paysage était au bord d’un coin retiré de mer,  embarcadère paré pour une traversée en sons et lumières, en effaçant le voyage par étranglement entre terre et ciel sans regards derrière, alors le coeur se réveille somnambule seul au milieu de son sommeil debout…

Niala-Loisobleu – 4 Juillet 2018

 

LA RIVIERE VERTICALE


 

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LA RIVIERE VERTICALE

 

Je devais rêver, les mains à cueillir des douceurs de peau, corps laissé à la paisible sensation horizontale du liquide

soudain des craquements explosifs

le ciel s’alluma de zébrures électriques

l’orage en son et lumière venait de tirer le rideau de nuit  pour mettre le jardin  sur la scène d’un faux jour

Tout s’est dressé à la verticale  la rivière a quitté le sol pour ne plus faire qu’un avec le ciel déversoir

En allant ouvrir l’atelier j’ai découvert le tapis en crue. Un vieux cauchemar resurgit…

Niala-Loisobleu – 11 Juin 2018

BOIS D’ECRIRE


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BOIS D’ECRIRE

Les gifles de pluie claquent contre le pare-brise, j’avance dans une perte d’horizon, la tempête a attaché le bas et le haut en un seul corps liquide. J’avance de mémoire, la forêt  et la mer sur le pont.

Elle sort de sa robe à nu

Bruit d’essuie-glace

Eléments

A la cabane, le bois en tremble autant que ses anciennes feuilles en désordre. Impossible de laisser la barre aux odeurs. Même à pied, les mains n’en trouvent plus où s’accrocher. Le vent est différemment fou que ce que j’ai pu avoir ici dans l’idée, en m »allongeant sous les branches dans le calme abandon développé par les roues du vélo. Promesse faite  d’ignorer ce qui n’aurait rien fait connaître.

Tête-bêche

La toile se retend au froid, prête à se donner aux doigts à écrire.

Ce qui ruisselle d’elle, vole au saint des seins.

Niala-Loisobleu – 2 Janvier 2018

Vol au Vent


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Vol au Vent

Un grand vent

se leva

ma casquette s’envola

Je ne trouvai rien à lire

Tournant la route

à la corde

des planches de botanique

relevent les tiges couchées

Une impression d’épars

est seule à se laisser voir

Les amarres ont lâchées l’encre

l’horizon a disparu derrière l’écran

Niala-Loisobleu – 11 Décembre 2017

 

LA BANDE JAUNE


LA BANDE JAUNE

 

L’écho de l’herbe endormi dans une craquelure – plaie ouverte d’une insuffisance aqueuse des sols – se conserve en toute absence de glace. Relevant de la stricte réaction émotionnelle, un choc thermique n’est pas de nature à anéantir les cellules du sentiment. Il se fait juste anesthésier pour un temps indéfini dont la variance peut être grande. Il y a tout de la Belle au bois dormant dans l’amour. Du feu comme de l’eau, qui maintiennent l’essence. Nous ne  sommes plus en période de mise à l’écart des pollutions microbiennes de l’extérieur. L’influence déroule son tapi d’ombre. Il faudra aimer en se tenant au plus près de la zone de sinistre, sans ajouter au voyeurisme complice attroupé, appareil faux-tôt en position de tir. Rester à portée en déployant les ondes positives de son amour. La route en se chargeant n’a pu qu’apporter le trouble inhérent à l’embouteillage. Des dépassements imprudents et dangereux sont devenus inévitables. Il faut regarder bien au-delà du rétroviseur, des clous pullulent sur la chaussée.

