UN DIMANCHE


LE CHEMIN DE MON JOURNAL 003

UN DIMANCHE

 

Des lambeaux de brumes se tordent les bras , ici et là un barbelé, une branche morte, les derniers mots d’une épitaphe les retiennent au passage

pourquoi les jetteraient-on ?

Le cimetières marins où les charpentes navales gisent, vertèbrent d’une moelle épique plus qu’un ex-voto à l’abri d’un monte en chaire

C’est porteur de suivre la carte où l’on a noté l’emplacement des épaves, les bans de récifs, les sales de concerts des Gorgones et les barres à pute où les gogos viennent oublier leur fuite.

Je signerai ce que j’ai peint, pour entamer le passage à l’acte. La robe de ce jour se fout du temps variable. Ses petite bretelles glissent sans problème pour laisser le jardin prendre l’air.

Photo: La Soloire devant chez moi, un moment de printemps

Niala-Loisobleu – 15 Avril 2018

 

A VOUS


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A VOUS

Soudain on s’aperçoit. Un jour, qu’on ne s’en était pas rendu compte, c’est entré dans le coeur et la tête à tisser, t’hisser, tellement que la côte est devenue visible…

 

Il est des heures qui nous ouvrent les mains
et retournent comme un texte fané
la leçon fatiguée qu’est le monde.

L’initiative ne nous appartient pas.
Les choses se déprennent ou s’ouvrent
comme s’il y avait des ondes, des courants
ou des motifs
qui parcourent le temps et l’espace
changent les situations
corrigent les substances
dépoussièrent des textures
et peut-être même inventent
de nouvelles manières de l’être,
des variations ou des échappements.

Roberto Juarroz

La tête de tous les jours ne va plus avec la pensée qui déborde. Les costumes étouffent par l’étroitesse de nos épaules. Comment j’ai pu faire ça de passer à côté de Moi ? Oh, vie de merde, tu m’as foutu des défis dans les bons chemins, genre Tartarin j’ai foncé, joué les Zorros et me voici enlisé dans mon bayou. Marais cage. Héron cendré, j’aime plus les lentilles, faut que transhume !

Un espace blanc de lin étale sa virginale possibilité. La toile me cligne de l’oeil. ö Amour sans Toi que serions-nous devenus. Une fausse idée de soi, un fac-similé de réussite,un projet constamment à l’étude, c’est tout le désir des autres qui est réuni là. Mais l’égo dans tout ça, il est où hein mon P’Tit-Gars. La Divine Comédie ouah bonjour tristesse…Je me ouvre, je me extirpe, je me vomis, je me transite…me purge. Les personnages sortent et entrent des petites-maisons dans les arbres. Voilà, ça grouille de vie, peins, peins ne renferme rien aimes que dans un Cri !!!!

Niala-Loisobleu – 23 Octobre 2016

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Intricacies Of Nature By Tiffany Bozic Tiffany-Bozic12

TRANSIT SCION

Combien de temps depuis la dernière fois qu’il s’est rendu visite? Comme il est, tout nu, sans la cravate et le cache-sexe à rendre l’androgyne invisible

– A poil, laissez vos fringues sur le divan, on va se balader tous deux hors.

Nous ne sommes qu’en étranger sur un reste d’épave flottant aux crêtes d’un coq absent des levés de  couleurs. La plaine des horoscopes est moins grande qu’une cabine d’essayage. Mais tu peux t’asseoir sur la lunette du chiotte, l’instant est idoine. Conseil, relèves le couvercle, pas de fausse modestie entre nous.Le fond de gogue ça vous place face à face son évidence avec soi-même. Reflet d’un trou dans l’eau du trou, hitchcockien instant de vérité. En corps faut-il être honnête et pas se faire le sphincter du traître.L’environnement pouvant influer, il est recommandé de faire ça à l’écart des feuillées communes, la minceur d’absorption sonore du cloisonnement pouvant dévoyer l’aveu des flatulences.Dans le rôle de dame pis pis, apparaîtra Gustav. Non voyeur. Impartial. Rien dans sa voix n’incite au détournement, on ne trompe personne, planques pas ta lumière dans ton ombre dit-il d’un ton posé.Le transit va t’ouvrir au paysage que t’enferme.

L’espace  dézipe sa tenue bling-bling. M’aime à n’y pas croire, une petite robe noire blanchit  le passé en déposant son parfum de coeur ouvert. Chant de paradis à soie, plein de cocons faisant des noeuds, une nuée de papillons bleus. Le sable en traversant la jointure des doigts, laisse le sel en bagues. Un oiseau marteau-piqueur, avale le ver de la pendule, maboule, le voici qui rit pour amener les larmes à la joie. On ne refait pas deux fois la traversée de sa vie.

Niala-Loisobleu

29 Décembre 2015