CELUI QUI GLISSE UN DIEU AURA UN GAGE


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CELUI QUI GLISSE UN DIEU

AURA UN GAGE

Au début des cours d’eau le fil a reçu la direction choisie par la nature. Le choix s’est inscrit dans un consensus de parfaite harmonie, les cochons allèrent à la soue sans que ça pose de réclamations. Tout comme ce qui ne respectait pas la chaîne alimentaire ne put obtenir de droit de séjour.

Puis vînt l’homme avec un si long décalage que le créateur de base avait disparu, des millions d’années du jamais vu, on n’y résiste pas. Celui qui glisse un dieu aura un gage.

Quel dommage, celui qui s’est chargé de la création humaine, devait déjà avoir des gènes macroniens. Parfaitement incompétent, aveugle et sourd, aucune culture de la nature, une prétention insolente et gerbante en plus, un petit trou-du-cul incapable de transiter par lui-même, juste bon à faire chier le reste de la population terrestre.

Après des siècles de volonté du désastre voici qu’on arrive à terme. Le sens du fil est en voie de retournement.

La secousse que mon hypersensibilité en reçoit me traumatise un max

J’ai des idées de décrochage, des tentations de départ, qui en viennent à m’insupporter l’odeur que je respirais comme un gaz énergétique. Mettre la lumière dans l’obscurantisme obstiné ça appelle à relativiser le fondamental.

Non, je ne peux supporter de voir des mots déplacés dans des coms hors sujet, , des phrases détournées de leur sens profond pour un bavardage de trottoirs, , un tapage pour le disque posthume mené par l’aide Laetitia, enfin que de l’à-côté de la plaque tel le changement du nom de l’essence qui ne fait que dépenser du fric pour rien, mais qui en conclusion écarte tout acte pour qu’on réagisse….

Cet état est un aveu de volonté de nuire.

Niala-Loisobleu – 18/10/18

STASE


 

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STASE

Claquements de draps, un périmètre blanc pointe le jour sur la partie endormie,. Nostalgie concentrée sur la manivelle hébétée.

Les sabots du cheval manquent au bruit rassurant de l’éveil.

Changement d’araire ?

Les parois de l’atelier en suaire tiennent les outils dans un incertain halo, rien ne bouge, la musique a cessé son guet.

Volets tirés, l’imaginaire tient l’odeur de la Muse dans le silence vigilant des heures de veille.

 

Niala-Loisobleu – 12/10/18

 

QUELQUE CHOSE EN NOUS DE TIENNE ICI


 

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QUELQUE CHOSE EN NOUS

DE TIENNE ICI

Il manque toujours une présence aux heures, qu’un hoquet d’être à soustrait. La voix chaude qui étaie tient sans se montrer un espace de réconfort. On comble en marchant dans les catacombes de la vie . Ici il fait soleil, glacial. Là-bas, il pleut pas plus chaud. Sur les serpents de fer les trains laissent pas tomber les vaches, y a toujours quelque chose qui meuh en Nous de tienne ici. La rivière tire son eau pour la conduire à la mer.

-Es-ce tu air ?

-Plus que ça m’aime ma Muse.

Ce coin de bruyère où tu fais poser l’embrun court en sentier le long de la falaise. Ton corps rocher socle ta pensée, les vagues y gerbent l’écume des jours à côté d’enfants que la poésie retient de mal grandir. Le sol de l’arène soulève la poussière de ton sabot qui ne cède rien à l’absurde comédie d’une proposition déguisée. Calomnie tu l’encornes, l’ignoble est mis à mort. Les mises en garde n’ayant qu’en vie d’occire sont pitoyables. La laideur fait boomerang, elle revient au galop comme la marée autour du Mont, dans la gueule du dragon mal venu.

J’entends d’ici ton sein battre à mon poignet…

Niala-Loisobleu – 2 Octobre 2018

LES YEUX EN DORMIR


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LES YEUX EN DORMIR

 

Là contre la planche à écrire des symboles vont et viennent sans contrainte particulière, le principal étant le brumeux d’une fatigue pas entièrement sortie du lit.

Le peu dormeux que je suis est bien moins vif au levé d’une trop longue nuit de sommeil.

Les lignes de construction du travail que me demande la création de ma boutique sont nouées trop serré pour que j’y comprenne ce qu’il faut faire. Faut ralentir.

