FOIRE AU VAIN


FOIRE AU VAIN

Dégringolant de la colline, les côtes en sauts ternes baladent le bonimenteur dans les rues de nos boîtes aux lettres. Grand cirque dit le beau parleur, en nous saturant les oreilles au volant. Des silos à vinasse ce qui sort c’est du pinard qui monte en degrés, avec le rond (espèces sonnantes et trébuchantes) en bouche. Un point c’est tout. J’aimerai savoir combien y a de grammes de chimie pour un grain de raisin dans ces noms qui furent grands avant le développement de la frime des arts de la table. Les noeuneulogues vantent à grand bruit de casseroles un truc en or parmi l’abus du tout est à vendre à condition d’y mettre que le prix. Les gueules noires qui ont monté les terrils doivent gratter du squelette d’envie de trinquer du grisou. Pensant à la misère qui fut la leur, l’avènement prochain des bouilleurs de cru-ôté doit leur faire mal au cul. Le changement climatique prouve que ça peut rapporter plus en le renforçant plutôt que de raser ce qui l’alimente. Le profit c’est un réchauffement pour le coeur du fromage…

Niala-Loisobleu – 3 Octobre 2017

1ivrogne

A BON ENTENDEUR


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A BON ENTENDEUR

Tu serais l’éternité du mouvement statique

avoué

que je n’aurais eu  qu’à me taire pour tes phrases inertes en creux

camouflant une obstination de désamour maquillé cruellement

dans un mélange de ferveur si ostentatoire

que ça  fait même fuir les mouches du cocher

De l’âtre diabolique d’où tu sortis

j’écoute les flammes remettre aux chenets tes pieds fourchus

sans crépitement de bois vers la force du sentiment

Plus chaud d’ardeur qu’une fausse-promesse de marché libéral, tu meurs. Le temps de dire ne sera plus pressé comme un citron dans de l’ô gazeuse à l »étouffée, mains tenant le silence vomit ses retenues sur les Je Nous du Prince des Brigands. L’incitation au semblant est mise en fausse-couche et Toi qui ment d’ordinaire, tu vas être mis atone, bâillonné du canon de pêché bel. Tes façons éhontées d’user d’arnaque au sentiment selon ton gré et avec force likes, seront désormais sous haute surveillance d’un sniper adepte du tir sans sommation: parfaitement au courant de ton identification, éliminant ton anonymat. On ne peut laisser piétiné ce qui est humain et être en permanence humilié. La décence, tact élémentaire du respect de l’Autre exige sa légitimité de reconnaissance. Mépriser à l’extrême au nom de l’élitisme (plus que douteux) quand ça déborde, ça déborde. Cabot de mon cul, je refuse tes merdes sur le trottoir de notre Vie. Le Monde selon tes yeux c’est que du pipeau.

Niala-Loisobleu – 31 Juillet 2017

 

JEUX DE VIVRE


JEUX DE VIVRE

Un jour, il y a longtemps, je m’étais fourvoyé dans la question du bien-fondé. Le nombre de réponses est terrifiant. Les raisons invoquées sont omniprésentes dans la contradiction. Si bien qu’on ne peut y trouver que la vérité mariée avec son mensonge. La croyance excelle dans l’art d’opposer. Amenant au pire à partir d’une idée gentille, proposée par un sens de la morale. Exposant aux débordements les plus inhumains dès qu’elle devient politico-religieuse, par son glissement extrémiste.
Le journal-télévisé ouvre sur le chapeau fleuri d’une reine. Elle va l’arroser avec les pompiers d’un immeuble en flamme. Un rhéteur tombe la veste et trinque avec un groupe de sourds-muets pour échanger un peu plus loin un point de vue avec un aveugle. La vitesse sur les routes de la pollution sera réduite pour que les radars aient plus de temps pour flasher. Et la chanson de l’été vient se poser sur toutes les bouches. Le tatouage ne se cache plus. On a éradiqué l’idée qui faisait croire que l’homme s’asservit de son plein gré. A preuve ce reportage sur les combats en Syrie. Quel scoop ces gens voilés qui tirent dans tous les sens au milieu de ruines. Et pendant que des familles traversent des champs de mines, la speakrine écarte les jambes pour nous faire voir la vente aux enchères record d’une lettre de Vincent demandant du secours à Théo. Avant d’arrêter la télé, j’ai reconnu la tête du décapiteur, c’est celle de mon voisin qui prêche l’amour du prochain.
Niala-Loisobleu – 26 Juin 2017

A Némésis

Non, sous quelque drapeau que le barde se range,
La muse sert sa gloire et non ses passions !
Non, je n’ai pas coupé les ailes de cet ange
Pour l’atteler hurlant au char des factions !
Non, je n’ai point couvert du masque populaire
Son front resplendissant des feux du saint parvis,
Ni pour fouetter et mordre, irritant sa colère,
Changé ma muse en Némésis !

