COURTOISIE DE LA FATIGUE


COURTOISIE DE LA FATIGUE

Saluons l’arbre, ô l’homme vertical,

Ses feuilles ; ses cheveux au vent de la vie,

Mais l’homme couché est plus près de la terre

Qui ne confie ses secrets qu’à l’oreille.

C’est pendant l’orage que l’arbre se plie

Vers le sol, mais les nuages déchaînés

L’empêchent d’entendre la voix de terre, et quand la foudre

Fait de lui un être horizontal, il est trop tard.

Le songe ne visite pas le téméraire, l’homme debout,

Et la mort demande une grande douceur. L’allongé

Connaît la noble courtoisie de la fatigue,

Son corps est l’ornement à la mesure de la terre.

Mais les multitudes au repos, dominicales

Formes étendues au bord d’un fleuve,

La tête comme un coquillage, remplie de l’écho

Qui vient des couches profondes où sont les ossements,

Les voici prêtes aux visions, les voici calmes.

Le sommeil leur confie ses flûtes de cendre

Car elles savent que ni la mer énorme ni la flamme

Ne pourrait les soustraire aux ordres de la terre.

Vous rêveurs, vous hommes horizontaux qui attendez

La femme à la beauté immuable, la mort,

Saluts à vous, couchés dans le sable ou la boue,

Vous, gloire des navires au fond des océans.

Bientôt en vos bouches pleines de terre les paroles

Seront ces touffes d’herbes transplantées avec le sol

Quand les racines fines trouveront vos ancêtres

Et les clés d’os ouvrant la porte des nuages.

Ilarie VORONCA

(in Les Hommes sans Epaules n°16, 2004).

 

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PAS M’AIME UNE ABSENCE


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PAS M’AIME UNE ABSENCE

Une ancienne cigarette aux lèvres d’hier volute encore à sa façon aujourd’hui. Marie lande dans l’air. Assomption en vue. Le briquet est allongé de tout son long au bord de la cheminée. Je me demande si un chien ça peut avoir des rêves d’amoureux. Sans doute, ne suis-je pas un chien quelque part ?. Là au coeur du feu de la tomette, c’est entre les cuisses de ta cheminée que je suis mon Coeur.

La table de ferme soupire. Hier au soir nous ne l’avons pas desservie. On voit les traces de nôtre dessert. Le jour se lève sur tes vêtements froissés. Ta peau pelée à côté de mes mains nues sur un bord, la bouteille s’est renversée aux coulures de la bougie. C’est à peine si l’herbe de tes pores a jaunie, elle est encore toute humide d’amour. Je vois un trèfle chanter des quatre saisons. Je me rappelle t’avoir répété que ce ce que j’aime dans tes bretelles c’est les faire glisser.

Comment ?

A pleines dents !

Comme ce Dimanche a envie de durer jusqu’à Lundi on va monter jusqu’au tertre.

Pourquoi on aurait pas droit de monter au ciel nous aussi ?

Le temps qu’on existe peut avoir une grande différence avec le tant qu’on vit. Faut pas se tromper de l’intérieur. L’âme n’a pas le m’aime ressenti que celui du costume que lui impose le quotidien. J’te trouve toujours plus belle, plus blanche, plus naturelle en ton intérieur. Aussi j’préfère t’avoir en vrai de l’Esprit qu’en faux d’une présence de comédie.

Comme tu me touches

d’un trait de ciel

au bleu du regard de ta présence !

