A LA GROTTE CHAUVET


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A LA GROTTE CHAUVET

La nuit à cheval sur le jour
pose sur la lune
ses sabots de clair-obscur

L’eau tisse un voile de rosée
que le front du voyage
ramasse en paysage aride

Les hippocampes mettent plus de silence
dans leurs fantasias
que les élans guerriers des fusils des bouchers

A l’orée des claires
les huîtres plongent hors des assiettes
pour célébrer la perle des côtes vides
que l’estran à la hâte
bâche pour se protéger des engins à moteur
Je suis de cette côte plus sauvage encore que la faune et la flore
que la horde colonise avec les ponts d’opération militaire
d’un mauvais génie sorti de la boîte à pans d’or
d’un égo dévastateur
que les seins-bernard tonnent laid

Les arbres tremblent en premier
la réception souterraine portant au plus intime de la racine
par la fissure des canyons
qu’au fond de la terre
bien à l’abri de la mauvaise lumière
gaz carboniques
et mauvaises alènes
je m’enfouis parmi les chevaux et les bisons
d’une fresque laissée par l’Homme
à 36.000 années de là
pour sentir la VIE me pénétrer

Terre aux ocres rouges
charbonne-moi de sanguine
et pose-moi en Amazone
sur le trait d’une sarbacane
chantant des couleurs de plumes libres…

Niala-Loisobleu – 21/03/17

RELEVE DU COURRIER

Au matin sur le devant de ma porte nettoyé des mots factices, l’ange-gardien avait mis dans ma boîte le récépissé d’accusé de réception signé de ton nom « ALWAYS ». Ce qui existe et demeure a la forme lumineuse du farfadet qui éclaire, la torche du cyprès, éternel gardien de la promesse qui survit dans toutes les apparences contraires.

Niala-Loisobleu – 22 Mars 2017

France Chauvet Cave Replica

REGARD AU FOND


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 REGARD AU FOND

Nuit passée, un matin se glisse entre les peaux de fleurs en s’asseyant sur l’appui de la fenêtre. Les derniers jours ont subi des dérangements ménagers tirant à eux les casseroles en batterie

un chat vient de glisser dans ma gorge

où sont les mots qui nous la font claire ? Impossible qu’ils se soient égarés.

Suis  plus que jamais en amour de Toi, cette stase ne peut que m’être étrangère. Mouche collée à la vitre froide des emmerdes qu’on a pas provoquées mais qui s’y s’imposent.

Le réverbère tâtonne

son halo balance quelque part

assez de lumière

gardée contre toute endémie en recherche.

Quel goût avait le vent à la ramasse

de l’empreinte claire de nos pas

Des yeux verts me disent

les ongles cherchent

la pluie attachée au flacon du soleil

l’herbe foulée

l’écume au galop

Et mes paumes à l’à-plat

repeignent d’un réhaut

l’appel invisible de l’embrun

aux touffes des côtes

mouvements porteurs

d’un écho système

Au lit de l’insomnie, tu n’as rien d’une fin  d’amour. Couchée à la pointe des pieds, au guet du jour, la tempête va finir par se calmer. Je relève ma fatigue du m’aime espoir qui sait emplir ce qui paraît vide. Aux termes des hivers, la sève se ramasse sur elle-même pour jaillir, vidant dans l’effort les muscles du nerf optique au point de la crampe.

Niala-Loisobleu – 3 Février 2017

LA BOÎTE A L’ÊTRE 11


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LA BOÎTE A L‘ÊTRE 11

LE MATIN DU PROCHAIN AUTRE JOUR

Aujourd’hui mon amour je suis trop fatigué pour t’écrire. Tu trouveras dans ton cœur une lettre de plusieurs pages, remplie de silence. Lis-la lentement. La lumière de ce jour l’a écrite en mon nom. Il n’y est question que de toi et de ce repos qui me vient chaque fois que je tourne mon visage vers ton visage, là-bas, à plusieurs centaines de kilomètres.

Il faudrait accomplir toutes choses et même les plus ordinaires, surtout les plus ordinaires – ouvrir une porte, écrire une lettre, tendre une main – avec le plus grand soin et l’attention la plus vive, comme si le sort du monde et le cours des étoiles en dépendaient, et d’ailleurs il est vrai que le sort du monde et le cours des étoiles en dépendent.

Nous envoyons notre ombre en ambassade, loin devant nous. Nous la regardons parler à d’autres ombres, leur serrer la main et parfois se battre avec elles. Nous regardons tout ça de loin et le réel n’entre que pour peu dans nos vies – dans l’effraction d’une joie ou d’une douleur auxquelles nous commençons par refuser de croire.

La certitude d’avoir été, un jour, une fois, aimé – c’est l’envol définitif du cœur dans la lumière.

Christian Bobin

(Extrait de L’éloignement du monde)

 

De cette nuit franchie tes bras me sont restés pleins des odeurs fortes qu’à ton corps quand il se met à ne vouloir qu’aimer et rien d’autre, puisque aimer est le Tout, qui ne s’encombre pas d’inutile.

On en parle de partout à l’encan.

