VIE PRIVEE 38


VIE PRIVEE 38

Alors que les files de voitures se forment vers les plages, dos tourné aux bureaux de vote, le filet à papillon de ma pensée profonde capte  » Ici Londres – Les français parlent aux français ». Une voix de métal vibrant fuse, creuset de l’alliage sans paille. De Gaulle lance son appel…

Regarde mon maillot de bain dit- elle à la copine qui s’enduit le corps d’une arnaque à cellulite. Comment tu trouves ? Un brésilien de passage jette un oeil qui remue comme une samba dans une cabine d’essayage de son dessein mateur. Ouah il te fait un cul à foutre le feu à la mer. Rires. Les deux copines sont déjà au milieu d’un banc de maquereaux au vain blanc. On va bientôt ouvrir les bureaux de votes. Les bénévoles du « a voté », vont pouvoir souffrir du la chaleur, c’est pas les mouvements d’électeurs qui ventileront le bureau. Lundi la sanction prendra vigueur. Le roi pourra faire parir son édit. Les syndicats retrouveront la rue, mais pas avant Septembre, ils sont en congés payés jusqu’à la fin de la période estivale. Les valises sous les yeux, nos deux copines qui se battent l’oeil de la politique, en descendant du train de retour, chercheront sur internet où on peut manifester contre la fermeture des tubes de l’été.

Niala-Loisobleu – 18 Juin 2017

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Homme c’est à toi de décider


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Homme c’est à toi de décider

A regarder autour de moi, je voyais bien cette fébrilité qui, telle une vague scélérate se déployait alentours. Couchant la clarté des idées dans un imbroglio de sentiments à priori semblables, conduisant à un désespoir collectif. L’anticipation de l’irrémédiable s’étalant comme la panique qui dirige la foule. L’impression générale se conforte. Les contrariétés ordinaires sont remisées en arrière, la peur avec sa majuscule anonyme fait la une.

J’ai vu de la vie trop de rivages pour manquer de souvenirs. Ma naissance m’avait donné ceux de ma famille. il ne peut y avoir l’ombre d’un doute, je crois pouvoir affirmer que le monde à la même peur de vivre depuis son origine. En évoluant, il change juste la manière de la vêtir pour la transporter. La citrouille de Cendrillon s’est faite capsule intersidérale, voilà tout. En revanche à part la technique, rien ne bouge dans le bon sens au niveau du comportement humain. A part l’appauvrissement au propre comme au figuré..

Voilà qui me pousse à une neutralité de pensée, moi l’engagé.

Je crois avec une nouvelle fermeté dans un monde pérenne, J’y crois à cause de l’impossibilité de laisser la dégradation se poursuivre. Où on change tout parce qu’on a plus le choix. Ou on laisse ses yeux voir à côté de ses pompes et préparez le convoi.

Tous les atermoiements individuels ou collectifs n’étant que cataplasmes pour gens de bois. Homme c’est à toi de décider de ton à venir.

Niala-Loisobleu – 5 Juin 2017

TAIN DE PROMESSE


TAIN DE PROMESSE

Est-ce la matière à couleur
que tu attends
corsage ouvert
quelques grains de sel dans la paume
ou la banda et ses cuivres coiffée de bérets rouges
Est-ce le temps que tu relayettes
dans la grotte de ton ventre
en posant tes mains d’ocre aux parois
les deux seins tremblants
devant la horde sauvage des hommes
Est-ce moi que tu retiens
noeud d’union qu’une promesse fila
dans l’haleine d’une odyssée
au dur métier de vivre dans les marées de larmes
corps enquillés pour ne plus dessaler
Le jour de demain se pouvant aussi bien nuit à huis clos
qu’appareillage à la découverte d’un espace libre hors naufrage
il sera
ce que Nous
en aurons faits, sortis de l’isoloir intime
Niala-Loisobleu – 22 Avril 2014
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Où sont les fruits ?


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Où sont les fruits ?

Rien ne grandit ici qui n’ait le poids de l’ombre.
La nuit même se cueille avec des gants de suie
Et son bouquet se fane entre les mains des pluies
Et l’on dit que son cœur est plein de graines sombres.

Le monde surprenant des bêtes endormies
Glisse dans les chemins et laisse un long remous
De sueur et de lait à la robe des loups.
Les pieds dans les cailloux, je t’attends, mon amie.

