UN SIGNE


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UN SIGNE

Du noir ambiant qui dévore la couleur au débouché du tube
un quartier des toiles se lève en bleu seul
J’ai du peint
Signe des espérés…
N-L – 23/04/18
PROXIMITE DU MURMURE

Comme il est appelé au soir en un lieu tel que les portes battant sans fin facilitent ou dénouent le tête-à-tête

hors de la crypte forestière il la traîne au grand jour, ou plutôt il lui parle

il la dénude parmi les rafales de vent

ou plutôt il commence à se taire

avec une telle fureur dans les rayons

ae la lumière verticale

une lelle émission de silence comme un jet de sang

qu’elle se montre nue dans sa parole même et c’est un corps de femme qui se fend

Par une allée d’iris et de boue écarlate descendant à la fontaine la tarir…

mais toute l’humidité antérieure

revêtait la roche comme si

nos lèvres s’étaient connues

jadis

sans le feu de la rosée qui monte,

sa dot, l’innombrable et l’évanouie..

transparence têtue elle flambe

elle environne de ses tresses

un pays qui reprend souffle et feu

N’être plus avec toi dès que tu balbuties

la sécheresse nous déborde

le cercle de tes bras ne s’entrouvre que pour mieux

ne rien dire

selon l’heure et le parfum

et quel parfum se déchire

vers le nord, l’issue dérobée…

peut-être ton visage contre le mien,

quand bien même tu me mènerais,

encapuchonné, sur ton poing,

comme aux premières chasses de l’enfer

Au-delà du crissement d’une sandale dans l’allée

soustraite au silence elle a glissé elle aussi à cet oubli de soi qui culmine

et s’inverse en un massif de roses calcinées

aveuglante énumération de ses haltes et de ses périls

réciprocité de dentelles entre son visage et la nuit

j’extrais demain

l’oubli persistant d’une rose

de la muraille éboulée et du cœur sans gisement

Plus lourde d’être nue

ses vocalises meurtrières son rire au fond de mes os

notre buisson quotidien les balafres de la lumière

A se tendre à se détendre sur les traces secourues

omis se dégager femme tout à fait du bestiaire indistinct qui la presse

parmi tant de pieux incantatoires fichés dans le matin roule et grossit le soliloque

de la noue

fade usurpatrice elle dort et me hait j’ai négligé son dénuement elle se tient un peu plus haut

ombre démesurée d’une roue de charrette sur le mur lourdement vivant

Nulle écorce pour fixer le tremblement

de la lumière

dont la nudité nous blesse, nous affame, imminente

et toujours différée, selon la ligne

presque droite d’un labour,

l’humide éclat de la terre ouverte…

étouffant dans ses serres l’angoisse du survol le vieux busard le renégat incrimine la transparence vire

et s’écrase à tes pieds

et la svelte fumée d’un feu de pêcheurs brise un horizon absolu

Sinon l’enveloppe déjà déchirée avec son précieux chargement

le heurt sous un angle stérile de la hanche qui luit

comme si l’étrave en était lisse sous la ligne de flottaison

mais
Je mouvement de la barque rendit

plus assurés l’écriture l’amour

tels un signe tracé par les oscillations du mât

au lieu des étoiles qui sombrent entre le rideau bruyant

et l’odeur de ses mains sur la mer

Sous le couvert la nuit venue mon territoire ta pâleur

de grands arbres se mouvant comme-un feu plus noir

et le dernier serpent qui veille en travers du dernier chemin

fraîcheur pourtant de la parole et de l’herbe comme un souille la vie durant

Ce qu’une autre m’écrivait

comme avec une herbe longue et suppliciante

toi, toute, en mon absence, là, dans le pur égarement d’un geste hostile au gerbier du sang, tu t’en délivres

tel un amour qui vire sur son ancre, chargé

de l’ombre nécessaire,

ici, mais plus bas, et criant

d’allégresse comme au premier jour

et toute la douleur de la terre

se contracte et se voûte

et surgit en une chaîne imprévisible

crêtée de foudre

et ruisselante de vigueur

Musique éclatée ciel sifflant dans un verre fraîcheur du soleil sous la brûlure de la peau

le même sifflement mais modulé jusqu’au silence qui sourd de tes plissements de granit, scintillante écriture le même sifflement

lance le tablier du pont sur ses piles de feu

où tombera-t-il noir le fruit méridien si je franchis le bras de mer

une pierre l’étreint et s’efface

le livre ouvert sur tes reins se consume avant d’être lu

Agrafes de l’idylle déjà exténuée pour que ce qui fut immergé respire à sa place, dans l’herbe, à nouveau,

et de la terre, toute, presque anéantie

ou comblée bord à bord

par l’enracinement de la foudre

sauf la respiration de cette pierre nocturne, le théâtre tel que je me vois, l’anticipation d’un brasier

sans son cadavre retourné

un autre traversera la passe

dans la mémoire de grandes étendues de neige

brillent

entre chaque massacre

Sorbes de la nuit d’été

étoiles enfantines

syllabes muettes du futur amour

quand les flammes progressent de poutre en poutre sous nos toits

exiguë

la définition du ciel

Nous dégageant, nous, de l’ancienne terreur

ou de cet enrouement par quoi les racines mêmes

s’expriment,- s’allégeant…

que ce soit le silence ce qui était présent, là, trop exposé depuis l’aube, sur le sol fraîchement retourné, l’ingratitude ou la légèreté des
hommes, avec le vent,

je me dresse dans l’étendue, seul, contre cette lumière qui décline, le bâillon rejeté

… que ce soit le silence lentement déployé qui règne déjà nécessaire, déjà opprimant

Par la déclivité du soir le secret mal gardé

je la blesse au défaut de sa lecture le vent répare les accrocs

enclume ou catafalque d’étincelles

avec ce qui naît et meurt au bord

de sa lèvre acide

ciel pourpre et montagne nue

elle se penche et je vois au-delà de la ligne de son épaule

mon enfance troglodyte

dans la paroi violette où le soleil couchant se brise comme un pain.

elle se penche je vois…

 

Jacques Dupin

MARQUES


fenetre

 

MARQUES

 

Un coin du chemin

ça garde

à sentir

l’arrondi du virage à l’amble de sa cadence.

