Aède, aède, aède…!


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Aède, aède, aède…!

Il est une de ses heures qui sont toujours disponibles pour une discussion sans intérêt. Qu’importe le jour, ça peut aussi bien être aujourd’hui qu’hier. La seule certitude est que ce sera jamais demain. Campons-en la scène avant que le clap crie: on tourne. Elle arrive, c’est un jardin public, il est assis c’est un banc à rien déjà condamné dans le passé. Avant même qu’ils se soient vus ils avaient décidés qu’ils se feraient passer pour et par. Excellent moyen pour laisser entendre une connaissance de toute pièce. L’intime dont on parle braguette ouverte et jupe troussée sur ficelle-string mérite qu’on en vérifie l’orthographe car il enferme sans nul doute une sacrée faute d’orthographe des mots « Je t’aime » . Les patinettes roulaient de vieux gosses à l’électricité, là où des chevaux-de-bois s’étaient mis en rond. D’une famille sans recul, modeste, pas fortunée, elle avait été mise au monde par une mère qui n’avait pu retenir le visage du père dans l’absence de lumière. Ainsi livrée, l’être humain devient chose. Quant au monsieur les fortifs de la zone lui avaient appris comment on désosse une voiture plus vite qu’un chacal déshabille un gnou qui a eu le malheur de s’y frôler. Il serait assez vite arrivé qu’on ait envie de partir avant que l’autre se réveille. Pour le moment l’un et l’autre avait un compte à régler avec ses glandes. Passé les préliminaires en quatrième vitesse, ils s’étaient arrachés le vestimentaire et satisfaits debout. Ce que l’alcool pris avant donnerait de marge pour un coup supplémentaire n’était qu’une question d’accueil du plumard parce qu’il faudrait passer à dormir. Lui ronflait déjà qu’elle avait un retard de plafond, Sans doute les deux gosses qu’elle avait mis la veille chez leur grand-mère, qui sans ménagement lui dansaient dans la pensée, avec leurs questions de savoir t’était avec qui ? Et les cartons des affaires de leur père qu’elle avait pas vidé. Un sale goût qui arrive plein la gorge. Elle renonce à dormir et file. L’autre doit rêver qu’il est supermâle. La radio en boucle d’un voisin, conte. Un mariage royal, ça donne un espoir à finir la semaine, après…faut pas avoir des idées pareilles. Apollon guérissait dans son temple, c’est beau comme là-bas, à BASSAE chez les grecs.

Aède, aède, aède…!

 

Niala-Loisobleu – 15 Mai 2018

 

ENTRELACS


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ENTRELACS

C’est un Dimanche, encore matinal

un volet ouvert donne un peu d’oiseau libre

S’envolent des serments de mains

Sur l’appui de fenêtre où des géraniums, fût un temps,  sont venus s’asseoir, une terre cuite rêve de figures indiennes qu’elle a en tête. La Plaza  de la Constitucion  « Zocalo » de Mexico, sort d’un voyage, la cathédrale Métropolitaine de la Très Sainte Vierge Marie se fait diffuse entre le bruit de la circulation et les effets de la pollution. Ses pierres grises s’étalent sur les cinq nefs et les 16 chapelles latérales, comme pour évangéliser  l’ancien Templo Mayor que les Aztèques avaient érigés là en l’honneur de leur dieu Xipe. combattu par Cortès, le conquistador exécuteur. La guitare est restée allongée sur le hamac. Elle se balance sur une aventure  de révolution solaire. L’eau chante dans la fontaine  et perle sur le buste de la cruche.

Tes seins ruissellent.

Alors que tes pieds nus ont laissé leur marque sur mon corps quand tu m’as traversé de ta lettre écrite sur papier. J’ai vu un peu de blanc dépasser de ton sac à main pendant que tu tournais le mouton dans le tagine. Etrange et envoûtant assemblage de parfums.

Le chien est resté calme pendant que tu trempais ton doigt dans ton petit-déjeuner.

Il sait qu’il faut te laisser seule. Un rite est un rite.

La radio s’est tue quand le cheval est entré dans la cuisine pour se mettre au piano. Un jour de belle mer faut croire que ça l’inspire à voir comme il donne de la voix. Sur la table le couvert s’est mis à applaudir. Il fait un vent qui demande à ouvrir. Les bruits qui se lèvent resteront en dehors de la conversation. Quelque chose d’espéré prend forme. Le prochain voyage en attisera les besoins.