N-L – 1er Octobre 2018

DIALOGUE ININTERROMPU 1


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DIALOGUE ININTERROMPU 1

 

B-A : Dis, crois-tu que la nuit venue l’idée de la fleur s’échappe sur la pointe des pieds pour aller dormir dans la fleur ?

 

N -L: Il se pourrait bien eu égard à ce qui en volute sur le front du rêve.

 

B-A :  Elle aurait alors la connaissance secrète des heures et s’ouvrirait au  champ des possibles qui seul enfante la vraie couleur?

 

N-L :  Cet accès dénoue les aiguilles. Sur la patinoire des cadrans lisses le temps disparaît en laissant les lames des patins fendre la glace. Dans un salto la première des trois primaires sale la chaussée.

 

B-A : C’est donc ainsi que l’on entre dans le rêve: pieds nus …

 

N -L:Le rêve se veut spartiate pour libérer la plante de toute amarre…

 

 B-A :Et c’est ainsi, parce qu’ils plantèrent, qu’ils dessinent le profil grec de la beauté? Parle-moi de la beauté…

 

N-L :Elle me dit:

-Parle de la beauté…

J’entre sans bruit dans la malle enfouie sous les pinceaux aux poils usés et les palettes trop lourdes à porter. Un oiseau niche un peu partout sur les taches qui recouvrent le sol, la corde du tapis en est raidie. Un casque de pompier d’une ancienne école aujourd’hui éteinte brille de tous ses feux. Quelques bâtons de craie enfuis du tableau noir parlent de campagnes de pêche, de châteaux de sable, de jardin secret. Sœur Anne est descendue du rempart. La douve tire ses lentilles du puits, permettant à la vérité de laisser ses seins dire à haute voix ce que l’on cache hypocritement. Ramené, un chevalier, s’accorde à l’amble d’un trot. L’éboulis d’une carrière garde les mains calleuses d’un tracé architectural en liant tiré d’un bas-relief, les psaumes reculent au premier cri de l’innocent avant que les chiens ragent. Il faisait noir au point que la diagonale du vitrail s’alluma. La beauté c’est les mains du silence en prière laïque, l’athée cohère, passent des Mermoz, Saint-Exupéry, la Postale sait l’Atlantide. Si les ailes se reflètent comme un poisson volant touchant terre il faut arrêter de chercher une réponse et trouver dans l’entrée de sa naissance le mystère à garder inviolé…

 

B-A : Alors ce serait donc ce grain tombé de l’épi du temps que l’on fait pousser dans la terre meuble de l’imaginaire prompte à doubler la récolte à la racine de l’âme jumelle. Une eau qui se boit elle-même dans des jardins de feux. Un autodafé intime en somme…Un combat corps à corps avec l’âme qui doit pousser droit sous des yeux grand- ouverts?

 

 N-L : La flamme intérieure demeure inconnue de beaucoup. L’errance guide la pensée d’une canne blanche qui dissimule le vilain canard noir aux yeux de l’opinion publique.

 

Barbara Auzou / Niala-Loisobleu

LES PAUMES D’ADAM


 

 

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LES PAUMES D’ADAM

 

ils s’insérent les peupliers du lé d’une l’écluse à l’autre dans le paysage d’un canal de la mare au rein. Quelque idée de changement vite laissée de côté.

Au cadran le soleil versatile se dépense avec plus ou moins d’avance qu’un peu de retard. Trop souvent mis aux sautes du brouillard

S’ils n’auraient jamais eu d’enfants

mouraient tous seuls

ils auraient pas été heureux

Mais sans que ça dommage la qualité du vrai profil de la terre

et sans atteindre au final

la certitude d’avoir vraiment traversé leur vie en ballon captif dirigé par eux…

 

Niala-Loisobleu – 18/09/18

LE MONDE EST ABSURDE. QUELLE JOIE!


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LE MONDE EST ABSURDE. QUELLE JOIE!

Les premiers recueils du poète — c’est frappant dès qu’on les aborde — s’incrivent encore dans la volonté explicite de retour au monde qui, par réaction contre
la quête symboliste de Tailleurs indicible et l’enfermement dans les serres chaudes, marque la poésie, de Verhaeren aux unanimistes, d’Apollinaire et Cendrars à Saint-John Perse.
«La poésie nouvelle, lasse d’etreindre des chimères, cherche de plus en plus à se développer sous le contact immédiat de la réalité », dit Neuhuys
dès les premières lignes de ses Poètes d’aujourd’hui (P.A., 7). Et dans Le Canari et La Cerise, il insiste à plusieurs reprises sur cette présence du monde: à
l’inverse des gens qui, «derrière les vitres embuées (…) ont l’air d’être dans une salle d’attente» (C.5., 16), «les jeunes ne vivront plus selon les vieilles
lois (…). Ils étaient las d’attendre et si las d’espérer, et de regarder la vie à travers un vitrail décoloré» (C.S., 20). Ce qu’ils veulent, au contraire, c’est
que. selon les préceptes du nouvel «art poêtique», «la tour d’ivoire devienne une maison de verre et se brise» (C.S., 17)