Selon l’accent qu’ont certaines minutes

les heures n’ont plus les mêmes kilomètres

tout est question du sens des talons

Et de la rue du tant qui passe

une odeur de pissaladière a rejoint le pré salé sur la plancha

du violacé aubergine

roulant d’un cri de guitare sèche

un vert concombre

se dresse sur la pointe du pied

la jupe haut relevée

Des cris de mouettes remontent du môle

tirant le chalut où la raie bat largement des ailes

d’un battement d’ouïes tu m’as glissé ton assentiment

La marchande de crevettes a sorti les odeurs de la criée

pendant que les enfants jouent à colorier leurs rêves

les bulles vont plein gaz sur la savonnette

les nez rouges suivent en cortège de parade

leurs grands pieds dans le cerf-volant

mon Amour mille et une nuits nous bassinent les draps

Ce soir il fera froid

je mettrais mes doigts dans ton manchon de fourrure

après avoir paraphé ton blanc sein à sa double-page, je pair sistre…

Niala-Loisobleu – 13 Juin 2017

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Une tempête et la suite


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Une tempête et la suite


Une tempête
Approchait, et je vis, en relevant la tête,
Un grand nuage obscur posé sur l’horizon ;
Aucun tonnerre encor ne grondait ; le gazon
Frissonnait près de moi ; les branches tremblaient toutes,
Et des passants lointains se hâtaient sur les routes.
Cependant le nuage au flanc vitreux et roux
Grandissait, comme un mont qui marcherait vers nous.
On voyait dans des prés s’effarer les cavales,
Et les troupeaux bêlants fuyaient. Par intervalles,
Terreur des bois profonds, des champs silencieux,
Emplissant tout à coup tout un côté des cieux,
Une lueur sinistre, effrayante, inconnue ;
D’un sourd reflet de cuivre illuminait la nue,
Et passait, comme si, sous le souffle de Dieu,
De grands poissons de flamme aux écailles de feu,
Vastes formes dans l’ombre au hasard remuées,
En ce sombre océan de brume et de nuées
Nageaient, et dans les flots du lourd nuage noir
Se laissaient par instants vaguement entrevoir !

Victor Hugo

La ligne d’horizon passée au-delà du chant de vision sous le glissement d’un plomb qui scelle, entre deux rabats-joie couchant toute tentative d’éclaircie, je ne vois que vents répétés, couvrant la voie. Des morceaux de ce qui fut un tout se déplacent sous les poussées, chapeau de paille des chaumes de ma place, où l’atelier recroquevillé, se rentre la tête dans les épaules. Même les vitres en appellent à la protection des volets, tant tremble la transparence devenue torrent.

Aujourd’hui les contrastes sont plus menaçants qu’hier. Dehors on ne récolte que d’hétéroclites choses venues dont ne sait où, comme de qui. Enorme différence avec l’ordinaire de la majeure partie du temps.J’imagine en voyant passer un bateau fantôme qu’il est ivre, agité seulement par la pensée de la robe qui se soulève que la mariée avait encore ses jarretières pour se retenir au bastingage avant l’ennui de noces. Le bruit s’intensifie autour des cotillons, pendant que l’entrejambe du tango glisse des images pleines de prés verts. Humeur friponne sautant l’élastique qui te ceint le ventre, je tape dans mes mains en regardant la pointe de ma pyramide suivre tes identiques désirs. Le sphinx, gardien fidèle, n’a pas failli, il a préservé le décrochement du soleil  de son zénith. Au lit d’ô ta lagune me fait de grands signes.

Restons solides au bleu du quai.

Niala-Loisobleu – 5 Février 2017

A TON BORD


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A TON BORD

A contre-vent l’eau se met en rafale, sur la route l’impression que les marches de l’écluse à poissons sont plus hautes qu’avant, oblige à serrer davantage ses mains sur la godille. Ce rideau d’éclaboussures célestes ne facilite en rien le choix. Mais qui n’avance pas recule, il faut trouver son passage, quitte à creuser un autre chenal. Pilotis en échasses on peut espérer sauter le trou. Les sorcières malmènent les tuiles, mon Toi, je t’entends qui gémis sous les abats torrentueux.

Si la couleur des cabanes résiste au déluge, le risque d’engloutissement des tons chauds, passera la 3° vague, réputée plus dangereuse. A ta poitrine, seins ruisselants d’écume, je resserre l’écoute mon Coeur. Tes flotteurs te rendent insubmersible, je me rassure rien qu’à l’évocation des pouvoirs magiques que tu m’as appris d’eux.

Passent les poids lourds des rails tanker. Là-bas au loin les derricks ne me font pas prendre les alouettes par la tête. Les mires peuvent appeler tant qu’elles veulent à la prière, ma Muse est in, je l’entend par dessus les moulins me coiffer de son chapeau. Passé la peur, aimer rend si différend. Je serais capable de me faire la Manche en traversant le Channel à pied.

L’hippocampe s’est mis en anneau sur l’horizon, il tient bon la voile à la barre. Je te souris vert le fond des yeux, anse qui me protège de la tempête, ton âme est la digue qui fait obstacle aux éperons de l’amer.

 

Niala-Loisobleu – 5 Février 2017