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Barbara, Göttingen


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Barbara, Göttingen

Barbara compose cette chanson en 1965. Ce qui l’anime, c’est un « profond désir de réconciliation et non d’oubli ». Il s’agit en effet d’un hymne à la réconciliation franco-allemande après les traumatismes de la seconde guerre mondiale. Le message de ce titre est d’autant plus émouvant que Barbara dut se cacher et fuir avec sa mère, parce qu’elles étaient juives. Entre 1939 et 1943, la jeune Monique Serf et ses parents doivent ainsi déménager à de nombreuses reprises (« Menaces de rafle dont les parents sont informés. Dénonciation par un voisin. »).

Aussi, en 1964, lorsque le directeur du Junges Theater de Göttingen, Gunther Klein, lui propose de venir chanter outre-Rhin, elle commence par refuser catégoriquement. Pour elle, « l’Allemagne était comme une griffe ». Mais Klein trouve les mots qu’il faut, Barbara se ravise et remporte un immense succès. L’accueil des « enfants blonds de Göttingen » lui inspire une chanson sobrement intitulée Göttingen (qu’elle enregistrera également en Allemand).

En 2003, à l’occasion de la commémoration du traité d’amitié franco-allemande de 1963, le chancelier Schröder entonne quelques vers de la chanson: « Oh, faites que jamais ne revienne / le temps du sang et de la haine… » Il poursuit  » A l’époque, j’habitais moi-même Göttingen, où je suis resté pendant plus de dix ans et où j’ai fait mes études. Malheureusement, je n’ai pas eu la possibilité d’assister au concert de Barbara, mais cette chanson résonnait dans toute la ville. Ce que Barbara a chanté à Göttingen, et qui nous est allé droit au cœur, c’était pour moi, jeune homme, le début d’une merveilleuse amitié, de l’amitié qui devait unir les Français et les Allemands. »

Revenons désormais sur la réconciliation franco-allemande depuis 1945:

Toute réconciliation avec l’ennemi héréditaire allemand semblait très délicate en 1945 (« O faites que jamais ne revienne / Le temps du sang et de la haine / car il y a des gens que j’aime, / A Göttingen, à Göttingen »). Or, très tôt, dans le contexte de la guerre froide et de la construction européenne, la France et l’Allemagne de l’ouest se rapprochent. L’entente devient franchement cordiale avec la création de la CECA (1951), puis de la CEE. Désormais, l’axe franco-allemand devient le fer de lance de la construction européenne et ce duo restera soudé quelque soit les présidents ou les majorités politiques (nombreuses rencontres de Gaulle/Adenauer, Giscard d’Estaing/Schmidt, Mitterrand/Kohl).

Ce rapprochement se caractérise par des rencontres symboliques entre les deux ennemis héréditaires: en 1962, Charles de Gaulle et Konrad Adenauer se rendent à Reims, dont la cathédrale avait été détruite par les Allemands au cours de la première guerre mondiale; ou encore la rencontre symbolique de François Mitterrand et Helmut Khol à Verdun, en 1984.
source : http://lhistgeobox.blogspot.com/2008/10/109-barbaragttingen.html

Bien sûr, ce n’est pas la Seine,
Ce n’est pas le bois de Vincennes,
Mais c’est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen.Pas de quais et pas de rengaines
Qui se lamentent et qui se traînent,
Mais l’amour y fleurit quand même,
A Göttingen, à Göttingen.Ils savent mieux que nous, je pense,
L’histoire de nos rois de France,
Herman, Peter, Helga et Hans,
A Göttingen.

Et que personne ne s’offense,
Mais les contes de notre enfance,
« Il était une fois » commence
A Göttingen.

Bien sûr nous, nous avons la Seine
Et puis notre bois de Vincennes,
Mais Dieu que les roses sont belles
A Göttingen, à Göttingen.

Nous, nous avons nos matins blêmes
Et l’âme grise de Verlaine,
Eux c’est la mélancolie même,
A Göttingen, à Göttingen.

Quand ils ne savent rien nous dire,
Ils restent là à nous sourire
Mais nous les comprenons quand même,
Les enfants blonds de Göttingen.

Et tant pis pour ceux qui s’étonnent
Et que les autres me pardonnent,
Mais les enfants ce sont les mêmes,
A Paris ou à Göttingen.

O faites que jamais ne revienne
Le temps du sang et de la haine
Car il y a des gens que j’aime,
A Göttingen, à Göttingen.

