PROMENADE A L’ÉTANG


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PROMENADE A L’ÉTANG

Le calme des jardins profonds s’idéalise.
L’âme du soir s’annonce à la tour de l’église ;
Écoute, l’heure est bleue et le ciel s’angélise.

À voir ce lac mystique où l’azur s’est fondu,
Dirait-on pas, ma soeur, qu’un grand cœur éperdu
En longs ruisseaux d’amour, là-haut, s’est répandu ?

L’ombre lente a noyé la vallée indistincte.
La cloche, au loin, note par note, s’est éteinte,
Emportant comme l’âme frêle d’une sainte.

L’heure est à nous ; voici que, d’instant en instant,
Sur les bois violets au mystère invitant
Le grand manteau de la Solitude s’étend.

L’étang moiré d’argent, sous la ramure brune,
Comme un coeur affligé que le jour importune,
Rêve à l’ascension suave de la lune…

Je veux, enveloppé de tes yeux caressants,
Je veux cueillir, parmi les roseaux frémissants,
La grise fleur des crépuscules pâlissants.

Je veux au bord de l’eau pensive, ô bien-aimée,
À ta lèvre d’amour et d’ombre parfumée
Boire un peu de ton âme, à tout soleil fermée.

Les ténèbres sont comme un lourd tapis soyeux,
Et nos deux cœurs, l’un près de l’autre, parlent mieux
Dans un enchantement d’amour silencieux.

Comme pour saluer les étoiles premières,
Nos voix de confidence, au calme des clairières,
Montent, pures dans l’ombre, ainsi que des prières.

Et je baise ta chair angélique aux paupières.

Albert

Extrait de: Au jardin de l’infante (1893)

 

 

GREFFE PLANTE AIR


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GREFFE PLANTE AIR

 

J’attrape d’une épaule

sa main solaire

pan en pleine lune

que le tant de me retourner

nous étions face à face

jetés bleu agapanthes

grimpants clématite

nous ne bougeâmes pas d’un galet

quand l’apporte ouvrit la rivière…

 

N-L – 25/06/18

PANNE DE SEXE HEUR


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PANNE DE SEXE HEUR

 

N’importe comment déshabillée l’oreille louche comme si le né aurait tenu à la petite écuyère en argent

l’amer monte, le safran s’échappe, renversant la coque au gouvernail démâté, Moby Dick je t’aurais, crie le vitrier en remontant le trottoir

lasse la rampe laisse choir

l’escalier rétrécit, rien à faire le truc en plumes est en manque de largeur, la nuisette n’a pu empêcher qu’un poil se marche sur la langue

quand les yeux se sont éteints, une panne de sexe heur a soufflé sur la flamme genre saut d’eau pour décoller les chiens en proie à jouer dans le rut

Comme un oiseau que le vent a mis au bord des rives paisibles de la Charente, un reflet joue du cornet chocolat-vanille, se remplir la barbe d’un parfum commun à la route de la soie

Délice d’hâler cru nu bord de mer sans besoin de gilet…

 

Niala-Loisobleu – 22 Juin 2018

EMBARCADERE


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EMBARCADERE

Sentant revenir un soleil fugueur la pente se mit à redresser la tête pour inciter l’agapanthe à ouvrir le bleu tous doigts écartés. Les herbes ramassées les unes contre les autres sourirent au moniteur donnant l’ordre de sortir du fond du lit, la couverture n’apportant plus d’assurance contre les risques de pluie.

Lin se tendant au châssis

la martre s’emmancha dans la virole

joie du manche apercevant la main gauche s’affermir

De la mer le Stabat Mater de Pergolèse  vint au rivage, moussu de blanc, l’écume est jour

Seule l’ombre d’un tube sec aurait pu manquer à l’envie de la palette. Au moment où ils  émergèrent d’une table des matières plus touffue qu’un avant-projet pour gagner du tant, tu avais chaussé tes lunettes le nez dans le sens du vent, le chien dont le fouet de queue battait, indiquant la joie de te savoir là, anémone délicatement penchée d’un ton bleu-violacé.

Le peint lâche son odeur fournil

j’ai ri un moulin à ô dans le remous de ma salive

Embrasse-moi me dis-tu alors dans ta langue

Trois cygnes dans les iris d’eau, deux couples de canards, le premier sur l’herbe et l’autre à la nage, oui la Charente coule sans bruit sans m’avoir repris mon goût de Seine. J’ai les quais de la Cité dans l’herbe des arbres qui s’y reflète. Balance le ponton

Ton visage pour seul équipage

Niala-Loisobleu – 19/06/18