DANS CET ARBRE


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DANS CET ARBRE

Descends et dors dans cet arbre, dans cet arbre.
Repousse la terre dans cet arbre, dans cet arbre.
Ecope la terre dans cet arbre, dans cet arbre.
Désinvente le noir dans cet arbre, dans cet arbre.
Reconstruis des jambes dans cet arbre, dans cet arbre.
Décline les poussières dans cet arbre, dans cet arbre.
Coupe la lumière dans cet arbre, dans cet arbre.
Emplis les orbites dans cet arbre, dans cet arbre.
Ecris, écris toi vivante dans cet arbre.

Jacques Roubaud

Dans de laids arguments qui prennent l’eau le roi dément

il déclare avoir compris la misère de certains de ses sujets

faut-il entendre par là que ce qu’il dit est plus que misérable ?

Oui, vu comme son spectacle fut minable…

 

Niala-Loisobleu – 11/12/18

 

RESISTES


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RESISTES

Des mascarets qui t’assaillent avec le sourire en fuite des grimaces mesquines, rentre vite à l’abri les nudités de la pudeur derrière la dune qui adoucit l’âcre des échouages. Le vent s’y arrête. Dressant une muraille verticale, ergots d’oyats en première ligne défensive. Vient la surveillance des peints rejoignant les palisses . Elles vont retenir la moiteur du passage de vos corps qui ont creusé  de quoi recevoir la ponte des oiseaux marins au cours de leur transit par le marais. Après qu’ils aient fait revenir le ciel dans l’eau après avoir écarté  le couvercle des lentilles. Quand passant en rampant le reptile traque la souris, tape dans tes mains. Immédiatement le bruit qui viendra de l’entrechoc de ses seins, fera fuir le nuisible. Une poitrine qui bat c’est pas que la respiration qui passe c’est l’annonce du prochain coït entre l’Homme et ce que la Nature en espère. La bonne marche du poumon est liée à la franchise de la respiration. Si les arbres changent de feuilles, c’est pour tenir le soufflet  en état. Fente des bourgeons prête aux semailles. On a vu revenir d’hiver, plus d’un printemps ayant d’autres idées que celleS de paraître. Le petit oiseau qui tire le fil, est le remorqueur d’un convoi de chalands en personne, Péniche au gros ventre de maman, qui fait frémir les ponts à chaque passage. L’espoir fou dans la cale. La peine s’est montrée une nouvelle fois. La pureté dominant sur son image, en a chassé les notes. « Résistes » ne cesse de dirent les paroles de l’amour.

Niala-Loisobleu – 7 Janvier 2018

 

ASSECHEMENT


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ASSECHEMENT

Pourquoi aurai-je ouvert à ce rien qui d’un tout, submerge,

prend la place, s’installe comme chez lui

n’est-il pas entré tout seul ?

Non.

Il n’aurait pas eu la hauteur suffisante pour atteindre le bouton de porte

une courte-échelle  a poussé le pied du mur pour le lancer.

AUTREFOIS…

Autrefois,
nous rêvions trop
en vers et en couleurs
en parler d’avant les langues
nous masquions nos songes de sable
ou de crainte

Toujours à l’écoute du chant
du murmure des cicatrices
« on s’aime blessé » dit un poète
Nous le croyons…

Agnès Schnell

N’oublies pas

que la sensibilité est l’essence

le sel

volontairement

posé

pour qu’elle ne cicatrise pas

Ainsi l’amour ne s’oublie

comme une vulgaire denrée qu’on jette sans l’avoir finie

Niala-Loisobleu – 25 Mars 2017

 

Lueur Parapsychique


 

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Lueur Parapsychique

D’un soleil de Mardi-Gras à la pluie des gouttières

Mes arcades sourcillent et peinent à se tenir hors de l’eau

Les heures se sont à nouveau mises en panne sèche

Comme un bateau privé de ses jambes au flux de l’élan d’un estran plein

Teintes d’un fragment d’espoir lavées par le changement de vent

Vains redeviennent les instants palpables qui perçaient l’absence

Veilleuse involontaire de la relation inerte

Mon intuition se retrouve seule à parler clair

Dans le noir où se terre la vérité muselée par les murs du non-dit.

Niala-Loisobleu – 2 Mars 2017

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Trompe-l’œil


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Trompe-l’œil

Dans la pièce toujours en léthargie des pensées perdues vont en quête de cohérence. Il manque aux choses un ordre nécessaire à la clarté. L’ambigüe d’une chemise peut avoir de nuisibles conséquences si on ne sait plus dans quel sens du jour ou de la nuit elle s’enfile. L’assise des chaises sait trop l’inconvénient d’avoir été dite musicale alors qu’on ne la prenait qu’en tant que tabouret de cour. Dans le garde-manger les souris passent par le trou du gruyère en laissant croire pour la forme, que le contenu est bien gardé au fond. Un bruit désagréable se glisse sans que le silence ne le trahisse, grâce à la surdité des yeux qui n’entendent que l’herbe supposée plus verte. J’ai souvent été mordu par des serpents qui s’étaient glissés au sein d’une poitrine que j’avais libéré de prison.

C’est ainsi qu’il en va dans ce monde quand on navigue à vue…comme le fait, sans le dire, un ministre des missionnaires d’une république cocue qui, oh la peur, est loin d’être tout seul à bourrer le mou en faisant croire qu’il donne.

Niala-Loisobleu – 2 Septembre 2016