BOHEMIENS EN VOYAGE


img_1467

BOHEMIENS EN VOYAGE

Dédicace à Idéelle

Au bois taillé des crayons de couleur tu fais ce qu’il te plaît au nom d’une liberté que tu as construite en tribu au coeur du racisme. Bohémien, tu ne te maquille pas d’aimer. Un trait noir épile côté face tes mouvements ascensionnels d’une haine  ancestrale qui te poursuit en deux parties inégales. Parti du désert du Thar dans le Rajasthan, il y a des millénaires, tu seras toujours un errant.

Pour dételer ton cheval tu dois franchir le gendarme

En rase campagne les pierres ont besoin de la barbe de l’herbe sous les caresses du soleil se levant à rosée. Prise au seuil de ta roulotte, la grosse pierre barre toujours le cadre de l’huis par où mettre le couvert. Les enfants avalent la poussière en gardant les dents blanches des chiens qui mordent la vie. Cette lumière qui monte au-dessus des plus fortes rampes, ces matins sans dates, soulève les longues jupes des femmes par les cordes des guitares.

Dormir la lune dans un oeil et le soleil dans l’autre

Un amour dans la bouche un bel oiseau dans les cheveux

Parée comme les champs les bois les routes et la mer

Belle et parée comme le tour du monde

Puis à travers le paysage

Parmi les branches de fumée et tous les fruits du vent

Jambes de pierre aux bas de sable

Prise à la taille à tous les muscles de rivière

Et le dernier souci sur un visage transformé.

Paul Eluard

Dressés un à un aux fondations du ciel, tu repousses  les murs  à se toucher des quatre éléments, réunis au sein des quatre saisons dans un roulement de vouloirs plus coriaces que la loi du plus fort.

Attelé à quatre chevaux ailés, tu as ignoré Pégase, les cordes de l’arc-en-ciel tendues d’humidité accouchant du sel. Aux vagues des Saintes rompant les amarres emprisonnant la voie. Cap du fond de ses cales, le désir d’être érige sa volonté dans l’envol d’un oiseau peignant bleu comme on embrasse de vie. Les feux de ta liberté, Bohémien, brûlent l’indécision des tons rabattus de ces malheureux nantis d’une humanité qui se plaint toujours de toi et de tout.

Niala-Loisobleu – 19 Janvier 2017

 

Gelem, Gelem…Je l’Aime, Je l’Aime !


Gelem, Gelem…Je l’Aime, Je l’Aime !

 

Des nues âge

que la poussière

retombe

sur les roues

voici venir le tant des pans

L’orgueil inconvenant d’une ingratitude de bon aloi faut que ça purule un jour à venir, comment sinon qu’on aurait pu faire des gens de rien pour sauver un monde de gaspillage de son sac en plastique indestructible ? Les maux des mais si, mais si faut les passer au tri.

On aime que rien d’autre que son égo noir de trouille en brandissant la bannière en procession du TOUT POUR UN.

Je trépasserai et j’aboirai mon mets pris jusqu’à l’hallali chante la voie de la conscience en surligné sur les gémissements et autres lamentations d’un mal être chronique, en jetant ses confettis et serpents teints à la poignée d’un mal à rab.

Où mes chevaux hennissent la fleur de nos chemises fait prairie

J’ai jamais dit je t’aime comme un jeu à la roulette

Les dents noires de mes enfants carrient boue la corne de vos plantes

D’un bleu que vous n’avez pu imaginé dans vos trips

Quand je t’ai ouvert ma cabane

Toi

qui pleure un désamour qu’on te donne

c’était le feu vif de la yourte

sans dérivés pétroliers

que tout entier t’avais

Faux pas à présent

sortir une guitare quand on chante playback

Gelem

je l’aime la vie

j’peins que soleil depuis le début jusqu’à le bout de mon chemin !

 

Niala-Loisobleu – 13/04/16