EMPREINTES MATINALES


 

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EMPREINTES MATINALES

 

Restée en morceaux dans le coin de l’oeil une nuit tire à s’y remettre. La blondeur du poil en oreilles de lapin frappe dans le tambour de la porte, ça tombe pile. Un gros poumon sorti de cage aère l’asphyxie du souffle nécessaire pour le retour des braises à la forge. Au coin de la cheminée j’entends le bruit d’un pas prendre l’air avant que la chasse tire. Sous la question de l’enfant germe la paume de taire. Les existences s’entassent dans le silence des pierres que la mousse protège. Sur le fil le tant s’épingle. En passant par l’armoire j’ai accroché l’imprimé de ton arbre à soie, puis tirant un poème du serre-livres, me suis allongé contre-toi en priant tes mains de me le lire à hôte voie. Notre jardin passant par la fenêtre  a déposé ses senteurs sur ton petit-linge. J’ai signé l’étoile…

Niala-Loisobleu – 22/09/18

Dans la pièce avec conviction


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Dans la pièce avec conviction

Je suis éveillé

les coudes appuyés au tiroir de ta commode

respire le petit-linge frais

par les trous de la dentelle

Un voyage qui des marais

laisse ses couleurs sur la feuille

les accents de ton vivant

me viennent aux oreilles

Niala-Loisobleu – 26/04/18

J’ETAIS NU


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J’ETAIS NU

 

Sensation de gravas dans une remontée de vésicule enlevée

c’est un comble en plein moment créatif

comme mis au noir d’un Soulages qui me fait mal

En tournant la tête je vis que j’étais dans le champ du voyeur

j’ai perdu mes bras en voulant enlacer.

 

Niala-Loisobleu – 13 Avril 2018

V l’Ô


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V l’Ô

Le bois a reçu les poubelles nouvelles,

ce

24 de Juin.

Il sait

qu’en route

le nouveau vélo

est en chemin

La route moutonne comme une mer

dont le bleu écume.

Niala-Loisobleu – 24 Juin 2017

Et du seoir, les prières touchent au but…


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Et du seoir, les prières touchent au but…

Autour de ma pensée assise, la pénombre a posé son plaid sur mes jambes, les oreillettes du Voltaire ne font pas casque sur tes cheveux, ils coulent libres à dessein au pied de ton cou. Juste tes yeux pour unique lampe, c’est tamiser les étoiles de mon rêve entre les arbres. Aucun oiseau de nuit effraie le tendre silence qui rassure. Quand Nous rassemblons notre présence en cette palette d’actes qu’elle constitue, les tons s’accommodent chromatiquement sans erreur de véracité. Faut dire mon Coeur, qu’on ne sait jamais menti, m’aime aux temps les plus hétérocarpiens. Suis-je lé, te dis-je en suivant tout le long de ton long ?Tu rigoles. Plus claire que la bouche du caniveau que le balai d’osier ouvre. Cantonnier, je cure ton fossé des vêtements de nos voyages où plus ardents qu’un vent de sable, nous nous terrions sous la toile encore fraîche de nos étreintes.

LEON PAUL FARGUE…Extrait

Souvenirs d’un passé qui dort dans une ombre si transparente… Des intimités insaisissables qu’on se croit bien seul à connaître et dont on voudrait enchanter les autres… Certains regards. La voix d’un être cher. La gaucherie d’une âme ardente.. Une inflexion familière très douce et bien humaine…

Des yeux qu’on revoit parmi vingt ans de souvenirs, dans une rue grise, un jour de promenade. Du soleil sur un peu de paille, devant la porte d’un malade… Un regret sobre. Une parole d’un chagrin vague… Un nom touchant qu’on n’arrive pas à retrouver… Tout ce qui porte une chanson triste au bord des lèvres… Et ce mutisme avant les larmes…

