LA BOÎTE A L’ÊTRE 39 / COULE L’EAU


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 39

COULE L’EAU

Chevilles en gargouilles

Au bord du quai

Les ongles d’une nuit griffent

Les pas qui vont de travers

L’Ile St-Louis cherche où asseoir son chêne

Il n’y a plus d’espace vers la justice

La Conciergerie est dans l’escalier

Les affaires renvoyées en poste restante

Un chat maigre surveille la souris de l’ordinateur

Les yeux enfoncés dans un famélique festin

D’un délire d’affamé

Quand la Seine partit un certain matin du Plateau de Langres

Est-il possible qu’elle ait pu imaginer les peines

Qu’il lui faudrait supporter avant de gagner son Hâvre

J’en doute

Quoique les méandres m’interpellent

Ne sont-ce pas des spasmes

Des ruades

Des j’irais pas plus loin

Si elle a eu des prémonitions

Jehanne mise à part

Mais roue en dedans

Peut-être qu’elle a vu la première

Le mal de France

Sous ses formes géopoliticophysiques

Batelières

Ou maritimes

Quelle drôle d’idée d’avoir donné ce nom là à un transatlantique

Surtout quand on flotte de travers

Qu’on prend l’eau à la première goutte

Alors j’te dis pas quand la tempête arrive

J’ai gardé la verdeur de la mousse des bords de quai

Mes fesses en sont tatouées à jamais

Louis , mon père

M’y a appris à lire l’homme

Rhune pas piqué des foins

C’est fou comme un bon maître est un pont insubmersible

On a été quelques uns à cette école là

Nos fronts en gardent les craies

Coule l’eau

Coule la vie

 

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2011

 

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EPREUVE


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EPREUVE

Bout de la ficelle défait de la patte, l’horizon est détaché

propre et figuré.

Les yeux roulement à billes vont y embarquer

pour s’y taire,

faut apprendre à regarder…

Niala-Loisobleu – 3 Mai 2018

 

L’EPOQUE 2018 – ET DANS LES YEUX DE CEUX QUI DANSENT


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L’EPOQUE 2018 – ET DANS LES YEUX DE CEUX QUI DANSENT

 

Quand je vis la voiture s’arrêter devant l’atelier, je précédai la sonnerie de la grille d’une coudée d’intuition.

Bonjour je viens du passé, me dit le visiteur inconnu.

J’étais ami des ……… que vous avez bien connu, vous avez fait tant d’expositions ensemble, leur fille a posé pour vous, vous souvenez-vous ?

Ils sont morts tous les trois.

Dans mes yeux embués qui se retournent en arrière, devant moi les voici qui remontent, clairs et toujours joyeux. Amateurs d’Art, mécènes ce couple fut au premier rang de mes créations de salons internationaux. Leur fille en figure de proue….

Et plus de trente ans après, encore là, me voici repartant comme si c’était la première fois….en tant d’aime avec Barbara Auzou.

C’est un signe je crois.

 

Niala-Loisobleu – C’est vrai ça vient d’arriver le 23/04/18 à 14 heures.

 

 

 ET DANS LES YEUX DE CEUX QUI DANSENT

 

La lumière incendie ce qu’il reste d’absence
La couleur de l’instant se confond à demain
Je n’entends plus qu’un arbre au dessus de tes danses
Un sapin décoré de tes ongles sanguins
Entamons la chanson des enfants et des morts
Tout est beau tout est laid je ne sais plus rien dire
Peut-être un peu trop con pour accepter le pire
Le meilleur millénaire est celui où l’on dort

Je rêve seul dans les ruelles
Au seuil d’un vieux soleil tombant
Ce n’est pas que la vie est belle
Mais elle en a tout l’air pourtant
Je sors à peine de mes pleurs
Mes jérémiades musicales
L’eau fraîche a le goût du bonheur
Il n’y a rien de plus normal
Dire qu’il faudra que je meure

Je salue les passants d’un sanglot de fatigue
Sous le vent du sommeil aucun d’eux ne m’entend
Je me soûle en rêvant tout au bout de la digue
Je ne sais qui je suis je ne sais qui j’attends
Les fantômes fardés de mes fruits de mémoire
Se dessinent sans bruit sur les boucles de l’eau
Il ne manquerait plus qu’un oiseau vienne boire
Au cylindre de feu qui me sert de goulot

Les pianos s’accordent tout seuls
Les voix s’élancent du comptoir
Les lunes font ce qu’elles veulent
Le délire fait le trottoir
Faudra-t-il que la nuit s’avance
Jusqu’au midi du lendemain
Pour que le ciel auquel je pense
Trouve sa place dans mes mains
Et dans les yeux de ceux qui dansent