 

Il y a de l’écume

allongée dans l’anse du coquillage

qui mousse l’orée de terre

de son humeur olfactive.

 

Au-dessus

un vol d’oiseaux

promène ce que l’éclat des yeux

n’aura veiller qu’à garder chaud.

 

Niala-Loisobleu – 11 Octobre 2017

La Boîte à l’Être 9


 

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La Boîte à l’Être 9

HALEINE HALEINE

Gris vert le sable s’avale les galets
mi-ombre mi soleil
la gueule grande ouverte des moules à qui manque le couvercle baille à jamais.
Quelques coques enrouées ne chantent pas non plus le levé du jour. C’est pas un changement d’heure qui donnera de la voie à l’à venir
Les années à ronger la côte ont changées la place que les oyats tenaient à me piquer les pieds quand, dans ma nudité autorisée d’enfant, j’allais faire des châteaux sur la plage de St-Trojan. Sans qu’une arrière-pensée puisse mettre l’oeuvre en contestation, pas plus philosophique qu’architecturale.
Faut dire à la décharge des adultes qu’ils engendrent plus souvent pour donner la vie aux rêves qu’ils n’ont pu mettre à terme.

Parents alors ça devient le triste repentir d’un enfantement non demandé, du à des géniteurs non choisis qui a débouché sur l’absence d’une enfance heureuse.

Une peinture neuve glisse entre bois et écaille
des odeurs de peint frais remontent la carène
sur son ber la coque devance la marée
elle tressaille à l’idée de mouiller ailleurs
se laissant hâler aux oublis des raideurs d’un quotidien rouillé
Petit bateau deviendras-tu grand
personne ne devrait pouvoir lui interdire de se faire les plus beaux voyages
au plus près
ou
au plus lointain
C’est jamais la distance qui fait la découverte de soi
personne ne peut être plus près de son égo que soi
quelque soit l’endroit où on le pose
dans quelque décor
quelque musique
quelque pêche miraculeuse
quelque roi mage
quelque mais si
Je péniche
tu chalands
île hirondelle
nous bout de ficelle
vous accroche à la bataille
Elles déployées

Alors tu seras à m’aime de graver, tailler, façonner ta nourriture spirituelle
en coupant les barbes de mauvais poil
Que ferions-nous sans nos merdes
l’espoir ne servirait même pas à s’en torcher
Haleine haleine
toi la fille qui m’accompagne
t’es bonheur de te mettre en mon air d’accordéon au ton du jour bon
que rien des orages, malheurs des chemins défoncés, impasses, bifurcations, détournements, changements de cap, guerres d’influences, programmes menteurs, réformes à réformer, contes à rebours
ne pourraient m’interdire de faire denser
Je t’aime simplement pas compliquée, au contraire de ce qui m’a été proposé par d’autres…

Niala-Loisobleu
25 Octobre 2014

La fenêtre n’a pas rétrécie, demeurée grande ouverte sur le m’aime horizon, elle a tenue bon face à la tempête qui fut suivie d’un mortel silence. Le tant se montre  en brefs instants. Se pourrait-il que se soit moi qui mirage avoir vu la tête d’une nouvelle pousse porteuse du reverdissement du désert ?

Niala-Loisobleu – 21 Août 2016

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SILENCE !

Le silence descend en nous,
Tes yeux mi-voilés sont plus doux ;
Laisse mon coeur sur tes genoux.

Sous ta chevelure épandue
De ta robe un peu descendue
Sort une blanche épaule nue.

La parole a des notes d’or ;
Le silence est plus doux encor,
Quand les coeurs sont pleins jusqu’au bord.

Il est des soirs d’amour subtil,
Des soirs où l’âme, semble-t-il,
Ne tient qu’à peine par un fil…

Il est des heures d’agonie
Où l’on rêve la mort bénie
Au long d’une étreinte infinie.

La lampe douce se consume ;
L’âme des roses nous parfume.
Le Temps bat sa petite enclume.

Oh ! s’en aller sans nul retour,
Oh ! s’en aller avant le jour,
Les mains toutes pleines d’amour !

Oh ! s’en aller sans violence,
S’évanouir sans qu’on y pense
D’une suprême défaillance…

Silence !… Silence !… Silence !…

Albert Samain

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SILENCE !…

Dans l’herbe trempée des chaleurs nocturnes
Glisse un courant d’air
Je bats du coeur
Quelques fourmis se rendent au travail sans bruit
Les éboueuses déblaient les pellicules de mon jardin
Le Père Cool, hâteur gratte une allumette
Il allume le réveil
Hume l’arabica, sort le beurre et les tartines
La radio qui chante dehors fait Bon Jour M. le Soleil
J’ai déjà l’aviron et la bicyclette dans la musette
Un bouquet rose de crevettes
Une douzaine de claires
Un sourire de Muscadet
Tout cela est bien serein hors de la cage
Même l’océan ma mer me berce
Je pêche un abricot pour la route
Et le glisse sans bruit entre mes lèvres
Tu as bon goût Loiso
Tes yeux pétillent de Muse
Mais chut

En route !

Niala-Loisobleu

30 Octobre 2015

https://www.youtube.com/watch?v=DCiRhCTWdik