NO RIA


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NO RIA

Rares sont les derniers points d’eau

à remonter des nappes par d’incessants pompages au secours

arrive que tombe le masque

d’un simili échafaudage

Le plan hors sec

se débat

derniers sursauts de l’ouïe

la barque trop chargée crie son non

L’horizon bloque des quatre faire

l’iceberg retourné lit vide

plus blanc qu’un linge savant

replie ses gaules à grimaces…

Niala-Loisobleu – 14/06/18

 

Façon d’Agir


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Façon d’Agir

Dans un bruit de bébé qui a faim un train bondit du tunnel en emportant la barrière du passage à niveau.Ce fut l’instant précis que l’éclusier choisit pour écluser le sous-marin qui venait d’atterrir.

Le monde est trompeur. Sans bruit l’infidèle sort par la porte dérobée.

Niala-Loisobleu – 15 Mai 2018

 

Telle Femme


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Telle Femme

 Veux-tu voir

La forme obscure du soleil

Les contours de la vie

Ou bien te laisser éblouir

Par le feu qui mêle tout

Le flambeau passeur de pudeurs

En chair en or ce beau geste

L’erreur est aussi inconnue

Que les limites du printemps

La tentation est prodigieuse

Tout se touche tout te traverse

Ce ne fut d’abord qu’un tonnerre d’encens

Ce que tu aimes le plus

La louange belle à quatre

Belle nue immobile

Violon muet mais palpable

Je te parle de voir

Je te parlerai de tes yeux
Sois sans visage si tu veux
De leur couleur contre le gré

Des pierres lumineuses

Décolorées

Devant l’homme que tu conquiers

Son enthousiasme aveugle

Règne naïvement comme une source

Dans le désert

Entre les plages de la nuit et les vagues du jour
Entre la terre et l’eau
Nulle ride à combler
Nul chemin possible

Entre tes yeux et les images que j’y vois

Il y a tout ce que j’en pense

Moi-même indéracinable

Comme une plante qui s’amasse

Qui simule un rocher parmi d’autres rochers

Ce que je porte de certain

Toi tout entière

Tout ce que tu regardes

Tout

Ceci est un bateau

Qui va sur une rivière douce

II porte des femmes qui jouent

Et des graines qui patientent

Ceci est un cheval qui descend la colline

Ou bien une flamme qui s’élève

Un grand rire pieds nus dans une cour misérable

Un comble de l’automne des verdures amadouées

Un oiseau acharné à mettre des ailes à son nid

Un matin qui disperse des lampes de rosée

Pour éveiller les champs

Ceci est une ombrelle

Et ceci la toilette

D’une dentellière plus séduisante qu’un bouquet

Au son des cloches de l’arc-en-ciel

Ceci déjoue l’immensité

Ceci n’a jamais assez de place

La bienvenue est toujours ailleurs

Avec la foudre avec le flot

Qui s’accompagnent

De méduses et d’incendies

Complaisants à merveille

Ils détruisent l’échafaudage

Surmonté d’un triste drapeau de couleur

Une étoile limite

Dont les doigts sont paralysés

Je parle de te voir

Je te sais vivante

Tout existe tout est visible

Il n’y a pas une goutte de nuit dans tes yeux

Je vis dans une lumière exclusive la tienne.

Paul Eluard

C’est le concert qui est truqué


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C’est le concert qui est truqué

Un visage de papier mâché

roule de trottoirs en caniveaux

La rue est vide

ce qui dénote

qu’à moins qu’un con sonne

je vous aveux

que je n’ai pas assez de voies y’ailes

Le pianiste ne sait pas chanter, c’est le cheval qui est ventriloque L’armée du salut joue, uniforme, en dehors des couloirs du métropolitain.

 

Niala-Loisobleu – 18 Novembre 2017

Isthme à ailes Prophétie


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Isthme à ailes Prophétie

Aux cris d’une longue écharpe d’oiseaux blancs, le bleu de la mer se fit plus pressant. Je crois que d’aller précéder la larme, lui a donné cette virginité que seul le large possède. Elles se balançaient de leurs rondeurs multicolores les balises du cap. Seule Niki de Saint Phalle pouvait les avoir sorti du noir de l’incommunicabilité. La tête au feuillage, les pieds dans la racine, en matière de safran tu ne peux pas espérer mieux. Ce bois qui fait le flotté, imagine-le d’un zest de mangrove et d’une pointe de corail, tu pourras alors toucher une autre approche du mystère. La dérive des incontables nous a donné la frigidité des veillées. La chanson de geste amputée des troubadours  se mit en quête de l’autre courtoisie. Roulée d’estran la mousse légère se fit écume. L’ astérie sortit de la nuit des myriades de consonnes et de voyelles en phrases musicales. Un conteur au piano, le grand pavois s’allume, les jupes remontent et les corps tanguent. Sur le né d’un phoque pas de balle, sur le ban pas d’home non plus. Il reste la substance, elle sait le bon emploi de la rareté.

Niala-Loisobleu – 17 Novembre 2017

 

 

Course à Pieds


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Course à Pieds

Le ciel clignote

tes cheveux sont de mèche avec le vent

je vois qu’ils courent d’un trottoir à l’autre

Je me suis éveillé

une pierre de lune dans l’escalier

quand j’ai ouvert la porte à mes souliers

par un trou entre deux arbres

un poisson-volant est entré

Il m’a dit Bon Jour

viens je t’emmène nager

Nous avons laissé la voiture attachée au ruisseau

puis à cheval nous avons pagayé

ta blondeur ondulait comme un chant de blé

 

Sang pour sang

Le cheval d’abord

le poisson-volant ensuite

et moi pendant.

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2017