Et lorsque sonnerait l’alarme,
S’il fallait reprendre les armes,
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen.

Mais c’est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen.

Et lorsque sonnerait l’alarme,
S’il fallait reprendre les armes,
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen.

Barbara

MEMOIRE DE SANG TANT


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MEMOIRE DE SANG TANT

 

Le sol encore à sec, entre la maison et l’atelier, les nuages n’ont pas percés. La pluie courtoise s’est retenue  le temps d’ouvrir les volets. Dans le jour levant des ombres bougent, cinémascope d’une boîte à images, savaient-ils en levant la tête au ras du parapet de la tranchée  ? Savaient-ils que ce qu’ils finissaient par avoir peur de croire allait résonner ? La voix de mon grand-père est là tout contre mon oreille, elle me tait les mots de trop pour ne rien dire de ce qui n’est pas prononçable. La guerre de 14, cette horrible bêtise humaine, a été fêtée par ses anciens-combattants plus que l’on peut en justifier la raison avancée. Lui René, jamais ne s’est mis ses nombreuses médailles à la poitrine pour remonter en revue militaire l’horreur de sa jeunesse sacrifiée à la destruction totale. Ces nombreux 11 Novembre que nous avons partagé, j’ai toujours eu la certitude qu’il voulait m’en protéger. Le côté revanchard il le considérait encore plus pitoyable que la mémoire qu’on utilise pas à des fins pacifiques. La vengeance est encore plus bête que cruelle. La guerre aujourd’hui va prendre l’esprit de cette journée. Je sais  qu’elle bernera à nouveau tous ceux qui pensent que tuer pour tuer ça fait vivre. La dignité sera absente, le petit roi qui nous gouverne va tenter de retrouver son hochet en usant au maximum du décorum qui fait les défilés…J’ai besoin d’amour à chanter !

 

Niala-Loisobleu – 11 Novembre 2018

DECOLLAGE


 

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DECOLLAGE

 

Prise  de fatigue la pluie ne s’est pas levée ce matin

elle est restée collée aux écharpes du brouillard

retenant le papillon d’aller entre chemise et peau

s’ébrouer sans permission

Merveilleux instant aucun plouf ne ride l’eau

un train traverse le temps

les oiseaux lui font un triple ban à la volée des cloches

Il y a des senteurs à la porte de l’atelier

il m’a semblé voir le tapis frissonner

 

Niala-Loisobleu – 8 Juin 2018

LES APPARITIONS DÉDAIGNÉES


René Char

 

LES APPARITIONS DÉDAIGNÉES

Les civilisations sont des graisses.
L’Histoire échoue,
Dieu faute de
Dieu n’enjambe plus nos murs soupçonneux, l’homme feule à l’oreille de l’homme, le
Temps se fourvoie, la fission est en cours.
Quoi encore ?

La science ne peut fournir à l’homme dévasté qu’un phare aveugle, une arme de détresse, des outils sans légende.
Au plus dément : le sifflet de manœuvres.

Ceux qui ont installé l’éternel compensateur, comme finalité triomphale du temporel, n’étaient que des geôliers de passage.
Ils n’avaient pas surpris la nature tragique, intervallaire, saccageuse, comme en suspens, des humains.

Lumière pourrissante, l’obscurité ne serait pas la pire condition.

Il n’y avait qu’une demi-liberté.
Tel était l’octroi extrême.
Demi-liberté pour l’homme en mouvement.
Demi-liberté pour l’insecte qui dort et attend dans la chrysalide.
Fantôme, tout juste souvenir, la liberté dans l’émeute.
La liberté était au sommet d’une masse d’obéissances dissimulées et de conventions acceptées sous les traits d’un leurre irréprochable.

La liberté se trouve dans le cœur de celui qui n’a cessé de la vouloir, de la rêver, l’a obtenue contre le crime.

