CHANTS ENLISES


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CHANTS ENLISES

 

Ligneux déploiement des reins qu’une mouvance en sommeil retient

les pierres rondes refusent encore la taille excavatrice du couvert en argent

là où une simple trace de mouvement accouplé nage dans le bassin d’un reflet de lune

Verger demeuré qu’un mélange de couleurs fruitières fixe sans objectif de production intensive

il était un ciel azuréen avant que les sables à lapin soit vomis des terriers

l’héritage des garrigues m’a choisi

souviens-toi la barque chargeait les amphores d’huiles dont le nom s’est perdu en naufrage. Cet oiseau au regard manuel comme il te caressait des yeux pendant que tu écrivais avec l’une de ses plumes. En petits éclats de mosaïque l’étendue plane montait des spectacles d’eau pour rafraîchir les doigts des guitaristes quand le petit matin proche asseyait les danseurs. Demande-moi où se trouve le marais-salant des enfants à barbe blanche qui n’auraient pas eu idée de jouer au soldat, je ne désarmerai pas de t’y conduire…

Niala-Loisobleu – 30 Novembre 2018

LE RACCOURCI


LE RACCOURCI

Franchi le soupirail,
Passé le raclement des pelles
Et l’écume des tombeaux,
J’écrirai comme elle jaillit,

Vertigineuse, gutturale,

Debout contre ce bois qui se fend,
Ma table renversée, la porte du toril.

En effet la fraîcheur est tirée.

 

Jacques Dupin

 

Dentelle il est une Foi


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Dentelle

il est une Foi

 

Martèlement des gouttes, les arbres ploient, eau lourde…souviens-toi de Pierre et Marie

on ne meurt d’amour ici qu’en vie d’ailleurs

une plage ça se lave les pieds sans attendre Pâques

ne pas salir le sens symbolique du rapport à la lune

et pluie

y a l’Emile

et une nuits

ma folie je crois qu’elle attendait que je vienne au monde pour se faire soleil

celui qui fait parapet à l’élastique

de la petite-culotte que t’a jamais mise…histoire d’ô pas tarir les rivières de la jeunesse des marre-teint-pêcheurs

la parole tient à la mesure du silence

j’aime quand à la tombée de tes seins, le poumon du vent porte les battements de ton coeur.

 

Niala-Loisobleu – 20 Janvier 2018

 

 

 

 


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L’Eté indien

 

L’arbre va bouger

sans laisser de mot d’adieu

Raccordé

à son prochain  courant

il va faire

mains tenant

télégraphe non-stop

Niala-Loisobleu – 23 Novembre 2017

 

CHEVAL DE PENNE


CHEVAL DE PENNE

Ce qui tremble à tenir en éveil les rideaux

des champs de mon ciel

pend aux treilles le grain qui ne gonflera pas en vain

Je vais me disant, vas et buttes l’oeuf du grain blotti tout au fond de ta vision . Tu vas au ventre des deux mains, amphores plaines en cales. Quand du fond noir rugit ta colère, tes sabots dressent le buste hors du sable mouvant. Tu n’as pas le cuir sec de l’armure sur le coeur.

Est-ce un défaut que celui de vouloir aimer ?

La réponse ne vient jamais de là où la question s’est adressée…

Erreur elle est partie de Toi, puis te reviens après avoir fait ton tour

Nul ne peux te dire le chemin qu’il faut prendre en dehors de tes jambes motrices.

Lorsqu’au bord de la feuille blanche la toile s’arque au châssis, tu ne retiens déjà plus le bond de tes reins en la voyant plus ouverte que l’estuaire de ta libido génitrice. Ne retiens rien. Donnes au limon le cri de ta couleur sans penser peindre autre pensée que celle qu est toi m’aime en totalité.

Ton cheval la portera nue sur le courant de votre croisade.

Niala-Loisobleu – 9 Mai 2017

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MARCHER


MARCHER

Un seul souci… marcher…
Dans le noir… marcher… Dans la nuit épaisse de la voûte fraîche l’enclume son métallique approche. Marcher… La procession s’enroule en pelote, et doucement l’air se raréfie, la voix de fer s’alourdit: le marteau frappe et résonne et gémit.
Un seul souci…marcher… On débouche : aire faite d’yeux. Yeux aveugles, yeux sillus, yeux clos, yeux diaphanes Yeux éteints, yeux écarquillés, yeux sources trompés par les miracles de l’humain.
Un seul souci…marcher… Aire faite de bouches. Bouche qui rit, bouche qui crie, bouche qui aboie Bouche muette Bouche ouverte, puits profond où se noie la parole.
La route des aires court : aire faite de mains. Mains tendues, mains ouvertes, mains feuilles, mains désirs, mains nées du toucher de la terre-mère.
Un seul souci…marcher…
La route des aires se répand : soudain s’exhalent des milliers de parfum. L’aire des sens : ultime plaine. Parfums du vent vivant du vouloir, vertes passerelles pour enivrer le souffle des légendes ballerines
Marcher… Le martèlement de la voûte renaît… La procession tourne et revient… Sortir… Sortir…
Dans le cerveau de l’homme s’achève le songe étrange du voyage. » 
Lucia Santucci
J’irai jusqu’au bout, les doigts dans le né, une lanterne au tonneau, bruits sabotés filés du rouet que le m’aime cri file en corps aujourd’hui 83 ans après…
N-L
24 Novembre 2016

Vents divers…


Vents divers…

 

Quand au chavire tout, le même jour change de tenue plusieurs fois entre les heurts d’un vent déménageur, se tenir debout dans l’idée demande une conviction d’un autre tant.

Un temps périt…

La nature humaine est ainsi faite. Elle a ses saisons où l’attirance est solidement ancrée, puis les moi émoi où faut passer un ravin soudainement apparu. Sur un pont de singe qui vous vide l’estomac tellement ça balance.

A qui la faute ?

Bah, je laisse les prédicateurs savants dans l’art de profiter du moment de faiblesse idoine, se faire leurs courses. Un être humain qui souffre (les motifs sont tellement nombreux…) c’est une sensibilité exposée au pire. Prise par l’impératif de sortir du sinistre. La peur n’est pas le visage du vil que la littérature dispense. Moi je crois que c’est le premier sentiment qui arrive à la naissance et qui reste jusqu’à la mort.

La peur elle est le témoin du bien et du mal.

On ne vit pas sans elle, on vit avec ailes.

Ce que je mords de mes dents tellement j’y tiens, peut se relâcher l’instant d’une carie qu’il faut soigner. Ce qui n’a rien à voir avec l’os auquel je tiens.

Je n’oublie rien de ce qui me fait chien.

Niala-Loisobleu – 22 Novembre 2014

 

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