D’implacables serpents je ne l’ai point coiffée ;
Je ne l’ai pas menée une verge à la main,
Injuriant la gloire avec le luth d’Orphée,
Jeter des noms en proie au vulgaire inhumain.
Prostituant ses vers aux clameurs de la rue,
Je n’ai pas arraché la prêtresse au saint lieu ;
A ses profanateurs je ne l’ai pas vendue,
Comme Sion vendit son Dieu !

Non, non : je l’ai conduite au fond des solitudes,
Comme un amant jaloux d’une chaste beauté ;
J’ai gardé ses beaux pieds des atteintes trop rudes
Dont la terre eût blessé leur tendre nudité :
J’ai couronné son front d’étoiles immortelles,
J’ai parfumé mon coeur pour lui faire un séjour,
Et je n’ai rien laissé s’abriter sous ses ailes
Que la prière et que l’amour !

L’or pur que sous mes pas semait sa main prospère
N’a point payé la vigne ou le champ du potier ;
Il n’a point engraissé les sillons de mon père
Ni les coffres jaloux d’un avide héritier :
Elle sait où du ciel ce divin denier tombe.
Tu peux sans le ternir me reprocher cet or !
D’autres bouches un jour te diront sur ma tombe
Où fut enfoui mon trésor.

Je n’ai rien demandé que des chants à sa lyre,
Des soupirs pour une ombre et des hymnes pour Dieu,
Puis, quand l’âge est venu m’enlever son délire,
J’ai dit à cette autre âme un trop précoce adieu :
« Quitte un coeur que le poids de la patrie accable !
Fuis nos villes de boue et notre âge de bruit !
Quand l’eau pure des lacs se mêle avec le sable,
Le cygne remonte et s’enfuit. »

Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle,
S’il n’a l’âme et la lyre et les yeux de Néron,
Pendant que l’incendie en fleuve ardent circule
Des temples aux palais, du Cirque au Panthéon !
Honte à qui peut chanter pendant que chaque femme
Sur le front de ses fils voit la mort ondoyer,
Que chaque citoyen regarde si la flamme
Dévore déjà son foyer !

Honte à qui peut chanter pendant que les sicaires
En secouant leur torche aiguisent leurs poignards,
Jettent les dieux proscrits aux rires populaires,
Ou traînent aux égouts les bustes des Césars !
C’est l’heure de combattre avec l’arme qui reste ;
C’est l’heure de monter au rostre ensanglanté,
Et de défendre au moins de la voix et du geste
Rome, les dieux, la liberté !

La liberté ! ce mot dans ma bouche t’outrage ?
Tu crois qu’un sang d’ilote est assez pur pour moi,
Et que Dieu de ses dons fit un digne partage,
L’esclavage pour nous, la liberté pour toi ?
Tu crois que de Séjan le dédaigneux sourire
Est un prix assez noble aux coeurs tels que le mien,
Que le ciel m’a jeté la bassesse et la lyre,
A toi l’âme du citoyen ?

Tu crois que ce saint nom qui fait vibrer la terre,
Cet éternel soupir des généreux mortels,
Entre Caton et toi doit rester un mystère ;
Que la liberté monte à ses premiers autels ?
Tu crois qu’elle rougit du chrétien qui l’épaule,
Et que nous adorons notre honte et nos fers
Si nous n’adorons pas ta liberté jalouse
Sur l’autel d’airain que tu sers ?

Détrompe-toi, poète, et permets-nous d’être hommes !
Nos mères nous ont faits tous du même limon,
La terre qui vous porte est la terre où nous sommes,
Les fibres de nos coeurs vibrent au même son !
Patrie et liberté, gloire, vertu, courage,
Quel pacte de ces biens m’a donc déshérité ?
Quel jour ai-je vendu ma part de l’héritage,
Esaü de la liberté ?

