LES MUTANTS


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LES MUTANTS

 

Entre midi et l’après plus de chaleur a pu se glisser, entre la virgule et le point

la capacité du rire a un pouvoir gesticulatoire qui balance les hauts sommets

La navette va-et-vient

l’haleine nouée

Question d’empreinte, l’identité se doigt d’agir

le rétameur astique les cuivres du pot de taire, je t’entends à part

Les oiseaux migrateurs en saison abrite le grillon dans la maison

j’écoute ton champ remonter, j’ai envie de l’écobuer en me servant des brûlis pour engrais

Que de pierres taillées au coeur de notre enclos,  j’ai gardé le plus nu de tes mouvements rapprochés pour le retable qui bordera nos signatures au registre d’autel

Le nom que nous sommes sort du vocabulaire ordinaire « Arbre de Vie », je t’accorde l’incompréhension lisible sur le visage de la page de nécrologie

L’effort humain commence ici

prévenons-les que nous navons rien à voir avec un non de paille, nous sommes à part entière pour nous m’aime…

Niala-Loisobleu – 14 Novembre 2018

LA FENÊTRE IMMOBILE


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LA FENÊTRE IMMOBILE

 

Par le trou percé vient l’image du second mur. Laquelle est la bonne ? Au sommet des deux troncs, j’enjambe l’idée toute faite, le flou  libère la clef accrochée à ton nombril. Le divin se prend les pieds dans le tapi, ah enfin, les musettes replient leurs gaules, les tabourets de Cour passent par la chaise-percée du mont seigneur et pour le  pain quotidien tu te démerdes, faut aller au charbon, Messie mon P’tit-Gars.

(silence – un accessoiriste vaporise du flou artistique à la bombe)

-Reprise

Pas de cloche qui sonne, aucune mouche qui coche

puis

un bruit de cheval se reconnaît à l’odeur d’humus éventré qui rameute les mouettes

je me dis que l’heure est la seule manifestation d’une présence déiste vu comme c’est chiant, toujours liée à l’attente, un compte à rendre, un contrôle où il faut pointer, le prix de l’heure y a que ça qui compte, je lui arrache les aiguilles comme un môme qu’on croît sadique alors que c’est qu’un enfant qui veut pas devenir faussement adulte.

L’endroit le mieux placé reste le moment où tu te désabilles pour rester nue avant que le matin sorte ses dessous qui cachent.

La fenêtre a libéré le mouvement, ça bouge.

Le pas ouvert

Mais si les mots sont des bêches?

Alors la mort, en dessous, n’aura capté que ton écho.

Ta parole bouclée se confond toujours avec la vapeur exhalée par nos bouches

Quand l’hiver sème son givre sur nos manteaux.

L’esprit ne veut pas durcir comme pierre

Et lutte avec le limon qui l’entraîne à s’y essayer.

Mais le sommeil, le sommeil, est une bêche parcimonieuse.

Ô, qui veut partir, disparaisse dans la nuit que la douleur ne malmène plus!
René Crevel

Te voici palpable, souple, dodue le tube qui rit la couleur quand mes doigts appuient dessus…

Niala-Loisobleu – 12/11/18

C’EST BON JOUR DE SOLEIL A SOIE


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C’EST BON JOUR DE SOLEIL A SOIE

 

Le wagon de ce jour rattaché, j’entrain et affronte la poussée. Que de vent et de pluie battante, le sol devrait être propre et brillant, puis j’aime l’image de ta nudité comme sortant du puits quand Eole met ta robe en parapluie.

A l’heure où le cinéma est fermé on ne peut diffuser que la vérité, ma foi les chiens peuvent aboyer ma
caravane roulotte vers une cabane éventrée bien gardée. Je vais faire provision de crayons de couleur pour t’écrier les mots crus…

Niala -Loisobleu – 10 Novembre 2018

 

 

DE VRAI 


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DE VRAI

J’écoute l’insecte me monter le long du bras, minuscule chose, certainement capable de ce qui dépasse l’entendement, le monde de l’herbe a le don de gagner la branche en passant par la racine. Des cités antiques sont là sous la démolition des pieds qui ne pensent qu’à conquérir le peu de chant qui reste dans la nature. Je descends de cheval, le crin vibre, un songe de fou vient de me coller à Toi Pensée-Proche. Que de fastes prétentieux ignorent la grandeur du monde du silence. Repose-toi, ma fatigue jointe à la tienne ne pourra déranger l’insecte dans son oeuvre.

