DERRIERE LA PORTE VERTE


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DERRIERE LA PORTE VERTE

 

 

J’ai remonté à ça voir

alors que tu avais l’orteil à tremper dans la traversée par le gué.

Parvenu à la fosse poplitée ton sursaut m’éclaira.

Je voulais mieux que souvenir, initier. Trouver derrière pour devant

en te découvrant au premier âge avant que disparaisse l’estran d’avant marée-haute.

 

 

Entre les stèles à la diagonale du clocher où l’aïeule à la corde sonnait, j’ai reconnu la respiration de ton derme nu, rien d’herbe pour le ralentir, rien de caillou pour le bloquer,  tout était à ouvrir.

 

 

Quand je marche au coeur de la forêt des mystères, un arbre est toujours au Centre, pour marquer de sa colonne la destinée du premier pas. Le juvénile d’une tes mèches fait étendard., pendant qu’un orchestre barbare se remet à la chanson douce.

 

 

Au bout de la flèche vibre le ruban de l’arc de ton balancement.

 

 

Niala-Loisobleu – 6 Novembre 2018

 

MES MAINS EFFLEURENT TON SOURIRE


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MES MAINS EFFLEURENT TON SOURIRE

Aux jonctions de l’herbe sauvage
Et du « forget-me-not »
Se tient une promesse
A conquérir …

J’applique le savoir de mon amour
Laissant vivre la fleur –
Secouant l’arbre
Pour ramasser
Ses fruits
Que j’ajouterai aux tiens

Les mains rougies par leur suc
Je les laverai sur
Tes lèvres …

C’est toi sur ce chemin
Toi dans la jachère
Et je ne t’oublie
Même si je ne
Te cueille pas

Au loin la lune prépare les étoiles
Sur la cime de mon
Orgueil
C’est toi la chair de la promesse
Qui les accueille

Pour toi la rougeur du soir
En une double maraude :
Celle sur le seuil
D’une montagne
Avec celle
Sur le seuil de ton pays !

Jusqu’au-delà de la mer :
C’est toi ma cime
D’orgueil

Sur tes lèvres :
L’herbe folle des oasis
Où tu siffles la source
Délicate …

Mais je n’achèverai pas ton nom
Avec les rutilances
D’un poème
Mes mots traîneront sur
Ta peau solaire …

Peut-être glisseront-ils
De tes yeux d’océan
A ton ventre pétri
D’écume de
Sable

Et la paume sensible de tes mains
Recueillerait la respiration
De mon sourire
Et
Tu la porterais à ton cœur
Comme pour ta
Nouvelle
Jeunesse

Tous les fruits se confondront
Dans la corbeille de fleurs
Que le « Forget-me-not »
Rehaussera sur
Ta tête
Comme au royaume de tes pensées

Mais je ne t’épuiserai pas …
Si ton hasard de reine
Rejoint celui de
Tant de mes bénédictions pour toi

Délicatesse de ta patience
Qui ouvre à une bienveillance
Pour celui qui veut poser
Ses genoux à
Tes pieds asséchés
Au sel du
Désert …

J’entends et je vois sur tes pas
La danse du travail et
Des jours
Que les enfants suivent
En battant le rythme
De ta voix
Qui les baigne d’Humanité

La bienveillance grandit la délicatesse
A la fenêtre d’où s’exhalent
Les parfums de ton grand
Monde généreux

Délicate ! Est-ce ta beauté
En ton grand jardin
Laissant affleurer
Ces fruits de
La nouveauté ?
Je m’y confie
Pour surpasser tout champ d’herbes folles
Et y dégager un sens
Au monde

Au creux de ton pays :
Ton chemin où se croisent
Tant de richesses –
Borde les secrets
D’un continent
Tu les prends
Et les garde
Loin de toute finitude –
Là avec la si délicate énigme
Où tu ranges ton histoire
Si fidèle au souvenir
Où ta liberté
A depuis longtemps
Posé sa trace

Alain Minod

HARMONIE


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HARMONIE

Sans le moindre bruit ce matin

j’ai senti un chaud odorant  me dire bonjour

Harmonie

voilà ce qui peut seul le définir en tous points

Il a cette lumière qui se pose comme une découverte

montre le sens

dessine comme un balancement

au sein du pouls

Un passage pileux de fragrances

secret de l’herbe humide de rosée

où des étoiles viennent se recharger

pour tirer le soleil en haut du mât

J’y ai vu la vibration qui se répercute de pore en pore

pour aller au silence qui comble l’enfilade de l’à venir qui s’ouvre…

Niala-Loisobleu – 14/10/18

LE RAI BLEU


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LE RAI BLEU

 

Au bas des jambes le chien allongé sur le courant d’air hermétise le regard de travers

Une pensée odorifèrante suit la fissure

Le lézard a laissé sa queue accrochée à la porte en signe de ne pas vouloir être dérangé

La pleine-lune répand l’estran en ondulant de la croupe comme un percheron dételé se rendant  à l’abreuvoir

Niala-Loisobleu – 16/06/18

 

 

 

 