Va, n’attends pas de moi que je la sacrifie
Ni devant vos dédains ni devant le trépas !
Ton Dieu n’est pas le mien, et je m’en glorifie :
J’en adore un plus grand qui ne te maudit pas !
La liberté que j’aime est née avec notre âme,
Le jour où le plus juste a bravé le plus fort,
Le jour où Jehovah dit au fils de la femme :
 » Choisis, des fers ou de la mort !  »

Que ces tyrans divers, dont la vertu se joue,
Selon l’heure et les lieux s’appellent peuple ou roi,
Déshonorent la pourpre ou salissent la boue,
La honte qui les flatte est la même pour moi !
Qu’importe sous quel pied se courbe un front d’esclave !
Le joug, d’or ou de fer, n’en est pas moins honteux !
Des rois tu l’affrontas, des tribuns je le brave :
Qui fut moins libre de nous deux ?

Fais-nous ton Dieu plus beau, si tu veux qu’on l’adore ;
Ouvre un plus large seuil à ses cultes divers !
Repousse du parvis que leur pied déshonore
La vengeance et l’injure aux portes des enfers !
Ecarte ces faux dieux de l’autel populaire,
Pour que le suppliant n’y soit pas insulté !
Sois la lyre vivante, et non pas le Cerbère
Du temple de la Liberté !

Un jour, de nobles pleurs laveront ce délire ;
Et ta main, étouffant le son qu’elle a tiré,
Plus juste arrachera des cordes de ta lyre
La corde injurieuse où la haine a vibré !
Mais moi j’aurai vidé la coupe d’amertume
Sans que ma lèvre même en garde un souvenir ;
Car mon âme est un feu qui brûle et qui parfume
Ce qu’on jette pour la ternir.

Alphonse de Lamartine

5a

 

MANIES PUE L’ACTION DESTRUCTIVE


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MANIES PUE L’ACTION DESTRUCTIVE

Col relevé, chapeau rabattu, les épaules rentrées, le volet bat dans la poitrine close. Un oiseau de nuit hue lune dans la manche à air. Le pied des portes caresse le basset blotti contre elles. Vu de la chambrée sous le rouf, le toit de la cabine danse en faisant gémir les poutres du pont. Aux quatre cardinaux des seaux d’eau frappent les carreaux. La tempête cogne à retourner le matelas.Tirant les draps d’un rouleau à retendre l’alaise sous l’oreiller. Des bruits de denrées qui glissent traversent la cantine en entrechoquant les verts contre l’ocre du bois. Des feuilles défaites du bloc jonchent le plancher avec des efforts désespérés à retenir les mots que la pluie renvoie aux points de suspension. Par moments, entre deux soulèvements de la coque, un quartier de lune apparaît.Depuis la poupe on a perdu tout contact avec la proue. Impossible de jeter une remorque.

Dans un murmure le journal de bord fait le point

Coup de tabac entre les lions du golfe et les morses de la radio

On a perdu les zoos

Je me souviens d’un point d’amer pré sextant un besoin d’y voir clair. Sur l’océan déchainé c’est pareil qu’au milieu des dunes du désert. Sans poteau indicateur, toutes les notions d’équilibre se mettent à divaguer sur les écrans. Les arbres pliés à mi-tronc indiquent la direction opposée, que les oiseaux partis bien avant la dépression ne peuvent corriger. Certains disent même avoir aperçu le clocher du phare de Raz, d’autres contredisent en affirmant que c’était l’antenne du dernier étage de la Tour Eiffel. Et pas un bédouin à qui demander sa route.

Rentrée dans le coeur, la pensée retrouve peu à peu ses marques. Elle étale sur la table les différents éléments du réel. Ce n’est pas le vent qui fait les girouettes, c’est l’homme qui perd le nord. La réflexion rassemble une à une les éléments de la vérité. Pas facile avec à tout moment un élément sournois qui ouvre connement la porte. Bing, voilà toutes les preuves qui foutent le camp. Vite clouons le bec au vent méchant. Savoir où je suis est question de confiance. Tu m’aimes trop pour me perdre c’est mon à vie. A dire à l’envers, l’endroit se prend les pieds dans le tapis. Les apparences seront toujours comme la dérision, la  meilleure ligne droite pour l’abandon.

Tiens bon la ficelle, au bout l’amour n’a pas de ciseaux. A l’époque où tout est sous contrôle d’un machiavélique monarque se disant Président d’une République qui n’en a plus que le nom, faut pas s’attendre au pire, le pire on l’a, c’est lui. Faire avouer à un Ministre qu’il a triché pour avoir le prétexte de mettre capot un candidat mieux placé que le sien, c’est la honte qui parle en se faisant passer pour la rosière.

