GARRIGUE ÊTRE


 

GARRIGUE ÊTRE

Mes doigts piqués fourchette

Le sol de sa chair entre les dents

Goutte à goutte

Je la sirote

Aux fronces de sa toison alambic

Me voici parvenu au silence qui emplit les yeux

Serre peau lest plat nannan

Niala-Loisobleu – 23 Mai 2017

28.05.16 - 1

LA CHAMBRE D’AMOUR


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LA CHAMBRE D’AMOUR

Pendant que j’avais la bouche ouverte, les couloirs de mon subconscient claquaient les portes de la nuit avec une voix du guet. Oyez, oyez, braves gens. A se croire sur la route dans une chanson de chemine ô. L’herbe peut avoir des pouvoirs inattendus me dis-je en m’essuyant la moquette d’un reniflement de mâle femmé, se rajustant le diable au lot au fond de son Dim en trois couleurs. A ce moment là, je vis sortir une main de la poche du kangourou. Vois un peu c’qui arrive quand la libido se mêle d’appuyer sur le bouton, me rappelai-je avoir pensé dans la vapeur où, assis sur le banc du sauna, je me flagellais à base de branches de bouleau. Sans doute des réminiscences d’un contrat de 35 heures remis à l’ordre du jour.

Le jour où j’ai sorti de ma mère, mon père maçonnait la maison de mes grands-parents. J’ai venu au monde dans un Beau Dimanche de Printemps, du Gabin dans la ligne de ma main gauche, celle que je peins quand j’écris. La Marne remuait les nappes à carreaux à deux pas. Les canotiers faisant des galipettes dans l’herbe, saucisson, camembert et petit vin blanc après s’avoir lavé au bain de Nogent, moultes rires, mots de bonne humeur au programme improvisé avec un naturel que plus tard le bio cherchera à vanter pour rouler d’autres braves gens. J’ai été marqué tout de suite au faire.Depuis je combats sans répit pour la dignité de l’homme qu’à vu l’home où loge l’amour. Je n’hésite pas à remonter les bretelles des paons t’allons z’enfants se trouvant toujours à l’endroit du bon moment qui rapporte sans jamais en avoir fait une secouée. Pas opportuniste, je connais mieux les portes qui te claquent à la gueule que les arcs de triomphe. Bof, et alors, ça empêche pas de rester jeune en vieillissant comme m’ont toujours montré mes battements de coeur.

Une fenêtre ouvrant sur un lit non-clos, alcôve tant d’odeurs que les fleurs tapissent la chambre à en faire le berceau de l’amour, les menottes trouvent les fossettes, les lèvres les mailles des langues, jusqu’aux yeux qui vous descendent plus profond que le larynx, la tripe au creux. On peut pas expliquer ce chavire qui m’attrape, me renverse, quand je me trouve face au Beau. J’suis glacé de dehors, bouillant, brûlant au-dedans. La colonne vertébrale me saisissant à la remontée en glissade sur la rampe des vertèbres. Un panard. Que j’en ai les yeux qui mouillent à serrer mon Amour en hurlant de silence.

Niala-Loisobleu – 4 Janvier 2017

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Les chaises sont faites pour porter les vêtements


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Les chaises

sont faites pour porter les vêtements

Comme le soleil qui tourne, je suis la piste de  ta lumière en passant d’un état à un meilleur, de la chambre au jardin où, quelque soit l’heure, je te retrouve, vêtue que de mes regards.
J’aime les criques, les anses, les sentiers de douaniers, les petits ports de pêche, les parcs à huîtres, les marais et les bouchots de moules.
Là où la vase aspire le pied, dans un bruit de succion, l’endroit où cette odeur peut prendre à la gorge, est relevée d’iode. Elle me ramène à tout ce qui porte à entrer au rêve sans rien sur la peau.
Nus comme au premier jour. Tout ce qui constitue le premier cri, réuni. Ta peau est d’une franchise que tes formes ne mentent pas. Et quand tu suis le vent, tout bouge. Déclenchant le jeu de Toi, sans case priso
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Niala-Loisobleu – 27 Décembre 2016

GERALD BLONCOURT


EXTRAITS

La colère
est en moi
je hume l’existence
je me heurte
aux fils de fer barbelés
de la désespérance
je franchis les ruisseaux
boueux de l’inquiétude
Martissant, Carreour-feuille,
Bizoton, Jérémie, Jacmel,
Pétionville, Port-au-prince,
l‘Ile de la Gonave,
bruissants de misère
L’azur est en folie
Tout se mêle
S’entrecroise
Et se noue
Je sonde l’espace séculaire
Ce brassage de peuples
Qui fil sonner le glas
Du sordide esclavage