Miracle, le cauchemar se fait rêve


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Miracle,

le cauchemar se fait rêve

Sous l’immense verrière la gare tient les arrivées et les départs en attente. Ligne de démarcation, comme la berge qui regarde l’autre rive de la rivière. C’est le matin. La salle d’attente se retient de dire. Prolonger son intime refuge au-delà du bruit des premiers pas. Avant que la faim ne pousse l’enfant à la demande du sein. Cet homme, assis au bout de la banquette, porte sur son ,front l’incessante marche d’errant. Un destin inscrit dans le mouvement perpétuel de l’exode. Le percolateur du buffet lâche un commencement d’odeur d’oeuf bouilli; un panneau viandox au-dessus de l’étagère des tasses, sur l’ensemble d’un indélébile relent de sueur se baladant de compartiment en couloir des trains de nuit pour finir par poser ses coudes du zinc au marbre d’une table. Et cette angoisse qui n’a pas réussi à dormir, on la voit debout dans les yeux de leurs corps fatigués de fuir. Les voici, on les sait avant de les voir déboucher, le bruit de leur bottes est le signal que la trêve est finie.

– Papiers, papiers, aboient les crosses de fusils dans l’haleine fétide des brutes occupantes.

On entrevoit un filet de soleil passant dans un mélange de porte entrebâillée et d’imagination exacerbée par l’espoir. Cette force incontrôlable qui s’oppose à l’envie de laisser choir.Les miliciens couleur de néant, rient comme des voleurs de réalité se faisant croire à l’impunité. La force du nombre si chère aux lâches. Ils ont trempé leurs mains dedans quand, mitraillant ce couple qui tentait de fuir ils les ont rattrapés de leurs rafales. Des enfants n’auraient pas du voir des images comme celles là, fait un contrôleur qui n’a plus le courage de vérifier les billets. Le voudrait-il qu’il n’en trouverait pas le moyen dans la bousculade d’une panique qui s’éveille avec le premier bruit des locomotives balançant la vapeur en pression.

Tout l’monde en voiture ! crache le chef de gare, en balançant son fanal.

Je me lève du lit-superposé de ma nuit de passage. C’est net dans mon esprit ce flou des moments où l’homme s’est vraiment montré dans toute la perspective possible du doute quant à son évolution. Il tue plus naturellement qu’il parvient à vivre. Rien de cette effroyable vérité n’affecte les images que les affiches invitent à suivre. Les passages souterrains de la gare sont couverts de vantardise des trains de plaisir. A quai, on a mis des wagons de marchandises, debout on arrive mieux à augmenter la charge de voyageurs. Dans le noir du tunnel les chemins de traverses se sont éteints d’eux-mêmes…

Passage, passage, passage….

Si t’es pas sage me dit une voix pointue comme une baïonnette je te pique ta prochaine année.

On ne voit pas de serpentins accrochés aux miradors, un orchestre joue.

– Bonjour tu as bien dormi mon enfant, me dit une voix joyeuse, réveille-toi on est arrivés en 2018, c’est fini..Bonne Année ! Viens lèves-toi, de quoi as-tu rêvé durant la traversée ?

– Je me souviens seulement d’un miracle, merveilleux espoir insensé, avec l’augmentation des fluides au 1er Janvier, la fermeture des chambres à gaz était inscrite parmi les mesures d’économie !

Niala-Loisobleu – 1er Janvier 2018

 

Proximité du Murmure


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Proximité du Murmure

 

Je pose mes diversions dans la fumée d’un rire éteint, une année est à la porte, mais la griserie « Champs-Elysées » ne me l’ouvre pas. En vérité, elle me laisse le gosier sec. J’ai fait bonne figure à la cantonade. Il suffit. L’avion d’Ô… z’a qu’à… continuer de taire les pantalonnades grossières et foutre serpentins et mirlitons dans la catégorie Trompe-l’Oeil. Dans l’an prochain, il n’y aura que ce que nous aurons réussi à mettre, pour le reste les bâtards continueront à se faire passer pour le Messie. Je vous souhaite le joyeux simple et la santé forte, qui regonflent sans ignorer le risque des clous jonchant la chaussée. Le bonheur n’est pas un droit, c’est un devoir. Je me battrais pour en avoir, afin de pouvoir en donner. Dans le droit fil de ce que la Poésie m’offre sans me faire mentir.

N-L  30/12/17

 

Proximite du Murmure

Comme il est appelé au soir en un lieu tel que les portes battant sans fin facilitent ou dénouent le tête-à-tête

hors de la crypte forestière il la traîne au grand jour, ou plutôt il lui parle

il la dénude parmi les rafales de vent

ou plutôt il commence à se taire

avec une telle fureur dans les rayons

ae la lumière verticale

une lelle émission de silence comme un jet de sang

qu’elle se montre nue dans sa parole même et c’est un corps de femme qui se fend

Par une allée d’iris et de boue écarlate descendant à la fontaine la tarir…

mais toute l’humidité antérieure

revêtait la roche comme si

nos lèvres s’étaient connues

jadis

sans le feu de la rosée qui monte,

sa dot, l’innombrable et l’évanouie..