Niala-Loisobleu – 23 Mars 2017

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L’Habit-Polaire/Je ne peux changer le monde, mais Moi si


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L’Habit-Polaire/Je ne peux changer

le monde, mais Moi si

 

Côté temps rien à voir avec mon tant qu’il est. Les fenêtres battent du volet, un vent à décorner le chant du coq remplace la rengaine du fier-à-bras par un long psaume, je crois que la nature fait une crise d’épilepsie. Quelque chose de terne ici, laisse place aux jeux pervers.Je n’attends plus rien de l’extérieur. Du vent, du vent, du vent et rien que du vent c’est le minable leitmotiv des médias auxquels la nature humaine s’est convertie.

Je n’ai pas à chercher loin, le temps en ayant pas manqué de me faire languir, n’a pu me vider la mémoire vive. Ce que mon creux d’âme héberge est inaltérable. Le grain se met en germe quand les bulldozers  se la jouent Amazonie.

Toi la soeur Anne des Mirages tu peux rentrer te foutre à l’abri, cherche pas, une de tes versatiles visions j’en ai ma claque de r’euh virements, mets-toi les où je pense, ton tant est passé. Le bi-polaire ça me fait pas la correspondance avec ce que je mets dans l’essence ciel de mon espoir.

Je ne peux changer le monde, mais Moi si.

Niala-Loisobleu – 6 Mars 2017

 

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UN PAPILLON VOLE ET MOI AVEC


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UN PAPILLON VOLE ET MOI AVEC

Tête vers l’intérieur, le mouvement des rideaux pose ses doigts sur le rebord de la fenêtre. Dos douloureux, front glacé, une tache contre au manque de clarté de la vitre. La pièce retient visiblement un ensemble d’idées disparates, dans un désordre tel que rien ne tient debout. L’endroit et l’envers se cognent dans les murs d’un palier à la minuterie coupée. Combien d’étages restent-ils à se farcir? Les seules nouvelles attendues n’étant pas arrivées, la boîte à i’être s’écrit en monologue . Il est une boule de cristal, au bas de la rampe. Cet espoir surhumain qui coupe le gaz au bon moment.La musique elle-même n’ose plus faire le moindre mouvement, on la sent sur le pas d’une pudeur extrême, elle si vive, si insouciante, toujours le pas de danse à la bretelle. Le prétexte à sortir du sillon mis spontanément en avant, tel un printemps qui résiste au gel. Et les casseroles repliées sur la batterie de la désinformation , n’émettent pas le moindre bruit qui s’avère, on les sent un peu honteuses, sans toutefois le dire. Seraient-elles coupables ? Pourquoi pas ? Oui, mais de quoi ? De ne rien dire ? Ah la fuite en définitive c’est ça, ce qu’il y a de rassurant. Seulement voilà c’est pas comme quand tu te promènes le nez collé à un petit papillon bleu. Alors tu traverses le champ en sautillant. Pour ne rien perdre de l’acrobatie du vol, t’as les narines au pot de l’animal, qui fait son meeting aérien.Tu chantes et ris, oubliant que t’étais sorti à poil, juste les lacets dénoués de tes semelles de vent aux pieds. Même pas un chapeau de paille, du soleil sans ombre, trempé dans de la fleur des champs, dans la couleur du bonheur. Et ça monte, ça redescend pour dessiner de la volupté, de la spirale, du tourbillon, le manège de tes tuileries, hennissant de tous ses chevaux de bois. Y a même le violoniste du coin de la rue qui fait se tordre l’accordéon de la fleuriste des quatre-saisons. Des sauts de frissons parfumés, des sauts de jours de faites l’amour pas le guère. Et de la fenêtre du 5°, le piano secoue son clavier, la nocturne s’éparpille, c’est matin, c’est vite on court dans l’escalier, les cerfs-volants passent la rampe. Sur les étagères les bocaux de cornichons resteront les seuls à mariner.

Le petit papillon vole toujours…plus fort que la réalité pleine de choses à pas pouvoir décoller du sol.

Les alliances de la combine se rendront toutes seules à l’église pour baptiser la mort.Nous on veut vivre !

Niala-Loisobleu – 24 Février 2017

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