La guitare vient démettre un son.

Du tableua la montagne accouche, tu souris. Ces couleurs ont quelque chose d’une robe de Frida. Sans le corset. Elle s’est déplissée des douleurs, en passant par le pays occitan un jour de Juillet tout proche; que l’humide de la pierre allait poser pour la première fois sur le départ de la flèche.

Niala-Loisobleu – 29 Avril 2018

LE FARD DES ARGONAUTES


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LE FARD DES ARGONAUTES

Les putains de Marseille ont des sœurs océanes Dont les baisers malsains moisiront votre chair. Dans leur taverne basse un orchestre tzigane Fait valser les péris au bruit lourd

de la mer.

Navigateurs chantant des refrains nostalgiques Partis sur la galère ou sur le noir vapeur, Espérez-vous d’un sistre ou d’un violon magique Charmer les matelots trop enclins à la
peur?

La légende sommeille aîtière et surannée Dans le bronze funèbre et dont le passé fit son trône Des Argonautes qui, voilà bien des années, Partirent
conquérir l’orientale toison.

Sur vos tombes naîtront les sournois champignons Que louangera Néron dans une orgie claudienne Ou plutôt certain soir les vicieux marmitons Découvriront vos yeux dans le
corps des poissons.

Partez! harpe éoîienne où gémît la tempête…

Ils partirent un soir semé de lys lunaires. Leurs estomacs outrés tintaient tels des grelots Es berçaient de chansons obscènes leur colère De rut inassouvi en paillards
matelots…

Les devins aux bonnets pointus semés de lunes damaient aux rois en vain l’oracle ésotérique Et la mer pour rançon des douteuses fortunes Se parait des joyaux des tyrans
erotiques.

— Nous reviendrons chantant des hymnes obsolètes Et les femmes voudront s’accoupler avec nous Sur la toison d’or clair dont nous ferons conquête Et les hommes voudront nous
baiser les genoux.

Ah! la jonque est chinoise et grecque la trirème Mais la vague est la même à l’orient comme au nord Et le vent colporteur des horizons extrêmes Regarde peu la voile où
s’assoit son essor.

Es avaient pour esquif une vieille gabare Dont le bois merveilleux énonçait des oracles. Pour y entrer la mer ne trouvait pas d’obstacle. Premier monta Jason, s’assit et tint la
barre.

Mais Orphée sur la lyre attestait les augures; Corneilles et corbeaux hurlant rauque leur peine De l’ombre de leur vol rayaient les sarcophages Endormis au lointain de l’Egypte
sereine.

Chaque fois qu’une vague épuisée éperdue Se pâmait sur le ventre arrondi de l’esquif Castor baisait Pollux chastement attentif A l’appel des alcyons amoureux dans la
nue.

Es avaient pour rameur un alcide des foires Qui depuis quarante ans traînait son caleçon De défaites payées en faciles victoires Sur des nabots ventrus ou sur de blancs
oisons.

Une à une, agonie harmonieuse et multiple, Les vagues sont venues mourir contre la proue, Les cygnes languissants ont fui les requins bleus, La fortune est passée très vite sur
sa roue.

Les cygnes languissants ont fui les requins bleus Et les perroquets verts ont crié dans les deux.

— Et mort le chant d’Êole et de l’onde limpide, Lors nous te chanterons sur la lyre, 6 Colchide.

Un demi-siècle avant, une vieille sorcière Avait égorgé là son bouc bi-centenaire. En restait la toison pouilleuse et déchirée, Pourrie par le vent pur et
mouillée par laraer.

— Médée, tu charmeras ce dragon venimeux

Et nous tiendrons le rang de ton bouc amoureux Pour voir pâmer tes yeux dans ton masque séniîe : O! tes reins épineux ô! ton sexe stérile.

— rendormirai pour vous le dragon vulgivague Pour prendre la toison du bouc licornéen.

Fai gardé de jadis une fleur d’oranger Et mon doigt portera l’hyménéenne bague.

Mais la seule toison traînée par un quadrige Servait de paillasson dans les deux impudiques A des cydopes nus couleur de prune et de cerise : Or nul d’entre eux ne vit le symbole
ironique.

— Oh I les flots choqueront des arêtes humaines. Les tibias des titans sont des ocarinas

Dans l’orphéon joyeux des stridentes sirènes, Mais nous mangerons l’or des juteux ananas.