Mais confronté ainsi au monde, le poète n’est plus celui qui. comme un Verhaeren, pensait pouvoir encore le saisir entier dans sa cohérence et son devenir pour en exprimer le
sens. Il en a trop éprouvé la multiplicité et les contradictions. (Ne serait-ce aussi que parce que la guerre vient de passer, et avec elle la ruine de bien des illusions …).
Après Apollinaire qui «jette pêle-mêle» dans ses poèmes «les objets les plus disparates» et «ne cherche aucun rapprochement dans les
idées» (P.A., 16-17). après Cendrars, auteur d’une «poésie désultoire» qui souvent «ressemble à une liste hétéroclite d’objets
trouvés» {P.A., 28), la vision simultanée que l’on entend restituer du monde ne peut que faire sentir le désordre profond qui l’habite et son opacité. «Le bruit
des voix a remplacé le sens des mots» {C.S., 20), dira » Neuhuys. Et quand il prétendra avoir « toujours eu l’esprit tourné vers les lois qui régissent
l’univers», ce n’est plus que par ironie, pour se référer aux mouvements qui animent «le cerceau et l’escarpolette», puisque, dira-t-il, «je conduisais ma vie
comme un cerceau léger» (ZA., 24)…

Y aurait-il eu encore, malgré tout, quelque velléité de retrouver un sens commun, un ordre fondamental, que dada y aurait porté le coup de grâce. Le dadaïsme qui,
se refusant à toute logique, «consiste à coucher par écrit les choses qui ne tiennent pas debout», constate sentencieusement Neuhuys, «répond aux exigences
philosophiques de l’heure». Et d’en chercher des preuves dans la relativité selon Einstein et dans la théorie bergsonnienne de l’élan vital «qui reflète le
changement incessant de l’univers et qui déborde toute canalisation» (P.A., 70). Toutes les catégories qui permettent une lecture cohérente des choses sont donc
«mensongères» (P.A.. 79), il faut «se libérer des concepts relatifs de la raison humaine» (P.A., 71). Il ne reste donc qu’une attitude: admettre l’absurde comme
loi fondamentale.

Mais cette attitude n’a rien ici de désespérant. Considérer l’absurdité fondamentale du monde constitue au contraire l’unique point de vue qui permette à «la
conscience lyrique» contemporaine de se développer au maximum de ses possibilités. «C’est dans les régions vierges de l’absurde que surgissent les découvertes
transcendantes. (…) L’absurde n’est pas le scepticisme. (…) C’est le résultat d’une vision complète. (…) En connaissance de cause, la poésie se plonge dans l’absurde comme
un fleuve salutaire». L’absurde est «le seul mode d’exaltation qui soit conforme à l’esprit du siècle» (PA., 113).

Car si le monde est absurde, il est permis aux poètes de l’appréhender n’importe comment, dans la plus totale liberté. Les créateurs pourront même entraîner
«la poésie par les pires dissociations d’idées jusque dans le plasma de l’incompréhension universelle» (PA., 14), Superbe formule et qui montre bien comment il n’y a
plus désormais à se soucier d’un sens préétabli ou à découvrir. La poésie n’a plus à se percevoir en terme d’unification de son objet, elle peut
s’adonner à la dispersion, à la dissémination: «Elle répond à l’angoisse philosophique de l’heure actuelle par la fulguration des idées et des couleurs, par
l’explosion des sens et des sons» (PA., 14). En toute licence désormais, «elle s’abandonne à tous les sursauts du hasard» (PA., 13).

