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Mais c’est de l’homme qu’il s’agit Saint-John Perse


Mais c’est de l’homme qu’il s’agit

Saint-John Perse

Premer titre VENTS

Extrait: Et voici d’un autre âge, ô Confesseurs terrestres – Et c’est un temps d’étrange confusion, lorsque les grands aventuriers de l’âme sollicitent en vain le pas sur les puissances de matière. Et voici bien d’un autre schisme, ô dissidents !…
… « Car notre quête n’est plus de cuivre ni d’or vierge, n’est plus de houilles ni de naphtes, mais comme aux bouges de la vie le germe même sous sa crosse, et comme aux antres du Voyant le timbre même sous l’éclair, nous cherchons, dans l’amande et l’ovule et le noyau d’espèces

VENTS

Mais c’est de l’homme qu’il s’agit ! Et de l’homme lui-même quand donc sera-t-il question ? – Quelqu’un au monde élèvera-t-il la voix ?
Car c’est de l’homme qu’il s’agit, dans sa présence humaine ; et d’un agrandissement de l’œil aux plus hautes mers intérieures.

Se hâter ! se hâter ! témoignage pour l’homme !

**

… Et le poète lui-même sort de ses chambres millénaires :
Avec la guêpe terrière et l’Hôte occulte de ses nuits,
Avec son peuple de servants, avec son peuple de suivants –
Le Puisatier et l’Astrologue, le Bûcheron et le Saunier,
Le Savetier, le Financier, les Animaux malades de la peste,
L’Alouette et ses petits, et le Maître du champ, et le Lion amoureux,
Et le Singe montreur de lanterne magique.

… Avec tous hommes de patience, avec tous hommes de sourire,
Les éleveurs de bêtes de grand fond et les navigateurs de nappes
souterraines,
Les assembleurs d’images dans les grottes et les sculpteurs de vulves
à fond de cryptes,
Les grands illuminés du ciel et de la houille, ivres d’attente et d’aubes dans les mines ; et les joueurs d’accordéon dans les chaufferies et dans les soutes ;
Les enchanteurs de bouges prophétiques, et les meneurs secrets de
foules à venir, les signataires en chambre de chartes révolutionnaires,
Et les animateurs insoupçonnés de la jeunesse, instigateurs d’écrits nouveaux et nourriciers au loin de visions stimulantes.

… Avec tous hommes de douceur, avec tous hommes de sourire
sur les chemins de la tristesse,
Les tatoueurs de reines en exil et les berceurs de singes moribonds dans les bas-fonds de grands hôtels,
Les radiologues casqués de plomb au bord des lits de fiançailles,
Et les pêcheurs d’éponges en eaux vertes, frôleurs de marbres filles et

de bronzes latins.
Les raconteurs d’histoires en forêt parmi leur audience de chanterelles, de bolets, les siffloteurs de « blues » dans les usines secrètes de guerre et les laboratoires,
Et le magasinier des baraquements polaires, en chaussons de castor, gardien des lampes d’hivernage et lecteur de gazettes au soleil de minuit.

… Avec tous hommes de douceur, avec tous hommes de patience aux
chantiers de l’erreur,
Les ingénieurs en balistique, escamoteurs sous roche de basiliques à
Coupoles,
Les manipulateurs de fiches et manettes aux belles tables de marbre blanc, les vérificateurs de poudres et d’artifices, et correcteurs de chartes
d’aviation,
Le Mathématicien en quête d’une issue au bout de ses galeries de glace,
et l’Algébriste au nœud de ses chevaux de frise ; les redresseurs de torts
célestes, les opticiens en cave et philosophes polisseurs de verres,
Tous hommes d’abîmes et de grands large, et les aveugles de grandes orgues, et les pilotes de grande erre, les grands Ascètes épineux dans leur bogue de lumière,
Et le contemplateur nocturne, à bout de fil comme l’épeire fasciée.

… Avec son peuple de servants, avec son peuple de suivants, et tout son train de hardes dans le vent, ô sourire, ô douceur,
Le Poète lui-même à la coupée du Siècle !
Accueil sur la chaussée des hommes, et le vent à cent lieux coupant l’herbe nouvelle.

**

Car c’est de l’homme qu’il s’agit, et de son renouement.
Quelqu’un au monde n’élèvera-t-il la voix ? Témoignage pour l’homme…
Que le Poète se fasse entendre, et qu’il dirige le jugement !