N-L 05/11/18

AUTOUR DE LA


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AUTOUR DE LA

 

La verdeur de l’herbe devant soi fait l’économie des fatigues du voyage. La viole de Gand en se tenant appuyée  dos à l’arbre, laisse un long soupir échapper d’entre ses jambes, si doux, si charnel que dans l’archet qui glisse, le consentement se fait don. Du vain monte le degré, la belle robe, l’étiquette bien repassée et sa cravate d’oenologue  le mot à un vrai goût qui foire au vin. Laisse ton corps descendre à l’eau, ce matin je le trempe dans mon bain,  ton nénuphar dresse sa fleur dans la position du lotus, zen. Le sacré dont tu t’entoures à le don de purifier, un mot devenu vulgaire dans l’usage de la parole marchande, enrichit l’espace au possible sans monnayer le terrain. Le sens en fut transformé simplement en gardant sa racine.Un enfant se poursuit, une poignée de sel pour tenir l’oiso mobile.

 

Poème 19

Fille brune, fille agile, le soleil qui fait les fruits, qui alourdit les blés et tourmente les algues, a fait ton corps joyeux et tes yeux lumineux et ta bouche qui a le sourire de l’eau.

Noir, anxieux, un soleil s’est enroulé aux fils de ta crinière noire, et toi tu étires les bras. Et tu joues avec lui comme avec un ruisseau, qui laisse dans tes yeux deux sombres eaux dormantes.

Fille brune, fille agile, rien ne me rapproche de toi. Tout m’éloigne de toi, comme du plein midi. Tu es la délirante enfance de l’abeille, la force de l’épi, l’ivresse de la vague.

Mon cœur sombre pourtant te cherche, J’aime ton corps joyeux et ta voix libre et mince. Ô mon papillon brun, doux et définitif, tu es blés et soleil eau et coquelicot.

Pablo Neruda

Esta obra fue escrita por Pablo Neruda Publicada originalmente en Santiago de Chile por Editorial Nascimento © 1924 Pablo Neruda y Herederos de Pablo Neruda

 

J’ai un âge de trottoirs au caniveau, un seul suffit à faire fleuve comme le grand Mékong d’un delta qui en vit de toutes les couleurs. La craie et l’éponge une histoire de premier tableau pris en flagrant délit et condamné à ne plus demeurer noir. On peut avoir toutes les couleurs de peaux, sans qu’on estime que certaines doivent être éradiquées. J’ai envie d’un masque, oh surtout pas de citrouille j’aime pas Halloween, non celui qui noir ne déblanchirait pas ma barbe mais la parfumerait de Toi…

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2018

PRESENCE


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PRESENCE

Les flaques brillent comme des émasculations dispersées le long

Il y en reste de vent, de quoi mettre l’allumette à la cheminée

Quand entre deux portes le courant passe même les souris dans leurs trous sont réveillées par la lumière

L’amour se tend comme le seuil

Nous franchissons

C’est frissonnant chat

En remontant de la fosse poplitée je m’assieds en t’ailleurs, mon paysage est riche

Une révolte calme mes battements de tempe, mon épi se fait sage, il m’est venu comme l’odeur où le fauve à la saveur du chat qui vous passe entre les mollets

Un chiffon rose sort des lèvres et m’essuie

Toujours ce m’aime…

Niala-Loisobleu – 29/10/18

LA SEMAISON


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LA SEMAISON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous voudrions garder la pureté, le mal eût-il plus de réalité.

Nous voudrions ne pas porter de haine, bien que l’orage étourdisse les graines.

Qui sait combien les graines sont légères redouterait d’adorer le tonnerre.

