LA FENÊTRE IMMOBILE


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LA FENÊTRE IMMOBILE

 

Par le trou percé vient l’image du second mur. Laquelle est la bonne ? Au sommet des deux troncs, j’enjambe l’idée toute faite, le flou  libère la clef accrochée à ton nombril. Le divin se prend les pieds dans le tapi, ah enfin, les musettes replient leurs gaules, les tabourets de Cour passent par la chaise-percée du mont seigneur et pour le  pain quotidien tu te démerdes, faut aller au charbon, Messie mon P’tit-Gars.

(silence – un accessoiriste vaporise du flou artistique à la bombe)

-Reprise

Pas de cloche qui sonne, aucune mouche qui coche

puis

un bruit de cheval se reconnaît à l’odeur d’humus éventré qui rameute les mouettes

je me dis que l’heure est la seule manifestation d’une présence déiste vu comme c’est chiant, toujours liée à l’attente, un compte à rendre, un contrôle où il faut pointer, le prix de l’heure y a que ça qui compte, je lui arrache les aiguilles comme un môme qu’on croît sadique alors que c’est qu’un enfant qui veut pas devenir faussement adulte.

L’endroit le mieux placé reste le moment où tu te désabilles pour rester nue avant que le matin sorte ses dessous qui cachent.

La fenêtre a libéré le mouvement, ça bouge.

Le pas ouvert

Mais si les mots sont des bêches?

Alors la mort, en dessous, n’aura capté que ton écho.

Ta parole bouclée se confond toujours avec la vapeur exhalée par nos bouches

Quand l’hiver sème son givre sur nos manteaux.

L’esprit ne veut pas durcir comme pierre

Et lutte avec le limon qui l’entraîne à s’y essayer.

Mais le sommeil, le sommeil, est une bêche parcimonieuse.

Ô, qui veut partir, disparaisse dans la nuit que la douleur ne malmène plus!
René Crevel

Te voici palpable, souple, dodue le tube qui rit la couleur quand mes doigts appuient dessus…

Niala-Loisobleu – 12/11/18

CELUI QUI GLISSE UN DIEU AURA UN GAGE


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CELUI QUI GLISSE UN DIEU

AURA UN GAGE

Au début des cours d’eau le fil a reçu la direction choisie par la nature. Le choix s’est inscrit dans un consensus de parfaite harmonie, les cochons allèrent à la soue sans que ça pose de réclamations. Tout comme ce qui ne respectait pas la chaîne alimentaire ne put obtenir de droit de séjour.

Puis vînt l’homme avec un si long décalage que le créateur de base avait disparu, des millions d’années du jamais vu, on n’y résiste pas. Celui qui glisse un dieu aura un gage.

Quel dommage, celui qui s’est chargé de la création humaine, devait déjà avoir des gènes macroniens. Parfaitement incompétent, aveugle et sourd, aucune culture de la nature, une prétention insolente et gerbante en plus, un petit trou-du-cul incapable de transiter par lui-même, juste bon à faire chier le reste de la population terrestre.

Après des siècles de volonté du désastre voici qu’on arrive à terme. Le sens du fil est en voie de retournement.

La secousse que mon hypersensibilité en reçoit me traumatise un max

J’ai des idées de décrochage, des tentations de départ, qui en viennent à m’insupporter l’odeur que je respirais comme un gaz énergétique. Mettre la lumière dans l’obscurantisme obstiné ça appelle à relativiser le fondamental.

Non, je ne peux supporter de voir des mots déplacés dans des coms hors sujet, , des phrases détournées de leur sens profond pour un bavardage de trottoirs, , un tapage pour le disque posthume mené par l’aide Laetitia, enfin que de l’à-côté de la plaque tel le changement du nom de l’essence qui ne fait que dépenser du fric pour rien, mais qui en conclusion écarte tout acte pour qu’on réagisse….

Cet état est un aveu de volonté de nuire.

Niala-Loisobleu – 18/10/18

AUX OISEAUX


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AUX OISEAUX

Paroares, rolliers, calandres, ramphocèles,
Vives flammes, oiseaux arrachés au soleil,
Dispersez, dispersez, dispersez le cruel
Sommeil qui va saisir mes mentales prunelles!

Fringilles, est-ce vous, euphones, est-ce vous,

Qui viendrez émouvoir de rémiges lumières

Cette torpeur qui veut se croire coutumière

Et qui renonce au jour n’en sachant plus le goût?

Libre, je veux enfin dépasser l’heure étale,
Voir le ciel délirer sous une effusion
D’hirondelles criant mille autres horizons,
Vivre, enfin rassuré, ma douceur cérébrale.

S’il le faut, pour briser des tristesses durcies,
Je hélerai, du seuil des secrètes forêts,
Un vol haché de verts et rouges perroquets
Qui feront éclater mon âme en éclaircies.

Jules Supervielle

LES YEUX EN DORMIR


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LES YEUX EN DORMIR

 

Là contre la planche à écrire des symboles vont et viennent sans contrainte particulière, le principal étant le brumeux d’une fatigue pas entièrement sortie du lit.

Le peu dormeux que je suis est bien moins vif au levé d’une trop longue nuit de sommeil.

Les lignes de construction du travail que me demande la création de ma boutique sont nouées trop serré pour que j’y comprenne ce qu’il faut faire. Faut ralentir.

N-L – 1er Octobre 2018

FERME TA BOÎTE A WEB


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FERME TA BOÎTE A WEB

 

Vie triée, vie triée…

Me voici à coeur du livre, le marque-page à la corne, Aline et ah comme une chanson tirée par la plage. Nous traversons la glace, couche trop mince qu’un teint jugé pâle n’aura su retenir bien conforme au reflet. Du coup notre image s’en ramasse plein la gueule comme si de connivence ce qui marche pas chez toi doit rejoindre le travers d’ailleurs pour fermer le cercle. Ces jours là sont les plus propices à l’autodafé, sous le coup de la peine injuste on a l’allumette de son propre bûcher sortie de la boîte, bonne à gratter comme si un méjugé pouvait se gagner en appel. Ah la couleur grisée non je la refuse et préfère la brûler que lui ouvrir l’épidémie. Connerie, malversation, c’est assez dur à vivre soi-même sans devoir ramasser pour l’embrouille des autres. Quand on a la merde chez soi faudrait vraiment être maso pour prier celle des autres de venir passer à table. On gagne à se taire plutôt qu’à paraître…

Niala-Loisobleu – 23/09/18

 

ENCART

 

René Char

Les routes qui ne promettent pas le pays de leur destination sont les routes aimées.

La générosité est une proie facile.
Rien n’est plus attaqué, confondu, diffamé qu’elle.
Générosité qui crée nos bourreaux futurs, nos resserrements, des rêves écrits à la craie, mais aussi la chaleur qui une fois reçoit et, deux fois,
donne.

Il n’y a plus de peuple-trésor, mais, de proche en proche, le savoir vivre infini de l’éclair pour les survivants de ce peuple.

La pluie, école de croissance, rapetisse la vitre par où nous l’observons.

Nous demandons à l’imprévisible de décevoir l’attendu.
Deux étrangers acharnés à se contredire — et à se fondre ensemble si leur rencontre aboutissait!

En amour, en poésie, la neige n’est pas la louve de janvier mais la perdrix du renouveau.

René Char