… Des hommes encore, dans le vent, ont eu cette façon de vivre et de gravir.
Des hommes de fortune menant, en pays neuf, leurs yeux fertiles comme des fleuves.
Mais leur enquête ne fut que de richesses et de titres…
Les buses sur les cols, prises aux courbes de leur vol, élargissaient le cirque et la mesure de l’avoir humain. Et le loisir encore, riche d’ombres, étendait ses audiences au bord des campements. La nuit des sources hébergeait l’argenterie des Vice-Rois…

Et puis vinrent les hommes d’échange et de négoce. Les hommes de grand parcours gantés de buffle pour l’abus. Et tous les hommes de justice, assembleurs de police et leveurs de milices. Les Gouverneurs en violet prune avec leurs filles de chair rousse au parfum de furet.
Et puis les gens de Papauté en quête de grands Vicariats ; Les Chapelains en selle et qui rêvaient, le soir venu, de beaux diocèses jaune paille aux hémicycles de pierre rose :
« Çà ! nous rêvions, parmi ces dieux camus ! Qu’un bref d’Église nous ordonne tout ce chaos de pierre mâle, comme chantier de grandes orgues à reprendre ! Et le vent des Sierras n’empruntera plus aux lèvres des cavernes, pour d’inquiétants grimoires, ces nuées d’oiseaux-rats qu’on voit
flotter avant la nuit comme mémoires d’alchimistes… »

S’en vinrent aussi les grands Réformateurs – souliers carrés et talons bas, chapeau sans boucle ni satin, et la cape de pli droit aux escaliers du port :
«  Qu’on nous ménage, sur deux mers, les baies nouvelles pour nos fils, et, pour nos filles de front droit aux tresses nouées contre le mal, des villes claires aux rues droites ouvertes au pas du juste… »
Et après eux s’en vinrent les grands Protestataires – objecteurs et ligueurs, dissidents et rebelles, doctrinaires de toute aile et de toute séquelle ; précurseurs, extrémistes et censeurs – gens de péril et gens d’exil, et tous bannis du songe des humains sur les chemins de la plus vaste mer : les
Evadés des grands séismes, les oubliés des grands naufrages et les transfuges du bonheur, laissant aux portes du légiste, comme un paquet de hardes, le statut de leurs biens, et sous leur nom d’emprunt errant avec douceur dans les grands Titres de l’Absence…

Et avec eux les hommes de lubie – sectateurs, Adamites, mesmériens et spirites, ophiolâtres et sourciers… Et quelques hommes encore sans dessein – de ceux-là qui conversent avec l’écureuil gris et la grenouille d’arbre, avec la bête sans licol et l’arbre sans usage :
« Ah ! qu’on nous laisse, négligeables, à notre peu de hâte. Et charge à d’autres, ô servants, d’agiter le futur dans ses cosses de fer… »

Enfin les hommes de science – physiciens, pétrographes et chimistes : flaireurs de houilles et de naphtes, grands scrutateurs des rides de la terre et déchiffreurs de signes en bas âge ; lecteurs de purs cartouches dans les tambours de pierre, et, plus qu’aux placers vides où vit l’écaille d’un beau songe, dans les graphites et dans l’urane cherchant le minuit d’or où
Secouer la torche du pirate, comme les détrousseurs de Rois aux chambres basses du Pharaon.

… Et voici d’un autre âge, ô Confesseurs terrestres – Et c’est un temps d’étrange confusion, lorsque les grands aventuriers de l’âme sollicitent en vain le pas sur les puissances de matière. Et voici bien d’un autre schisme, ô dissidents !…
… «  Car notre quête n’est plus de cuivre ni d’or vierge, n’est plus de houilles ni de naphtes, mais comme aux bouges de la vie le germe même sous sa crosse, et comme aux antres du Voyant le timbre même sous l’éclair, nous cherchons, dans l’amande et l’ovule et le noyau d’espèces
nouvelles, au foyer de la force l’étincelle même de son cri !… »
Et l’ausculteur du Prince défaille sur son ouïe – comme le visionnaire au seuil de sa vision ; comme aux galeries du Monstre le chasseur ; comme l’Orientaliste sur sa page de laque noire, aux clés magiques du colophon.

