LA VIE, L’AMOUR 1


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LA VIE, L’AMOUR 1

Je vois du même œil que Toi. Les arbres ont énormément grandis depuis que nos essences se greffèrent par entité au jardin de nos deux portes.  Je déteste toujours autant Noël que la première fois qu’il ne nous a pas réuni. A ce propos, le retour du fils prodigue a rejoint le coup foireux de ses deux frères.Les champs gardent le climat qui diffère, avec quelque sang identique dans l’origine locale, pour la bordure du terrestre et du maritime, enfin l’accent en rapport avec ce qu’on met dans les verres. Chacune des portes se tient constamment ouverte à l’Autre, quelque soit le temps. De violents orages n’ont pu faire perdre leurs clefs, pas plus que les canicules n’ont pu les faire fondre au bout du long couloir qui les unit. Je passe sur les coupures, plus longues que le plus petit patchwork bariolé de morceaux cousus les uns aux autres. Nous avons voyagé à travers le monde. Moi surtout. A pied, à cheval, surtout en vélo le caillou dans la poche et le sable dans le bocal. Le Cosmos en fait nous a adopté, en tant qu’enfants apatrides de la planète taire. Le ciel et ses grands oiseaux de métal ayant à tout propos déroulé le volant de son tapis. Le cheval est partout. Tu t’y tiens en croupe les deux bras en rênes à ma taille. Inépuisable il ne fatigue pas au premier virage. S’il avait un compteur kilométrique..j’te dis pas, il foutrait sans doute la raclée à tes courses pédestres. Et les petites maisons blanches comme elles aiment le bain de mère. On ne conte leurs enfants qu’à l’encre bleue. Accrochées les unes aux autres à la montagne, elles transpirent de l’étoile quand le soir dans le patio les guitares grimpent aux étages. Plus gitans que nous tu clamses.

La Verite Vous Rendra Libres

Tu es lampe, tu es nuit:

Cette lucarne est pour ton regard,

Cette planche pour ta fatigue,

Ce peu d’eau pour ta soif.

Les murs entiers sont à celui que ta clarté met au monde,

Ô détenue, ô
Mariée!

René Char

 

Pendant ce temps là les nains ont grouillé d’une politique d’autruche à un retour au monarque. On s’est débattus, c’est propre à notre genre qui n’a pas attendu pour se mettre en marche. Ma foi, dans le fond à part le fait qui s’écoute que lui, le roi nouveau, il démérite pas de la France, elle a ce qu’elle mérite. Tu sais plus je vieillis plus ma peinture rafraîchit, je fais plus d’jeun’ m’a-t-on dit. Ce qui savent pas c’est que je tiens accroché à tes seins par ma ventouse buccale. Quand viendra le jour, j’aurai pris assez de quoi t’attendre. Les bois sans soif, t’en a plein autour de chez Toi, c’est pour te tenir au creux que tu t’y réfugies. Ce creux qui n’a jamais trahi notre protection. Je n’ai que du bleu à te dire, du bleu, du bleu et toujours du bleu ma Vie, mon Amour ! Je peins plus par folie que par n’importe quelle raison intéressée, je commence cette nouvelle série comme pour marquer l’année nouvelle dans laquelle je viens d’entrer.

Niala- Loisobleu – 1er Décembre 2017

 

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La Vie, l’Amour 1 – 2017 – Niala – Acrylique s/Canson marouflé, encadré s/verre 40×50

Voilà l’atelier les yeux grands ouverts


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Voilà l’atelier les yeux grands ouverts

 

Derrière les montées de l’harmonica, le fer à cheval balance sur son sabot. A la une des journées pas de gros titre sur le dernier souffle de l’éolienne qui tirait l’eau à la ferme. La marque laissée par les roues, aube d’un sentiment autour des piles du pont. Sans doute restera-t-il un goût d’écrevisse au-delà de l’enfant que je suis. Le caillou qui bat dans ma poche se blottit contre ma cuisse sans que Jupiter la ramène. Quel goût a-t-elle ? Le mystérieux assemblage d’une aisselle qui se serait descendu la colonne jusqu’au mont de Vénus. Mystère olfactif qui retourne sans cesse au premier cri. Les murs de l’atelier tendent le clou pour se faire accrocher, retour d’expo, dans l’atelier le regard des visiteurs a suivi.

Niala-Loisobleu – 7 Novembre 2017

Un Tableau à Venir


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Un Tableau à Venir

Durant une précédente période on pouvait penser qu’une sorte de genèse en s’accomplissant , avait définitivement mis les choses en ordre.
La vie se manifeste en se faisant fête, certainement pas faite à l’avance.
Le bal de l’amour sort ses instruments et entraine la Muse à travers chants. C’est la forme du sentiment propre à l’artiste qui s’exprime dans sa force, et avec sa passion poétique. L’expression même de son écriture picturale.
c’est la percée de l’amer, le trou par lequel un nouveau et grand voyage commence.
Le rêve se veut la réalité vivante d’un amour absolu. Le tableau s’écrit à l’Encre  couleur de soi.

