L’OISEAU-QUETZAL AU TEMPS DES POÈTES


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L’OISEAU-QUETZAL AU TEMPS DES POÈTES

Parti de son vieux pays maya brisé un oiseau-quetzal est descendu dans mon jeu : je suis pour lui le toit d’une petite maison en bois rustique ; je suis une épaule de nègre
habituée à porter des fardeaux qui pèsent plusieurs siècles de solitude ; je suis le poète qui ne se rend pas au cyclone ni aux lubies de
Castro ; je suis le poète qui n’a pas à rougir du feu libre de ses mots ni des roses et des mimosas de son jardin.

Heberto est pour moi le pote de la nuit

de gel à
La
Havane où nous avons ensemble

mesuré l’avancée que le temps des poètes

a gagnée en savoir et imagination

sur un macho dont les matins étaient comptés.

Nous souffrons sous le sabot du cheval-sorcier* : nous ne cédons pas à sa furie ; enfermés tous les deux dans sa cage à tigre du
Bengale nous semons nos chants de justice bien plantée : les voici sortis vainqueurs du gros mot en -isme qui vola un soir les mots et le temps nôtres pour les ajouter au mauvais
temps de l’Histoire !

René Depestre

TON VOIR SENTIR


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TON VOIR SENTIR

 

Cette membrane qui vibre

par où la couleur  va rejoindre le sens de tes mots

j’y palette d’un couteau à trancher l’indistinct.

 

La brume des émotions égarées alentour

colle au mur

par la ficelle mise au clou

tenant le  tableau naturalisé par un empailleur de passage

 

Le touché de ta chair écorchée se fait regard

tes seins allaitent l’étendue vibratoire qui touche aux pores

tu t’engrosses avec l’oeil de ton ventre.

 

Niala-Loisobleu – 06/11/18

Il y a eu un roulement d’éclairs au pouls qui ne craint pas l’ô rage


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Il y a eu un roulement d’éclairs au pouls qui ne craint pas l’ô rage

 

Au milieu d’un passage sec un canal sous terrain veille

rien qu’à se retourner les yeux du ciel où tout file

pour voir monter l’herbe aromatique entre ses coudes, au relevé du regard.

Nous marchions, les pendules  aiguillées à d’autres tricots

l’haleine astre à quand le moment est

pourquoi n’irions-nous pas aux pâturages de la transhumance ?

Il y a eu un roulement d’éclairs au pouls qui ne craint pas l’ô rage et que l’averse transporta d’un flot fertile jusqu’aux confins du delta.

 

Mains tenant des crêtes d’écume dressent la chair de poule en arc-en-ciel  au duvet…

Niala-Loisobleu – 08/10/18

 

 

 

Bonne journée à vous, je suis prêt à monter la Pierre d’Eau


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Bonne journée à vous, je suis prêt à monter la Pierre d’Eau

 

Comprendre est un parcours merveilleux, souvent plus difficile qu’un matin de course à pied dans une campagne polluée. Moi et la course à pied pas de problème, jamais on s’a rencontré, je l’ignore elle me fait pas chier avec ses vertus, on vit en paix. En revanche comprendre c’est une de mes tâches naturelles préférées. Hier ma Muse m’a fait un cadeau inestimable, nous parlions souvent de conduite ou d’attitudes propres au web, avec parfois des approches qui nous séparaient. J’ai cherché à comprendre, j’ai eu la surprise de découvrir qu’une Petite Chose qui s’esclaffe, saute  à pieds joints dans le caniveau pour que ça arrose de super et autres vroum-vroum que le grand prix automobile vacarme qu’il soit d’Italie ou de France sans autres effets que de déranger. Eh ben il s’avère qu’il y en a plus sous le capot de l’émotion que cette présence fidèle pose simplement que chez un montreur d’ourse femelle qui fait que discourir à s’y perdre sans qu’au bout de l’épuisement rien d’autre qu’une preuve d’indifférence domine en toute absence d’émotion. Pérorer pour démontrer dans le seul but de la théorie, en dehors de te gonfler du bulbe ça mène à quoi ?

Eh ben sachez que j’suis bien d’avoir compris ça. Me sens comme les cailles que des mers poissons couvent sans usage abusif, mais avec un savoir instructif à transmettre.

Bonne journée à vous, je suis prêt à monter la Pierre d’Eau, merci Barbara, chante-moi vite quelque chose…

 

Niala-Loisobleu – 04/09/18

CE TISON LA DISTANCE par Jacques Dupin et mon Grain de S’Elle


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CE TISON LA DISTANCE

par Jacques Dupin

et mon Grain de S’Elle

Et le paysage s’ordonne autour d’un mot lancé à la légère et qui reviendra chargé d’ombre.

Au rebours des laves, notre encre s’aère, s’irise, prend conscience, devient translucide et brûlante, à mesure qu’elle gravit la pente du volcan.

Celui qui simule est agile, est inerte. Le cœur n’a qu une pointe et tourné vers la terre. S’il ressasse son en, il se change en cactus.

L’irruption de la nudité, visible par grand vent, ne supporte que le vide et sa ponctuation meurtrière.

Dévore tes enfants avant qu’ils ne creusent ta fosse, c’est-à-dire sans perdre une nuit.

Des grands oiseaux blessés dans le soir insipide, l’inscription, la douleur s’effacent. Le ciel s’agrandit comme une rumeur, et se laisse franchir.

Hors de la tempête, je dors mal. Ce n’est pas moi, c’est la terre qui dramatise. Un couple se détruit, la lumière est en marche.

Il n’y a qu’une femme qui me suive, et elle ne me suit pas. Pendant que ses habits brûlent, immense est la rosée.

Jacques Dupin

 

L’ordonnance et son obligation de la place des vers et du couvert à poisson fait qu’ambidextre mais de préférence gaucher, faut que je remette toujours l’étable du bon côté des curies

Oui, aux laves notre encre luit autrement qu’un cul sale dans un dessous neuf

Grand vent ou pas, la nudité reste plus franche que les mots dits d’une tenue arrangée, bien d’accord cher Jacques, la simulation est inerte

Saturne le grand ogre, m’a montré son menu un jour que Goya m’avait invité à allumer le feu chez lui. Mes enfants me sont restés dans les dents de l’amer

Ô la blessure des grands oiseaux, nulle plaie d’arme blanche ne s’assainit mieux que dans leur jabot, mais sur leur carlingue les croix des cicatrices s’alignent pires qu’en cimetière militaire

Quant à la femme qui me suit, elle n’a pas resté-ni-parti la réponse définitive. La distance n’est rien de kilométrique, je crois qu’il n’y a pas pire que le co-locataire en éloignement…

Niala-Loisobleu – 7 Février 2018

Osmose


Osmose En découpage la buée d’un désir passe entre deux planches tendre mousse posée sur la barbe d’une ronce où le passage d’un garenne a laissé de son odeur Il n’y a rien qui se perd hormis la percée du regard que l’on ne veut plus entendre. Jeter au dépourvu arrange. Pourtant là-haut le gardien […]