BRIBES (X)


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BRIBES (X)

« Le pas nu et chantant dans les bouches… »

B.A.

Le clouté du passage n’ayant pas de fakir pour maintenir le serpent au fond du panier par sa flûte, les braises firent barbe cul à la plante des pieds

tout est bon pour briser la guérison quand le roi et sa cour s’affolent

la paranoïa est mise en avant

Non je ne suis pas un demeuré à qui il faut expliquer que c’est pour le bien qu’on taxe comme  on éradiquerait une fausse maladie par un mal à côté

Dire à tout va que le prix des casseurs et les victimes incombent aux gilets jaunes, c’est comme si le dément me disait à part moi ils sont tous fous

Mon sens prémonitoire se joue de l’ignorance

hier j’ai senti l’attente à la manière dont mon cheval m’a tiré au labour, quand il a cette force de semer alors que le chant a tous les aspects d’un lieu de Gobie, ça signifie que l’espoir n’est pas un rêve passant…

Niala-Loisobleu – 27/11/18

MES ERREURS 2


MES ERREURS 2

Dans le leurre des mots

Et le rossignol chante une fois encore

Avant que notre rêve ne nous prenne,

Il a chanté quand s’endormait Ulysse

Dans l’île où faisait halte son errance,

Et l’arrivant aussi consentit au rêve,

Ce fut comme un frisson de sa mémoire

Par tout son bras d’existence sur terre

Qu’il avait replié sous sa tête lasse.

Je pense qu’il respira d’un souffle égal

Sur la couche de son plaisir puis du repos,

Mais Vénus dans le ciel, la première étoile,

Tournait déjà sa proue, bien qu’hésitante,

Vers le haut de la mer, sous des nuées,

Puis dérivait, barque dont le rameur

Eût oublié, les yeux à d’autres lumières,

De replonger sa rame dans la nuit.

Yves Bonnefoy (Extrait Les planches courbes)

Pi

mais où es-tu donc

entre tes fois errantes

tes zèbres et tes tigres

le bateau démâte

la sirène hurle

lourds nuages

que son talent menteur

porte

à peindre

pour

la terre promise

Niala-Loisobleu – 15 Mai 2017

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LE BRUISSEMENT DES ARBRES, DANS LES PAGES DE GILLES BAUDRY – 2


LE BRUISSEMENT DES ARBRES, DANS LES PAGES DE GILLES BAUDRY – 2

« Gilles Baudry est-il ce poète « chrétien » dont on parle parfois ? Un homme tourné vers le Christ, sans doute aucun. Mais un « poète chrétien » ? Cela veut-il seulement dire quelque chose. Evidemment, non. Il n’existe aucun poète chrétien, cette façon de qualifier, si l’on ose employer un tel mot ainsi, est une hérésie, plus encore quand elle se veut regroupement « d’écrivains chrétiens ». On nous dit que cela existe et nous avons du mal à le croire. Comment une telle ânerie peut elle être ? Les temps sont bel et bien au règne de la quantité autrefois évoqué par René Guénon, en tous les domaines semble-t-il. Non, Gilles Baudry est un poète. C’est un état de l’être devenu ce qu’il est, on entendra cela en des lieux proches et je m’en réjouis. Que dit Baudry ? Des notes de vie prononcées dans ce « parler en langue des oiseaux ». La poésie, cela vient de loin, de l’origine même du Chant du monde, de ce monde renaissant de déluges en déluges. Et cela chante sans cesse. L’arbre de vie est une corde. Et cette corde nous enracine dans des univers de réalités dont nous peinons à avoir idée.

Ce parler fulgure souvent :

 

Le ciel est la moitié du paysage
l’autre moitié
 

la presqu’île cloîtrée
par les brumes d’opale
 

l’ombre portée de l’invisible
celle des choses à venir.

 

Fin de toutes les peurs, et ainsi de toutes les prétendues « protections » en forme de qualificatifs qui ne disent rien des êtres. Il y a des mondes qui viennent, et nous cheminons en dedans du présent. Nous sommes des mondes. Quoi d’autre ?

La poésie de Gilles Baudry en appelle au réel né de la « vraie mesure », ce que nous nommons ici Recours au Poème, et cela ne va pas sans cet « étonnement inouï d’être en vie ». Bien sûr, cela est évident, tellement il est absurde de ne pas vivre cette préoccupation à chaque instant.

La poésie de Baudry nous remet à l’ordre, en permanence devant le miracle d’être. Car c’est bien de miracle dont il s’agit lorsque l’on évoque la vie. La question n’est pas religieuse. Elle est celle de l’extraordinaire beauté de la vie, et de la sagesse architecturale à l’origine de ce qui est. Nous, et tout ce qui est.

 

Sans la nuit la plus noire
que seraient à nos yeux les étoiles
 

qu’attendre de l’apparition
d’une aube miraculée ?

 

Le poète (je veux dire l’état de l’être que l’on nomme poète) a ceci « d’embêtant » qu’il pose en chaque moment d’authentiques questions. Cela pourrait être épuisant. Et ça l’est. Comment pourrait-il en aller autrement, depuis l’intérieur même du Poème ? La poésie et la conscience du Poème, c’est être vivant. Lire Baudry, ce peut être, pour peu que ses univers parlent à ceux de son lecteur, demeurer en vie. N’est-ce pas que :

 

Il n’y aurait que les étoiles
à rêver tout haut en plein jour
et nous veilleurs

 

Alors Gilles Baudry évoque Ce que peut le poème : « rendre au silence couleur et naissance ». Il y a tellement d’importance dans ces quelques mots, que les saisir en devient presque douloureux. Parfois, la musique dira ce qui est, comme dans cet Ostinato :

 

Las, le temps réduit sa voilure
et dans l’ostinato des vagues
toute la mer se ride, mais
que veut le vent, que veut le vent ?