II

Je suis la ligne indécise des arbres

où les pigeons de l’air battent des ailes :

toi qu’on caresse où naissent les cheveux…

Mais sous les doigts déçus par la distance, le soleil doux se casse comme paille.

III

La terre ici montre la corde.
Mais qu’il pleuve un seul jour, on devine à son humidité un trouble dont on sait qu’elle reviendra neuve.
La mort, pour un instant, a cet air de fraîcheur de la fleur perce-neige…

IV

Le jour se carre en moi comme un taureau : on serait près de croire qu’il est fort…

Si l’on pouvait lasser le torero

et retarder un peu la mise à mort!

V

L’hiver, l’arbre se recueille.

Puis le rire un jour bourdonne et le murmure des feuilles, ornement de nos jardins.

Pour qui n’aime plus personne,
La vie est toujours plus loin.

VI

ô premiers jours de printemps jouant dans la cour d’école entre deux classes de vent!

VII

Je m’impatiente et je suis soucieux :

qui sait les plaies et qui sait les trésors

qu’apporte une autre vie?
Un printemps peut

jaillir en joie ou souffler vers la mort.


Voici le merle.
Une fille timide

sort de chez soi.
L’aube est dans l’herbe humide.

VIII

A très grande distance,

je vois la rue avec ses arbres, ses maisons,

et le vent frais pour la saison

qui souvent change de sens.

Une charrette passe avec des meubles blancs

dans le sous-bois des ombres.

Les jours s’en vont devant,

ce qui me reste, en peu de temps je le dénombre.

IX

Les mille insectes de la pluie ont travaillé toute la nuit; les arbres sont fleuris de gouttes, l’averse fait le bruit d’un fouet lointain.
Le ciel est pourtant resté clair; dans les jardins, la cloche des outils sonne matines.

X

Cet air qu’on ne voit pas porte un oiseau lointain et les graines sans poids dont germera demain la lisière des bois.

Oh! le cours de la vie entêté vers en bas!

XI

Le fleuve craquelé se trouble.
Les eaux montent et lavent les pavés des berges.
Car le vent comme une barque sombre et haute est descendu de l’Océan, chargé d’un fret de graines jaunes.

Il flotte une odeur d’eau, lointaine et fade…
On

tremble, rien que d’avoir surpris des paupières qui s’ouvrent.

(Il y avait un canal miroitant qu’on suivait,

le canal de l’usine, on jetait une fleur

à la source, pour la retrouver dans la ville…)

Souvenir de l’enfance.
Les eaux jamais les mêmes,

ni les jours : celui qui prendrait l’eau dans ses mains…

Quelqu’un allume un feu de branches sur la rive.

XII

Tout ce vert ne s’amasse pas, mais tremble et brille, comme on voit le rideau ruisselant des fontaines sensible au moindre courant d’air; et tout en haut de l’arbre, il semble qu’un essaim se soit posé d’abeilles bourdonnant; paysage léger où des oiseaux jamais visibles nous appellent, des voix, déracinées comme des graines, et toi, avec tes mèches retombant sur des yeux clairs.

XIII

De ce dimanche un seul moment nous a rejoints, quand les vents avec notre fièvre sont tombés : et sous la lampe de la rue, les hannetons

s’allument, puis s’éteignent.
On dirait des lampions lointains au fond d’un parc, peut-être pour ta fête…
Moi aussi j’avais cru en toi, et ta lumière m’a fait brûler, puis m’a quitté.
Leur coque sèche craque en tombant dans la poussière.
D’autres

montent, d’autres flamboient, et moi je suis resté dans

l’ombre.

XIV

Tout m’a fait signe : les lilas pressés de vivre

et les enfants qui égaraient leurs balles dans

les parcs.
Puis, des carreaux qu’on retournait tout

près, en dénudant racine après racine, l’odeur de femme travaillée…
L’air tissait de ces riens une toile tremblante.
Et je la déchirais, à force d’être seul et de chercher des traces.

