BAC A FABLES


BAC A FABLES

 

Travers glissant

pierres de sang

tu résonnes à mes oreilles

d’un tant de cerises

ah

rouges tétins

Les blés de ton ventre frisent l’odeur du vent dans un goût de peint

au flanc du mur de la vieille maison cachée sous les plis d’un champ abandonné

qui découpe la montagne comme un besoin de grimper sur la corniche de tes hanches

Ne te peigne en tresse que raie au milieu du ruisseau

 

Niala-Loisobleu – 03/01/19

 

BRIBES (XVII)


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BRIBES (XVII)

De la guérite de sa gorge les cordes vocalisent comme un instrument à vent de garde tutélaire

Il surveillait la dune de son torse, les hanches attelées aux aisselles, à peine un mouvement de ses lèvres, que le soutien-gorge ne palissait plus la retenue des coulées de sable qu’en imagination

NOUS nous n’aimons pas la neige elle ne nous glisse rien qui transporte, en revanche ouvrez le sentier de la pointe espagnole et vous verrez les chiots partir en fusée

Quand je serais grande, disait-elle, je n’abîmerai pas le silence des pierres alignées à leurs racines, encore debout de la veille ou couchées d’antan sans s’être lâchées la main

un gisant levant la tête reconnût les notes d’une marche nuptiale où un fifre appuyait sur la nacre pendant que les guitares claquaient du talon

gitane poussière d’un élan qui résiste aux tourments les dents prêtes à mordre

chiens-loups clignant du rai

Aux meules des foins porteurs de serpolets, comme aux gerbes des moissonneuses le bleuet dresse les pis pour que  le vin coule en étreintes qui vantent le travail, seule vraie noblesse de l’homme….

Niala-Loisobleu – 2 Décembre 2018

BRIBES (IX)


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BRIBES (IX)

Rassemblement impasse de trottoirs attroupés

comment grandit le petit et sa première dent à peine un raccourci évite le barrage de caddy au milieu de l’allée

j’aime po les longues de courses en promotion supermarché

Un rayon

oui mais de soleil aux roues du vélo

A quel étiage la rivière fait gué ?

Viennent les emplumés-palmés, sur l’eau ils cessent de dandiner

décidés à glisser en couple sur les mots inutiles plongés dans l’eau

La blancheur du cygne fait le titre

sous le bouquet d’iris la clef de sol est ferme…

Niala-Loisobleu – 26 Novembre 2018

 

NATURE ATTEINTE


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NATURE  ATTEINTE

 

Certitude ressentie

comme de personne

Entends

ce n’est pas qu’un geste c’est un fer rougi

qui ne marche à l’enclume qu’au souffle animal du marteau

Equin

entends bien

toutes traces effacées

Niala-Loisobleu – 23/11/18

 

L’ITINERAIRE


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L’ITINERAIRE

 

au coeur

je pense te savoir au plus près

les fils qui tiennent

calent d’erre

en excellent mobile

L’immonde se nourrit de sa malveillance, terrible addiction qui le conduit à désirer poser son fiel en tous sites tout en ne pouvant pas savoir à quoi le beau ressemble, c’est un langage dont il ignore jusqu’au début du sens.

Tout à l’heure quand t’as vu la chaîne couper la cabane éventrée du monde, ça t’a piqué comme le poignard qui se plante entres les omoplates. Tellement c’est fourbe qu’il faut passer chemin, la gangrène on ne la soigne qu’en amputant.

L’ITINERAIRE

De la torpeur qui te sangle, du purin que tu fends, chimère du rocher, le sifflement, le maléfice me poursuivent. Un accroc dans la trame, une lacune de la partition me rendent aux
ombres mal tuées dont les yeux tournent dans l’écume.

La géante. La gangrène des marteaux s’écarte de son flanc. Elle est l’àme du bronze englouti, le glas marin.

La bouffonne. Tumultueuse aux confins. Volubile dans le feuillage. Insondable sur le bûcher.

La servante. Flaireuse de tisons sous les décombres du laboratoire. Mangeuse de gravais. Une fleur l’épouvante, un baiser la disloque.

L’ingénue. Se chérit par procuration. Roucoule au commandement. Voyage encore, sans s’appauvrir, dans le volume de mon pied.

Un rayon dans l’eau m’offrait le ciel changé en serpent. Le cœur en eut raison. Le cœur, depuis le soir que tu m’es apparue. Depuis le soir que la chimère à jeun
s’ouvrit les veines dans la grâce.

Jacques Dupin

En sentant la chair de tes pores me tendre l’anneau j’accostais au matin d’une traversée qui connut des vagues scélérates. pour vivre l’abri sûr.

Ce qu’il y a d’amour dans l’autrement ridiculise les gestes automatiques d’une pulsion. On arrive à se sentir l’un dans l’Autre à tous propos. Comme un tee-shirt liberty fleurit ta poitrine je n’arrache aucun brin au tapis…

Niala-Loisobleu – 06/10/18

MISE A L’Ô


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MISE A L’Ô

« Si tu veux construire un bateau,

ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres,

pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose…

Si tu veux construire un bateau,

fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes

le désir de la mer. »

.Antoine de Saint-Exupéry

 

La première ligne est à l’écume sans que rien ne barre face à elle. De l’hostile juste une trace d’enclume laissée en post-scriptum sur une ligne de nuit du livre de bord

 Le tranchant de l’étrave s’est écarté des filets de pêche. Sur l’horizon les écluses se remplissent  du retour du désir. La vigie à l’écoute ne quitte pas l’ancre des yeux prête à venir au premier signe d’éveil

Marée forte

Odeur de flux

Les odeurs du pore ont les ailes déployées sur les marques du lit laissées en sillage. L’horloge rancunière bat la tempe d’un reste de doute laissé en aval pour garantir l’acceptation cochée en petites lignes. Amarre submergée que le scaphandrier lui-même ne trouve au noir des profondeurs de l’abysse. La murène embusquée dans son repaire est un potentiel danger soutenu par la clarté publicitaire d’une fausse annonce de fond clair.

Grains de vent risant la surface  au-dessus des carcasses des péris en mer. Hissant l’alizée j’arbore pavillon bleu pour bien identifier mon désir d’aimer sans affûts chargés cachés derrière les écoutilles….

Niala-Loisobleu – 29/09/18