Pourquoi faut-il toujours que les matins s’écroulent
Au fil de ma spirale idiote et sans pitié
Au fond de mon cerveau j’ai des pierres qui roulent
Je ne suis plus très loin de ton château d’acier
La porte de tes seins m’accable de reproches
La porte de tes seins se ferme sur mes doigts
L’air chaud ne trompe pas je te sens tu approches
Pourvu que mon soleil soit resté dans ta voix
Et dans les yeux de ceux qui dansent

L.L.P – Louis Lucien Pascal

 

L’APPRENTI QUE JE RESTE


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L’APPRENTI QUE JE RESTE

 

Juste comme un brin

et fou comme un jeune chien

je marche sur la raideur de l’herbe gelée

quatre-feuilles au trèfle chauffées

Ô mon coeur je te crois

on a nulle part où aller que là où on naît

Ne te renies pas

demeures et bâtis fol

lucidement

le Bleu est l’île à dents…

 

Niala-Loisobleu – 7 Février 2018

FENÊTRE SUR HORIZON


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FENÊTRE SUR HORIZON

Ses cils entre une noire et une blanche, la ville rause ô ma fille nous garrotte

l’oeil d’y voir au bout des cordes de l’aqueux, lâchons l’enclos du ring

Sonne pas l’étroite foi

dis au facteur de s’abstenir et gratte-moi dans le do

Je demeurerai la

Piano forte

Les corps hauts d’une assemblée se constituent, la couleur attire sans traction… Mis dans le jute d’une toile à sac, chaque pièce se cherche. Du satin blanc s’est tissé spontanément, mots-dits-blues vous voici l’harmonique innocence formée à l’expérience de l’usage d’étreints déraillés aux aiguillages trop gavés. Le décor toujours suspendu aux cintres a mis la scène en travaux. Le souffleur est en chaume pour révision de sono chez l’orthophoniste.  Il s’entraîne au Tai Chi dans le kiosque à musique. La partie secrète du jardin invite à se déchausser. Le lieu sacré a fait connaître son passage. Il ne pleut plus ,dis-moi quel est ton nom

Niala-Loisobleu – 04/02/18

 

LA BOÎTE A L’ÊTRE 31


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 31

 

JE SUIS FILS DU CANIVEAU

J’ai grandi comme un fruit sauvage déposé par le vent, graine épluchée d’une trémière par la liberté d’un oiseau et larguée dans la fissure d’un trottoir en béton. De l’eau claire du caniveau, j’ai gardé l’accent des marchandes de quatre-saisons. Le teint d’un jardin maraîchin, les fragrances grimpantes de la couleur, le vert acide d’une cressonnière aiguisant la voix du rémouleur. La rue me donna très tôt l’allure contraire du portefaix qui plie sous l’accablement d’une vie de regrets. J’ai gardé cette transparence de l’espoir du carreau des salines. Vitrier d’un chemin écarté  du négatif. Pourtant la spécificité d’un bonheur simple ne se trouve nulle part aux étals de cette  rue du Commerce soit-disant humaine.
La peur qu’un état de guerre met dans le quotidien est faite de multiples frustrations psychiques et de privations physiques. Ce qui peut expliquer qu’entre deux trottoirs j’ai choisi de marcher sur celui qui n’est pas à l’ombre.
Rue du Bac, la Seine, le Pont-Royal, Le Louvre, bon jour voici les Tuileries. Mon innocence d’enfants a perçu le rougeoiement du feu cuisant la terre, tuiles et tomettes dans toute la symbolique du voyage initiatique.
Le Bleu est entré dans mon âme pour ne plus jamais en ressortir.
L’Amour que la souffrance met au monde doit posséder des chromosomes en supplément. Qui donnent une perception différente du genre humain. De la lucidité-innocente au point de voir que tous les vices humains sont incapables de le réduire à néant.
Tout ce temps que j’ai passé à ne recevoir rien d’autre que le besoin de donner, ça rend le paysage de la vie identique, à mon sens, a du présider à son idée première. C’est impossible que dans son élaboration on ait pu décider de ce qui en fait le quotidien de la réalité cauchemardesque. Je ne crois pas en dieu. Sans doute que mon sens du sacré vient de là. Ma foi étant entièrement libre. Donner fait obligation de passer par les degrés d’apprentissage qui pourront armer sa faculté de clairvoyance et de résistance à la demande sans limite qui, sans préparation, ne donnerait que  préjudice au Soi et à ceux vers qui on se tourne..

Niala-Loisobleu – 21 Décembre 2016/2018

 

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