transparence têtue elle flambe

elle environne de ses tresses

un pays qui reprend souffle et feu

N’être plus avec toi dès que tu balbuties

la sécheresse nous déborde

le cercle de tes bras ne s’entrouvre que pour mieux

ne rien dire

selon l’heure et le parfum

et quel parfum se déchire

vers le nord, l’issue dérobée…

peut-être ton visage contre le mien,

quand bien même tu me mènerais,

encapuchonné, sur ton poing,

comme aux premières chasses de l’enfer

Au-delà du crissement d’une sandale dans l’allée

soustraite au silence elle a glissé elle aussi à cet oubli de soi qui culmine

et s’inverse en un massif de roses calcinées

aveuglante énumération de ses haltes et de ses périls

réciprocité de dentelles entre son visage et la nuit

j’extrais demain

l’oubli persistant d’une rose

de la muraille éboulée et du cœur sans gisement

Plus lourde d’être nue

ses vocalises meurtrières son rire au fond de mes os

notre buisson quotidien les balafres de la lumière

A se tendre à se détendre sur les traces secourues

omis se dégager femme tout à fait du bestiaire indistinct qui la presse

parmi tant de pieux incantatoires fichés dans le matin roule et grossit le soliloque

de la noue

fade usurpatrice elle dort et me hait j’ai négligé son dénuement elle se tient un peu plus haut

ombre démesurée d’une roue de charrette sur le mur lourdement vivant

Nulle écorce pour fixer le tremblement

de la lumière

dont la nudité nous blesse, nous affame, imminente

et toujours différée, selon la ligne

presque droite d’un labour,

l’humide éclat de la terre ouverte…

étouffant dans ses serres l’angoisse du survol le vieux busard le renégat incrimine la transparence vire

et s’écrase à tes pieds

et la svelte fumée d’un feu de pêcheurs brise un horizon absolu

Sinon l’enveloppe déjà déchirée avec son précieux chargement

le heurt sous un angle stérile de la hanche qui luit

comme si l’étrave en était lisse sous la ligne de flottaison

mais
Je mouvement de la barque rendit

plus assurés l’écriture l’amour

tels un signe tracé par les oscillations du mât

au lieu des étoiles qui sombrent entre le rideau bruyant

et l’odeur de ses mains sur la mer

Sous le couvert la nuit venue mon territoire ta pâleur

de grands arbres se mouvant comme-un feu plus noir

et le dernier serpent qui veille en travers du dernier chemin

fraîcheur pourtant de la parole et de l’herbe comme un souille la vie durant

Ce qu’une autre m’écrivait

comme avec une herbe longue et suppliciante

toi, toute, en mon absence, là, dans le pur égarement d’un geste hostile au gerbier du sang, tu t’en délivres

tel un amour qui vire sur son ancre, chargé

de l’ombre nécessaire,

ici, mais plus bas, et criant

d’allégresse comme au premier jour

et toute la douleur de la terre

se contracte et se voûte

et surgit en une chaîne imprévisible

crêtée de foudre

et ruisselante de vigueur

Musique éclatée ciel sifflant dans un verre fraîcheur du soleil sous la brûlure de la peau

le même sifflement mais modulé jusqu’au silence qui sourd de tes plissements de granit, scintillante écriture le même sifflement

lance le tablier du pont sur ses piles de feu

où tombera-t-il noir le fruit méridien si je franchis le bras de mer

une pierre l’étreint et s’efface

le livre ouvert sur tes reins se consume avant d’être lu

Agrafes de l’idylle déjà exténuée pour que ce qui fut immergé respire à sa place, dans l’herbe, à nouveau,

et de la terre, toute, presque anéantie

ou comblée bord à bord

par l’enracinement de la foudre

sauf la respiration de cette pierre nocturne, le théâtre tel que je me vois, l’anticipation d’un brasier

sans son cadavre retourné

un autre traversera la passe

dans la mémoire de grandes étendues de neige

brillent

entre chaque massacre

Sorbes de la nuit d’été

étoiles enfantines

syllabes muettes du futur amour

quand les flammes progressent de poutre en poutre sous nos toits

exiguë

la définition du ciel

Nous dégageant, nous, de l’ancienne terreur

ou de cet enrouement par quoi les racines mêmes

s’expriment,- s’allégeant…

que ce soit le silence ce qui était présent, là, trop exposé depuis l’aube, sur le sol fraîchement retourné, l’ingratitude ou la légèreté des
hommes, avec le vent,

je me dresse dans l’étendue, seul, contre cette lumière qui décline, le bâillon rejeté

… que ce soit le silence lentement déployé qui règne déjà nécessaire, déjà opprimant

Par la déclivité du soir le secret mal gardé

je la blesse au défaut de sa lecture le vent répare les accrocs

enclume ou catafalque d’étincelles

avec ce qui naît et meurt au bord

de sa lèvre acide

ciel pourpre et montagne nue

elle se penche et je vois au-delà de la ligne de son épaule

mon enfance troglodyte

dans la paroi violette où le soleil couchant se brise comme un pain.

elle se penche je vois…

Jacques Dupin