Niala-Loisobleu – 14 Août 2016

 

 

ODORANTE EMPAUMEE


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ODORANTE EMPAUMEE

 

Non l’inclinaison de la tige

ne joue pas sur la couleur de la feuille à venir

entre l’attente et la longueur

il reste

la solide assise du vide temporel

sur laquelle le pont s’appuie de toutes ses jambes

pour jeter à l’éternel accès

 

Les deux trottoirs de nos rues n’ont pas la même exposition, ce qui laisse à la chaussée le choix de la m’aime direction

 

Au bord de la fenêtre du toit tournent des moulins

en celluloïd des grands pavois

que le nombre de tours n’influence pas

il y a du grain ente les pierres des balises

comme de l’air sous le kiosque scaphandrier du grand bassin de la chanson des sources

 

Ne me demande pas as-tu mal de l’attendre puisqu’elle est là

 

La présence c’est plus que la démonstration bonimenteuse à l’étal

Les eaux mortes laissent au bateau la vision libre du large

au repos des vagues des bulles prouvent la présence des poumons du sable

battant  le flot de la pensée en silence

 

La plage suce un  ciel sans nuages. Confiserie d’iode piquée sur le mât d’un air marin

 

Te savoir à mon souffle liée

me tient bien plus en la laine qui préserve du froid de la séparation

qu’à la chaleur artificielle d’une présence simulée

ton coeur ventricule le mien de vibrations sanguines au pouls régulier

que les maisons blanches serrent mieux aux cordes des guitares

qui vont faufiler par les venelles en cheminées

cette odeur particulière qui roucoule au pigeonnier

quand la terre chaude exhale ses encres après l’ondée

 

Niala-Loisobleu – 28 Juillet 2016

 

 

 

Tu es là parce que précisément tout ce qui est entrepris pour t’effacer te rehausse de présence, ma Beauté


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Tu es là parce que précisément tout ce qui est entrepris pour t’effacer te relève en présence, ma Beauté

J’étais en train de porter le verre à mes lèvres lorsque je me rappelais la lueur dans le chant que j’avais capté. Je souris intérieurement. Pourquoi cette lumière m’obsédait-elle autant ? Ce n’était probablement rien.

Je reposai le verre, sortis de la cabane, les lattes de la terrasse m’envoyant la chaleur du bois à la plante des pieds nus. Un lien en monta. Je regardai en direction de l’endroit où j’avais vu la lueur du chant.

Je n’avais aucune raison de me sentir troublé, encore moins mal à l’aise. Les signes qui entouraient cette lueur ne m’étaient pas hostiles. J’eus même la nette impression que l’air était plus frais dans la chaleur matinale qui montait. Une dure journée avait marqué cette semaine qui venait de s’achever, laissant ses traces de douleur. Une journée qui place face à un avenir privé de son espoir ordinaire. Que je ne comprenais pas tout en en ressentant clairement les motifs lourds de ses sombres nuages. Une journée où tout dirigeait vers l’intention de détourner la compréhension.

Je continuai de regarder, de plus en plus conscient que quelque chose- même si je n’aurai su dire quoi – était là. Surnaturelle sensation intime. Ce qui est surréaliste passe le plus souvent au travers des gens sans que ça les alerte. Pas moi. Je vis en permanence dans un fantastique jardin où rien de ce qui est taxé de folie ne m’est anormal.

Arrivé aux premières marches descendant à l’humide touché de l’herbe, je vis clairement ton visage au travers de la végétation. Tu es là, non comme ces choses parties qui vont et viennent au gré d’humeurs soudaines. Tu es là parce que précisément tout ce qui est entrepris pour t’effacer te rehausse en présence, ma Beauté.

Niala-Loisobleu – 17 Juillet 2016

 

 

 

FOLLE HERBE


FOLLE HERBE

 

Ma voix n’était plus penchée qu’à sa parole prise je ne sais où

Quelque part

Entre deux

C’est toujours le même chemin qu’on aurait pas dû prendre dans lequel on s’avance

Mais rien d’une odeur n’ayant pas son grain de peau ne se tenait au pore d’une branche morte

Les fleurs bleues me poussent au taire fertile

N-L – 25/06/16

NICHE A LETTRES


NICHE A LETTRES

La double-vue est un lourd handicap au départ des courses journalières. Aux passages des haies, elle fait plus souvent chuter. Le fait d’avoir dit la bonne mesure et la profondeur de la rivière entraînant des remarques tombant à côté.

Les démonstrations de groupe m’ont toujours fait fuir.

