TEMPS DU SI DA


Donato Giancola

TEMPS DU SI DA

 

Je me cou de pieds

en éjection sociétale des rivets

vraie fosse poplitée

sans veste

retournée

autre gilet de sauvetage

balisé par un choix de gains – auxquels les cerises n’entrent pas comme parents directs d’une bouture d’en vie d’enfant – le verbe baiser ne doit pas s’utiliser sous-couvert d’un air paisse

bien sûr

Je décapote

chic

le soleil à rives

 

Niala-Loisobleu – 16/10/18

RODILLAZO


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RODILLAZO

 

Partageant l’horizon de la bête

il confronte la rugosité du sol

avec ses genoux soyeux pétiole double ou racine bifurquée roc ouvert au phantasme d’une rose aussi vite enlisée qu’apparue

A genoux

pour éprouver la résistance de la terre

à genoux

pour accueillir la mortification des cornes

à un

à deux genoux

amant bravache quêtant l’équipollence d’un baiser.

 

Michel Leiris

CE QU’ÊTRE PEUT


CE QU’ÊTRE PEUT

Je sais plus ? Un matin, ou un soir ? Mais qu’est-ce que ça peut faire même s’il faisait noir le soleil était à l’intérieur, rien à voir avec un sable fin des Seychelles, des pilotis aux Maldives, un safari à la fonte du Kilimandjaro, non mon gars, rien à voir avec tous ces mirages que les futurs marchands de  fromages te proposent en tartines. Pas un faux rêve, fabriqué dans les usines de Bollywwood, sur un éléphant qu’est même pas rose, ni bleu ni rien, mais gris de trop de sécheresse. Un coin doux et chaud comme une Colombe, qui te tord le boyau du coeur, parce que bien sûr qu’on l’sait que la vie est une chienne enragée, mais qu’on est pas là pour se faire mordre. Et si bien décidés, qu’on a compris que c’est pas en aboyant comme des chiens mécaniques que l’on bloque le passage des caravanes. Il y a ceux qui font du bruit et ya ceux qui passent à l’acte. Tu connais Entraigues, ah l’Ardèche tu croyais que c’était une nouvelle expression, l’Art Dêche, une chanson de lampistes. Bof, c’est vrai que c’est beaucoup moins voyant que les préoccupations de la jet set. Le poil ça garde l’odeur de soi. Une paire de moustaches n’a pas séchée les traces du lait de chèvre, et le goût de la tome aux genêts des cheveux de Jean, la montagne s’est juste un peu reculée pour ne pas faire d’ombre à son zénith. Il est mort debout, dans un chant de blé, tel qu’il le voulait. A table avec les enfants de la cantine, ils partagent en couleurs de France, l’espoir de faire taire les profiteurs d’amour, les escrocs de la foi, tous ces trafiquants d’humanité. Et comme ce jour là, où le parapluie rouge en main, ils allaient Colette et lui à leur premier repas républicain, je chante « ça ira, ça ira, il est toujours vivant Jean Ferrat » !

Niala-Loisobleu – 2 Mai 2017

 

MASQUE DE FAIRE


MASQUE DE FAIRE

Masque de faire

Sur la console la cane et les gants

jettent un oeil aux bandes molletières

du tapis central

de l’escalier de service

Masque de faire

Semblant taler

un fruit vert

immature

la sébile de fruits

du mendiant

Masque de faire

Globe taire est-ce ?

Non

la jarretière

de la mariée

sur la cheminée éteinte

a oublié qu’un jour

elle a pu jouir

Masque de faire

Quelques poils

contre l’écorce d’un arbre

lèchent les chiens

c’est signe que l’écu est en vacances

Masque de faire

Quand M.Dépavé

fait les grands boulevards

le bas dos s’insurge

voilà du commune art sans cinéma

Masque de faire

Une casserole tirée par un marri

une veuve qui tisse debout

une déception de coeur à prendre 3 fois par jour

un sein qui ni touche

une fesse que ce que j’te dis

c’est l’avis

qui s’met à la colle

dans les murs à tout l’monde

Masque de faire

crois de moa

crois de faire

si tu votes pas

te plains pas

de rester en enfer

Niala-Loisobleu – 27 Novembre 2016

 

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Destination de nos lointains


Destination de nos lointains

La liberté naît, la nuit, n’importe où, dans un trou de mur, sur le passage des vents glacés.

Les étoiles sont acides et vertes en été ; l’hiver elles offrent à notre main leur pleine jeunesse mûrie.

Si des dieux précurseurs, aguerris et persuasifs, chassant devant eux le proche passé de leurs actions et de nos besoins conjugués, ne sont plus nos inséparables, pas plus la nature que nous ne leur survivrons.

Tel regard de la terre met au monde des buissons vivifiants au point le plus enflammé.
Et nous réciproquement.

Imitant de la chouette la volée feutrée, dans les rêves du sommeil on improvise l’amour, on force la douleur dans l’épouvante, on se meut parcellaire, on rajeunit avec une inlassable témérité.

Ô ma petite fumée s’élevant sur tout vrai feu, nous sommes les contemporains et le nuage de ceux qui nous aiment !

René Char

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Sorti d’une lassitude un cri populaire a dit son refus d’être mis en boîte

au garde-à-vous d’un mot d’ordre partisan

Colère

refus

populaire

La carte de France à l’exception de l’Aquitaine a dit Fillon nous à lui

J’en fus

et j’en serais

fier de refuser d’être des Chartrons

un vaniteux juste soucieux de mettre

Bordeaux

comme nouvelle capitale

Je suis du TOUT hexagone

pas

seulement intéressé par un clan bourge et méchant

préoccupé par des intérêts locaux

Juppé

c’est du pareil au même

Hollande

Sur tout

pas faire une seconde fois la même erreur.

Niala-Loisobleu – 23 Novembre 2016

 

L’image contient peut-être : chaussures, eau et plein air