René Char

 

Je ne cesse, je ne cesse, c’est mon crée do, ré, mi, la, sol…

N-L 31/01/18

 

A IDEELLE EN DEDICACE SUR SON TRAVAIL H. HESSE


042 Daniel Merriam Higher Octave

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) 30.01.16 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Correspondance, Gallimard

Paul Celan, René Char : Correspondance (1954-1968), octobre 2015, édition établie, présentée et annotée par Bertrand Badiou, 336 pages, 28 €

Edition: Gallimard

Paul Celan, René Char : Correspondance (1954-1968)

 

« Si tu n’espères pas, tu ne rencontreras pas l’inespéré », Héraclite

 

L’échange entre René Char et Paul Celan semble aller de soi. Celui du poète du maquis de Provence avec le poète juif d’Europe orientale qui, contrairement à ses parents, ne subira que les camps de travail roumains et échappera à la machine d’extermination nazie. Tous deux connurent la clandestinité, la disparition de proches, le sentiment de l’imminence de la mort. Les poèmes de Celan sont nés dans les camps, hanté de n’avoir pas pu sauver ses parents assassinés par les nazis en Ukraine. Ils constituent le socle de toute son écriture quand s’ébauchent la correspondance des deux hommes, et ses textes sont quasiment inconnus en France.

Bien qu’ils ne fussent ni de la même langue ni du même monde ni du même âge, cette correspondance rapproche deux écrivains aux tempéraments différents, façonnés au plus profond d’une pierre brute, l’âme d’une blessure sans retour et qui pousse les hommes à côtoyer les tréfonds de l’inacceptable :

« De tout ce qui est écrit, je ne lis que ce que quelqu’un écrit avec son sang. Écris avec ton sang : et tu verras que le sang est esprit », Ainsi parlait Zarathoustra, partie I, chapitre Lire et écrire, Friedrich Nietzsche.

Mais, les poètes ne sont à la hauteur de leur vision que si dire le monde, la poésie, coïncide avec le fruit du silence. La possibilité de laisser à l’aboiement de la vie, le témoignage de l’autre, rebelle et solitaire ; d’un monde, celui des contradictions, trempé pour toujours dans la parole des multiples épreuves.

Une parole en action en somme, où parfois agir consiste à ne pas agir, où parfois la parole se donne le pouvoir de tuer la mort, comme pour clamer peut-être dans ce non-retour des âmes, dans les méandres et les ravines sanglantes du siècle, le murmure des corps privés de leur propre mort.

Double composante, dans l’écriture des deux auteurs, celle de l’érotisme est essentielle dans les offices du renouvellement de la parole littéraire. Leurs relations avec les femmes, tiennent une place importante et partagent tous deux la même exigence sur leurs arts : « Ils congédient l’expérience vécue dans le sens où ils ne se destinent qu’à véhiculer sa forme métamorphosée ».

La correspondance de Paul Celan et René Char, publiée aux éditions Gallimard et présentée par Bertrand Badiou, est comme un album photo de famille : « Morceaux de sommeil, coins poussés dans le nulle part : nous restons égaux à nous-mêmes, l’étoile ronde manœuvrée, alentour, nous approuve», Paul Celan à René Char. Seuls, les poèmes suffisent, car c’est avec la vie qu’ils s’écrivent et constituent pour eux-mêmes la seule biographie acceptable.

C’est donc à travers un filtre complémentaire, celui de la correspondance des deux auteurs, enrichi des échanges épistolaires de René Char avec Gisèle Celan-Lestrange à la mort de Paul Celan, et d’un appendice chronologique largement documenté, que l’ouvrage complète notre compréhension de leur relation complexe, tant du point de vue de la création que de leurs relations personnelles, de leur amitié. Et ce malgré l’affaire Goll, les crises et les hospitalisations de Celan.

1959 est l’année de la première grave crise entre les deux hommes.

« René Char ! Je voudrais vous dire, en ce moment, qui est celui de votre peine, quelle est ma peine. Le temps s’acharne contre ceux qui osent être humains – c’est le temps de l’anti-humain. Vivants, nous sommes morts, nous aussi. Il n’y a pas de ciel de Provence ; il y a la terre, béante et sans hospitalité ; il n’y a qu’elle. Point de consolation, point de mots. La pensée – c’est une affaire des dents. Un mot simple que j’écris : cœur. Un chemin simple celui-là. René Char, il y a ce chemin-là, c’est le seul, ne le quittez pas.

Ai-je le droit de vous dire ceci ? Je ne sais. Je vous le dis. Ajoutez-y un mot ou un silence.

Je vous adresse ces mots – qui sont des mots – après la mort d’Albert Camus. Soyez vrai, toujours », Paul Celan à René Char, le 6 janvier 1960.

Une annotation dans un agenda, inscrite sur le papier jauni du temps, une dernière rencontre entre les deux hommes le 21 novembre 1967, mais on ne sait rien de ce probable rendez-vous. René Char fait un dernier envoi de lettre en octobre 1968, mais nulle trace de réponse à cet ultime envoi.

