PAR LE CHEMIN DE PEINDRE


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PAR LE CHEMIN DE PEINDRE

Peindre

donner à son âme

le droit de représentation

en tous endroits

en toutes circonstances

d’acte et de pensée

par rapport au froid et au chaud de son poil

par le lien que la sensibilité capte, rapport émotionnel

par la spontanéité du geste mu des stimuli reçus

de l’heur de son horloge interne

Devenir siamois du pigment

étreint du pinceau

buvant le médium

qui nargue le couteau

d’un désir d’empâtement

qui peut se faire vapeur d’eau pour pierre

Matière de soi

née du quelque part d’autres

Sensualité affichée

par l’érection d’une forme

donnant l’orgasme à la composition

Peintre montre-toi nu

plus déshabillé que ton modèle

Dis ton combat pour trouver

ce que ton humilité doit taire

Couleur

tu es le teint du tant

dans l’humeur de ta souffrance du peu

Peindre avec l’alphabet de son écriture

du A comme je t’aime aujourd’hui

au Z comme en corps hier à deux mains

La peur unique au ventre

la peur qui crée

la peur qui stimule d’une poussée animale

la peur qui fait surmonter sa peur inadéquate

la peur qui veut que tu la lises espoir

contre l’arrêt brutal de courant pot au noir

désarroi

un rond à remplir de jaune

souligné de bleu vertical

Miroir du ressenti

de la présence

Rien ne se délie du touché ressenti

du vent porteur la vague peut tourner soudain en dérive

changement de direction

une onde passant d’un milieu dans un autre entraîne la réfraction qui dévie…

Niala-Loisobleu – 06/09/18

MA MAISON BLEUE


MA MAISON BLEUE - NIALA 2010 - Acrylique sur toile 61x50 001.jpg

MA MAISON BLEUE – NIALA 2010 – Acrylique s/toile 61 x 50

MA MAISON BLEUE

 

 

Posée nulle part où tout se lotit, partout où les mauvaises herbes sont si hautes que les routes détournent le viol de la nature, où les rus qui sifflent entre les pierres se font crues torrentielles au premier bruit des chaînes des usines et de leurs vikings galères, elle se fait pré, buisson, carré d’avoine, luzerne dans un orchestre de garenne, assemblée d’abeilles, meules à aiguiser le sentiment, et toutes idées saugrenues, primesautières n’ayant d’autre but que celui de l’isoler des agressions de la société.

Elle s’est faite des quatre éléments, pour ne s’ancrer en aucun lieu d’idée sédentaire. A la fois radeau, cerf-volant, cheval, semelles de vents, oiseau, elle habite où bon lui semble, en dehors des impasses, au sein du libre-arbitre.

De fleurs boutonnées aux patères des aveux

De tiges de botte en couverture

De draps moirés du reflet des frissons

De confiture aux bords des ourlets de l’écuyère

Du roulis du cheval qui ouvre ses sillons

De senteurs boisées sur coulis de dos d’âne

De tomettes vertes à l’escabèche

De marches du palais à la luette

De caves en saoul pente

D’étages sans as censeurs

De meules et de regains en chambres

De greniers sans mal dedans

De fenêtres courant au-devant de l’horizon

De couloirs en coursives autours des océans

De lézardes aux murs d’enceintes

De pont-levis sur les eaux fortes

D’intentions inavouées mises aux glaces des armoires

De fantasmes accomplis dans le faire forgé des volcans impatients

L’arbre étend ses branches du levé au couchant, et les feuilles s’orientent aux quatre cardinaux.Elle porte tous les fruits et transporte les graines de l’amour de l’autre, au potager qui ne sait rien du produit conditionné. Planches aromatiques fuyant l’encens. Il n’y a pas de serrures aux portes, juste des échelles pour entrer.

Entre le soleil et la lune un arc-en-ciel arrose l’espace des eaux de la lumière. On dirait un tableau d’ailleurs. L’oeuvre d’un fou d’amour, d’un fou de vie, qui aurait recouvert la laideur des jours d’une couche de peinture aux pouvoirs magiques. Pellicule d’un glacis, croûte d’une pâte épaisse que les caresses des pinceaux, les lissages des couteaux appliquent en transparences ou enduits.

Elle est la verticale. Le yin et le yang ont posé leur cercle sur la diagonale.

Elévation symbolique qui réunit la Terre au Ciel, dans le passage purificateur du bleu. Les innocents gardent les mains plaines.

Niala-Loisobleu – 1er Janvier 2011

 

 

LA LIGNE ROSE


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LA LIGNE ROSE

 

La nuit a gardé la main chaude au frais

l’animal virole son poil en se frottant au buisson

l’ouest tiré du sommeil trempe ses lèvres dans le chant des oiseaux

l’empreinte marche sur le sable vierge

l’haleine remontant  au sel se promet de donner vie à son rêve.

 

Niala-Loisobleu – 10 Juin 2018

EN AUBADE


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EN AUBADE

A peine un pied sorti que l’autre te remontant le long du dos rentre d’emblée dans ce jour qui gris ou pas sera peinture. Tes seins sur ma brosse à dents ça fait la laine fraîche.