Car sans toi ma journée est perdue et s’en va,
Comme tant de journées, se mêler à l’oubli,
Si tu lèves le bras, les murailles d’orties
N’arrêtent plus le sang de couler sous pas.

Je ne vois pas tes yeux mais je sais comme ils brillent.
Le vent noue à ton cou son collier de fraîcheur.
Tu pousses les verrous des portes de la peur
Et tu n’écoutes plus ce que les soldats crient.

L’un a perdu la voix et sa besogne est faite;
L’autre reste les bras ballants devant la vie
Et défait le cocon d’un sommeil de charpie.
Pour moi le jour s’avance avec ses chants de fête.

S’il se mêle à cette aube un goût de tragédie
Il vient d’un souvenir que nulle eau n’effaça
Ton amour s’il me manque est un jeu de forçat
Et mon cœur pique au mur sa triste broderie.

Il pousse au bord des champs de grandes feuilles rouillées
Qu’aucune main n’arrache aux mortelles caries.
Les pâles tournesols surveillent les prairies
Et penchent leur œil noir vers les herbes mouillées.

Quelle fronde a brisé le fil des rêveries?
On n’entend plus le bruit du vent dans les villages.
La guerre a devancé dans la plaine l’orage
Et disperse ses morts sous des terres fleuries.

Il ne se passe rien, mais on ne sait quel feu
Réveille dans le chant d’un oiseau la folie
De la terre et des cieux. Les désastres s’oublient
Trop vite et la lavande enlève ses bas bleus.

Albert Ayguesparse

J’ai bien arrosé les espaces secs, binné les mottes racornies, filtré les zones polluées, enfin mis, sans intercaler, sans doute, le doute suffisant, la volonté d’aimer au-delà de la raison. Pareil au sens qui m’anime dans le concept de mon coeur. Qui s’en souvient, parce que demander qui s’en souviendra serait pour le moins totalement dément…Ce monde ne sait que prendre, donner est au-dessus de ses moyens.

Niala-Loisobleu – 5 Avril 2017

 

 

A VRILLE QUE VEUX-TU


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A VRILLE QUE VEUX-TU

Ceci n’est pas une pipe me dit-elle en refermant la blague à j’t’abas si t’avances à bout portant Si ça sent le poisson c’est pas moi qu’en ai mis un au bout du fil, vu qu’en Avril comme en autre, moi, j’suis pas couvert du moindre A vrille, à vrille, putain c’est déjà l’embryon du prochain président qu’est dans l’oeuf Euphémisme que cette tristounette campagne où l’amer est en plein centre vil Nous n’irons plus aux bois trousser l’ô net passant En politique plus tu mens plus tu sondes haut, à croire que la statistique s’évalue à la canule mise au plus profond du trou à purin, En France on aime pas le Ricain, alors comme dab on va se la jouer Trump pour avoir de quoi s’en plaindre durant un quinquennat L’école publique continuera de laisser croire aux enfants qu’on vit en démocratie tout en leur sapant un peu plus le sillon qui les abreuve La Marseillaise grâce à la Bonne Mère, pourra perpétuer l’enfantement dans la douleur

Je vois l’herbe devant ma porte et je me dis qu’à la cabane j’ai pas besoin de mots quête Sans doute que mon impression de paradis vient de là Quand le feu avale nos forêts et qu’il n’y a pas d’avion dans le pompier, me reste le saut en dehors du vide que je peux peindre grâce au talent personnel de tout un chacun de vouloir aimer vivre Pas plus que toi, Bouffi, j’ai la capacité de refaire ce monde pourri, seulement ce qui pousse dans mon coeur ne dépend que de mon savoir jardiner propre La haine m’excite l’amour Fou et fier de l’être, voilà dans le pire des cas ce que je vous souhaite Et ça ce n’est pas une pipe, m’aime si nous voilà le 1er Avril

Niala-Loisobleu – 1er Avril 2017

1.09.2016 - 1

MASQUE DE FAIRE


MASQUE DE FAIRE

Masque de faire

Sur la console la cane et les gants

jettent un oeil aux bandes molletières

du tapis central

de l’escalier de service

Masque de faire

Semblant taler

un fruit vert

immature

la sébile de fruits

du mendiant

Masque de faire

Globe taire est-ce ?