A partir du moment où il n’y a plus de logique, où il n’y a plus d’ordre imposé qui soit requis pour nommer les choses, le hasard peut en effet occuper une place
prépondérante. On ne dira jamais assez le bouleversement apporté dans la démarche artistique de cette époque, et particulièrement dans les pratiques
dadaïstes, par l’introduction de la notion de hasard. Des mots tirés d’un chapeau par Tzara aux déchets que Schwitters ramassait dans la rue pour ses collages, c’est à une
véritable révolution copemicienne que l’on a affaire. Ce n’est plus désormais le sens qui dirige la mise en place des composantes de l’œuvre, mais ce sont celles-ci qui
viennent apposer, par leur apparition fortuite dans l’espace de l’œuvre, les significations qu’elles véhiculent. On verra d’ailleurs la place importante que Neuhuys réserve au
hasard dans sa poésie; l’influence de dada sur l’écrivain anver-sois a été en ce sens prépondérante.

De plus, •• l’acceptation de l’absurde exige une constante activité. C’est ce mouvement qui entraîne la poésie dans le rythme d’une étemelle gaieté»
(P.A., 114-115). Ayant efface tous les sentiers battus, ayant renié toute loi et toute volonté d’organisation sémantique 9, le poète ne peut plus compter que sur sa
vitalité première, sur le rythme impulsif qui le pousse à la découverte du monde, à l’instar de l’enfant chez qui aucune contrainte encore ne vient freiner
l’énergie ludique et qui vit pleinement dans l’immédiat. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que l’on assiste chez Neuhuys à une valorisation de l’attitude infantile,
de ses jeux et de ses facéties. (Ainsi, dès le premier poème du Canari et la Cerise: «Au jardin zoologique proche/nous jetterons des noisettes dans la cage du mandrill/et en
revenant par les petites rues désertes/nous tirerons aux sonnettes des maisons» (C.S., 13)). Rien d’étonnant non plus à ce que toute son entreprise poétique soit
placée sous le signe du non-sérieux, du jeu, de l’humour, de la fantaisie. Ce monde absurde, c’est en riant que le poète d’aujourd’hui l’observe et le décrit. -Ce rire c’est
notre sensibilité moderne qui, de surprise en surprise, assimile le pire et le meilleur. Au siècle dernier, on inventait une nouvelle façon d’être triste, maintenant les
poètes nous signalent une nouvelle façon de connaître la joie» (P.A., 18). Tout au long de l’œuvre, les notations de rire et de joie seront innombrables: «mon rire
de poète lui a sauté au cou (C.S., 15), «mon rire claque comme un drapeau mouillé» (C.S., 19), «mon cœur est gai comme un poisson d’avril dans un arbre de
mai» (Z.H., 23),«la fraîche joie de vivre» (Z.H., 24), «Gai ! Gai! carguons les voiles» (M.S.. 57) … Tout comme sera permanente la thématique de la
fête et l’attraction pour les lieux de plaisir, la kermesse, le théâtre, le cirque. «Chaque écrivain a son lieu mythique », trouve-t-on au début du Cirque
Amaryllis. « Pour ce ruffian de Moncorbier c’est la taverne/pour moi c’est le cirque» l0.

La vie elle-même ne devrait-elle d’ailleurs pas être envisagée comme un jeu? Neuhuys explicite brièvement à l’occasion cette considération qui fait écho
à celle de l’absurdité du monde: «L’Homo Ludens, c’est de l’homme qui joue qu’il s’agit et qui joue d’une certaine manière … (…) Le secret du mot jeu est dans joie et
jeunesse. Depuis l’enfance, il est la trame de la vie (…) Jeux néméens, jeux icariens! (…) Jeux innocents, jeux violents, jeux interdits … Dans tout homme sommeille l’homo
ludens» « .La poésie devrait alors toujours garder cette empreinte du ludique et du non-sérieux. «Lorsqu’on me dit d’un poète qu’il a pris conscience de la gravité
de son art», déclarera encore l’écrivain, «je crains fort qu’il ne soit ennuyeux et qu’il ne sache faire la part du feu et du jeu»l2. Et ailleurs: «Seule la
poésie peut triompher de l’esprit chagrin» l3. Car, au fond, «la vraie poésie se moque de la poésie » ,4. A bon entendeur, salut !

Mais cela ne veut pas dire que les vers ne puissent charrier aussi des propos essentiels. «On reconnaît les poètes d’aujourd’hui à leur gaieté entraînante mais ce
n’est pas là une gaieté aussi superficielle qu’elle paraît au premier abord. Tout ce qu’on voit pour la première fois est drôle. Toute originalité est
forcément drôle. Le rire peut couvrir le froid du cœur. La gaieté des poètes d’aujourd’hui n’est pas une gaieté à fleur de peau. Ils cherchent la gaieté
jusque dans l’éternité».

Paul Neuhuys