Il arrive qu’on forme sa pudeur au contact de personnes qui n’en saisissent pas le premier mot. Je tiens de ça au départ, c’est vrai. Ensuite on trouve à ce qui se cache sous l’herbe tellement de vrai, qu’il n’y a plus photo quand vient la question du choix.

L’apprentissage de l’écoute de l’autour de soi à un pouvoir magique sur sa vision.

Le plus touffu retient le plus clair.

J’aime la couleur que porte un son avant que la bouche en propage les déformations. La pensée n’est pas une phrase c’est une page qui n’en finit de se taire pour mieux dire ce qu’elle a à communiquer.

Niala-Loisobleu – 09/06/16

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Tu peux tirer l’échafaudage m’est avis que tu tiens debout en corps


Tu peux tirer l’échafaudage m’est avis que tu tiens debout en corps

Je ne me laverai pas les pieds. Trop marché ce après-midi  dans le regard que tu me disais en me montrant l’éclat de rire de la mouette qui laissât aux vases du chenal la marque du tampon de vie. Simple trace d’un visa pour l’amour vivant bien au-delà de la mort. Un grand bateau blanc passa sur la route. Allant à la cale prendre l’ô à deux bras.

Tu peux tirer l’échafaudage m’est avis que tu tiens debout en corps. Vu comme les fleurs passaient au-dessus de l’ombre, il te reste de la lumière en tige.

Niala-Loisobleu – 07/06/16

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Entre autres


Entre autres

 

J’étais au bord d’aller trépasser l’obscure habitude d’effacer les empreintes. Quelque chose m’arrête

Immobile, je suis dans le vent, reste à écouter.

Voilà qu’au dessus ondule une présence encartée dans un langage secret.

Tu es belle en blanc quand tu te vêts de bleu en allant plus aux messes. Je trouve m’aime béni le jour. Lequel ?  Mais n’importe. Ton goût de pierre à fusil les distingue tous. Il n’y a qu’une très longue prairie protégée entre nous. On a perdu l’usage des mots inutiles, du cou les clôtures ont sautées. Tu ne me parles plus qu’en signes de ventre. Ça épaule autrement l’assise de nos projets qui sont de nous apparaître dans y voir notre réalité. Un murmure d’eau qu’on ne peut tarir d’une erreur humaine. Les ratés sont si contagieux. Oui dis-je à ma langue impatience, tu vas pouvoir prendre la parole. Un instant. Tiens je viens de te faire une place sous les cheveux, derrière son oreille, dans la clairière de la racine.

Je peins cet instant pour que tu l’aies avant qu’il soit sec.

Niala-Loisobleu – 29/03/16

ETUDE DE NU


ETUDE DE NU

En quelque par que tu sois

que tu aïe

ou

que tu heureuse

j’ai le m’aime

partage de ton mal s’il survient

Comme

de la peur

de mourir

autrement

que

dans la joie

de

TOI

Une écriture qui supporte l’infini,
les crevasses qui s’étoilent comme le pollen,
la lecture sans pitié des dieux,
la lecture illettrée du désert.

Une écriture qui résiste
à l’intempérie totale.
Une écriture qui puisse se lire
jusque dans la mort.

Roberto Juarroz
(Onzième poésie verticale).

Trait non retenu, vibrant par delà les ciseaux d’un ballet de diversion, jet spontané mettant l’entorse aux chevilles de l’hésitation, la maintenance du souffle au plein, la crevaison du vide, par l’écorchement de la vibration.
Ma pensée en refuge ne s’est jamais départie de sous tes aisselles. Elle y couve, oiseau marin qui ne sait pas repousser ce qu’il faut d’effort pour aller d’un continent à l’autre. Cruelle escalade. Joie en lumière si confiance en place. Les frottements de l’absence à longueur de temps ayant le même pouvoir d’érosion que la vague journalière.
Respirer son derme dans toutes les positions de la communication, arrime à l’Autre.
Pour tenir promesse ma peau a pris ton grain sur la joue. Bleu je ne te lâche, je te suis, Chevalier tel que tu m’as noué ton écharpe.

Niala-Loisobleu
10 Mars 2016

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