XV

Les lilas une fois de plus se sont ouverts (mais ce n’est plus une assurance pour personne), des rouges-queues fulgurent, et la voix de la bonne quand elle parle aux chiens s’adoucit.
Les abeilles travaillent dans le poirier.
Et toujours demeure, au fond de l’air, cette vibration de machines…

Philippe Jacottet

 

CE SOIR POUR TOI

Depuis ce lointain avant-hier que je marche voici le jour. Brel aux fenêtres, la Marquise au perron. Il pleut de plus à sot et contresens, la sécheresse ayant atteint l’homme avant de toucher taire.

La mer je l’ai vu avant d’en sortir, ça j’en suis sûr. Celui qui me demanderait pourquoi aurait pas l’ombre d’une lumière en retour. Et comme sur une plage où il n’y aurait que Toi émoi, la montagne se tremperait les pieds dans l’eau. Toujours avec le vent. Une relation entre la voile et la robe, quand on baisse la première on avance au sommet en remontant l’autre.

Les réverbères s’entendent bien avec les quais, l’eau les doublant dans le bon sens. Où vont la lumière, l’eau et le quai il s’avère que le voyage ramasse de la floraison des toiles. Et puis cette passerelle de devant l’Institut où l’Académie Française siège, regarde le Louvre droit dans le yeux, pas peur de lui reprocher des fautes de France en nombre. Mon quartier t’en fais partie. Histoire de lune qui colle l’autre au trône métallique, tendre comme la paille. La chambre de Vincent dans un coin de ban sociétal. On arrive pas à l’odeur par hasard, on passe pas à côté si on est nez pour vivre. Aisselle du mâtin, tu la connais ? L’arbre à soie c’est à peine à un écart  de la menthe sauvage.

Des enfants font leurs classes, la poésie reprend son air de mendiante.

Pendant que le pigment gagne la forêt, genre rocher de Fontainebleau, le minéral s’en paye, il n’y a plus qu’à emmancher du poil et t’as un pinceau qui peut te rejoindre où que tu sois, tu le fais écrire. Quand ça a commencé on avait le même coq pour lever le jour par les deux bouts, un peu bridé des yeux, mais sans les lèvres rabattantes d’un triste théâtre. L’origine quand le grain sait s’y prendre c’est aussi parallèle que le rail. Les vaches , un train et un Capitaine qui normande le décor est planté y a plus qu’à entrer en scène.

Les seins lots ça iroise comme une manche de set à rôle en garrot.

Absolu, le mot est tellement plein de tous les espoirs qu’on pouvait pas passer à côté. L’art s’y mêlant voilà de quoi tenir les plus grands vents. Surtout ceux qui forment les vagues scélérates en tempête. Ton prénom de chanteuse connait les ficelles de Pantin. Il était une foi, voilà ce qui résume tout. Etant donné que la notre c’est l’amour, c’est envers et contre tout ce qui s’y oppose: QUE DE LA  VIE.

Niala-Loisobleu – 28 Octobre 2018

MOUVEMENT HORAIRE


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MOUVEMENT HORAIRE

A la recherche d’un vert aboli par décret météorologique, grande-manoeuvre pour changement d’heure ?

Il y a dans la promesse d’etat comme une énigme , un rébus, un labyrinthe, un train fantôme, un bateau-ivre, un palais des glaces, que sais-je encore ?

Les banc de sable préférés des phoques sont au bord de la côte d’Opale c’est la version maritime de la meuh du bocage normand, ils adorent voir passer les chars à voile.

Je cigogne un ventre d’enfant imberbe de pousses de marguerites, le delta lâche des milliers d’oiseaux blancs.

Je suis entre la colonne tronquée et la vertèbre démoellée, sortant de coupe et de taille pour mettre le jardin sous la couette dans la cabane, je me suis gardé quelques bouts de jasmin pour fleurir l’odeur de menthe qui m’est chair, mon coeur est assez chaud pour tenir l’espèce végétale jusqu’au prochain printemps.

A l’instant de rentrer mes doigts ont fait un dessein pieux, ils se sont envolés pour rejoindre le soleil plus rond qu’un sein lourd…

Niala-Loisobleu – 26/10/18