Ils regardaient l’étagère, une idée soutien-gorge dans une lettre ornée, Et pourquoi qu’on met des dentelles si c’est pour pas les lire. Mon corps c’est pas une bibliothèque d’illettrés qu’on met dans des reliures belles à s’ennuyer. Faut qui cause.

C’est comme le mur de ma chambre plein de fenêtres de peinture où , le soir quand je m’endors je remplis mon panier d’atelier.

  • Où êtes-vous allés cette nuit, toi la Muse et lui le Peintre ?
  • De l’autre façon de regarder, avec cet oeil non-conventionné qui cherche pas à se faire rembourser. Un regard qui paye sans lésiner le prix fort d’oser changer de trottoir. La dureté du prix de la souffrance pour aimer conforme à l’aspirationau lieu du confort de l’ennui dans un conjugal désaccord.
  • Ah oui et c’était comment ?
  •  Ben, rien qui pourrait faire penser aux fiches techniques des contes à r’euh bourre des pros du commerce du voyage organisé. On est resté là, sans chercher la plus verte herbe, vu que celle d’ici on l’a essayé et trouvé porteuse. Les fourmis qu’il y a dedans sont bosseuses comme avant, quand on chantait en travaillant sans se plaindre. Et comme il me dit, j’aime le vent qui me précède comme un guide pour m’ouvrir tes chemins intimes. Il me fait sa montagne à grimper. Sa mer à traverser, son bois plein de chant d’oiseaux, sa rivière qui coule, qui coule, qui coule, qu’avant l’estuaire on canote en méandres.

Alors c’est tout ça qui rugit du piano, comme une ruée de cascade sous les doigts !

Niala-Loisobleu – 25 Avril 2018

TENUE DE PRINTEMPS


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TENUE DE PRINTEMPS

 

L’imprimé de tes tissus organiques , je me souviens l’avoir tiré en lithographie.

Oeuvre d’art glissée entre les deux-pierres encrées, partie intime de ton feuillage mise dans mon herbier.

La vibration du derme hérissant ce velu qui me sert à peindre, je prends là où ses parties sont mieux que martre pour restituer le jeu de loutre amoureuse. Du ru ou ricochent les jets de main, le courant électrifie mes doigts funiculaires.

Et ton haut des marches balance tes seins en un perron mobile où un pistolet trace l’élégance mature de leur courbe pendant que j’équerre à 90°.

Que d’ondes se jettent au sémaphore. Tu connais le manuel comme un gant me dit la  voix non sortie d’un monologue du vagin…

Niala-Loisobleu – 15 Avril 2018

 

TITI ROBIN/ « Le goût du sel / La terre cet animal »


TITI ROBIN/ « Le goût du sel / La terre cet animal »

De la nuit que nous avions repoussé monta un bruit de chevalet qu’on manivelle. Semblable au drap qu’on va fouiller à tâtons à la seconde où les dernières chandelles ont fermé les yeux, pour la pêche au parfum que l’amour n’a pas en corps séché. Reste au creux de la couche le tressaillement animal des feulements. Le lions n’a rien dénoué. A travers seins il reste des poils en serpentins.Le fleuve suçote le marbre du Taj Mahal en brûlant les encens montant des pores. Cette sérénité est d’un érotisme qui transperce le post-it du frigide air, pas besoin d’un lexique et du recours au philtre, le lotus à sorti son bouton. Nous nous sommes animalement salé dans l’esprit du rite de la parade à plumes.

N/L 12:04:18

LA CHAMBRE DANS L’ESPACE


 

 

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LA CHAMBRE DANS L’ESPACE

 

Tel le chant du ramier quand l’averse est prochaine – L’air se poudre de pluie, de soleil revenant –, je m’éveille lavé, je fonds en m’élevant ; je vendange le ciel novice.

Allongé contre toi, je meus ta liberté. Je suis un bloc de terre qui réclame sa fleur.

Est-il gorge menuisée plus radieuse que la tienne ? Demander c’est mourir !

L’aile de ton soupir met un duvet aux feuilles. Le trait de mon amour ferme ton fruit, le boit.

Je suis dans la grâce de ton visage que mes ténèbres couvrent de joie.

Comme il est beau ton cri qui me donne ton silence !

René Char

Les Matinaux, La Parole en archipel, © La Pléiade, p.372

 

 

 

La Peinture m’est , je suis Peinture depuis une naissance que je ne recopie pas mais crée jour après jour.

Foutue présence du son. La tôle frappée des pensées en couleur non retenue entraîne les stimuli sensoriels.

Derrière le papier-peint l’espace a le goût du plâtre. La fissure insinue l’air.

Marches-tu sur un fil ô Peinture funambule, qu’à peine mue, tes pieds me jettent leurs chansons aux paumes.

Bleu

Outremer

Cobalt

Phtallocyanine

Prusse

Coeruléum

Vos pierres aiguisées au fusil, allument un rai sous ma porte.

J’ai pu lire l’arc-en-ciel l’instant de l’éclair.

