FLEUR DE SEL


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FLEUR DE SEL

Tête du stigmate coiffant ton pistil

ta féminité ne prête pas au doute

Elle viennent de loin les fragrances des souffles d’accordéon

le ventre goualante tient le feu du canon

loin des boulets accouchés du jour

Sur la crête de la vague roule la plongée sous-marine de mes mains piquant dans tes fonds…

Niala-Loisobleu – 25 Novembre 2018

AVANT LE TOMBE DES ETOILES


 

EGYPTE Février 2009 123

 

AVANT LE TOMBE DES ETOILES

 

Le pot renversé vient d’atteindre l’endroit du chien, coin de flamme devant l’âtre, carreaux de sel du marais, part de terre que le feu a cuit de sa langue.

Le chandelier debout sur le manteau de la cheminée tend  sa branche à un désir d’abeille.

Un bruit sec de corde qui se brise tremble dans le ventre de la guitare, là où la lune se baigne dans la fontaine..

Ils sont rentrés perclus du labourage, écume blanche au poitrail. L’abreuvoir garde le bruit de leurs sabots dans son reflet mouvant.

On aurait dit l’immensité du Nil tirant une felouque à s’unir au soleil…

 

Niala-Loisobleu – 05/10/18

MARINE IN


MARINE IN

 

Les vases gagnent sur le sable, amarrées, le ber atteint de mal de dos penche à noyer la coque, on cherche le bout de l’amarre à la remontée de la câle. La plage pâlit, l’encre bleue a pris froid  au bord du cimetière marin, elle violace de suspension. Pourquoi mauvaise pêche le soleil ne brûle plus les écailles, les appeaux sont repartis vers leur résidence principale. Un requin a fait fuir le drapeau vert de la baignade, à l’intérieur pourtant le grand-pardon n’aurait pas du annuler sa représentation, ça décoiffe et chapeaux ronds. Vas savoir pourquoi les roses jaunes du jeté de tes cendres Petit-Frère, me galopent le douanier du chemin, ce coin Chausey médite tout haut, chante feu de bois avant de crier face au large. Les ocres se sont fondus aux grisés des hautes-herbes, quelques oyats violaceront avant l’hiver si les goudrons ne débarquent pas leur cargaison criminelle. Une maison-flottante me trotte dans les jambes.

-Comment ça va au fond, est-ce mieux qu’en surface ? Dis-moi, je veux savoir,  j’en ai besoin pour sortir le sextant le point d’amer me semble nécessaire

N-L – 02/09/18

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MARINE 1

Grotesques faciès

Gargouilles et rincements de bouche

Au tapis granulé du lapidaire le temps s’oublie

Les tonneaux d’antiques traversées flottent sur l’épopée

Que les sirènes de police assurent multirisques

Ils sont partis à la morue pêcher le St-Pierre

Espadon

Qui couleuvre sur le tertre du rétable à l’ossuaire

Non petit c’est mon frère qui va à son terme prendre les eaux

En chemin des rhumatismes

Des épaves articulent aux échouages

Les poux lient aux étrilles

Astor étire Valparaiso dans la faille du Pacifique

Aux boutons des nacres du bandonéon

Entre les cuisses d’Inès dans la Baie des Cochons

Le petit Manuel s’émancipe au passage du Tropic

A la jetée des conquistadors andes à loups

Pas loin d’un bordel de Macao

Une chemise sans pan jaunit

Ondine à quelle heure

Demande un poisson lune toujours ailleurs

Les rochers roses

Se mettent en travers du gris

Quelques pompons rouges se sont décoiffés au Cap de Bonne-Espérance

Dédicace à mon marin qui nage en Iroise

Niala-Loisobleu

14 Juin 2011

 

CHARENTE


006

CHARENTE

Le drap flotte encore à la surface et se tend par la fenêtre en quête de fraîcheur
un soleil tapi dans le foyer de l’alambic s’ apprête
Où va l’eau quand elle a franchi la mer ?
Niala-Loisobleu – 20/06/18

 

 

Arrondie et pointue alternativement la barque
De soleil glissant vers la mer replonge et disparaît
Dans le ciel nuageux de
Saintonge aux replis massés
Contre des volets bleus, entre les toits de tuiles rondes.
Un désordre léger d’oiseaux cligne sur l’étendue
Exacte de labours, de prés, d’arbres qui s’accomplissent
Dans la sourde épaisseur du gris où le temps submergé
N’avance plus parmi les eaux, les herbes dévêtues. À l’horizon très bas la carrière de bleu s’effondre
Avec le sable du rivage ou se rouvre soudain,
Et le jour se déploie au-dessus des premiers villages
D’Aunis équilibrant ce poids de terre et de nuages
Qui les maintient dans la douceur de la nécessité.

Jacques Réda