JE REVIENS DE CABANE « LA BAIE DU CIEL »


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JE REVIENS DE CABANE

« LA BAIE DU CIEL »

« Glissant », je dois  te dire, à toi Edouard et à sel qui se reconnaîtra ô combien par tous mes pores, je vous suis intégral nu d’amour. Nous sommes la m’aime chair de cet archipel qu’hier j’ai nommé d’Utopies. Tout simplement par la foi qui prête à croire que la fraternité humaine est l’unique moyen de vivre en complète harmonie avec la nature et les hommes. La Beauté est omniprésente dans l’arbre qui borde une ornière , dans le caillou où l’on trébuche, dans la couleur d’une ondée que le vent retourne en soleil, la couche mousseuse qui couve le champignon, la roche que les reins déplace pour accéder au feu qui brûle à l’intérieur de l’âtre, la main qui tend le verre à trinquer, la guitare qui se fait intestine au pincement du frisson, le coup d’gueule qui demande à l’oeil de ne point fuir, l’étreinte qui froisse les draps sous les soubresauts de deux corps en amour, puis dans l’eau qui détarit le ventre stérile pour jeter le premier cri du nouveau-né…

Et tant de choses encore, si simples, qui devraient annihiler la complexité des plans d’investissements douteux, des échafaudages branlants, chevaux de Troie louches, diarrhées verbales des marchands du temple en quête de pouvoir, fins prêts à abjurer la plus avérée des impossibilités pour être élus…

LA BAIE DU CIEL
Elle, miroir, et si gardée
Que les herbes atroces fuient
Où vont l’attente la torture.
Un arbre ne tient dans la main creuse du chemin
Qui de vieillesse devient route.

Elle a gemmé, femme sur l’eau
Immobile à la surface, goémon
Nue, aveu de l’air qui de plaisir devient orage.

(Édouard Glissant, La terre inquiète, 1954)

Je reviens de cabane, transfusé une fois encore, sang neuf pour dire aimez-vous c’est ce qu’il y a de plus chair au prix le moins élevé.

Niala-Loisobleu – 3 Avril 2017

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L’Instant, entre et puis…


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L’Instant, entre et puis…

Ils sont là tout autour, des deux genres, habillés de leur humeur et j’en passe. Parfois, se poser ne serait-ce qu’une question, entraîne ailleurs, plus loin que la destination qu’on avait choisi d’atteindre.

Penser à l’une ou l’autre, dit:  » je te sens, tu vas bien comment. »

Et le bruit d’une circulation difficile à débrouiller en distinction, au point qu’on finit par fermer les volets pour s’entrer dans son jardin que la mer borde de cette écume qui vous isole. Parfum boisé, la cabane sifflote, des oiseaux marins jouent à faire des châteaux, qu’est-ce que ça peut foutre que l’Espagne soit pas loin. Tu t’appelles Personne, tu ne ressembles pourtant qu’à une seule quand t’es Toi. Mais, il y a un mais.C’est pas tous jours.

Rien que voir les vagues me suffit pour voir naviguer la cabane en faisant la planche. J’ai pu qu’à planter le mât et carguer la voile. On appareille comme personne ne possède. Mais tu ris ah, l’aubaine !

Comme il y a la bonne et la mauvaise herbe, il y a le vivant en moindre quantité, qui le prouve sans flafla et l’autre, plus répandu, qui fait semblant, sauf pour faire chier, où là, il ne lésine pas ses efforts.

Ainsi la vie reprend les bonnes couleurs. L’espoir ne sent plus la merde journalière. Toutes les combines du pouvoir on s’assit dessus et on dégaze.. Il n’y a pas de plan B. Où tu te repeins où tu sors pas des désespérés qui vont devoir attendre leur mort, quelque soit le temps qui lui faudra pour arriver.

Loisobleu – 19 Février 2017

MOTS DE MAINS CARESSANT Ô JOURD’HUI


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MOTS DE MAINS

CARESSANT Ô JOURD’HUI

En vaguelettes de petits-sacs de lavande

montent nos caresses

bras de mer canal d’estrans

glissades

descendant sur la rampe de la cale

cuisses ouvertes

du vertical soleil maritime

Aux bords du marais de ton salant

la barque

rêve dans les draps d’une nuit d’amour

en estive de haubans

roidis à la mise en oeuvre animalière

L’instrument chevaleresque

cornemuse

Niala-Loisobleu – 30 Janvier 2017

MON CAP SUD-OUEST


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MON CAP SUD-OUEST

 

Enfant, je découvris la  Charente-Maritime, ce large, qu’adulte resté innocent je ne cesse de voguer vers l’absolu. J’ignorais alors combien ma vie y serait liée…

1936 – Les premiers congés-payés, les trains de plaisir allaient me faire entrer  au bonheur des vacances familiales…

1939 – De St-Trojan où nous passions l’été, mon père et mon grand-père furent mobilisés…nous rentrâmes à Paris…

1940 – L’exode. Ma mère chargea la grosse C4 et en route pour l’exode…péripéties d’un chemin surchargé, ponts sur la Loire plus qu’aléatoires, Jeux Interdits…on finit par arriver…à Marrans où quelques jours après je vois les premiers soldat allemands entrer…

1945 – Fin de la guerre retour aux premières vacances depuis cinq ans…Mes parents choisissent l’Ile de Ré, où j’irai durant des années au Bois-Plage….

