BONJOUR CREATION


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BONJOUR CREATION

Etre soie chaque jour

ça crée

m’aime pas peur

de sortir d’un arbre de vie

passionnément

à demain jointes

sans ça viser

Toi qui écris ce que je suis en train de peindre

si j’avais douté comme  certain infirme

t’aurais à renaître à jour la généalogie d’une fausse-couche d’adoption

un soir de procréation bain-douche…

 

Niala-Loisobleu – 16 Juillet 2018

 

L’Œuvre peint de Milan Markovich


L’Œuvre peint de Milan Markovich

Jamais douleur
ne fut plus élégante dans ces grilles
noires, que dévora le soleil. Et jamais
élégance ne fut cause plus spirituelle,
un feu double, debout sur les grilles du soir.

Ici,
un grand espoir fut peintre. Oh, qui est plus réel
du chagrin désirant ou de l’image peinte ?
Le désir déchira le voile de l’image,
l’image donna vie à l’exsangue désir.

Yves Bonnefoy, in Le dialogue d’angoisse et de désir
PoèmesPoésie/Gallimard, 2006

Ziegler

 

 

LA CHAMBRE DANS L’ESPACE


 

 

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LA CHAMBRE DANS L’ESPACE

 

Tel le chant du ramier quand l’averse est prochaine – L’air se poudre de pluie, de soleil revenant –, je m’éveille lavé, je fonds en m’élevant ; je vendange le ciel novice.

Allongé contre toi, je meus ta liberté. Je suis un bloc de terre qui réclame sa fleur.

Est-il gorge menuisée plus radieuse que la tienne ? Demander c’est mourir !

L’aile de ton soupir met un duvet aux feuilles. Le trait de mon amour ferme ton fruit, le boit.

Je suis dans la grâce de ton visage que mes ténèbres couvrent de joie.

Comme il est beau ton cri qui me donne ton silence !

René Char

Les Matinaux, La Parole en archipel, © La Pléiade, p.372

 

 

 

La Peinture m’est , je suis Peinture depuis une naissance que je ne recopie pas mais crée jour après jour.

Foutue présence du son. La tôle frappée des pensées en couleur non retenue entraîne les stimuli sensoriels.

Derrière le papier-peint l’espace a le goût du plâtre. La fissure insinue l’air.

Marches-tu sur un fil ô Peinture funambule, qu’à peine mue, tes pieds me jettent leurs chansons aux paumes.

Bleu

Outremer

Cobalt

Phtallocyanine

Prusse

Coeruléum

Vos pierres aiguisées au fusil, allument un rai sous ma porte.

J’ai pu lire l’arc-en-ciel l’instant de l’éclair.

Mot à mot.

En courant sur la passerelle de ses voyelles.

Cadnium d’un escabeau jaune levé le premier.

Des rouges remuent aux queues des branches, déplaçant le suc sorti de la motte de tes reins adossés à l’espalier. Une nervure prometteuse à la ligne de la feuille.

Je dirais à tout le Monde comme je t’aime. A toi je tairais l’artificiel.

Mes mains iront écoper les sueurs de la canopée, pour ranimer les volcans éteints.

Pas besoin d’un silex. Il suffit que tu dégrafes tes aisselles pour que tes seins glissent.

Vas où la virginité indélébile regarde les viols s’auto-détruire. J’ai ta robe blanche à mes nuits pures.

Les arbres sont en orée des clairières. J’ai peint, je peindrai.

Pour limer la solitude stérile au ras des barreaux du lit des rivières.

Un rose tyrien émergé des fraises de ta poitrine. Pris à pleine bouche.

L’eau pure fait chanter tes battements de pieds.

Ecailles dépeignées tu bruisses aux branchies de mon oui.

Tu as aboli le temps. Empalant la pendule sur les aiguilles d’un maquis corse.

Ils seront aucun. Nous serons deux à comprendre l’auto-da-fé

Ma mer cobalt rejoint les ocres où les coraux se reproduisent. A pas lents d’une course océane.

Je t’aime partout

ma Muse m’y guide dans la transparence de ton rayon.

Je t’aime à la force du souffle qui me donne ton existence !