Niala-Loisobleu – 25 Octobre 2017

Le long des Quais 5


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Le long des Quais 5

 

En 1980, j’ai rencontré Francis Hardy, alors Député-Maire de Cognac pour lui proposer de m’occuper d’animation culturelle dans sa ville. De son accueil plus que chaleureux sont nés deux lieux d’animation. La Salamandre (Palais des Congrès), pour les manifestations d’envergure et le Couvent des Récollets pour les expositions personnelles.

Au terme de 53 ans de carrière artistique

je vais ouvrir demain ma dernière expo

dans cette salle du Prieuré des Récollets

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Alain DENEFLE dit NIALA

Artiste-Peintre et Poète

Né à Chelles (77) le 24 Novembre 1933

Fils de Louis-Michel DENEFLE, Peintre et Sculpteur

Ecoles Beaux-Arts et Estienne Paris

Sociétaire : Surindépendants, Violet, Indépendants, Artistes Français, Automne, etc…

Vit et travaille à Paris jusqu’en 1970

1ere Expo Paris 1954

Installé à Cognac depuis 1979

Médaille d’Or et d’Argent : Fédération Nationale des Beaux-Arts, Société des Artistes Français, C.B.A.P.C.,

et Villes de Strasbourg, Caen, Marseille, Avignon, Nantes, Cognac, etc…

Président du Cercle des Beaux-Arts Poitou-Charentes

Président-Fondateur du Salon des Vendanges de Cognac

Président-Fondateur de l’Atelier du Duodénaire

(Cours Adultes et Enfants)

Membre : Maison des Artistes, A.D.A.G.P., C.T.I., S.N.A.P., S.A.D.A.P.P.

Œuvres dans collections d’Etat, Publiques et Privées en France et aux Etats-Unis, Canada, Mexique, Angleterre, Hollande, Belgique, Allemagne, Norvège, Danemark, Suède, Espagne, Italie, Maroc, Japon, Indonésie, (Bali, Java), Asie du Sud-Est (Birmanie, Viet-Nam, Thaïlande), Inde, etc..

Dans la peinture figurative moderne, Niala est classé dans la tendance :

PEINTRES PRIMITIFS MODERNES

RECOLLETS 2017 AFFICHE

ARBRE DE VIE (Cette Intime Vision)


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ARBRE DE VIE (Cette Intime Vision)

 

MICHEL CAMUS

Le poète du silence

Auprès de mon arbre

Je vivais heureux

J’aurais jamais dû

M’éloigner de mon arbre

Auprès de mon arbre

Je vivais heureux

J’aurais jamais dû

Le quitter des yeux

Georges Brassens

 

Jamais livre ne m’aura laissé aussi silencieuse que celui-là

L’arbre de vie du vide…de Michel Camus

Le vide serait-il en vie ? Est-il la source où l’arbre prend racine ?

Je retourne souvent ce livre dans mes mains, comme pour mieux sentir quelque chose qui n’est pas là…. Je touche la matière du bout des doigts.

Des mots imprimés sur un papier Ingres d’Arches. 
63 pages qui guettent le silence, des fragments et une solide colonne vertébrale.

Michel Camus auteur et éditeur ( Les éditions Lettres vives fondées en 1981 avec Claire Tiévant ) aime que les livres naissent « moins d’une connaissance qui vient de l’extérieur que d’une écoute intérieure qui interroge les sources de la conscience »

Ainsi chemine-t-il avec les quêteurs d’absolu . 

 

Que sait-on sans mot dire du silence ?

L’unité du son et du silence s’entend

Dans l’apparition du murmure

Issu de la source en amont :

Et du silence et de la parole ;

disparaissant d’un seul tenant

comme la note finale du dernier tango de l’aurore

Michel Camus page 31 – L’Arbre de vie du vide

 

Quand le silence devient-il effectif

charnellement présent ?
dans l’érotisme, l’oeuvre d’art et la mort :

Confondus d’un seul tenant

dans leur propre silence.

Seul le silence de l’amour peut combler

de lumière

les bouches d’ombre de nos pensées.

Le silence fermé sur soi du monde minéral

ne s’ouvre qu’aux racines

de l’arbre de vie du vide

Michel camus – page 23 – l’Arbre de vie du vide

 

Mains tenant, j’ai l’obligation de me taire pour qu’elle n’ait aucun doute.

