BRIBES (XXVII)


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BRIBES (XXVII)

La sorte de sève qu’envoie l’eau par la tige, linge de blanc

l’immaculée sous-couche du bleu

La plante tient au chaud  le lien viscéral  par ses  fleurs à trois pétales

Issue des suées de climat chauds humides

Sobre

humble

silencieusement présente

plus que résistante au temps

L’orchidée

garde la  flamme

du rayonnement intérieur…

Niala-Loisobleu – 31/12/18

ENTRE TIEN EMOI 1


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ENTRE TIEN EMOI 1

Ce ne fut pas un montage à vendre, juste ce léger mouvement qui ne se voit que parce qu’il reste sous l’écorce. Qu’il grince rien ne presse dit le tapis s’adressant au volet bleu. Les matins nous n’avons pas envie de les mettre à la boîte, le jour trouvé à ton oreille ne lobe rien en touche, il tâte comme on veut se sentir pénétré. Il n’y a plus dans les tubes la pureté du pigment, ce qui reste du végétal recule sous l’écrasement minéral porté par la chimie des temps modernes. On pourchasse l’odeur naturelle en lui faisant honte. Les bras montent les tatouages au cou comme il y a des années on a voulu briser le secret de la beauté des murs. En les faisant parler comme des provocateurs on montre que salir et casser préoccupe davantage que construire. Le monde des hommes a toujours été horrible. A chaque époque on a toujours privilégié le mal, cette nouvelle génération extrémiste s’inscrit comme une secte nuisible. La laideur est la cinquième colonne de tous les pouvoirs, son action fourbe et hypocrite entretient l’instruction du non-savoir. Une maison animée que du regroupement des étages, amène les messes dans la rue à réclamer des églises. Dogme, tu voiles à toutes vapeurs. Le fleuve affluente comme une bonne mer. Si on lui ligature les trompes c’est pour le bluff, on dirait les paroles de haine de la chanson d’amour au top du hit-parade des tireurs de ficelles. Je reste collé à tes aisselles, les chiens qui y sont suspendus n’ont pas de laisse. Même en noir quand tu les soulages ils rient aux éclats. Puis tu sais les expositions c’est une putain d’épreuve, je me rappelle il y a de ça très longtemps quand aux Voûtes du Port j’exposais à Royan, le nombre de têtes de crevettes qui jonchait le sol, permettait de compter les visiteurs.Ce que je resang de Toi ne regarde qu’émoi.

Niala-Loisobleu – 20 Juillet 2018

LE TEMPS MORD


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LE TEMPS MORD

Un mouvement est là, dans l’immobile incongru, est-ce la pensée plus forte que les rues qui ont été fermées qui fêle ?

A n’en pas douter, dans l’angle le papier-peint baille, la forme transparaît par l’ouverture du temps. Les quais des trains ratés en quittant leurs vêtements un à un dévoilent la beauté des lieux. On ne part de soi trop tard qu’en restant sous son chapeau.

L’âne qui tourne la noria pense-t-il aux déserts  sur lesquels les sots se répandent, prêtons-lui le bénéfice du doute de l’innocence, l’âne est pas domestique au point de tomber si bas, il a le sien à porter et cela lui suffit.

Il était pas en corps l’heur des seins qui devance le coq qu’à mon oreille j’entendais ton pouls battre. Pour preuve ce bleu qui macule encore mes doigts. La couleur dit clairement d’où l’on sort et où on a l’intention d’aller. Ce petit-linge accroché au dossier de la chaise même avec ce cheveu qu’il a gardé sur la langue, peut dire l’enchantement du coeur de la forêt sans zozoter. Un solide conteur aux veillées que celui-la. Ficelle, vous avez-dit ficelle, ah non, je parlais de soie pas d’un autre.

Illustration: Peinture d’Otto Dix

Niala-Loisobleu – 30/03/18

 Là, à la veille, mains tenant


 Là, à la veille, mains tenant

 

Un épais brouillard collé aux cils, obstrue la montée des arbres jusqu’au murmure de l’orage qui point. Du charbon couine aux wagonnets des mines, la galerie promet la chaleur d’un intérieur douillet. Rouge gorge d’un sein qui palpite, décolleté prometteur du panorama d’une humanité étendant son partage d’une plaine à l’autre, en rangs d’oliviers grimpant les allées de vignes d’où s’égaillent des odeurs lavandes jusqu’aux pieds des monts de Provence battus par des vents porteurs. Ces champs à la perspective ô combien ouverte, il les a empâtés de ses élans de feu, généreux jusqu’à l’aveuglement.Vincent fou d’allégresse cousant en damiers rouge citron, vert orange, noir ocre, violet jaune, cyan prusse des étendues de campagnes semées d’étoiles accouchées des lunes d’un soleil amant. La vie labourée des griffes de ses doigts cultivant une foi ardente dans un monde aride.