1972 – J’ai définitivement quitté mon Paname et m’installe à St-Georges-de-Didonne, suivront La Rochelle, St-Jean-d’Angély, Cognac et enfin la cabane en Moëze-Oléron…

Tour de Brou le gros noyer garde les pierres, debout au coeur du Marais de Moëze-Oléron, tout près, ma cabane s’y appuie la joue, yeux fermés sur un large tous jours grand ouvert…mon Île, mon Asile de Paix…parmi les oiseaux, le sel et le ciel qui n’en finit pas de joindre son bleu à la mer…

Le Ras d’Eau et Le Tiki à Royan  plus que ma Côte Sauvage, un temps fort de mon épopée, ma mue.

On ne sait jamais combien une histoire d’amour ça peut vous hâler votre tour de vie…

Niala-Loisobleu – 30 Janvier 2017

 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/aquitaine/emissions/cap-sud-ouest

CE NE SONT PLUS CES SILENCES STERILES


 

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CE NE SONT PLUS CES SILENCES STERILES

 

Ne reste plus suspendu aux crochets d’étal que le poids accablant de l’odeur lourde des eaux mortes que des murs avaient suées. Sans clous remettre les toiles de l’horizontale attente à la verticale de la chanson de geste. Appareille, nulle ressemblance restera en place. Ce ne sont plus des silences de cons plaisances qui peupleront les bassins de mouillage.On ne retient pas l’air de la musique qui veut s’écrire. Le bateau était debout bien avant que le sable ne se mouille. Un accordéon replié n’a qu’un souffle prêt à danser. Quand pris de scorbut du manque le marin se penche aux pores de sa Belle, il croque à pulpe que veux-tu dans sa pensée charnue. Dans tes cheveux-nid un village fait accueil par la mue de ton visage, joues en tête de chenal.

 

« Costesoulane attendait les perdreaux et c’est la mort qui vint. Et la mort qui était pour les perdreaux servit pour lui. Et les perdreaux qui devaient être froids et l’œil voilé à l’heure où le soleil se couche, ce soir étaient encore chauds et vifs, et leur sang qui devait rougir le gravier bleu de la forêt était encore tapi dans la ténèbre de leurs veines et courait sous la peau à chaque coup pressé de ces cœurs serrés comme des poings de colère. Mais les pierres eurent leur part de sang rouge, celui de Costesoulane, parce qu’il était dit et écrit qu’en ce jour le sacrifice du sang devait s’accomplir dans ce lieu désert de notre terre, sous un ciel mourant, et dans le souffle d’un vent qui a vu bien d’autres drames. Costesoulane vida sur les pierres toute la chaleur de ses veines, son sang venu de l’obscurité de son cœur et comme surpris de tant de lumière et de tant d’espace, coulait doucement sur la roche et serpentait comme un voyageur de hasard — il s’accrochait aux fils de l’herbe, aux brindilles du thym, il descendait dans les creux entre les pierres et il fumait doucement et l’air en était tremblant. Costesoulane attendait les perdreaux et il ne savait pas pourquoi il était là, couché sur le ventre, avec cette tendresse qui lui faisait regarder de si près et avec tant de patience les herbes, les pierres et un trou de fourmis. »

Max Rouquette, extrait de La mòrt de Còstesolana (Vert Paradis I)[/i]

 

Le tilleul déployé sur la Chaume ignorera la tasse. Il renage à remonter sans endormir à bord du Gulf Stream, les deux continences atlantiques.

Chaume sans éteules hérissée de bois mort au regain tend le cou

Les eaux sales emportent en exode les files de jardins blessés aux tombes des déchetteries. J’ai tuilé ma chaumière sans que la moindre fumée me donne le nom d’une absente.

Après les trois coups, le rideau bloqué par une extinction de voie – impasse l’autre perd – oeuvrez pour le retour de migration du champ marin des oiseaux blancs au bleu du matin retrouvé.

Je m’enfourche en sel tout au long de sa ligne de flottaison. La vague retournée entre terre et ciel s’avale la matière du sablier. Je cours.

Niala-Loisobleu –  10 Juin 2016

 

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REFLETS D’ESTRANS 23 & 24 / Le Grand A d’Amour mis à flot / Fin de la Série / La puissance créative de l’Ame, mise à l’Ô, redonne pleins pouvoirs à l’Océan


 

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REFLETS D’ESTRANS 23 & 24 / Le Grand A d’Amour mis à flot / Fin de la Série / La puissance créative de l’Ame, mise à l’Ô, redonne pleins pouvoirs à l’Océan

D’un cri d’écailles

amplifié

par des nageoires turbo

l’animal aquatique

défait de ses jambes

s’avale le soleil sans mâcher

Il est plus que possible

que la lune ait dit ouïe aussi

Voyez la radiance d’un exceptionnel cobalt

tenant le bleu sur ses hé pôles

Les granits dressés en cathédrales

de pierres levées

repoussent l’incurie au néant

son lieu de résidence

Ce qui saigne des yeux n’est point

 à prendre pour écrit mal écoulement

c’est la sève d’âme

sortie du creux du bonheur

que le ventre a creusé de ses souffrances

A jamais vertical

d’un rouge charnel

Plus de sirènes

la voie des Gorgones

est pétrifiée

Du m’aime souffle dauphin

nous habiterons nulle part ailleurs

qu’en baleine

mettant notre ambre accouchée

sur le banc du Capitaine

membres en corps dais

Niala-Loisobleu

22 Janvier 2016

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REFLETS D’ESTRANS 23 & 24

2015
NIALA
Acrylique et Collage s/toile 55×46

Adresse de mon site officiel : http://www.niala-galeries.com/

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