SIMPLEMENT NE CHANGE RIEN


b7ec3142430b6bc9cdd179ef4f04388b

SIMPLEMENT NE CHANGE RIEN

Du linge au vent qui claque en corps ? Le moulin nourrissant l’abreuvoir arrose l’abattoir.

Les ruines tiennent par collage d’affiches mensongères.

Château de sable sur absence de mère à quoi mène le saut ?

Garder l’Elle.

Elle a les seins d’encre, le laid sevré, un frisson sous l’aisselle et deux fraises à croquer, au perchoir d’épaules un duo de pigeons à l’abri des buses. Si le géranium pousse à l’appui c’est dans la célébration d’un balcon sans cagoule à Séville.

L’accord de la plume et du poil tapi sur la toile, un bruit lointain de fers à cheval se rapproche en monte sauvage.  L’air coulé dans la cire d’un vieux microsillon pompe le nectar poétique d’un riche vocabulaire pour donner un sens  à vivre. Rappelle-toi Barbara, ce jour-là, juste toi émoi, sur l’étendue bleue d’un drap de lin que des papillons coloraient de leur ailes. Des traînées vertes aux genoux et les longues traces de pattes à modeler l’effusion sur les i de l’escalier du rêve. Une à une vinrent les caresses en braille du cri sourd-et-muet, lancé à l’élastique du saut.

Des enfants assis par terre n’ont dieu

assez d’oiseaux échappés des destructions

pour fermer tout dogme

la roulotte me gagne à ton feu

n’éteins pas ta lumière

Passant devant le musée devenu éco, seule la caisse était visible, sur le fleuve des boulettes venues de la mer, nageaient en mascaret dans le vomi d’une culture. L’opinion sans voix ne trouvant que dire on inventa le like comme IVG d’espéranto.

L’amour comprit à quel point ô combien le faire sans prétexte pornographe pouvait maintenir plus que faire semblant en twoo.

Niala-Loisobleu – 7 Novembre 2018

NOTRE JARDIN BLEU 8


NOTRE JARDIN BLEU 8

 

 

Tout perdure et reste peuplé

d’attente au poplité

que l’on ouvre avec une douceur émue

devisant encore sur le prix du blé,

le destin tremblant des mots d’or

et la couleur flouée de l’absolu.

Rouges au bleu pareilles

nos fondations comme des cabanes érigées

sur le grand loisir des pleines journées

et des grands soleils peuplés d’oiseaux féconds

que je devine à la pomme de leur chant picorant alertés

le pain chaud et rond de ta blonde poitrine.

Comme on bâtit  et comme on reste

nous faisons des champs à nos pieds

nos objets rares, nos objets neufs, nos émoluments terrestres.

Il y a un goût de sel fin et d’éternel

sur les fleurs poussées dans le jardin de l’amour

et le genou ouvrier à terre, on signe le pacte

comme un siècle d’homme en quelques jours

apaise la joue fardée et la bête alarmée de nos actes.

Barbara Auzou

P1050754

Notre jardin bleu 8 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 73×60, encadré.

L’ANNONCE DU LEVE


ea0c6a37bf4528aec1ca31940a2b03ba

L’ANNONCE DU LEVE

La blancheur me pousse à l’extrême-bleu

quand tôt le froid m’a vu peindre

l’archipel où mon étrave accostait n’avait pas de possibilité de mots à amarrer

Les tôles épaisses qu’ils collent  à l’herbe

le garrot qu’ils nouent à la gorge de l’air

la mort qu’ils métastasent aux cellules vivantes

le pincement qui émascule l’enfant

l’excision qui ampute du genre

le manquement primaire fait au pouls

tout ça et plus en corps

me dit soit bleu mais à partir du blanc

qui dévoile l’accent du vrai sentiment

NOTRE JARDIN BLEU 8

est en voix de le laisser paraître ma Barbara…

Niala-Loisobleu – 4 Novembre 2018

EN ATTENDANT QUE REVIENNE LE JOUR


8b516de25143c78531be8937252a90b4

EN ATTENDANT QUE REVIENNE LE JOUR

 

Les doigts encore tremblants du jardin que les ongles ont fouillés, des iris jusqu’aux noyaux, la feuille frémit comme un claquement de langue, la table de ferme s’ouvre comme une fringale…

L’armoire normande grimpe aux chaumes,

les pommiers tournent en cabane, le pressoir c’est en bolée, nous itou…

 

N/L/03/11/18

NOTRE JARDIN BLEU 7


 

NOTRE JARDIN BLEU 7

Ce que tu sais

Du monde

Et de l’abominable

Que tu me tais

Le grand coq de la lucidité

Me l’a chanté affable

Au seuil d’un matin comme une ronde

Improvisée sur l’obscur sillon

De la nuit des grands poissons

Morts en l’absence de soleil.