“Qu’est-ce que dessiner ? Comment y arrive-t-on ? C’est l’action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible, qui semble se trouver entre ce que l’on sent, et ce que l’on peut. Comment doit-on traverser ce mur, car il ne sert à rien d’y frapper fort ? On doit miner ce mur et le traverser à la lime, lentement et avec patience… Somme toute je veux arriver au point où l’on dise de mon oeuvre: cet homme sent profondément, cet homme sent délicatement. “

Lettre de Vincent à Théo, Le 7 janvier 1882

Des iris rentrés dans la gorge des cellules d’isolement, Vincent crache ses cris violets ourlés de jaune aux oiseaux de proie qui lui busent le coeur. Les pailles tressées de sa chaise gémissent des pieds qui branlent de désarroi. Les tomettes de sa chambre rougies de la démence des absinthes accueillent des sarabandes de zouaves à cheval sur des putains. Le rasoir lui bandant l’oreille d’un voeu de sacrifice, il monte sa palette jusqu’au cosmos. Hors des hommes aveugles.Face à lui-même, absolu visionnaire. Eternel étranger au lucre terrestre.

Jusqu’au dernier corbeau d’un après-midi d’été qu’il dévêt du noir plumage par son espoir rouge sang, en le répandant aux épis soulevant son soleil.

Maudits soient ceux qui se gavent aujourd’hui de sa quête en roulant carrosse sur le génie ignoré d’un apôtre de l’amour.

J’ai parcouru le monde, vu ses diversités, le voyage qui m’a laissé le plus d’approches inestimables c’est celui du chemin authentique que Vincent emprunta de Hollande, Amsterdam, par les corons de Mons à Paris jusqu’en Arles, ses internements, St-Rémy, Eygalières, et la dernière remontée à Auvers sur Oise.

Niala-Loisobleu – 24 Février 2012

L’extinction de voie que l’envahissement des mauvaises herbes a petit à petit posé sur la trace permanente, barre mieux qu’en ligne de défense l’accès aux premières lignes. Les cordes vocales des instruments de musique devenues molles, traînent par taire en fausses notes. La tête est partie du fronstispice, l’oeil doit se tenir aux épines des ronciers. En moignons des caresses font mal comme un animal aux longues dents qui glisse pour mordre. Avant que la forêt soit avalée, l’oiseau-gardien lance un dernier jet de plume. Couleur, couleur, je ne suis que le fruit de LA VIE, L’AMOUR 4 auprès de ma blonde.

Niala-Loisobleu – 29 Janvier 2018

 

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La Vie, l’Amour 4 – 2018 – Niala -Acrylique s/carton bois 60×80, encadré s/verre

Luz Casal « Sentir »


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Luz Casal«Sentir»

Abre la puerta, no digas nada,
Ouvre la porte, ne dis rien,
Deja que entre el sol.
Laisse entrer le soleil.
Deja de lado los contratiempos,
Laisse les contretemps de côté,
Tanta fatalidad
Tant de fatalité
Porque creo en ti cada mañana
Parce que je crois en toi chaque matin
Aunque a veces tú no creas nada.
Alors que parfois toi tu ne crois en rien.

Abre tus alas al pensamiento
Ouvre tes ailes en pensant
Y déjate llevar ;
Et laisse-toi porter ;
Vive y disfruta cada momento
Vis et profite de chaque moment
Con toda intensidad
Avec intensité
Porque creo en ti cada mañana
Parce que je crois en toi chaque matin
Aunque a veces tú no creas nada.
Alors que parfois toitu ne crois en rien.

Sentir que aún queda tiempo
Sentir qu’il reste encore du temps
Para intentarlo, para cambiar tu destino.
Pour essayer, pour changer ton destin.
Y tú, que vives tan ajeno,
Et toi, qui vis loin,
Nunca ves más allá
Tu n’y vois jamais plus
De un duro y largo invierno.
Qu’un hiver dur et long.

