POÉSIE ÉLÉMENTAIRE


Life-is-Elsewhere-Michael-Bilotta

POÉSIE ÉLÉMENTAIRE

l’eau qui a l’air d’allumer

le feu sur la terre

l’air d’allumer l’air sur le feu

l’air d’allumer sur l’eau ce qui a l’air de s’éteindre sur terre

l’air d’allumer et d’étreindre

l’eau et le feu en l’air :

le cancer tu

questionne la santé bavarde depuis quand sers-tu

dans la maison de sourds? de puits en puits de vérité :

O vide en exil
A mer suave

I mage
E toile renversée

U topique

Ghérasim Luca

L’OMBRE AUX SOUPIRS


L’OMBRE AUX SOUPIRS

Paul Eluard

 

Sommeil léger, petite hélice,
Petite, tiède, cœur à l’air.
L’amour de prestidigitateur.
Ciel lourd des mains, éclairs des veines,

Courant dans la rue sans couleurs,
Pris dans sa traîne de pavés,
Il lâche le dernier oiseau
De son auréole d’hier

Dans chaque puits, un seul serpent.

Autant rêver d’ouvrir les portes de la mer.

 

Paul Eluard

CHEMIN DE HÂLAGE


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CHEMIN DE HÂLAGE

Sous la nappe mon sommeil-corail

disparaît au fond de l’évier du plongeur

l’éponge halête

le dessein d’un calcul d’armature

La porte ailleurs est-elle derrière, devant où immobile sur le fond ?

Ombre tes fards sont étain

rentre tes sirènes quelque part

j’en ai les yeux noyés

au bout de l’onde du ricochet

Niala-Loisobleu – 12 Juillet 2018

 

L’Intuition Fétale


L’Intuition Fétale

Le malheur ne restreignant jamais ses distributions, on a, comme avec les pubs, la boîte aux lettres qui dégueule

la première

Tout de suite avant soi

Une mise en bouche ?

En tous cas ça y ressemble, avec sa quantité de maladresse, mêlée à l’ironie, mélangeant vrai et faux en malentendu cynique entraînant à coup sûr la confusion. Bête et méchant.

Au bord de lâcher la ficelle, le déséquilibre alors devient plus grave qu’on aurait cru. La semaine s’annonce pas bonne, contrairement aux voeux indébrouillables des machinaux d’avec le sincère du coeur, qui se baladent ici…

Ne chantez pas la mort…

Niala-Loisobleu – 11 Septembre 2017

 

Le Seuil


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Le Seuil

Le couloir au pied des marches
marque un temps d’arrêt
De la grande armoire ouverte
des coins de rues balancent la boîte à musique, cartons perforés des grandes orgues, mariage, ah si c’était à refaire, putain de barbarie
Un après
l’autre le vagissement d’un enfant
Du bonheur en fossettes ça vous chavire charivari
ça c’était avant que la mariée soit en noir
Puis un palier ça monte
pour la pêche à pieds
grandes marées
Sur les dunes un monsieur cherche son slip  au fond de sa jeunesse
la palisse retient les oyats
aïe ça pique en corps de voir les nudistes jouer à la balançoire
top laisse
Traîne l’haveneau P’tit-Mousse, t’auras de la rose si tu vas au bouquet
mais faut racler le goémon pour démazouter le pore du lisier
Elle
elle est toute seule, au milieu des autres qu’est voit ou pas
les borgnes et les devins, les coupables et les innocents, les qui la trouve grosse et conne et la différence de l’amour de l’âme avant le corps, les qui lui bouche tous les orifices de la ligne d’horizon et puis il y a l’Emile et une nuit qui se fait toujours attendre
Un soleil gros comme un creux plein
ô la vie putain
c’est tout sauf juste
Les tropiques du camp serrent
va falloir passer où se laisser couler
Le Seuil
c’est mains tenant, oui mais lequel dit la vieille assise sur la chaise devant sa façade où la vie passe sans s’arrêter et jamais rien voir du point qu’elle tricote, ses seins bien à plat sur les cuisses où le petit chat dort sans ronronner. Quoi deux mains ? Ben, que bal, fais pas de pétard, ce sera encore 14 Juillet.
Niala-Loisobleu – 08/04/16 & 13/07/17

MISE AUX POINGS 2


MISE AUX POINGS 2

Tiroirs en désordre, trou de nouvelles en veux-tu en voilà, reste, c’est heureux, un engagement tenace qui accroche direct le point d’interrogation à la pointe du menton pour repousser le doute pernicieux. Le soleil est si haut qu’accepter les restes d’un falot brouillard fuyant entre les étocs d’un théâtre de guère et un réality-show ne tient que d’un imaginaire en état dépressif. Avant que le soir soit tombé,  les éboueurs devront avoir remis les poubelles girls en service devant mon seuil. Par une nuit pleine on aurait vu la lune en phase inachevée sur un coït interrompu, disait un ex druide la serpette luisant sous le ment tôt. Il s’avère que sur WP l’ombre de la forêt abrite des trafiquants de coms ayant une ressemblance de cabinet noir à la mode, pas possible à croire, pourtant tout y pousse….

Les cailles luisent

les canes akent

les amarres saucent l’armoricaine

les bites haie cheun ô pinent

les cochonnes ail ail ail

l’ânesse sait lire en braille

la langue de j’expire broute sans mots dire

et si mon cul c’est du poulet souffle dans le ballon d’occis gènes

laisse poires de côté

t’as  appris tout p’tit à pas me renier pour un pet

garde bien tes voeux dans ton panier

ça couve comme l’eau rage en amas jauni

J’ai des indiens dans mon coeur

avec des plumes à écrire en corps la nature

Raoni j’aime ta couleur cas fait

gardes-moi de nous

Quand j’ai dit « j »aime »

j’ai pas dit que le temps que les cieux risent.

Niala-Loisobleu – 26 Mars 2017

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