 

Clignotent, pianotent les étoiles
le braille de nos insomnies
sur un clavier pour quel nocturne, mais
que nie la nuit, que nie la nuit ?

 

La nuit est au bout de ses yeux
et la forêt se cache
derrière ses paupières, mais
que sait la sève, que sait la sève ?
 

Neige pétale par pétale,
cloche s’embrume et s’enveloppe
d’un linceul de silence, mais
que tait la terre, que tait la terre ?

 

La terre ? Cette part féminine de ce qui est devant nos yeux. Que tait cette terre là ? Nous voilà plongés en plein mystère. Et toute pensée en cette direction ne peut être qu’extérieure à ce que nous continuons à nommer « raison », un concept douteux.

La poésie de Gilles Baudry, dédiée :

 

à ce qui fait chanter
la sève humaine
sur fond de matinale

 

Une poésie qui sait « la montre inutile / au poignet de l’agonisant ». Alors, le volume se termine nécessairement sur L’opulence du peu pour « donner aux mots une présence ». Le corps entièrement empli de ces mots, l’on se prend à croire en la possibilité de vivre chaque instant en lien avec cette présence. »

Philippe Bétin

La cause du bonheur présent je la dois à Gilles Baudry. Voilà le poète qui fait l’Homme Universel. Vide de parti pris. Oui c’est Joie pour moi mécréant déclaré et reconnu de sentir l’égalité sans réserve avec lui. Il croit, je ne crois pas en dieu, nous croyons tous deux à l’amour. Intelligence pure et simple, dépouillé de la raison, l’humilité qui fait aller mains tendues en remplacement de la joue pour les claques. Les sens aiguisés, tout se reçoit, se comprend, peut établir l’acte. « Langage des oiseaux » ô puissante métaphore qui conduit à beaucoup d’autre au grand bonheur de la compréhension. Le débarras de l’ombre au profit de la lumière ouvre en perspective autrement que les dangereux discours de prétendants à toute forme de pouvoir.  Avec cet esprit, nous sommes dans la volonté humaine de faire au lieu de dire. L’exact contraire du discours itéré des deux candidats à l’élection présidentielle actuelle. Lourds de rien, pesants d’envie personnelle, assommants de redites jamais tenues, pauvres de bêtise, dangereux sans coup férir de par les manoeuvres qu’ils contiennent pour un futur assuré d’être incertain.

Surtout détourner sa marche de la raison avancée par des intérêts qui ne sont pas à nous.

Niala-Loisobleu – 28 Avril 2017

Henri Julien F_lix Rousseau - Happy Quartet

(Joyeux quartet – Peinture d’Henri Rousseau)

Ma Rage de Dents !


15.08.2016 - 1

Ma Rage de Dents !

Hurlement dedans

la rage mord l’étalage condescendant

pour décoller la rétine de l’identité réinventée

Toi simple fleur sauvage

le pied qui t’agonit de son avis dégradant

n’est que bot

au parterre de singes-savants

miros

plus que taupes

de l’addiction

au mauvais service à rendre

Niala-Loisobleu – 28/08/16

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BIEN SUR IL Y A…


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BIEN SUR IL Y A…

Bien sûr il y a les vitrines des pâtissiers, la religieuse pleine de grâce et la Marie-Salope au quai des brumes amarrée. Bien sûr il y a l’exorciste qui peint des signes sur les arbres pour les guérir des haches inspirées par les cris des tronçonneuses hystériques. Bien sûr il y a les prie-dieu pour s’éviter les écorchures aux genoux à marcher debout dans sa vie, processus expiatoire qui remet sur les rails du mal. Bien sûr il y a les restos du coeur pour que les pétroliers dégazent les ouvriers au feuilleton de la soap populaire. Bien sûr il y a les verts pour se noyer dans le hêtre où ne pas être, chloroforme de la canopée. Bien sûr il y a la prime de casse pour s’acheter une conduite aux régionales. Bien sûr il y a le pape et les jeanne d’arc, pour que les moutons paissent au milieu des crimes de l’amer, passeurs d’hommes, bourges et migrants de cas laids, mais gare à la curie qui n’épargne qu’elle. Bien sûr il y a la mer, les cocotiers, les sèche-ailes, les sèche-cheveux, les sèche-larmes, les séche-coeurs, Cholet et ses mouchoirs, ma Tante et sa piété du mont de venus et restés à poil. Bien sûr il y a les difficultés des banques, les problèmes des riches, la dureté des sols à retourner, les boutons qui grattent, les vaccins à revendre et tant et tant et tant…qu’on se demande comment ça pourrait bien être autrement que l’amour c’est naturellement porté à finir mal.

Tellement c’est plus simple de faire compliqué.

Tout commence par soi-même.

Si on se montrait tel qu’on est et non tel qu’on cherche à se vendre.

Faux-cul jusqu’à la racine d’une virginité,

qu’on se demande si elle a jamais pu exister ailleurs que dans le manuel du parfait bluffeur

« La Prude anse du Naufrageur ».

Niala-Loisobleu

7 Novembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=UTQHAuwFGhU