ÎLE PEUT LE FAIRE


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ÎLE PEUT LE FAIRE

 

Passé le dernier méandre de la scène, l’auteur fait tout dire au rivage. D’un penché de venelles aux pavés pris chez le granitier local  les premières maisons adossées l’une contre l’autre dansent dans la nébulosité estivale. Nus comme des oiseaux sans feuilles, les patios voient sans rien montrer. La richesse végétale accordée au rythme respiratoire de la fontaine tient les étages en dehors des longues de trottoirs. Le palmier qui marque l’entrée garde sans besoin d’être armé. Les tapas s’accordent à la fraîcheur de la sangria pour que les guitares revenues de la marée parlent à voix haute, un morceau de vie en bouche-à-bouche. Nos pensées sont sorties du chemin des maisons closes pour s’ouvrir sur le large où des mains claquent aux talons pour scander un autre éclairage. Sans frontières  mais toute intimité préservée l’esprit tremble depuis le feu sur la plage.

La lune isole le cheval assis sur le blanc de sable, pendant qu’il remet la chanson catalane dans sa voix. Autour de lui des phoques, des dauphins, des grands oiseaux de marins sur béquilles, des batraciens, et énormément de lentilles autour des nénuphars, time is Monet,  font silence. Au pigeonnier une portée de p’tits-lapins sur les lièvres d’un gospel, fait l’amour sans que les gentils organisateurs sifflent d’arrêter.

Surréaliste un clown-blanc éteint l’artifice. Colombine se balance sans culotte.

La montagne que la beauté tient discrètement en tableau de scène laisse seulement voir son odeur de femme. Etrange assemblage de dessous, fumets de courses sauvages, voix douce d’un fado à l’embarquement, vapeurs lascives d’une coupure de l’anti dit cette heure. L’abreuvoir de ma couleur secoue la crinière et dresse l’aqueux, pendant que t’écrira en m’aime tant je peindrai autan occitan qu’un chevalier cathare.

Niala-Loisobleu – 07/08/18