Le retour, un soir, dans un quartier où l’on a vécu jadis. Le tremblement de la voiture entre des arbres… L’odeur d’une avenue frissonnante où il a plu… L’odeur d’un chantier, sépulcrale et tendre… Un geste passe sur une fenêtre éclairée très tard, tout en haut d’une maison qui se reflète dans un fleuve… Le grondement lent d’un train sur un pont de fer… L’adieu long d’un remorqueur… Et la persistante vision de ce coin de faubourg où la vieille maison que j’ai tant aimée ne me connaît plus. Rien qui bouge à ses vitres. Un boutiquier maussade y tourne et pèse. Elle est sans regard, elle est sans rêves. Et il n’y a même pas de lumière à la fenêtre où j’ai songé…

J’allume pour nous deux les lampes… Une parole heureuse, un visage de femme, une fenêtre brûlante, des voix connues passent et se brisent… Ah je voudrais serrer tous les souvenirs sur ma poitrine, en bouquet, pour te les offrir. Mais ils sont lointains comme des signaux. Signaux du soir, avec leur douceur menaçante… Fanaux des trains et des bateaux, qui ont toujours ce regard triste… Signaux d’amour, tendres et fins comme des cœurs à la fenêtre… Signaux du ciel, un peu perdus, comme des fleurs dans un champ d’ombre…

De beaux accords plans se recouvrent. La mer qui remonte. Un rayon de Chopin m’arrive – et fait la lumière où je veux m’étendre – sans plus rien dire – avec un ami qui sache tout de moi-même, qui me reproche tout – et qui me pardonne…

LEON PAUL FARGUE

Entre les lames des volets, la jalousie a parfois glissé des réactions incontrôlées, qui n’en a pas, ment en disant je t’aime. On glisse sur la rampe des éclats de rire, et en bas la boule de cristal fait tamponnoir. Les fleurs des tentures en s’échinant pour aboutir à l’odeur ne parviennent pas au sensible suint des pores, le tien m’émeut à un point que rien ne peut le distraire de ta peau échauffée. Je ne le méconnais jamais pour un autre. Pareil à l’effervescence de la nature, les giboulées sont agaçantes, mais restent la preuve intangible du retour du printemps. Je parle pour des millénaires avenir,  porteurs d’actes à l’inverse des racoleurs. Quand tu rentreras de cette promenade dans la ruelle du lit, gardent les yeux dans l’espoir que l’aile du papillon colore. Quoi qu’il arrive, je t’aime si fort que je ne mourrais pas pour solde de conte inconnu.

Niala-Loisobleu – 23 Mars 2017

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Je te vis, rien qu’ouvert


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Je te vis, rien qu’ouvert

En dehors de la route, à quelque pas ta présence va-et-vient. Circulation continue qui n’observe qu’une seule conduite, je pense à toi en permanence, d’une soif qui ne tarit pas. Tu peux t’être posée à distance, enfermée dans une combinaison de chasteté d’une préservation particulière, sans clef ni boutons. Tu m’es constamment nue à te montrer à mes yeux. D’autres fois, vêtue de pied en cape, tu me mets tes toilettes en promenade. J’aime ton choix vestimentaire simple quand c’est juste de tes cheveux sans même une barrette sur toute ta peau que tu te vêts. Choix autrement mieux qu’élégant, il colle à toi, sans faire autre chose que t’aller sans te dépasser, tu restes devant et lui t’accompagne comme un gant.

Il y a dans tous ces endroits où nous nous rejoignons, le moment où ta résistance actuelle va s’arrêter. Les ondes qui passent dans nos regards font entrer en toi l’envie de céder à ton enfermement. L’intime fait craquer les vieilles planches, l’âme de l’instrument à cordes parle. Ta bouche n’a plus la même expression, ton buste suit le mouvement de tes seins qui font un saut hors de l’eau. Ouïes déjà ouvertes comme deux poissons. Je te sens parfumée de campagne, ton herbe s’échappe, ta branche vibre. On entend venir le tempo de cette émotion qui donne aux jambes des battements de hanches et des mouvements fessiers que les mains scandent. Rauque n’rôle attitude.