 

Niala-Loisobleu – 7 Avril 2018

 

DEUX PEINTRES


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DEUX PEINTRES

Ces deux peintres ne pouvaient se souffrir et ne se rencontraient que pour s’échanger les plus grossières injures.
Parmi les plus cinglantes figuraient celles de krabber (griffonneur) et de klatcher (barbouilleur).
L’un avait l’air d’un boxeur hilare, l’autre avait le visage du cénobite émacié.

Faut-il sacrifier les couleurs aux formes pleines — négliger l’orgie chromatique pour la fermeté stricte du contour, dédaigner l’anecdote — et n’aboutir à la
narration non figurative que par la tache structurante?

Les deux peintres renouvelaient à plaisir cette querelle des
Universaux.
Gauguin, un maçon qui lutte contre l’épar-pillement des couleurs, ne peut que s’insurger contre la
Provence convulsive de
Vincent.

Barbouilleur de l’instinct
Griffonneur de l’intellect

la dispute tournait au dialogue de sourds

Les nèfles sont trop mûres

Vieil olivier tordu

L’humour est centre de gravité.

Paul Neuhuys

 

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Au soir d’un beau matin par temps sale


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 Au soir d’un beau matin par temps sale

Ce qui a pu être ramassé pour salir au propre le ciel de ce jour , je l’ai laissé aux fâcheux

Tu sais je t’ai montré

peindre d’amour bleu

les deux mains au sang de ta chair donnée ouverte

à l’essuyé pileux roussi par ces braises de glace aux fruits rouges

et bien voilà dans le demi-jour qui avale les couleurs, un détail de ce qui se signera demain

Il n’y a pas un manque de marque du tiède de ton souffle, par la diagonale tu peux le sentir, je baigne en douceur.

Niala-Loisobleu – 09/02/18

Illustration : Détail d’ébauche – Niala- 2018

UN CAILLOU DANS LA POCHE 3


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UN CAILLOU DANS LA POCHE 3

La plage endormie laisse toute la place au silence qui parle. Etoile de mer au sein. Shérif la prison vide ne tourne pas la pensée au râtelier à fusils. Il y aura toujours des méchants pour endeuiller les robes de mariées. Restes donc seulement nue. L’habit ne pourra pas alors trahir ta parole, te gardant nette, en donnant à l’encre de ta peau ta nature véritable. Sillons d’argent des mots. Le trait vif de la nageoire, respire à pleins poumons par ses ouïes. Montant l’échelle de corde reliant nos ponts, l’air nous tient en lévitation ancrés l’un dans l’autre. Les pierres lapidaires en triant les défauts de pureté, polissent la façade pour valider l’intérieur. Vertébrale charpente qui fait vibrer les hanches des hauts-bois. Que le mouvement des seins métronomes dièse. Un murmure laisse entrer l’unisson sur sa langue.

Niala-Loisobleu – 12 Août 2017

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Un Caillou dans la Poche 3

2017 – Niala – Acrylique s/Canson Aquarelle, encadré s/verre 30×40

ATELIER ET MURMURES 2


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ATELIER ET MURMURES 2

La peau
En guise de mémoire
Les rêves filant dans le noir
Des images encore
Au pointillé de l’enfance
Qui semblait
A la vivre
D’une eau si commune et fluide
Que l’on ne comprend plus
Le message
Tout foutu, tout frangé,
Tout dispersé
Et plein d’oublis qui deviennent
Silencieux quand on les regarde
Au fond des yeux
Oh ! on dirait des enfants !

Au soleil d’hiver
Le vieil homme étend son linge
Sa peau qui frissonne
Lui murmure
Que dans l’oubli et l’oubli encore
Il y a la source
D’étonnements toujours

Patrick Dreux

Tes mots m’ont ému à te reproduire , Merci Patrick.

 

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Au matin

que choisir entre pars et demeures

fermeture réflexion

Au soir embouteillage

cas rend volage

la nudité  comme ombre sur le soleil

murmures d’exposition cois

L’évent

attend le ciel sous la surface des ris d’eau tombés

Niala-Loisobleu- 11 Février 2017

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Atelier et Murmures 2 – 2017 – Niala – Acrylique encadré sous/verre 50×40