Abre tus ojos a otras miradas
Ouvre tes eux à d’autres horizons
Anchas como la mar.
Bouge comme la mer.
Rompe silencios y barricadas,
Romps les silences et les barricades,
Cambia la realidad
Change la réalité
Porque creo en ti cada mañana
Parce que je crois en toi chaque matin
Aunque a veces tú no creas nada.
Alors que parfois toi tu ne crois en rien.

Sentir que aún queda tiempo
Sentir qu’il reste encore du temps
Para intentarlo, para cambiar tu destino.
Pour essayer, pour changer ton destin.

Abre la puerta, no digas nada.
Ouvre la porte, ne dis rien.

Irréfragable Permanence


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Irréfragable Permanence

 

Au fil du feu les laves ont brasé autrement qu’à l’éteint
le pipe-line des mers pour l’adduction d’ô de sa Nature
Des vents séculairement venus avant l’invention du poumon
le shaker des séismes ignore la glaciation pour tenir au frais ce cocktail unique sans apposer une signature
L’anonyme humble reconnu ne revendique pas quelque supériorité que ce soit
son Grand-Oeuvre sort de la polyvalence métissée du crayon inséparable de sa main

Le magnétisme de son regard reste au plus gris d’un bleu de Clarté

 

Niala-Loisobleu

8 Décembre 2017

 

VIDE-POCHES


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VIDE-POCHES

Sur la place vide je n’ai pas eu à tendre le cou pour sentir battre l’artère du chemin de taire. La poste a mis ses boites à lettres sur le parking pour que les voitures qui stationnent s’adressent à elles. Quelques mots en pensée, au dehors d’une carte-postale, ça possède plus de relief qu’un restant d’assiette sur une nappe de brouillard. Les pigeons de là me paraissant domestiqués par l’usage des miettes, je continuai  jusqu’à la lisière du coin inaccessible en voiture. Besoin de me retirer au creux du tissu charnel, là où la touffe d’herbe ne craint rien du desserrage du bouchon de vidange. Et du vent porteur  il y en a. Dessinant le contour d’un trait léger, j’appuyai un peu plus fort au Centre. C’est émouvant de recevoir la réponse instantanément. Ce qui enrobe la surface à perte de vue finit par faire croire. Comme si la vie n’était pas un tiret coupé d’aire. Le bistro qui retenait les joueurs de manille de mon enfance, ne laisse plus passer sous ses brise-bise qu’un disque de der. Ceci ne lui enlève rien de l’atout. Il est à moi, une image à jamais de mon vivant parmi les morts. Comment pourrait-on imaginer que j’accepte de commencer ma journée sans tes lèvres ?

Niala-Loisobleu – 25 Juillet 2017

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CROIRE EN CORPS


Soul of a Bird_Caroline Jamhour aka Lua Turquesa_painting

CROIRE EN CORPS

Le jour traîne à se lever, trop écrasé qu’il est dans la grisaille. Les premiers jours de Juillet sont couleur Novembre et la température oblige à rallumer les radiateurs. La cabane est à marée, la pluie la mise en flottaison. Il y a une absence dans le mouvement de la nature, le grand chêne qui borde la terrasse est en crise de voix des pigeons, plus loin le coucou matinal ne provoque personne. A croire que la pluie devient eau lourde. J’sais pas, sauf pour le dernier mot, il n’y a pas de miracle à en attendre. La météo dit que que dans les prochaines 24h on va passer de 20 à 32°. Alors on fermera le chauffage et on allumera la clim.

Les petites allées du bois sont des éponges. Gavées d’eau, elles n’avalent plus les flaques. Les arbustes reniflent et toute la végétation toussote, top d’humidité ramène les problèmes respiratoires à se nourrir de kleenex. La colonie de papillons qui loge dans mon lilas d’Espagne virevolte moins légèrement. Les jaunes et les bleus ont un lest d’eau à sortir de leurs ailes. Obligé de rester dedans, fait remplir les heures de pensées liées au mouvement statique. Que les faits du quotidien alimentent  sans efforts. La vie est à l’amarre dans une baie où la mort monte en surface. Exprimant par des événements sa tristesse par un sentiment affectif profond, ou terrifiant par sa dramaturgie avec l’inconséquence humaine mise dans ses démonstrations de barbarie pendant qu’on s »ébaudie sur les rapprochements des trains à grande vitesse (gouffre sans fond d’une situation sans le sou qui devra payer quoi qu’il arrive) L’algorithme y pourvoira un plus.