Car nous incarnerons nos rêves mirifiques. Qu’importe que Fhsbus se plonge sous les flots! Des rythmes vont surgir, ô Vénus Atlantique! De la mer pour chanter la gloire des
héros.

Ils mangèrent chacun deux biscuits moisissants Et l’un d’eux psalmodia des chansons de Calabre Qui suscitent la nuit les blêmes revenants Et la danse macabre aux danseurs doux et
glabres.

Os revinrent chantant des hymnes obsolètes. Les femmes entr’ouvrant l’aisselle savoureuse Sur la toison d’or clair s’offraient à leur conquête, Les maris présentaient de
tremblantes requêtes Et les enfants baisaient leurs sandales poudreuses.

— Nous vous ferons pareils au vieil Israélite Qui menait sa nation par les mers spleenétiques Et les juifs qui verront vos cornes symboliques Citant Genèse et
Décalogue et Pentateuque Viendront vous demander le sens secret des rites.

Alors, sans gouvernail, sans rameurs et sans voiles, La nef Argo partit au fil des aventures Vers la toison lointaine et chaude dont les poils Traînaient sur l’horizon linéaire et
roussi.

— Va-t’en, va-fen, va-fen, qu’un peuple ne t’entraîne Qui voudrait, le goujat, fellateur clandestin, Au phallus de la vie collant sa bouche blême, Fût-ce de jours honteux
prolonger son destin!.

Robert Desnos

Ouais dans le fond que serait devenu l’homme sans son vice sans fin ? Rien d’autre que ce qu’il est Bouffi, un écrou déboulonné.


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Ouais dans le fond que serait devenu l’homme sans son vice sans fin ? Rien d’autre que ce qu’il est Bouffi,

un écrou déboulonné.

 

Alors qu’au loin se rapproche l’incertain, on voit entrer le bruit de l’errance à la grille. Quand bien même il sonnerait juste, qui l’entendrait vraiment tel qu’il est. Sa voix de loup, pelote déjà Petit Chaperon Rouge avec le beurre emballé dans la culotte. Il s’était tapé grand-mère en entrée, dès le début.A moins que ce soit un cardinal de Lyon qui sortirait la tentation du retroussé de la soutane. Mais c’est pareil, tout ça c’est qu’un abominable  suppôt qu’on s’est eu dans l’cul en fin de genèse.

Merde Jérôme c’est Bosch y a plus personne pour essayer d’éclairer la noirceur de l’homme. Hormis les cornes en tous genres se posant comme un brame sur le front des lambdas  toutes catégories, nib de licorne pour apurer une lubricité permanente. J’ai peur que la vierge à l’appeau noir soit plus portée sur l’épaule des gitans au bain de mer, mais vienne tout droit en provenance d’un dégrise-guerre de Bangkok. D’une pédophile sociéty où on s’abonne à curer l’enfant unisexe.

Un qui se prétend religieux ne proférait-il pas ces jours-ci que toute femme qui n’est pas voilée doit-être violée-en tournante recommandée-ben dis donc sous la jupette du derviche faire la ronde ça n’a rien d’un printemps comme dit l’adage.

« …La licorne était connue de par les textes grecs antiques. Dans un passage du Physiologus traduit par M. Freeman la licorne est décrite au bord d’un lac dans lequel les animaux viennent boire. « Mais avant qu’ils ne soient rassemblés, le serpent vient et lance son poison dans l’eau. Alors les animaux remarquent bien le poison et n’osent pas boire, attendant la licorne. Elle vient aussitôt vers le lac et, faisant le signe de croix avec sa corne, elle détruit le poison ». Ce texte est réellement fondateur de la légende de la licorne au moyen-age.  Sur le panneau gauche du triptyque du Jardin des Délices, l’animal totem du diable ayant commis son forfait remonte sur l’arbre de la connaissance à droite du lac… »

Ouais dans le fond que serait devenu l’homme sans son vice sans fin ? Rien d’autre que ce qu’il est Bouffi, un écrou déboulonné.

La couverture Dieu-and-co ça tend à réchauffer que du serpent dans son saint.

