MEMOIRE DE SANG TANT


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MEMOIRE DE SANG TANT

 

Le sol encore à sec, entre la maison et l’atelier, les nuages n’ont pas percés. La pluie courtoise s’est retenue  le temps d’ouvrir les volets. Dans le jour levant des ombres bougent, cinémascope d’une boîte à images, savaient-ils en levant la tête au ras du parapet de la tranchée  ? Savaient-ils que ce qu’ils finissaient par avoir peur de croire allait résonner ? La voix de mon grand-père est là tout contre mon oreille, elle me tait les mots de trop pour ne rien dire de ce qui n’est pas prononçable. La guerre de 14, cette horrible bêtise humaine, a été fêtée par ses anciens-combattants plus que l’on peut en justifier la raison avancée. Lui René, jamais ne s’est mis ses nombreuses médailles à la poitrine pour remonter en revue militaire l’horreur de sa jeunesse sacrifiée à la destruction totale. Ces nombreux 11 Novembre que nous avons partagé, j’ai toujours eu la certitude qu’il voulait m’en protéger. Le côté revanchard il le considérait encore plus pitoyable que la mémoire qu’on utilise pas à des fins pacifiques. La vengeance est encore plus bête que cruelle. La guerre aujourd’hui va prendre l’esprit de cette journée. Je sais  qu’elle bernera à nouveau tous ceux qui pensent que tuer pour tuer ça fait vivre. La dignité sera absente, le petit roi qui nous gouverne va tenter de retrouver son hochet en usant au maximum du décorum qui fait les défilés…J’ai besoin d’amour à chanter !

 

Niala-Loisobleu – 11 Novembre 2018

DEPART


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DEPART

 

Comme pour avancer dans tes yeux j’ai choisi d’y nager, ce matin il pleut

dans l’humide il y a aussi certain soleil.

Les oiseaux chantent, ils sont sous la douche dans l’endormi du matin.

Au sein de notre jour la couleur du rémouleur vient affûter la pigmentation, au trait du trottoir c’est le jour de tous les seins.

Mon mois commence, à cheval…

 

Niala-Loisobleu – 1er Novembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NAISSANCE AVENIR


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NAISSANCE AVENIR

De l’oeil resté à l’humide de ta fenêtre

je sens le brise-bise  dévoiler l’horizon

Ce bruit de cheval allant à la forge

ventile à faire soufflet n’est pas jouer

A l’abreuvoir, sous les tuiles

le tant clair gargouille de source

naissance avenir

Les algues au rythme

vont andantes sans modération.

Niala-Loisobleu – 23 Avril 2018

 

Pêche au tramail


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Pêche au tramail

N’avoir d’appartenance qu’au bord de ce qui appareille
tient levé sous les rafales de la dérision
souffle et aspire entre mortes-saisons et promesses d’ivrognes
étreint l’espoir pour seule lanterne
réanime le trait du mot rayé de l’écriture,  le ton franc de la couleur essuyée au coin de l’oeil, privé de jouissance par le cerne
J’ai des croquis de voyages à mettre à l’eau
l’oeuvre reste toujours affaire de chantier
je les vois d’un bistre sanguine aux phalanges de mes mains fouisseuses…
Niala-Loisobleu – 14 Février 2018