Il faudra attendre la disparition du poète en avril 1970 pour que René Char sorte de son silence. Ou, comme le souligne Bertrand Badiou dans la préface que Char, au début de 1974, confiera à Gisèle Celan-Lestrange, l’unique version connue d’une pensée pour Paul Celan, écrite au lendemain de sa mort et qui préfigure celle écrite le jour de la mort de Heidegger, le 26 mai 1976 :

Sans date – Les matinaux, de René Char à Paul Celan : « Le vrai secours vient dans le vague ».

 

D’où vient cette pensée muette ?

 

Une critique,

dans l’intervalle des empreintes

laissées au souffle,

sur le sable brun et mouillé du rivage ?

 

Un embrun qui dis-cerne

L’éphémère dans l’inconnu

du Monde qui habite

Le cœur des hommes !

 

Une respiration qui sans cesse

fait vivre le flux des marées,

écume

de l’existence !

 

Laissez-vous porter par le rythme des correspondances,

avançant peu à peu sur le sol du silence.

À chacun sa parole,

langues des songes…

 

Article écrit par Marc Michiels pour Le Mot & la Chose

http://www.lemotlachose.com/

https://twitter.com/lemotlachose

https://www.facebook.com/lemotlachose

L’écriture reste l’eau qui nous sert à survivre dans ce monde pris de sécheresse. Le très intéressant travail entamé par Idéelle sur le thème « CORRESPONDANCE » m’incite à glisser ce trait d’union, qui avec d’autres auteurs et une époque ayant eu à traiter de l’holocauste fait un lien vers Hesse. Montrant la toile qui se tisse entre les esprits.

Niala-Loisobleu – 4 Juin 2017

COULEES DE LAVE


YURIKO SHIROU

COULEES DE LAVE

L’heure étant à glacer, dans ses sueurs froides, voici demain retenu sans défense aux draps froissés. Par le rayon du phare lunaire, les formes en s’agitant du dos sur le ventre, donnent à cette campagne un visage de remous du passé. Ces ombres, en même temps qu’elles remettent leurs images d’angoisse dans l’âge du présent, font entendre clairement leur origine. Sans qu’on parle du coupable, quand un socialiste au pouvoir à remis l’extrême droite en passe de prendre le pouvoir,  agiter un guignol pour parer à cette éventualité  insulte l’honnêteté foncière.

Le coeur saigne à ne rien trouver, seules les spectres de l’idée qui s’impose occupent tout le terrain de la pensée. En même temps que le sentiment fort crie au menteur le loup carnassier mord dans le charnu de la confiance.

L’Amour tombé des nues

Un samedi du moyen âge

Une sorcière qui volait

Vers le sabbat sur son balai

Tomba par terre

Du haut des nuages

Ho ho ho madame la sorcière

Vous voilà tombée par terre

Ho ho ho sur votre derrière

Et les quatre fers en l’air

Vous tombez des nues

Toute nue

Par êtes vous venue

Sur le trottoir de l’avenue

Vous tombez des nues

Sorcière saugrenue

Vous tombez des nues

Vous tombez des nues

Sur la partie la plus charnue

De votre individu

Vous tombez des nues

On voulait la livrer aux flammes

Cette sorcière qui volait

Vers le sabbat sur son balais

Pour l’ascension

Quel beau programme

Ho ho ho voilà qu’la sorcière

A fait un grand rond par terre

Ho ho ho quel coup de tonnerre

Il tomba d’l’eau à flots

Et l’eau tombe des nues

Toute nue

Éteint les flammes tenues

Et rafraîchi la détenue

L’eau tombe des nues

Averse bienvenue

L’eau tombe des nues

L’eau tombe des nues

Et la sorcière se lave nue

Oui mais dans l’avenue

L’eau tombe des nues

Qu’elle était belle la sorcière

Les présidents du châtelet

Les gendarmes et leurs valets

La regardaient

Dans la lumière

… et un éclair qui brille

Et c’est vos yeux qui scintillent

… et votre cœur pétille

Nous sommes sourds d’amour

Et nous tombons des nues

Elle est nue

Oui mais notre âme est chenue

Nous avons de la retenue

Nous tombons des nues

Sorcière saugrenue

Nous tombons des nues

Nous tombons des nues

Qu’on relaxe la prévenue

Elle nous exténue

Nous tombons des nues

Et je…

Mais tombe des nues

Tu tombes des nues

Le monde entier tombe des nues

L’amour tombe des nues

Et vive les femmes nues !

