HERBES FOLLES


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HERBES FOLLES

 

Entre et crie le parfum, casse l’épine

j’étouffe le bruit d’avance de la pendule

sans toucher au retard mis dans la mort à paraître

 

En  fosse poplitée à mains jointes

je plie le genou de te remonter au fond du nombril

risées de ton cou plus fauves qu’avant le taire brûlé de l’insulte faite au vivre

quelques menthes dans l’anneau de sa turne…

 

N-L/02/11/18

EMPREINTES MATINALES


 

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EMPREINTES MATINALES

 

Restée en morceaux dans le coin de l’oeil une nuit tire à s’y remettre. La blondeur du poil en oreilles de lapin frappe dans le tambour de la porte, ça tombe pile. Un gros poumon sorti de cage aère l’asphyxie du souffle nécessaire pour le retour des braises à la forge. Au coin de la cheminée j’entends le bruit d’un pas prendre l’air avant que la chasse tire. Sous la question de l’enfant germe la paume de taire. Les existences s’entassent dans le silence des pierres que la mousse protège. Sur le fil le tant s’épingle. En passant par l’armoire j’ai accroché l’imprimé de ton arbre à soie, puis tirant un poème du serre-livres, me suis allongé contre-toi en priant tes mains de me le lire à hôte voie. Notre jardin passant par la fenêtre  a déposé ses senteurs sur ton petit-linge. J’ai signé l’étoile…

Niala-Loisobleu – 22/09/18

Voilà l’atelier les yeux grands ouverts


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Voilà l’atelier les yeux grands ouverts

 

Derrière les montées de l’harmonica, le fer à cheval balance sur son sabot. A la une des journées pas de gros titre sur le dernier souffle de l’éolienne qui tirait l’eau à la ferme. La marque laissée par les roues, aube d’un sentiment autour des piles du pont. Sans doute restera-t-il un goût d’écrevisse au-delà de l’enfant que je suis. Le caillou qui bat dans ma poche se blottit contre ma cuisse sans que Jupiter la ramène. Quel goût a-t-elle ? Le mystérieux assemblage d’une aisselle qui se serait descendu la colonne jusqu’au mont de Vénus. Mystère olfactif qui retourne sans cesse au premier cri. Les murs de l’atelier tendent le clou pour se faire accrocher, retour d’expo, dans l’atelier le regard des visiteurs a suivi.

Niala-Loisobleu – 7 Novembre 2017

L’Etoile qui est et le Noir qui toc à la porte


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L’Etoile qui est et le Noir qui toc à la porte

Quelque part il y a un point qui éclaire. Tu le sens à quelques indices laissés de ci et de là. N’en parle à personne. Ils te diraient que cette étoile est mauvaise, la plus pourrie des étoiles  de merde. Mais toi tu ne repousses rien de ce qui a un peu de lumière qui te paraît venir de l’intérieur. L’à-priori ne te gouverne pas. Le danger vient juste de ce qui brille de dehors comme seul le toc sait faire. C’est vite décelable, parce qu’incapable de tenir.

Fais un tour en toi. Ta poche est rassurante. Elle ne s’est jamais trouée au caillou qui, un jour que le ciel n’avait pas le mauvais plomb, entra dedans, bras ouverts à la Lumière.

Je tiens par ce que j’entends de l’Autre, celui qui se tait. Son silence ne peut me mentir. Dans les pierres qui boivent la couleur naturelle, il n’y pas de place foraine pour réunir les bateleurs. Une chapelle hors du monde inventé, ça te prend par le sacré et ça garde la verdeur du chemin régénéré.

Niala-Loisobleu – 14 Octobre 2017

 

PLANCHE SANS VOILE


PLANCHE SANS VOILE

Les bruits de tes jambes

abandonnés au mouvement de hanches des marées

marquent le tempo

C’est vrai que tu craques

bien qu’étant pas de bois

Je m’émerveille

à chacune

de tes phases de lune

en reluquant tes fesses vaquer d’un quartier à l’autre

t’es mon lèche-vitrine

 Te voir hâler et venir

entre trois boutons défaits

explique le désir naturel

qui pousse tes seins à pointer du né

Cet entre vu

de ta peau

m’arrache le tapi des vertèbres

au poing de me pousser les ongles

Tu le sais et n’en dis rien à personne

ignorant les strabismes de leurs fenêtres embusquées

L’impudeur de ton intimité

me rend plus cru qu’un légume de compagnie

 les deux pieds pris dans ton vase

Niala-Loisobleu – 18 Août 2017

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ENTRE UNE HEURE ET L’AUTRE


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ENTRE UNE HEURE ET L’AUTRE

La chaise à portée

Le cerne s’assied au bord des yeux fatigués d’un souvenir froissé

Qu’un journal chemine aveugle aux cannes des bouleaux et le front cogne

Pour traverser le vide à tâtons pas un cygne au fil de l’eau ne traverse les ondes

Cette main qui cherche mitaine à une épaule s’est prise dans de la buée d’haleine

Rouge coeur noir l’anémone frissonne à la sortie du bouquet au parfum rance

Un froid cran d’arrêt sévit sur les bronches à faire tousser l’envol de l’oiseau

Au coin de l’espace non-fumeur

Le crachoir cuivre sa sphère entre un rendez-vous manqué et deux tables de marbre

Prédiction un chat noir tacheté de poils blancs va passer

du

LE LIVRE DE LA JUNGLE

ouvert

je tire ce qui rugit en corps d’odeurs fauves

Niala-Loisobleu – 25 Janvier 2017

RÊVE DE BOULANGE


 

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RÊVE DE BOULANGE

A l’angle du Bac

et de sa rue avec la mienne

le boulanger-pâtissier est au fournil

la nuit joue à quai avec la lune

Croissants shows

laissant sortir du soupirail

des gémissements de viennoiserie

Je rêve

détendu

croustillant

comme une ficelle encore chaude

me nouant au soleil à venir

Me revoici nouveau-né

d’un temps sans limites

qui trempe ses matins

dans le bleu…

Niala-Loisobleu

2 Décembre 2015

2.12.15. - 1