Lance l’ô


lancelot

Lance l’ô

Posée au bord d’un nombre de pensées propres à rien, même pas à sortir de la m’aime idée, allait une grisaille dominicale, quelques bribes d’encens restées collées au fond de la chasuble innocente. L’humidité suffisant à elle-seule à noyer le premier rayon d’espérance, qui aurait pu rencontrer en chemin le chant d’une abeille occupée au butinage ? Personne, bien entendu, pas même un marchand du temple de la campagne électorale en cours ne s’y étant avisé, les affaires s’étaient mises momentanément en congés. Malgré tout le silence général ne laissait guère planer de doute sur un ennui généralisé.

Pour rompre ce silence inopportun, j’ai essayé de rentrer en relation avec mon vélo par les voies médiumniques ordinaires. Sans avoir recours aux systèmes des marcs, boule de cristal, tarots et autres trucs à te faire l’illusion du langage des tables.

Cheval d’Amour, mon vélo m’emporta en croisade, il m’a fait lance l’ô, une Guenièvre omniprésente dans le souffle de la nature.

Pas facile à suivre pour l’hermétique qui pullule. Un vélo-cheval et un oiso chevalier, il va y en avoir plus à me juger maboule, que ceint d’esprit.

J’ai l’habitude de ne pas bloquer au jugement des autres. Je vais jusqu’au bout de mon  sentiment.

Les sorties en bois d’amour dans lesquelles mon cheval-vélo avait été instigateur ne font pas défaut. Les voleurs auraient-ils emportés son histoire avec eux ? A cette pensée je me sentis glacé jusqu’à l’os. Atterré. On ne peut détruire la légende. Non, je crois que l’herbe est restée détentrice des odeurs de ses rencontres baignées d’aveux sans retenues, où la vie banale se livrait aux .découvertes inouïes.

Les essais du vocabulaire ne peuvent avoir été ternis par un abandon grossier de la langue, je retins la panique à grande peine. Déjà amoindri par l’attentat, j’eus un immense effort à fournir pour combler le vide qui tentait de m’avaler.Mon vélo, mon vélo, mon vélo, viens vite, parles, dis, racontes, fais, je meurs de l’absence de ton image chevaleresque… Le symbole du don du cheval est en cours de se manifester à mon endroit. La signification du « don » qui prédomina à cette époque et le regard sur la femme de l’amour courtois, m’habitent. La folie me semble être la seule sortie de secours pour l’Amour.

http://books.openedition.org/pup/3324

Niala-Loisobleu – 27 Février 2017

a3020

Enregistrer

Enregistrer