Robert DESNOS (Recueil : « Les Voix intérieures »)

Le jour en entrant par mon oeil droit, mit de l’ordre dans le flou – Incroyable pour le plus malade des deux –  voir c’est voir chante un rock air. Posant les pieds hors de la tranchée du front où s’était déroulé mon combat intérieur, je fis chauffer l’ô. Entre la mie du peint et les fruits encore pendus à ta poitrine, je sentis en premier, s’approcher la vue du bleu, bien avant que me parviennent l’odeur des autres couleurs qui font l’harmonie. Que s’est-il donc passé ? Qu’importe; cette diversion du chemin tracé, le soleil en se levant, ne montre aucune blessure. Le désordre ne fait que suivre son chemin décadent. C’est normal, rien n’a changé sur le fond.

Je suis cassé du dos,  mou des jambes, saigneux du nez mais, entends bien, sans que ce qui raidit pour la bonne cause ait été enseveli. Tu es là mon coeur avec la m’aime rage de vivre, en dehors de ce qui demeure l’errance collective perpétuelle. Nous, nous n’habiterons pas à Pompéi.

Niala-Loisobleu – 5 Avril 2017

 

The Ribbons - Oil painting by Steven Kenny

ROUE A AUBE


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ROUE A AUBE

Le magasin de ce Lundi n’a pas ouvert son rideau, quel sera le plat u jour ? Il y a dans la fraîcheur du matin, l’humide perle de rosée qui risque un oeil au bout de la branche. A part une pie voleuse qui marche sur le toit de la cabane, rien ne sort du lit de la rivière. Je laisse mes yeux dans la chaleur du rêve où hier soir ils se sont endormis.

Insanes histoires de la vie,

Toutes voix tues
Reste le bruit éternel du sang.
Debout sur les désastres des guerres
Brillent les vains débris du monde,
Le ciel rempli de fantômes d’aurore.
Cachée dans les brouillards des villes,
La peur fait bouger les engins du rêve

Un doigt déchiffre la langue morse
Des fièvres profondes,
La litanie des oracles perdus

Tout va se refaire sous nos pas
Au seul cri du matin
Et les ruines s’illuminer d’aube.
Aube, première aube toujours déchirante,
Qui construit la journée avec le néant.

Albert Ayguesparse  (Les armes de la guérison – extrait)

Le laitier réveille les pis du bruit de ses bidons, une vieille histoire triste colle à la paille chaude de l’étable. L’oiseau rieur s’essaie depuis la nuit des temps à changer l’heur du commencement. Un homme de mauvais foie a laissé son fiel dans l’huile des rouages. Je ne suis pas de ceux qui plaisent, ma nature ne fait jamais l’effort de refuser le bonheur de vivre. Ah la bouteille et sa moitié pleine ou vide c’est plus un sarment d’ivrogne de l’amer que la fille de joie vierge du jardin des délices. Au bar de la Marine on aime se ressasser l’infortune d’avoir un fil à retordre dans chaque pore. Pourquoi vendrai-je mon sourire au diable, il ne changerait rien au seul âge qui soit vrai: celui de mes artères. Les Chemins des Dames ne devraient pas être faits pour les commémorations funestes de la connerie humaine, mais pour hâler la rencontre de l’Amour.

Niala-Loisobleu – 17 Avril 2017

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« Ce n’est pas la lumière qui m’a inspiré, c’est ce qu’elle éclaire » W.R.


 Ronis-amoureux-au-reverbere

« Ce n’est pas la lumière qui m’a inspiré, c’est ce qu’elle éclaire » W.R.

Je tousse d’étouffements nés d’appendices contaminés

Depuis  que – j’étais encore enfant par la taille – regardant la hauteur de l’arbre de vie m’apparut le danger de se couper la branche d’assise. Je me mouchais entre mes dois faire par réflexe d’auto-défense naturel

Agir, agir, agir au lieu du laissé-faire

Les rues pieuvres du chemin de profit rapprochèrent tant leurs façades qu’il devenait impossible de ne pas toucher l’embrouille du doigt. L’histoire dirigée par des dieux- prête-noms-divers se répétait comme une implacable prédestinée dramatique. Evidemment c’est bien sûr…quand le vrai patron reste toujours en retrait parce qu’il s’appelle Machiavel. Et que le troupeau des terriens passe toujours par le chemin que les plus mauvais ont tracé. Et nous y voilà plus que jamais, au bord du précipice. Tapi dans le moindre cagibi de la terre entière le monstre mafieux veut conquérir le monde par la terreur. Sommes-nous au 21° ou à l’époque des huns et des autres tartares en hordes sauvages ? Qu’allons-nous enfin pouvoir trouver pour stopper  la course à la destruction humaine ?