Soleil à naître ! Cri du Roi ! … Capitaine et Régent aux commanderies des Marches !
Tiens bien ta bête frémissante contre la première ruée barbare… Je serai là des tout premiers pour l’irruption du dieu nouveau…
Aux porcheries du soir vont s’élancer les torches d’un singulier destin !

Quelqu’un habite en nous


Oh me... 2 by EvilynGuedes

Quelqu’un habite en nous

J’ai souffrance beaucoup,
de cœur surtout

J’ai, très fort en moi, angoisse d’être vivant : j’ai !
Chaque naissance m’est blessure et la mienne gît
Quelque part dans une ville qui m’apparaît plus morte
Encore que ce rat dans l’égout – lui, au moins, n’atten-
Dant rien, n’espérant rien – (mais en est-on sûr ?) de
La vie. J’en ai grand angoisse ! J’ai angoisse de cela.
Il reste l’écriture, avec ses soldats, ses hommes par Mil-
Liers : nos libérateurs. Ressentent-ils eux-mêmes cet-
Te sensation ? Être des mots, blessés, qu’angoisse ronge !

Quelqu’un habite en nous

quelqu’un se tient de nuit
lourdement obscur
debout
contre un portail
en fait on ne distingue que ses chaussures noires, leurs lacets élégants
quelqu’un
ça ! il ne laisse rien voir de lui, il
observe les passants, les habitués de la brasserie, il
se tient comme un cavalier de l’Apocalypse dont le cheval se serait noyé Il et Il
ô monde malade, mon devoir est de rendre compte de l’état de tes nerfs
de ta pensée et de certains de tes actes
cet autre moi-même, debout, adossé à la porte, s’y emploie
mais qui est-il vraiment ? double – jumeau − faussaire en identité scabreuse −
on ne voit que ses chaussures, leurs larges lacets élégants, cela suffit
cela suffit pour l’instant
quelqu’un habite en nous : amoureux de la vie, stratège de la mort
qui chaque nuit
dirige la Baraque des rêves ouverte toute l’année
ô monde si peu scrupuleux, si versatile, si mal ouvert aux autres
accepte aussi mon étrange présence
pour en finir jamais

Franck Venaille, Ça, Mercure de France, 2009, pp. 41 et 46

PSYCHÉDÉLIE


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PSYCHÉDÉLIE

Donner aux couleurs la clinquante acuité de l’actualité

Cactus mexicain
Chanvre indien
Coca péruvien
Haschich brésilien

Le sifflet du sorcier aztèque qui fait valser jaune dans l’herbe rouge

Tout est faux:
Caserne École Église
Vulnérable notion de patrie honneur vertu
Mutation des tabous en détritus

Révolte contre la tarte aux fruits de la tartufferie

J’aime assez les féminins phonétiques;
Un faux
Klee une fausse clef

Un
Nemrod une émeraude

Et tandis que je la tiens enlacée n’avoir accès au gynécée qu’en se mettant au féminin

Échapper au suicide par la mutation phonétique génétique

Permettre à la poésie toutes les expériences dont elle a besoin

Qu’un vêtement puisse faire tant de différence. s’il est à votre rythme et bouge avec le corps!

Tout me semble léger, joyeux et enfantin
Bon bec que de
Paris?
Suis tombé sur un bec

Homme éprouvé, dressé, corrigé par l’échec
Un bonheur élastique entre pulpe et pépin.

Parasite impécunieux
Libido ludendi sciendi eccelendi
Un poète qui fait très «calamar en su tinto»
Une poésie d’obèse qui cherche à rattraper l’autobus

Par la lucame du lupanar idéal;

Fellatrice fricatrice fascinatrice

Préfixe latin
Suffixe grec

Contexte
Satiricon

Ce que la féminité a de plus intime

converge à désigner la sottise unanime!