Alors, viens , dansons

Fais-moi bleue pareille

Et investie d’un pas convalescent

A épuiser la route de vœux brûlants.

Donne- moi des oiseaux à renaître

Qui coupent court à la rumeur des fenêtres

Trop ouvertes sur un monde si aigri

Et contre l’indécence

Qui suinte à la cuisse blanche de la jalousie

Vois encore comme on danse

Et comme encore on a surpris

Le grand pavot qui somnolait dans la poisse des fleurs.

Comme on défroisse les peurs

Dansons.

Comme on demeure debout sur des terres d’angoisse

Dansons.

Rien ne devance la couleur.

Barbara Auzou

 

P1050750

Notre jardin bleu 7 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 61×50

LA SEMAISON


2fc1dacc4ca293e2958c0b71afae9ff8

LA SEMAISON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous voudrions garder la pureté, le mal eût-il plus de réalité.

Nous voudrions ne pas porter de haine, bien que l’orage étourdisse les graines.

Qui sait combien les graines sont légères redouterait d’adorer le tonnerre.

II

Je suis la ligne indécise des arbres

où les pigeons de l’air battent des ailes :

toi qu’on caresse où naissent les cheveux…

Mais sous les doigts déçus par la distance, le soleil doux se casse comme paille.

III

La terre ici montre la corde.
Mais qu’il pleuve un seul jour, on devine à son humidité un trouble dont on sait qu’elle reviendra neuve.
La mort, pour un instant, a cet air de fraîcheur de la fleur perce-neige…

IV

Le jour se carre en moi comme un taureau : on serait près de croire qu’il est fort…

Si l’on pouvait lasser le torero

et retarder un peu la mise à mort!

V

L’hiver, l’arbre se recueille.

Puis le rire un jour bourdonne et le murmure des feuilles, ornement de nos jardins.

Pour qui n’aime plus personne,
La vie est toujours plus loin.

VI

ô premiers jours de printemps jouant dans la cour d’école entre deux classes de vent!

VII

Je m’impatiente et je suis soucieux :

qui sait les plaies et qui sait les trésors

qu’apporte une autre vie?
Un printemps peut

jaillir en joie ou souffler vers la mort.


Voici le merle.
Une fille timide

sort de chez soi.
L’aube est dans l’herbe humide.

VIII

A très grande distance,

je vois la rue avec ses arbres, ses maisons,

et le vent frais pour la saison

qui souvent change de sens.

Une charrette passe avec des meubles blancs

dans le sous-bois des ombres.

Les jours s’en vont devant,

ce qui me reste, en peu de temps je le dénombre.

IX

Les mille insectes de la pluie ont travaillé toute la nuit; les arbres sont fleuris de gouttes, l’averse fait le bruit d’un fouet lointain.
Le ciel est pourtant resté clair; dans les jardins, la cloche des outils sonne matines.

X

Cet air qu’on ne voit pas porte un oiseau lointain et les graines sans poids dont germera demain la lisière des bois.

Oh! le cours de la vie entêté vers en bas!

XI

Le fleuve craquelé se trouble.
Les eaux montent et lavent les pavés des berges.
Car le vent comme une barque sombre et haute est descendu de l’Océan, chargé d’un fret de graines jaunes.

Il flotte une odeur d’eau, lointaine et fade…
On

tremble, rien que d’avoir surpris des paupières qui s’ouvrent.

(Il y avait un canal miroitant qu’on suivait,

le canal de l’usine, on jetait une fleur

à la source, pour la retrouver dans la ville…)

Souvenir de l’enfance.
Les eaux jamais les mêmes,

ni les jours : celui qui prendrait l’eau dans ses mains…

Quelqu’un allume un feu de branches sur la rive.

XII

Tout ce vert ne s’amasse pas, mais tremble et brille, comme on voit le rideau ruisselant des fontaines sensible au moindre courant d’air; et tout en haut de l’arbre, il semble qu’un essaim se soit posé d’abeilles bourdonnant; paysage léger où des oiseaux jamais visibles nous appellent, des voix, déracinées comme des graines, et toi, avec tes mèches retombant sur des yeux clairs.