Une seule solution couper l’hydre de nos épaules responsables.

Ne plus se vouer au dépôt de larmes sur le trottoir du crime, ne plus se tourner vers un espoir de pacotille dès lors qu’il n’est fondé sur aucun acte, ne plus commémorer, ne plus s’en remettre aux dangereux tartuffes qui nous gouvernent, mettent en berne tout en honorant l’émir de la plus haute distinction honorifique nationale..il faut sortir nôtre existence des mains de joueurs vicieux et viciés. La vie n’est pas un jeu et l’amour n’est pas un sort de lumière noire.

Dédicace à Willy Ronis

Niala-Loisobleu – 23/03/16

Source: http://www.espritsnomades.com/artsplastiques/ronis/ronis.html

 

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Quand ça était… avant Paris- Bruxelles…


Quand ça était…avant Paris- Bruxelles…

Jadis les arbres étaient des gens
comme nous.
Mais plus solides, plus heureux,
plus amoureux peut être.
Plus sages c’est tout. ~

Jacques Prévert

Photo de L'échappée Belle.
Photo L’Echappée Belle
Il nous reste les feuilles du printemps avenir
neuves du m’aime espoir
replanté
Unis comme un saule vouloir
qui pleure plus
la paix bleue de vie
Niala-Loisobleu
22/03/16

Il n’y a plus de saison depuis le jour où le printemps s’est tu / Aujourd’hui mon oreille est toute tendue…


Aeropolitain de Didier Graffet

Il n’y a plus de saison depuis le jour où le printemps s’est tu / Aujourd’hui mon oreille est toute tendue…

Etais-tu sortie pour te promener dans le pas de Camille ? Cette nuit mon ventre s’est soudain mis à taper du pied dans mes mains. Je sais, tu me l’as dit cette fois en tournant ta langue dans ma bouche sous tes paupières closes, frottant ton nez de terre molle et toute humide. Une image très nette.La tournette valsait, entre tes mains. Alors par l’échelle de corde qui nous relie aux autres pièces de nos planètes, tu es descendue , tremper tes pieds dans la rosée.

En faisant quelques pas légers, ton corps, que la transparence de la brume laissait voir, s’est envolé au choeur d’un chant enclos. A peine avais-tu commencé à léviter que le ciseau rentra dans la veine. Une Muse c’est ruche, ça peut faire les mains ouvrières. Elles ont aux phalanges tous les pouls de ses vibrations. Elles savent les bonnes anses des hanches mieux qu’un corps mort adipeux dormant sur un allant jeté au sommeil.

Les métamorphoses des menstrues changent les gabarits. Du ventre gonflé de ma prochaine création sortira la vérité que l’anatomie ne peut soustraire  aux réels canons de la Beauté. Des seins réglés au rythme d’une nature mouvante, bourgeonnante, fleurissante, mûrissante va comme j’te pousse, jutant ou tarissant de la pulpe, sera-ce un vrai ou bien un faux printemps riche ou stérile qui naît ? Combien de paroles ont accompagné la musique du marteau ? Des chansons entières, grattant les guitares des feux gitans, sautant aux gémissements des violons tsiganes à un piano mécanique, s’en sont allés rejoindre les torsions d’un râle simulé dirigé depuis les nacres de l’accordéon. Ce bois qui, pour l’éternité garde, aux niches des églises de l’amour, tes yeux mi-clos sur ton sourire, ce bois, je le peindrai icône au-delà des ténèbres que si tu m’éclaires de l’humble rai de l’inspiration céleste.

Je ne saurai vivre sans travailler de mes mains, parcourant à pieds, l’axe qui nous relie. Avant de signer je dis cage ouverte, je t’aime en corps partout où la fuite n’aurait pas de vue dissimulée en première intention. Bleu c’est que bleu, pas rien.

 

Niala-Loisobleu

20 Mars 2016

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