N-L – 22/0917

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Arbre de Vie (Cette Intime Vision)

2017 – Niala

Acrylique s/Canson, encadré s/verre 30×40

CETTE INTIME VISION


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CETTE INTIME VISION

Le champ à rides aux flancs de la montagne cultive inlassablement une lutte à tenir. Coûte que coûte la mine de plomb du crayon descend à la mine, étayer de son bois un couloir au coeur de l’estompe. Des ronces en cheval de frise sont au pacage à l’accès lointain, les pieds attachés aux ascenseurs des puits. Posés aux rayons d’un ciel en étagère, des moutons comptent un à un le sommeil, dans un ballet de sorcières. D’où que tu viennes et où tu ailles, des pellicules filment le sourire des cheveux repoussés d’hier. Muet, un instant se retient, immobile, hésitant au-dessus du vide. Les oliviers comme le soleil et la lune, ne se rencontrent avec les colombes que dans les guerres qui les séparent. Ils ont à leurs troncs toute la tourmente des canons, circulant dans le rouge sang de leur sève. Tu cultives l’eau profonde de ton espoir dans le brasier du quotidien. Pour le rinçage, appuyer sur ô sale. Surréalité qui, tout en refusant de tordre le cou au rêve, regarde le pendu qui se balance aux gargouilles de la Cour de Miracles, les doigts plongés dans la lèpre. Un enfant s’enfonce dans la boue humaine, un bâton de dynamite allumé aux chevilles par l’obscure avidité de l’exploiteur. L’acide entre au point d’ars des petits chevaux. Requiem pour un verger. Une voix rebelle garde le maquis.

UNE VOIX

Ecoute-moi revivre dans ces forêts

Sous les frondaisons de mémoire

Où je passe verte,

Sourire calciné d’anciennes plantes sur la terre,

Race charbonneuse du jour.

Ecoute-moi revivre, je te conduis

Au jardin de présence,

L’abandonné au soir et que les ombres couvrent,

L’habitable pour toi dans le nouvel amour.

Hier règnant désert, j’étais feuille sauvage

Et libre de mourir,

Mais le temps mûrissait, plainte noire des combes,

La blessure de l’eau , dans les pierres du jour.

Yves Bonnefoy

Aux friches hachurant les plaines, des restes irréfragables ont posé des dalles de pas, que les semelles du vent déplacent en tous points. Un pont-levis franchit la douve des ciels gris. Zébrant de ses couleurs courbes l’à-plat bitume d’un arc sept fois nuancé. Il sort du jour sous tous les passages cloutés des différentes manières de faire souffrir. Une volée d’orties cogne en façade ses stances à Sade. Un seul coup de lame lancé par la marée dégagerait les paradis fiscaux si l’équité c’était pas du domaine du dogme . L’ormeau noyé aux rivières se régénère aux rochers des océans, la coquille en évent, muscle palpitant au granit. Qu’avons-nous oublié de meurtrir, doigts gourds d’orgueilleuses premières en escalades répétées ? Les sabres de nos mécaniques décapitent l’émergence des sources, sans assouvir leur soif paranoïaque de conquête. L’électricité est en fonte de glaciers. J’étais demain dans chacun de mes hiers, le soleil sans brûler la fraîcheur de l’ombre de mon arbre, n’a pas coupé ses feuilles. Elles se dressent en contrescarpe aux chemins qui grimpent avec les chèvres. Sous forme de maisons-nids. L’attitude de mes proches contredit ma folle innocence. Ils jalousent mon refus sans autre pensée qu’en tirer profit. Pourtant devant la fatigue évidente de mes yeux qui me quittent, en même temps que mes jambes je peins de l’Ecriture Vagabonde du Refuge de l’Amour. Les villes du désespoir et leurs façades crevées gardent autant d’yeux ouverts que le bleu activé par l’arbre a besoin d’entendre, sans l’épeler par un non. Vivra un jardin vert aux fondations indélébiles. Pour être libre de mourir, la conscience en vie dans l’intime du journal..

Niala-Loisobleu – 19 Septembre 2017

 

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Cette Intime Vision

2017 – Niala

Acrylique et Encre s/Canson, encadré s/verre 30×40

Où le mauvais temps vous montre la place de votre soleil


Où le mauvais temps vous montre la place de votre soleil

 

Dimanche, terme d’une semaine hétérochrone dans une année bancale. Il pleut d’un tant révolu, je peins. La couleur m’interroge :

As-tu déjà pensé à ceux qui t’ont, accroché, sur leurs murs où tu es chaque jour et qui te méconnaissent depuis d’un coup, sans que tu saches pourquoi ?

 

L’Oubli de Soi

Paupières asservies au bleu incohérent du large,

Ailes paralysées au cœur du tourbillon de l’air,

Vous ne vous lèverez désormais que pour un regard

Qui poignardera mes amours millénaires,

Et ce sera comme au premier jour de ma vie.

Les oiseaux de l’hiver jouiront seuls de l’embellie,

Et je passerai pour dormir sous l’affaissement

De la voile inutile…
Mais sera-t-il un astre

Pour sombrer à ma place, et pacifier la mer?

 

Jacques Dupin

 

Pincelant, je demeure de martre. De soie de pore.

Dans ces gens-là, bien plus de personnes n’étaient qu’intéressées. A faire accroire, du flot porteur, elles n’auront que l’amer.

Le clou ne te tiend pas ficelé, tu as trop de ce qui leur fait défaut pour changer d’astre.

Lumière toujours que d’Amour, et ne sombre.

Niala-Loisobleu – 17 Septembre 2017

 

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