Je dis à la jeunesse
Aux yeux-diamants
luisants d’espoir
Aux cohortes affamées
des bidonvilles
aux créateurs
peintres
poètes
écrivains
L‘heure est venue
De dire NON
aux imbroglios
des politiciens véreux
aux corrompus
aux assassins

Le jour se lève
en ma mémoire
Les « CINQ GLORIEUSES » de Janvier 1946
Ont offert au Monde
Un sursaut salutaire

Haiti d’infortune
des tremblements de terre
tes enfants sont là
Kampé ! Debout !
Je crois en tes vertus
En vous
Nouvelle générations
Je crois en ce renouveau cosmique
De Liberté, d’Égalité et de Fraternité

Je dis Merde à l’Espace
Je crie mon mot d’ordre
« Kembe fèm ! pa lagé ! »

Salut à vous
mes racines profondes
mon doux parlé créole
mes cassaves, boborits
rapadou, mes rorolis,
mes pisquettes grillées
mon choux palmiste

Salut à vous Furcy
Kenscoff, le Morne Bourrette
Le Massif de la Selle

Salut à vous
Dessalines, Toussaint Louverture,
Héros de l’Indépendance

Salut à vous Jacques Roumain, Jacques Stephen Alexis,
Gérard Chenet, René Depestre
Et tous les autres

Je m’incruste dans les rues démembrées
Je soude espoir et certitude
pour bannir l’obscurité.

 Gérald Bloncourt

29 novembre 2016

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Gérald Bloncourt

bloncourtblog.net

Au bord du ruisseau des traces animales conservent le point d’eau.


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Au bord du ruisseau des traces animales conservent le point d’eau.

 

Nous avançons de la main, des marques d’yeux au fond des poches de notre perception.

Ni le bruit racoleur d’une chanson dissimulant son lucre derrière du sirop, pas plus que la sortie de chez le coiffeur de la nouvelle tête du présentateur, ne pourront faire du fond de nôtre âme un étal de foire.

Tu n’as pas changé l’intérieur de tes seins en regardant la vitrine d’un soutif au balconnet provocateur. Il peut sentir la frite, le marchand de moules ne nous a pas formaté. Ta peau est bien dans la mienne pas besoin de me pincer.

Au bord du ruisseau des traces animales conservent le point d’eau.

Tu dors au milieu de nôtre chemin quand la nuit se fait jour. J’ai ôté les fers de mes chaussures pour ne pas rendre les étoiles filantes hésitantes. Le ciel contient dans l’armoire de ses gros nuages tant de rêves bleus. Chacun est écrit sur ton do. Musique lancinante que tes reins fredonnent au rythme de la vague des miens. Reste contre moi. Mon ventre gouvernaille au centre de ton chenal. Les arbres morts n’iront pas prétendre redonner poumon à l’Amazonie, nous en plantons de vivants tous les jours de souffrance, sans pépins,  contre les mauvais serpents du verger.

J’ai vu saigner ma nudité quand tes lèvres l’embrassant, ont fait couler la couleur en paroles de silence de tes aisselles au bastingage de ton étreinte mon Amour. Ne m’attends pas je suis là mon Poisson-Chat, dore en corps.

Niala-Loisobleu – 20/05/16

 

10.05.16 - 1

REFLETS D’ESTRANS 11 / Le Grand A d’Amour mis à flot / Algues Longs cheveux Flottants


REFLETS D’ESTRANS 11 / Le Grand A d’Amour mis à flot / Algues Longs cheveux Flottants

ALGUE

la relance ici se fait

par le vent qui d’Afrique vient

par la poussière d’alizé

par la vertu de l’écume

et la force de la terre

nu

l’essentiel est de sentir nu

de penser nu

la poussière d’alizé

la vertu de l’écume

et la force de la terre la relance ici se fait par l’influx plus encore que par l’afflux

la relance

se fait

algue laminaire

Aimé Césaire

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GO AIMONS
Tresse des fonds
racine
des mauvaises herbes
que tu arraches  des abysses
Ce ruban des chapeaux d’illusion
se débande de ta frange
pour que tu l’abandonnes
au sable-philtre de ta plage intime
go aimons
Niala-Loisobleu
8 Janvier 2016
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REFLETS D’ESTRANS 11
2015
NIALA
Huile et collage s/toile 50×50

Adresse de mon site officiel : http://www.niala-galeries.com/