Les hommes ne croient qu’au pouvoir de l’argent.

La montagne et Jean en savaient plus haut que l’Everest de la simplicité qui fonde la grandeur de toutes choses. Messieurs les beaux habits, Mesdames les belles crèmes antirides, ne sont que des enduits de façade, promis à la fissuration.

Un petit chemin dans l’herbe qui s’y prête va mieux au coeur du bon endroit qu’une autoroute qui ignore l’âme des petits villages. La plage au bas de tes yeux, crique le bain de mes regards voyageurs qui croquent le bon geste .

Un cerne est un matin bleu des étoiles peints au nocturne de nos jardins sous la lune.

Ceux qui clament être des changeurs de monde ne sont que des allumeurs d’artifices mouillés, de marées sèches, de lunaisons sans fesses, de prothèses sociales, de mauvais numéros de transformistes qui ne savent absolument rien de la vertu première du sel .

Quelques fils de lin tissés aux poils du bois de mes pinceaux te serviront de cerfs-volants, je t’aime d’une écriture sans maux, je t’aime, d’un regain de vie trouvé au souffle de chaque baiser que tu s’aimes à la volée.

Me voici bien réveillé au matin du prochain autre jour…

Niala-Loisobleu

17 Octobre 2014

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NOUS c’est TOI, EMOI


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NOUS c’est TOI, EMOI

 

Des chemins où je vais tout comme Toi, avec mes pieds selon nos chaussures me sécher au soleil ruisselant de nos pluies

quoi qui s’amasse, feuilles mortes vous ne couvrez pas nos nudités

La barque peut tanguer, le roseau se coucher, la pierre reste plantée droite aux échecs et mats des vernis écaillés des portes aux gonds rouillés

NOUS c’est TOI, EMOI

J’ai sorti les chevaux des manèges de la vie pleine de chevaux de frise et chausses-trappes des maux aux aguets, le fil est ténu, à quatre mains l’attelage va plus loin que le cas rosse

J’ai colère de tant d’injustice que le tonitruant de la méchanceté vulgaire passe et repasse sans scrupules, je le crie, ne le prend surtout pas pour Toi

Ce qui de Toi pousse au Jardin d’Amour, est vert deux mains, bleu et sanguine comme la pointe de tes seins, ma Ruche, sans autre soutien que le oui de ma bouche ouvrière.

Niala-Loisobleu – 28 Janvier 2017

Dis-moi de l’encre de sève, l’Arbre


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Dis-moi de l’encre de sève, l’Arbre

Dis-moi de l’encre de sève, l’arbre, rien qu’une branche pour m’asseoir et quelques feuilles pour écrire

Dis-moi l’arbre, un vert bouteille, à la nôtre

Dis-moi l’arbre, un bonnet de vent sur mes épaules

Dis-moi l’arbre, ces poils d’animal mis au vestiaire du tronc

Dis-moi l’arbre, couteau gravé au coeur de l’écorce

Dis-moi l’arbre, cabane ouverte ses pas résonnant sur le pont

Dis-moi l’arbre la voix de tes couleurs, rouge argent, vert bleuté, terre au pied, blancheur de neige, araignée du givre, rose heur fruitière, tombé rousse nudité. Dis-moi l’arbre le sol qui vibre à la peau du sentier qui enlace ton orée. Dis-moi la mousse de nos horizontales pensées, le drap d’herbes, l’oreiller de fougères, l’autel du rocher où nous posons nos mains jointes

Dis-moi l’arbre un battement de ta voix de plumes

Dis-moi le son de toi papiers par chemins de ton ventre tam-tam, la transmission de notre m’aime pensée au-delà des longueurs d’une nuit posée devant le soleil sans que le rideau ne bouche les voies de ses dentelles. Dis-moi sans te prendre les pieds dans le tapis d’un WP bordélique les choses en claire, comme là où on fait verdir l’huître spéciale

Dis-moi l’arbre, de ton violon, notre état d’âme….

Niala-Loisobleu – 20 Janvier 2017

 

Bout des Solennites


Bout des Solennites

par René Char

Affermi par la bonté d’un fruit hivernal, je rentrai le feu dans la maison. La civilisation des orages gouttait à la génoise du toit. Je pourrai à loisir haïr la tradition, rêver au givre des passants sur des sentiers peu vétilleux. Mais confier à qui mes enfants jamais nés? La solitude était privée de ses épices, la flamme blanche s’enlisait, n’offrant de sa chaleur que le geste expirant.

Sans solennité je franchis ce monde muré : j’aimerai sans manteau ce qui tremblait sous moi.