A l’école alsacienne me dit
Madame de
C.

on nous apprenait la précellence

de la prose sur la prosodie

parce que la prose va droit au but

tandis que le vers tergiverse dans les primevères…

Paul Neuhuys

Ombre Aile


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Ombre Aile

Le porte-perruque m’a soudain fait peur, à le voir, il m’a semblé que le paysage où mon esprit divague risquait de se faire chauve, Je joue de plus en plus mon avenir à avancer dans un espace qui réduit au lave âge, me dis-je, Pourtant bien que m’étant posé cette question il y a longtemps, je ne me souviens pas en avoir tenu compte, Quand je peins j’écris, embarqué à bord du pinceau, ce qui ne me passe pas par la tête mais par le cœur, Ebouriffant la raison sans me gratter la tonsure, Bah, on ne marche pas dans l’ombre d’un autre quand sa lumière la valide, C’est dire que l’une boiterait sans l’autre pour se faire réelle, Les heures passées dans ma prime jeunesse à parler de toi mon vieux Sigmund, ont laissé leur empreinte, Avec Lucie, la mère anglaise de mon meilleur ami qui avait laissé son triste mari, industriel pour refonder des études en psychanalyse, on t’a pioché le sujet, Impressionnant ce qui a pu persévérer en moi depuis cette époque, J’ai fréquenté les endroits proscrits par le conventionnel, C’est fou comme le contraire des choses s’y inverse, Ce qui me conduit à dire que lorsque j’écris je me demande si je vais pas encore plus loin en peinture, Je me mouille, Il y toujours la Femme, elle m’accompagne par tout, C’est vrai que le sujet est vaste, En plus il se régénère constamment, Un peu comme mais dans l’autre sens que les hommes-machines qui eux stagnent, Comme quoi on ne peut faire sans complément, L’abus qu’ils font du superflu en raréfiant le Beau, l’intensifie, Le plus bel exemple est donné par la poésie, Quelle compensation, La crise n’y figure qu’au titre de métaphore, Enorme par rapport à la prose du quotidien qui lui, en fait un usage qui fait peur, Vient de passer un son corporel, Vestige d’humain ? J’en ai assez d’échos pour en tirer mieux qu’un espoir verbal, Sous l’appeau il n’y a pas qu’un contraceptif, Rassurant, me disent la pointe dressée de tes seins, Tiens sors la musique de la guitare, Ce temps pourri mérite de revenir au Sud, L’ibère serait moins triste sans tous ces problèmes séparatistes,

Niala-Loisobleu

23/12/17

ROUE A AUBE


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ROUE A AUBE

Le magasin de ce Lundi n’a pas ouvert son rideau, quel sera le plat u jour ? Il y a dans la fraîcheur du matin, l’humide perle de rosée qui risque un oeil au bout de la branche. A part une pie voleuse qui marche sur le toit de la cabane, rien ne sort du lit de la rivière. Je laisse mes yeux dans la chaleur du rêve où hier soir ils se sont endormis.

Insanes histoires de la vie,

Toutes voix tues
Reste le bruit éternel du sang.
Debout sur les désastres des guerres
Brillent les vains débris du monde,
Le ciel rempli de fantômes d’aurore.
Cachée dans les brouillards des villes,
La peur fait bouger les engins du rêve

Un doigt déchiffre la langue morse
Des fièvres profondes,
La litanie des oracles perdus

Tout va se refaire sous nos pas
Au seul cri du matin
Et les ruines s’illuminer d’aube.
Aube, première aube toujours déchirante,
Qui construit la journée avec le néant.

Albert Ayguesparse  (Les armes de la guérison – extrait)

Le laitier réveille les pis du bruit de ses bidons, une vieille histoire triste colle à la paille chaude de l’étable. L’oiseau rieur s’essaie depuis la nuit des temps à changer l’heur du commencement. Un homme de mauvais foie a laissé son fiel dans l’huile des rouages. Je ne suis pas de ceux qui plaisent, ma nature ne fait jamais l’effort de refuser le bonheur de vivre. Ah la bouteille et sa moitié pleine ou vide c’est plus un sarment d’ivrogne de l’amer que la fille de joie vierge du jardin des délices. Au bar de la Marine on aime se ressasser l’infortune d’avoir un fil à retordre dans chaque pore. Pourquoi vendrai-je mon sourire au diable, il ne changerait rien au seul âge qui soit vrai: celui de mes artères. Les Chemins des Dames ne devraient pas être faits pour les commémorations funestes de la connerie humaine, mais pour hâler la rencontre de l’Amour.

Niala-Loisobleu – 17 Avril 2017

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J’en dis que c’est l’Amour tout court qui fait la Vie !