Mot à mot.

En courant sur la passerelle de ses voyelles.

Cadnium d’un escabeau jaune levé le premier.

Des rouges remuent aux queues des branches, déplaçant le suc sorti de la motte de tes reins adossés à l’espalier. Une nervure prometteuse à la ligne de la feuille.

Je dirais à tout le Monde comme je t’aime. A toi je tairais l’artificiel.

Mes mains iront écoper les sueurs de la canopée, pour ranimer les volcans éteints.

Pas besoin d’un silex. Il suffit que tu dégrafes tes aisselles pour que tes seins glissent.

Vas où la virginité indélébile regarde les viols s’auto-détruire. J’ai ta robe blanche à mes nuits pures.

Les arbres sont en orée des clairières. J’ai peint, je peindrai.

Pour limer la solitude stérile au ras des barreaux du lit des rivières.

Un rose tyrien émergé des fraises de ta poitrine. Pris à pleine bouche.

L’eau pure fait chanter tes battements de pieds.

Ecailles dépeignées tu bruisses aux branchies de mon oui.

Tu as aboli le temps. Empalant la pendule sur les aiguilles d’un maquis corse.

Ils seront aucun. Nous serons deux à comprendre l’auto-da-fé

Ma mer cobalt rejoint les ocres où les coraux se reproduisent. A pas lents d’une course océane.

Je t’aime partout

ma Muse m’y guide dans la transparence de ton rayon.

Je t’aime à la force du souffle qui me donne ton existence !

 

Niala-Loisobleu – 7 Avril 2018

 

DEUX PEINTRES


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DEUX PEINTRES

Ces deux peintres ne pouvaient se souffrir et ne se rencontraient que pour s’échanger les plus grossières injures.
Parmi les plus cinglantes figuraient celles de krabber (griffonneur) et de klatcher (barbouilleur).
L’un avait l’air d’un boxeur hilare, l’autre avait le visage du cénobite émacié.

Faut-il sacrifier les couleurs aux formes pleines — négliger l’orgie chromatique pour la fermeté stricte du contour, dédaigner l’anecdote — et n’aboutir à la
narration non figurative que par la tache structurante?

Les deux peintres renouvelaient à plaisir cette querelle des
Universaux.
Gauguin, un maçon qui lutte contre l’épar-pillement des couleurs, ne peut que s’insurger contre la
Provence convulsive de
Vincent.

Barbouilleur de l’instinct
Griffonneur de l’intellect

la dispute tournait au dialogue de sourds

Les nèfles sont trop mûres

Vieil olivier tordu

L’humour est centre de gravité.

Paul Neuhuys

 

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L’ECOLE BUISSONNIERE


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L’ECOLE BUISSONNIERE

 

Les pensées dromadaires, à plusieurs bosses, tanguant d’avant en arrière et sur les deux côtés, j’avance, stationne, recule. Du béton dans le bulbe et la corne de brume qui l’arme au fur et mesure pour tenir vaille que vaille. Relever sans cesse la hauteur d’eau sous la quille, en jetant de la proue la pige, ça peut expliquer le mal de dos. Quand la partie chiante du colon veut cancériser la navigation, pas facile de tenir la barre en ligne droite. On fait des lofts intestinaux. Il était, non je suis réponds-je. Seulement privé par le momentané d’une circonstance contraire au plein accès à cet absolu qui ne fait pas défaut.

Des maladies il y en a de toutes les formes, leur point commun elles attaquent la forme. Plus tu pompes et moins tu sors, il n’empêche que seul l’esprit shadock aspire au vides. Le filon que l’amour a, enrichit sans rapporter matériellement. Je pense souvent dans les champs de trèfle  à quatre-feuilles du chemin des Dames, a tous les poilus qui ont leurs os à côté du rêve qu’ils faisaient quand la tranchée s’est refermée sur eux. La contradiction étant la base de ce monde, on peut penser que l’orgasme le plus fort se passe dans la mort-subite, qui ne vous reprend pas la jouissance que vous étiez en train de vivre juste avant de mourir. Non pas que j’ai envie de l’essayer. Non sortir tout baveux du ventre, je crois que si j’avais à choisir je prendrai cette formule là. On peut rester collés, ça tente mon côté chien.

  • Un peintre comme Niala ça représente quoi ?
  • Mais tout banane…
  • Si tu me disais la poésie est -ce une utopie, ce serait aussi con que 608 abonnés et pas de commentaires.
  • Regarde dans quelle absence tu vis, et fais plus ton brouillon de thèse sur la construction de la vie

Dans le rapprochement de l’idée d’avoir existé je pense que l’Art est l’exception qui a laissé sa trace.

Raison du plus fou laissant l’adulte aussi spontané que l’enfant.

Elle est mienne c’t’idée là, Maîtresse le sait si bien , qu’elle me gave pas de grammaire mathématique. J’ai ma place dans le tracé de marelle sous le marronnier de la cour, juste devant le petit portail qui ouvre sur l’école buissonnière. Ma chambre d’amour.

Niala-Loisobleu – 08/03/18