 

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Plus nombreux qu’ils se nomment, sont ceux qui viennent faire tremper leurs croûtons aux urinoirs. Ce n’est pas parce les pavés sont disjoints, qu’ils attendent de rejoindre la sale gueule du quotidien. Des empereurs, je n’ai retenu que Vespasien comme le nom approprié à toute forme autocratique. Depuis la nuire des tant, le pouce porte l’angoisse dans la reine selon le sens où il se mettra.
Mon grand-père en me cachant ses médailles des méfaits de guerre, après qu’il se fut rasé me tendait sa joue pour l’étrenne chaque matin, en me disant :
-Aies toujours le sens critique de ta pensée pour garder l’humilité de tes actes…
En ce temps là on chantait dans les rues, comme une répétition de bal populaire avenir n’excluant surtout pas le crochet. Pas de micro et d’ingénieur du son, ça mixe pas un max le manque d’oreille et surtout pas l’absence de voix. Ceci me fait penser aux non-inscrits sur les listes électorales, qui se plaignent depuis  qu’ils élisent par défaut. Les béquilles amputent plus souvent qu’elles tiennent debout.
L’Amour me circule si fort dans les doigts que mes mains se fourrent dans tous les endroits où il manque. Sans doute que faire à manger pour les autres ne dispense en rien de s’alimenter.
Vous savez que si j’aurai honte ce serait de m’être couvert comme un oignon.
La nudité ne me quitte pas malgré l’hiver du coeur des hommes.
Niala-Loisobleu – 29 Décembre 2016

UN MATIN


UN MATIN
J’ai marché dans l’Autre nuit

étrange sensation de ne sentir de craintes

venues de multiples et qu’importe intentions

tout en sachant que le genre préféré du monde demeure tel qu’à vents

Nous sommes Miracle ou banalité

il me semble avoir fait comprendre

ne croire qu’en la capacité de soi

La pugnacité d’aller au centre de l’Autre

pas dans ce qu’erreurs, maladresses où mouvements fugaces

peuvent induire à ne voir pas le réel de l’Être

Dans son noir et blanc

l’image du quotidien
est une couleur à trouver

Le soleil qui brille
je l’ai pris sous tes cheveux
sous la bretelle de tes seins ballants de vie

Ils tombent
généreux
nourriciers

Tu sais lorsque je t’ai senti mer
au berceau de cette plage, Nous soleil
j’ai pris à deux mains aujourd’hui

Les oiseaux ont séparé le vol de l’inerte
le caillou a balisé
à ton pore je frémis ta respiration…
Niala-Loisobleu – 27 Novembre 2016
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MAESTA ET ERRABUNDA


MAESTA ET ERRABUNDA

MAESTA ET ERRABUNDA

(Triste et Vagabonde)

Dis-moi, ton coeur parfois s’envole-t-il, Agathe,

Loin du noir océan de l’immonde cité,

Vers un autre océan où la splendeur éclate,

Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité ?

Dis-moi, ton coeur parfois s’envole-t-il, Agathe ?

La mer, la vaste mer, console nos labeurs !

Quel démon a doté la mer, rauque chanteuse

Qu’accompagne l’immense orgue des vents grondeurs,

De cette fonction sublime de berceuse ?

La mer, la vaste mer, console nos labeurs !

Emporte-moi, wagon ! enlève-moi, frégate !

Loin ! loin ! ici la boue est faite de nos pleurs !

– Est-il vrai que parfois le triste coeur d’Agathe

Dise : Loin des remords, des crimes, des douleurs,

Emporte-moi, wagon, enlève-moi, frégate ?

Comme vous êtes loin, paradis parfumé,

Où sous un clair azur tout n’est qu’amour et joie,

Où tout ce que l’on aime est digne d’être aimé,

Où dans la volupté pure le coeur se noie !

Comme vous êtes loin, paradis parfumé !

Mais le vert paradis des amours enfantines,

Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,

Les violons vibrant derrière les collines,

Avec les brocs de vin, le soir, dans les bosquets,

– Mais le vert paradis des amours enfantines,

L’innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,

Est-il déjà plus loin que l’Inde et que la Chine ?

Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs,

Et l’animer encor d’une voix argentine,

L’innocent paradis plein de plaisirs furtifs ?

Charles Baudelaire

(Les fleurs du mal)

Chariot tintinnabulant de ses dents de lait, que le Beau croque d’un crayon maîtrisé aux premiers matins d’un voyage, j’avance depuis plus longtemps qu’une couronne garde le mordant.En perles de sel, juchées au cou du récif, la vague éclate du rire saute-mouton, au jeu que la vie privilégie, par son innocence que tous les dangers menacent.

Tu n’es que soies et rubans glissant d’une mèche à l’oreille du chant, verdure, ondoyante dans la complicité des vents favorables. Les craies en larges traînées ont tracées des voies lactées dans un ciel encombré par le conditionnement des empêcheurs de rêves. Il y a un âge qui passe ou qui casse, aux portes de la première rentrée scolaire.

Dis-moi Agathe resteras-tu où pas cette bille aux couleurs internes qui roule en dépit des travaux de démolition ?

J’avais la fontaine sur la langue dès mon arrivée dans ce cloaque.

La rue de Verneuil, en tous points chaussée d’accessible m’a étalonné mieux qu’un Maître rue ban.Toujours rafraîchie du bleu nouveau de chaque vendange, elle va son cru sans besoin d’A.O.C.

Visage fouetté des embruns qui font l’exceptionnelle couleur des fougères, si tu même me suis, nous irons au-delà de la dernière falaise sans périr dans l’amer.

Niala-Loisobleu

17 Novembre 2016

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