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J’en dis

que c’est l’Amour tout court qui fait la Vie !

 

Le coin de notre intimité peut prendre ou avoir des formes citadines ou campagnardes. Il importe seulement qu’il échappe à un quelconque schéma préétabli par une instance étrangère à nous. L’enfant en manifeste immédiatement la mise en application. Tout le prédispose à se créer un monde à sa dimension. Combien continueront à entretenir leur jardin secret ? Peu, avec ce même naturel, cette spontanéité de l’enfant.. Les parents et les éducateurs s’appliquant à faire un « grand » de l’enfant de la même façon qu’on veut le faire « devenir propre »…

Je n’ai jamais accepté cet abandon. Une mise en garde naturelle, lançant des signaux d’alarme venue d’un savoir antérieur. L’instinct de quelque chose qui me semble provenir de vies précédemment traversées.

Sans jamais avoir sombré dans les méandres de pratiques du para-normal, j’accorde une confiance raisonnable à ce sentiment.

D’où mon état de folie déclaré et aujourd’hui incurable.

Prospect parfait pour mener aux chemins de traverses propres à l’artiste. Sans besoin de recours aux expédients que les paradis artificiels mettent sur le marché.

L’intelligence faisant d’entrée de jeu le choix de son organe directeur. Pour ma part, il n’y a jamais eu aucun doute, c’est le coeur qui me gouverne, pas la tête (pas plus que celle de nœud reptilien, en breloques au dessous de la ceinture)

Ma sensibilité est extrême, à fleur de peau.

Je perçois, devine, devance ce que toute forme de blindage, d’armure et de chausse-trappe tentent de dissimuler.. Je ne fais pas semblant, carré en totalité, c’est dur à assumer, mais ça perce mieux que tout trépan..

Quelle odyssée de se projeter dans la condition humaine. La découverte est omniprésente, avec une déception de tous les instants, qui s’entête inutilement à vouloir enrayer une énergie créative permanente. Se remettre sans cesse en question, est d’amour le premier signe de vie.

J’en dis que c’est l’Amour tout court qui fait la Vie !

Niala-Loisobleu – 29 Septembre 2016

En cette matière la Kabale tient boutique, proposant toujours l’Ange-Gardien ad hoc pour tirer de l’impasse.


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En cette matière la Kabale tient boutique, proposant toujours l’Ange-Gardien ad hoc pour tirer de l’impasse.

 

Peau à peau ne plus être qu’un seul palpitement. Au point de n’en plus sentir que la première vertèbre d’où partit l’onde pour n’en jamais perdre la mémoire. Le point d’attache cherche la formation aérienne à force de soubresauts.Le feu brase les souillures laissées après les assauts des angoisses de l’inconnu. La force du rapprochement éloigné dépasse les pseudos-qualités du collage permanent. Que de remèdes hallucinatoires sont mis en circulation sur les lieux où la panique a suivi les sinistres du naufrage en traversée.

En cette matière la Kabale tient boutique, proposant toujours l’Ange-Gardien ad hoc pour tirer de l’impasse.

Tu es debout, bouts de seins durs à mes tétins, démêlant les torsades pileuses de ma poitrine. Ton ventre frôle mon pubis de sa toison en mouvements qui vaporisent des besoins d’amour. Ton souffle s’est pendu à mon cou, pendant que montent à mes épaules des muscs évadés de ta vulve battante redevenue primitive. Nos cellules vont nous désincarcérer de nos emprisonnements volontaires. La mécanique de sauvegarde naturelle enclenche son prophylactique remède.

Tu n’es plus en appui sur tes pieds, mes mains empaumant tes fesses t’ont montées au-dessus du fossé de la détresse.Plus rien n’entrave l’avance, le chemin s’ouvre dans un mouvement de vague montante, mû par le levier de la lune nouvelle, te voici en ceinte de confiance en ta seule Lumière, capable de vaincre. Le sentiment qui laissait croire s’être éloigné, terni, déplacé, détendu , ramolli se dresse visible sur ses racines profondes, vigoureux tel  qu’il n’avait cessé.

L’enfant d’un signe a retourné l’obscurité d’un vertical silence. Les mots pour dire la profondeur n’ont jamais été inventés. Ils se sentent sans nul artifice de bruit d’écriture

Niala-Loisobleu –  2 Juin 2016

 

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