Je ne crois pas avoir oublier de te peindre en général par le moindre détail, chacun de tes grains de beauté, tes poils au bout du pinceau, dans le ton couleur du temps qui passe sans que l’on oublie de le retenir. Le mal qui m’a cassé le dos hier au soir est sans hasard, il a fallut que je réagisse au viol de la cabane, pour que les vandales y reviennent sitôt mon départ. Ma résistance je ne l’a croit pas faite d’orgueil, je la sens plus proche de l’abnégation. D’où la saloperie de mes yeux qui coulent leur acide dans l’interrogation de poursuivre ou de jeter l’éponge. Acte qui m’est étranger mais qui s’insinue.. Si je mourrai ce soir je crois que je n’aurais pas le temps d’en souffrir. Ce dont j’ai seulement la connaissance c’est qu’en dépit du désordre de mon être, je suis clair de l’amour que je te porte. Ne plus rien se poser de question, c’est sûr soulage et quitte de toute forme de peurs dans lesquelles la vie nous jette sans demander la permission.

Nul dieu en roue de secours pour remettre un pneu de pression, je crains qu’un mauvais sort m’est ranci la foi d’un fiel amer. Je ne prierai pourtant rien pour rester ancré à Toi l’oreille collé à la moindre de tes apparitions. Elles restent seules capables de me remettre la vigueur à l’énergie que la scoumoune et l’absence m’érodent.

Niala-Loisobleu – 26 Février 2017

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LA CHAMBRE D’AMOUR


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LA CHAMBRE D’AMOUR

Pendant que j’avais la bouche ouverte, les couloirs de mon subconscient claquaient les portes de la nuit avec une voix du guet. Oyez, oyez, braves gens. A se croire sur la route dans une chanson de chemine ô. L’herbe peut avoir des pouvoirs inattendus me dis-je en m’essuyant la moquette d’un reniflement de mâle femmé, se rajustant le diable au lot au fond de son Dim en trois couleurs. A ce moment là, je vis sortir une main de la poche du kangourou. Vois un peu c’qui arrive quand la libido se mêle d’appuyer sur le bouton, me rappelai-je avoir pensé dans la vapeur où, assis sur le banc du sauna, je me flagellais à base de branches de bouleau. Sans doute des réminiscences d’un contrat de 35 heures remis à l’ordre du jour.

Le jour où j’ai sorti de ma mère, mon père maçonnait la maison de mes grands-parents. J’ai venu au monde dans un Beau Dimanche de Printemps, du Gabin dans la ligne de ma main gauche, celle que je peins quand j’écris. La Marne remuait les nappes à carreaux à deux pas. Les canotiers faisant des galipettes dans l’herbe, saucisson, camembert et petit vin blanc après s’avoir lavé au bain de Nogent, moultes rires, mots de bonne humeur au programme improvisé avec un naturel que plus tard le bio cherchera à vanter pour rouler d’autres braves gens. J’ai été marqué tout de suite au faire.Depuis je combats sans répit pour la dignité de l’homme qu’à vu l’home où loge l’amour. Je n’hésite pas à remonter les bretelles des paons t’allons z’enfants se trouvant toujours à l’endroit du bon moment qui rapporte sans jamais en avoir fait une secouée. Pas opportuniste, je connais mieux les portes qui te claquent à la gueule que les arcs de triomphe. Bof, et alors, ça empêche pas de rester jeune en vieillissant comme m’ont toujours montré mes battements de coeur.

Une fenêtre ouvrant sur un lit non-clos, alcôve tant d’odeurs que les fleurs tapissent la chambre à en faire le berceau de l’amour, les menottes trouvent les fossettes, les lèvres les mailles des langues, jusqu’aux yeux qui vous descendent plus profond que le larynx, la tripe au creux. On peut pas expliquer ce chavire qui m’attrape, me renverse, quand je me trouve face au Beau. J’suis glacé de dehors, bouillant, brûlant au-dedans. La colonne vertébrale me saisissant à la remontée en glissade sur la rampe des vertèbres. Un panard. Que j’en ai les yeux qui mouillent à serrer mon Amour en hurlant de silence.

Niala-Loisobleu – 4 Janvier 2017

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