XIII

De ce dimanche un seul moment nous a rejoints, quand les vents avec notre fièvre sont tombés : et sous la lampe de la rue, les hannetons

s’allument, puis s’éteignent.
On dirait des lampions lointains au fond d’un parc, peut-être pour ta fête…
Moi aussi j’avais cru en toi, et ta lumière m’a fait brûler, puis m’a quitté.
Leur coque sèche craque en tombant dans la poussière.
D’autres

montent, d’autres flamboient, et moi je suis resté dans

l’ombre.

XIV

Tout m’a fait signe : les lilas pressés de vivre

et les enfants qui égaraient leurs balles dans

les parcs.
Puis, des carreaux qu’on retournait tout

près, en dénudant racine après racine, l’odeur de femme travaillée…
L’air tissait de ces riens une toile tremblante.
Et je la déchirais, à force d’être seul et de chercher des traces.

XV

Les lilas une fois de plus se sont ouverts (mais ce n’est plus une assurance pour personne), des rouges-queues fulgurent, et la voix de la bonne quand elle parle aux chiens s’adoucit.
Les abeilles travaillent dans le poirier.
Et toujours demeure, au fond de l’air, cette vibration de machines…

Philippe Jacottet

 

CE SOIR POUR TOI

Depuis ce lointain avant-hier que je marche voici le jour. Brel aux fenêtres, la Marquise au perron. Il pleut de plus à sot et contresens, la sécheresse ayant atteint l’homme avant de toucher taire.

La mer je l’ai vu avant d’en sortir, ça j’en suis sûr. Celui qui me demanderait pourquoi aurait pas l’ombre d’une lumière en retour. Et comme sur une plage où il n’y aurait que Toi émoi, la montagne se tremperait les pieds dans l’eau. Toujours avec le vent. Une relation entre la voile et la robe, quand on baisse la première on avance au sommet en remontant l’autre.

Les réverbères s’entendent bien avec les quais, l’eau les doublant dans le bon sens. Où vont la lumière, l’eau et le quai il s’avère que le voyage ramasse de la floraison des toiles. Et puis cette passerelle de devant l’Institut où l’Académie Française siège, regarde le Louvre droit dans le yeux, pas peur de lui reprocher des fautes de France en nombre. Mon quartier t’en fais partie. Histoire de lune qui colle l’autre au trône métallique, tendre comme la paille. La chambre de Vincent dans un coin de ban sociétal. On arrive pas à l’odeur par hasard, on passe pas à côté si on est nez pour vivre. Aisselle du mâtin, tu la connais ? L’arbre à soie c’est à peine à un écart  de la menthe sauvage.

Des enfants font leurs classes, la poésie reprend son air de mendiante.

Pendant que le pigment gagne la forêt, genre rocher de Fontainebleau, le minéral s’en paye, il n’y a plus qu’à emmancher du poil et t’as un pinceau qui peut te rejoindre où que tu sois, tu le fais écrire. Quand ça a commencé on avait le même coq pour lever le jour par les deux bouts, un peu bridé des yeux, mais sans les lèvres rabattantes d’un triste théâtre. L’origine quand le grain sait s’y prendre c’est aussi parallèle que le rail. Les vaches , un train et un Capitaine qui normande le décor est planté y a plus qu’à entrer en scène.

Les seins lots ça iroise comme une manche de set à rôle en garrot.

Absolu, le mot est tellement plein de tous les espoirs qu’on pouvait pas passer à côté. L’art s’y mêlant voilà de quoi tenir les plus grands vents. Surtout ceux qui forment les vagues scélérates en tempête. Ton prénom de chanteuse connait les ficelles de Pantin. Il était une foi, voilà ce qui résume tout. Etant donné que la notre c’est l’amour, c’est envers et contre tout ce qui s’y oppose: QUE DE LA  VIE.

Niala-Loisobleu – 28 Octobre 2018

ATELIER D’UN LUNDI


9acf181f00890e74c43535a74dd3b698

ATELIER D’UN LUNDI

Un doigt de vent, tu te souviens comme ta poitrine déboutonnait les endroits cachés, pourtant le chemin tu l’avais emprunté pour avoir le droit d’y croire, pourtant la clairière que tu ne cessais de croire n’y était pas.