Non

la jarretière

de la mariée

sur la cheminée éteinte

a oublié qu’un jour

elle a pu jouir

Masque de faire

Quelques poils

contre l’écorce d’un arbre

lèchent les chiens

c’est signe que l’écu est en vacances

Masque de faire

Quand M.Dépavé

fait les grands boulevards

le bas dos s’insurge

voilà du commune art sans cinéma

Masque de faire

Une casserole tirée par un marri

une veuve qui tisse debout

une déception de coeur à prendre 3 fois par jour

un sein qui ni touche

une fesse que ce que j’te dis

c’est l’avis

qui s’met à la colle

dans les murs à tout l’monde

Masque de faire

crois de moa

crois de faire

si tu votes pas

te plains pas

de rester en enfer

Niala-Loisobleu – 27 Novembre 2016

 

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La dernière larme de l’Alambic


La dernière larme de l’Alambic

Au terme des spasmes de mon serpentin, la dernière larme d’une longue quête est tombée.

Personne ne manquait, ils étaient là mes trois fils, sauf que deux n’ont pas eu le courage de se montrer. Vide de la coquille,  pas m’aime un st-bernard dedans pour déplacer le vide…rien ni bon jour et encore moins au revoir.

Heureusement pour eux que le vin et la cantine étaient bons, au moins vu comme y z’ont bouffé, ils garderont un souvenir d’un moment où ils n’ont pas eu les couilles de se soustraire.

Patrice mon garçon, toi tu avais voulu répondre au désir de ton gentil Yann qui pour ses 18 ans voulait avoir son grand-père pour cadeau. Tu as pleinement réussi. Merveilleux moment de vie que celui partagé avec Sylvie et vos 4 hommes: Romain, Maxime, Thomas, Yann et leurs compagnes.

Le bonheur ce n’est pas un du. C’est ce que l’on mérite  après avoir fait ce qu’il faut pour le gagner.

Cette journée n’a fait que le démontrer d’un bout à l’autre.

Entre la chaleur de l’une et de l’un, le flux de Nao l’enfant-vie

et la dérobade en jusant de mon aîné et de mon benjamin, si je n’avais été de face à les regarder avec mes pieds pour seule photo…personne n’aurait pu même imaginer qu’ils étaient venus voir leur père.

Adieu Chouchoune, adieu Jimmy

Bon Jour Patou !!!

Niala-Loisobleu – 20 Septembre 2016

 

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C’est la nuit que la fraîcheur musicale se réveille dans la nature


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C’est la nuit que la fraîcheur musicale se réveille dans la nature

Avant de remonter dans une branche du sommeil, je décidais d’empreindre la garenne par le couloir des yeuses. Majestueusement dressée dans sa clarté, la voûte étoilée avait remontée l’intensité lumineuse de ces derniers jours d’Août. Les bougies du gâteau d’anniversaire  de mon petit copain Théo pensais-je avec un sourire heureux. Les questions que le monde m’emmerde à poser sont faites que pour fermer les yeux sur l’intérêt de ce qui montre tout dans un silence émouvant.

C’est la nuit que la fraîcheur musicale se réveille dans la nature.

Ce jour qui a commencé à s’endormir laisse un bonheur éveillé en moi. Il est de tant de bruits d’eau qu’il demeure bruissant avec les gris-verts-argentés d’oliviers aux troncs tordus par l’opiniâtreté qu’ils ont mis à surmonter la souffrance de vivre. Un combat où la paix ne sort pas vainqueur, juste une défaite pour des circonstances n’ayant que l’esprit de bloquer tout, pour rien.

Dans l’ascenseur nous montons une femme sans âge tenant une petite fille par la main. Je la reconnais, elle habite en-dessous, engoncée dans un col roulé qui l’empêche de franchir les montagnes de sa réserve. L’enfant ne cesse de lever ses grands yeux vers moi. « Tiens-toi tranquille Aurore, ne regarde pas ainsi le monsieur, c’est pas poli ». Elle est lumineuse, son beau visage me parle. Oui, c’est ça, de ce qu’on se dit plus que ses yeux me disent. L’ascenseur s’arrête à leur étage, elles descendent. Je dis « Bonsoir Madame ». Elle tire sa fille sans dire un mot. Avant que les portes se referment, je vois l’enfant dans le couloir me faire des grands signes avec la main. Ma gueule qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? En entrant dans mon appartement, je pose les clefs et redescends à pied me coucher sur un ban.

Je n’ai voyagé qu’en humanité, tout collé contre toi mon Coeur.

Niala-Loisobleu – 24 Août 2016