Tout le week-end, je n’ai pu sortir de mon quartier d’enfance. Allant, par les petites rues délaissant les boulevards St-Germain et St-Michel rejoindre le Panthéon. La voix d’outre-tombe d’André Malraux installée dans les kiosques à musique du limonaire Jardin du Luxembourg. L’éternel vivant des Grands-Hommes, couvre le morbide de leur société. Je ne fréquente les cimetières qu’en absence de chrysanthème conventionnel. Farfadet que je suis des lieux de pierres où l’esprit séparé du corps joue constamment en surface. Les traboules des passages d’occupation barbare, sont à mon passage clandestin, d’un grand secours. Jean Moulin tu es à mes yeux le plus proche parent de Simone Veil. Vous avez fait une exceptionnelle opposition à l’aliénation physique et mentale de l’être humain. Vous êtes du même temps dans un semblable tant. Voilà ce qui guidaient mes pas dans les rues de mon Paname ce Dimanche.

En rentant Camus m’attendait pour un dernier verre avec Char. Veillée du vivant avec la mort vue d’une autre manière que celle de rester passif à l’attendre tout en l’ayant jamais sortie de son vivant.

Niala-Loisobleu – 3 Juillet 2017

 

TOUJOURS POUR LA PREMIERE FOIS


TOUJOURS POUR LA PREMIERE FOIS

Toujours pour la première fois

C’est à peine si je te connais de vue

Tu rentres à telle heure de la nuit dans une maison

oblique à ma fenêtre

Maison tout imaginaire

C’est là que d’une seconde à l’autre

Dans le noir intact

Je m’attends à ce que se produise une fois de plus la

déchirure fascinante

La déchirure unique

De la façade et de mon cœur

Plus je m’approche de toi

En réalité

Plus la clé chante à la porte de la chambre inconnue

Où tu m’apparais seule

Tu es d’abord tout entière fondue dans le brillant

L’angle fugitif d’un rideau

C’est un champ de jasmin que j’ai contemplé à l’aube

sur une route des environs de Grasse

Avec ses cueilleuses en diagonale

Derrière elles l’aile sombre tombante des plants dégarnis

Devant elles l’équerre de l’éblouissant

Le rideau invisiblement soulevé

Rentrent en tumulte toutes les fleurs

C’est toi aux prises avec cette heure trop longue jamais

assez trouble jusqu’au sommeil

Toi comme si tu pouvais être

La même à cela près que je ne te rencontrerai peut-être

jamais

Tu fais semblant de ne pas savoir que je t’observe

Merveilleusement je ne suis plus sûr que tu le sais

Ton désœuvrement m’emplit les yeux de larmes

Une nuée d’interprétations entoure chacun de tes gestes

C’est une chasse à la miellée

Il y a des rocking-chairs sur un pont il y a des branchages

qui risquent de t’égratigner dans la forêt

Il y a dans une vitrine rue Notre-Dame-de-Lorette

Deux belles jambes croisées prises dans de hauts bas

Qui s’évasent au centre d’un grand trèfle blanc

Il y a une échelle de soie déroulée sur le lierre

Il y a

Qu’à me pencher sur le précipice et de ton absence

J’ai trouvé le secret

De t’aimer

Toujours pour la première fois

André Breton « L’air de l’eau »

Tes yeux devenus sans heures marquent le tant des aiguilles de tes cils, Tic-tac, mon coeur fait coucou tendu, La transe apparence se concentre d’une simple apposition des paumes pour te faire venir au clos de mes paupières, Les contrées par où défilent les mots tus sont plaines de semences, N’as-t-on pas vu les terriers organiser des journées portes-ouvertes ? Dans l’invisible lumière des hésitations réitérées au bord des jours, les trèfles à quatre-feuilles n’ont qu’une suspension tributaire de la solidité de la tige, trois points c’est tout, Sur les corniches de mes vertiges je varappe à tes parois avec tes seins tenus à demain en balancier,Toi au bout du long couloir sombre des nuits approche des rose matins, Nos lèvres ont soif, les longues traversées sèchent la langue de leur sel au centre du silence que le vent porte au centre de nos pensées, Voic l’herbe folle de la comète, Nous nous y accrochons de nos dos renversés, Allongés sur le m’aime drap, nus, au fil de notre odyssée la rivière méandre sans ahaner,

Je te laisse ma main

A tremper dans ton encrier

Niala- Loisobleu

2 Avril 2017