L’herbe fait vivre le sentiment de se donner au bonheur avec un arôme qui voyage. Les lointains y sont proches, l’encens brûle en cordes de balançoire auxquelles on ne peut rester étranger.

Le mouvant de l’eau aide à tenir souple.

Ta peau avec les traces que tu en laisses mue à me greffer, c’est vrai Nous c’est une brûlure au degré élevé à l’origine.

Au bord du chevalet suspendue l’envie d’être n’est plus la même. Au tapis le coin où tu poses, tape des deux poings assis en tailleur. Ces fleurs qui t’habillent sentent la femme qui sort du soleil trempée de rayons. Et toujours une cabane éventrée longe le bord de mer…

Niala-Loisobleu – 22/10/18

NOTRE JARDIN BLEU 6


NOTRE JARDIN BLEU 6

L’aube a soulevé ses aisselles

dans l’heure silencieuse pour suspendre

ton image unique aux feuilles du tremble

et l’étoile feinte des séductions charnelles

s’entretient avec le vent de choses éternelles

dans le tendre jardin de la paix blonde.

 

Des mains neuves et sans mémoire

cueillent l’orange bleue du jour

et s’émeuvent de l’amer savoir du monde

en recul sur la vie, en recul sur l’amour.

 

C’est l’heure du pavot et de la cérémonie des coffrets

et l’enfant fiévreux de ton regard rampe

inquiet entre la persistance et l’origine,

s’allonge au berceau tressé de ses racines;

au front, une moiteur que ma main de menthe éponge.

 

Aussi longtemps que s’allumeront les lampes

sur le feu et la faim, la fleur de mon genou

s’offrira comme l’ultime rampe

qui mène aux marches humides de nos songes.

 

 

Barbara Auzou.

 

P1050747

 

Notre Jardin Bleu 6 – 2018 – Niala – Acrylique s/carton toilé 55×38, encadré

 

 

>

IN TEMPORALIBUS


IN TEMPORALIBUS

Tout autour en plein centre de bas en haut quand l’eau se prenant de démence par la rage d’un abus-d’homme-cause-de-nos-hors, pharaon de boulevard du crime, qu’un Nil porterait en désastreuses conséquences au sommet d’une pyramide tronquée. Tchao pantin ta courte vue, ton mépris de la vérité n’empêchent que je garde malgré la rage au ventre apportée par ton indifférence un espoir insensé. Il faut garder la vie à la vie et non la profaner. 36 ans après je vois les catastrophes naturelles s’enchaîner, panel élargi,  dans un mouvement d’accélération. Stop, il faut freiner. Laissez-nous chanter…
Niala-Loisobleu – 15/10/18
A2-Niala 73
EXULTATE-JUBILATE (Série IN TEMPORALIBUS FINAL n°55)  NIALA/1983
Huile s/toile 195X130
Collection MMme R. DELHOUME
L’ÉCLAIRCIE

La vase sur la peau des reins, le gravier sur le nerf optique, tolérance et contenance.
Absolue aridité, tu as absorbé toute la mémoire individuelle en la traversant.
Tu t’es établie dans le voisinage des fontaines, autour de la conque, ce guêpier.
Tu rumines.
Tu t’orientes.
Souveraine implacable et mère d’un grand muet l’homme te voit dans son rasoir, la compensation de sa disgrâce, d’une dynastie essentielle.

L’invincible dormeur enseignait à ses auditeurs inintéressés que là où le mica était perméable aux larmes la présence de la mer ne s’expliquait
pas.
De nos jours, les mêmes oisifs distinguent dans les fraîches cervelles innocentes les troubles insurmontables de l’âge futur.
Symptômes de l’angoisse à l’extérieur des sépultures de l’ingénuité en extase ; – ô profanation de l’esprit thermidor de famille, aurons-nous le temps de vous
imposer notre grandeur ?


L’intacte chrysalide a recouvré ses propriétés agissantes de vertige.
La perforation des cellules du rayon, la traversée de la cheminée anathématisée, la reconnaissance des créances oubliées se poursuivent à travers les
éclairs, le grésillement et la révélation de l’espèce fulgurante de grain solaire.
Le sort de l’imagination adhérant sans réserves au développement d’un monde en tout renouvelé de l’attractif pourra être déterminé en cours de fouilles dans
les archipels de l’estomac à la suite de la brutale montée, à l’intelligence non soumise, du trésor sismique des famines.

René Char