Heureusement ma laïque croyance ne m’hameçonnant pas au péché et à enfer à côté d’mes pompes, l’idée profonde qui m’habite est au-dessus de ma ceinture. La femme dévoilée révèle la Beauté intégrale de la Nature. Elle n’en retient pas que le nuage.. Et ceci en dehors des canons. L’amour c’est canon, que tu sois de n’importe quelle taille, de n’importe quel poids et surtout de n’importe quelle couleur.T’es toujours Beau dès lors que tu te respectes tout seul à ne pas voir les Autres sous une quelconque condition.

Ah la lie corne !!!

Niala-Loisobleu – 07/08/16

 

Deja-Vu

JE SUIS Ah bon ?


Jacek Yerka

JE SUIS.. Ah bon ?

Charlie trouvez Charlie, sur la page du jour on l’a placé dans le brouillard de l’intox quotidienne. Le premier qui se JE SUIS aura gagner le droit de se pancarter :

JE SUIS PANURGE

Le compagnon de Pantagruel, Panurge, s’est embarqué pour le pays des Lanternes. Sur le bateau il rencontre Dindenault, marchand de moutons qui emmène un troupeau avec lui.
Panurge, ayant obtenu pour un prix élevé l’une des bêtes, la saisit et la jette à la mer. Tous les moutons suivent et se précipitent dans les flots, avec le marchand qui tente de les retenir.
C’est depuis cette époque que l’expression « les moutons de Panurge » désigne les gens qui suivent les autres sans réfléchir.

« Soudain, je ne sais comment, le cas fut subi, je n’eus loisir de le considérer, Panurge, sans autre chose dire, jette en pleine mer son mouton criant et bêlant. Tous les autres moutons, criant et bêlant en pareille intonation, commencèrent à se jeter et à sauter en mer après, à la file. La foule était à qui le premier y sauterait après leur compagnon. Il n’était pas possible de les en empêcher, comme vous savez du mouton le naturel, toujours suivre le premier, quelque part qu’il aille ».

Rabelais, Pantagruel: Le Quart Livre, chapitre VIII.

Lorsque Pantagruel rencontre Panurge, celui-ci, d’une belle physionomie mais misérablement vêtu, gagne immédiatement son affection. Panurge réclame la charité en quatorze langues (dont trois imaginaires), avant de s’exprimer en français . Au Tiers Livre, Panurge décide de se marier. D’un caractère moins enjoué, il est partagé entre son désir charnel et la peur d’être cLivre de Bordocu.

Désireux de ne rien perdre de mon accent, voici une page de mon Livre de Bord, pas choisie par hasard, que je vous tire en vertu de la nécessité de savoir lire avant d’écrire.

REALITE VIVANTE

Assis sur ma pierre de chaume,
je rends d’un oeil ouvert, ses tisanes au tilleul.
En pleine devanture de l’atelier me voici posé sur la dalle parisienne de Pompidou,
où je m’expose, sans qu’une de mes toiles ne franchisse les tuyauteries du grand vaisseau

Manche à air ?

Non, le traître peut rentrer dans sa loge, la diva se repoudrer l’accorte vocale et le librettiste ranger ses portes-plumes dans l’étui à violon.

Comme l’ultime poésie.je vais ouvrir la Grand’ Place,
laver à la St-Marc
le vivant par réel effaceur de fausse existence.

La réalité vivante
Roberto Juarroz
l’a défini
à la 13° Verticale

Muet parmi les mots,
presque aveugle parmi les regards,
au-delà du coude de la vie,
sous l’emprise d’un dieu qui est absence pure,
je déplace l’erreur d’être un homme
et corrige avec patience cette erreur.

Ainsi je ferme à demi les fenêtres du jour,
j’ouvre les portes de la nuit,
je creuse les visages jusqu’à l’os,
je sors le silence de sa caverne,
j’inverse chaque chose
et je m’assieds de dos à l’ensemble.

Je ne cherche désormais ni ne trouve,
je ne suis ici ni ailleurs,
je me refais au-delà du souci,
je me consacre aux marges de l’homme
et cultive en un fond qui n’existe pas
l’infime tendresse de ne pas être.

Place, j’arrive !

Niala-Loisobleu
10 Mars 2013

Au 3° tope-là, Maître Renard sortira son fromage

P.S : Je recommande au lecteur de ne pas se trouver offensé par mon propos sur JE SUIS, je l’ai été en son temps avec CHARLIE, celui que j’accuse c’est le grand manipulateur qui est aux aguets de l’occase à ne pas laisser filer

N-L  05/02/16

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