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Lettre d’Egon Schiele à son Oncle


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Lettre d’Egon Schiele à son Oncle

La vie doit être un combat contre les assauts des ennemis à travers des flots de souffrances.

L’œuvre de l’artiste autrichien Egon Schiele (1890-1918) constitue une véritable ode au mouvement, à la chair, à l’érotisme et à la nature. Si l’on connaît de lui de nombreuses toiles et dessins, ses poèmes et lettres restent plus confidentiels. Dans cette missive cet « éternel enfant » prend sa plus belle plume et livre sa philosophie de vie.

5 mars 1909

Mon cher oncle !

Permets-moi de te parler de ma philosophie de vie. La passivité ou la patience poussées trop loin conduisent à des bouffonneries comme l’impatience et la patience d’ange qui exige avant tout du clame dans le sang. La mélancolie induit la patience, la patience l’expérience, l’expérience l’espérance et l’espérance empêche la débâcle. L’enthousiasme pour l’équité et une liberté raisonnable font de l’homme noble un despote, et l’impatience passionnelle est responsable de la disparition de son talent et de sa bonne volonté. Supporter pour supporter est une sinistre folie ; la patience est généralement un mélange d’insensibilité, de paresse et de lâcheté ; la patience qui s’oppose intelligemment à la pression et sait attendre son heure lorsque le courage et la force ne conduisent pas tout de suite au succès, est la seule vertu qui sera récompensée par elle-même. L’endurance permet d’aplanir des montagnes, de borner l’océan et de transformer la pierre en murs et en villes — qui se vaine lui-même est plus vaillant que celui sui surmonte les murs les plus solides.

L’indignation ou l’agacement face aux offenses que l’on doit encaisser infligent à un tempérament vif, des nerfs fragiles, une sensibilité exacerbée et à la pensée une souffrance sévère ; elle vous prive de sommeil, fait maigrir, ôte l’appétit et précipite dans la mélancolie. La peur défait les forces du corps et de l’esprit.

La confiance en soi est la base du courage, le danger présente un attrait tout particulier pour la confiance en soi ; des êtres doués d’imaginaire deviennent facilement des aventuriers. Le désir d’éprouver sa force, de vaincre des difficultés rend courageux, à l’instar de l’intrépidité de la jeunesse. Le courage est l’état psychique qu’il faut pour affronter le péril de manière réfléchie. Le courage est la première représentation de la vertu que le fils de la nature comprend.

L’indépendance est un grand bonheur, doublement appréciable pour une personne d’esprit qui aime à être indépendante. Tout le monde n’a pas la qualité requise pour en jour dûment. Mère nature veille sur l’espère humaine comme dans le règne animal.

La vie doit être un combat contre les assauts des ennemis à travers des flots de souffrances. Chaque individu doit lui-même combattre et jouir de ce pour quoi la nature l’a conçu. Un enfant encore ignorant a déjà ce qu’il faut pour traverser un pont très long exposé aux pires tempêtes. Nul garde-corps ne sécurise cette passerelle étroite et étendue. Sur l’autre rive, l’ilot de la vie terrestre est strié de souffrances et de joies. Et il se peut que, des années plus tard, les essaims éprouvés retournent là où ils avaient commencé, emplis et repus de sagesses de la vie.

Rien n’est plus honteux que d’être dépendant, rien n’est plus nuisible et plus dommageable pour un caractère bien trempé.

Ce n’est pas comme ça que je pense, c’est plutôt ainsi que je le ressens, mais ce n’est pas moi qui ait écrit cela, ce n’est pas ma faute. Une pulsion est là, permanente et toujours plus puissante, qui me soutient dans ce que je viens de dire.

Toute la faute incombe à la nature. Ton neveu redevable,

Egon.

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( Egon Schiele, Je peins la lumière qui vient de tous les corps, éd. Agone, coll. Cent mille signes, Paris, 2016. ) – (Source image : Egon Schiele, Self Portrait with Physalis, 1912 © Wikimedia Commons)
La vie est-ce de rouler sa caisse, sans rien voir du paysage humain qui l’entoure ? La souffrance que le regard d’une sensibilité existante, incise dans la chair, ouvre sur la Beauté intrinsèque de la Vie. Sans se perdre dans le petit drame à 3 balles du sentiment de comédie, apitoiement du faux-sentiment se mettant à la une du quotidien, à côté de l’amour véritable des démunis ne demandant rien. L’Amour est souffrance, pas une scarification de malade du bulbe.
Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2017
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Le Seuil


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Le Seuil

Le couloir au pied des marches
marque un temps d’arrêt
De la grande armoire ouverte
des coins de rues balancent la boîte à musique, cartons perforés des grandes orgues, mariage, ah si c’était à refaire, putain de barbarie
Un après
l’autre le vagissement d’un enfant
Du bonheur en fossettes ça vous chavire charivari
ça c’était avant que la mariée soit en noir
Puis un palier ça monte
pour la pêche à pieds
grandes marées
Sur les dunes un monsieur cherche son slip  au fond de sa jeunesse
la palisse retient les oyats
aïe ça pique en corps de voir les nudistes jouer à la balançoire
top laisse
Traîne l’haveneau P’tit-Mousse, t’auras de la rose si tu vas au bouquet
mais faut racler le goémon pour démazouter le pore du lisier
Elle
elle est toute seule, au milieu des autres qu’est voit ou pas
les borgnes et les devins, les coupables et les innocents, les qui la trouve grosse et conne et la différence de l’amour de l’âme avant le corps, les qui lui bouche tous les orifices de la ligne d’horizon et puis il y a l’Emile et une nuit qui se fait toujours attendre
Un soleil gros comme un creux plein
ô la vie putain
c’est tout sauf juste
Les tropiques du camp serrent
va falloir passer où se laisser couler
Le Seuil
c’est mains tenant, oui mais lequel dit la vieille assise sur la chaise devant sa façade où la vie passe sans s’arrêter et jamais rien voir du point qu’elle tricote, ses seins bien à plat sur les cuisses où le petit chat dort sans ronronner. Quoi deux mains ? Ben, que bal, fais pas de pétard, ce sera encore 14 Juillet.
Niala-Loisobleu – 08/04/16 & 13/07/17

TERMES AU METRE


TERMES AU METRE

Savoir, quand aussi bien que mal, la chaleur tait d’un froid établi, c’est devoir changer le temps conjugué pour comprendre et tenter de savoir ce qu’il reste de bonne température du corps humain.

La vague en plein effort,

sentant venir la grève se met à se marée

la lune, dit-elle, ça simplifie pas toujours l’attitude

ça peut la rendre volatile

Ainsi le tableau quand il craie, passe du blanc sur le noir. Les pêcheurs d’éponge pourraient passer pour les plus tolérants si, par manque d’ô, l’outil à effacer qu’elle est ne restait pas inerte de sécheresse. Janus est toujours debout. Et ceux qui savent son existence sont rares. Quant à ceux qui savent qui il est, je préfère tourner la page.

Niala-Loisobleu – 21 Juin 2017

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IMPRESSION PREMIERE


 

IMPRESSION PREMIERE

Des losanges tapissaient les franges de ses cils. Elle s’appelait pas comme tout le monde, fallait savoir comment s’y prendre. Le brun de ses longs cheveux blonds me rappelait toujours qu’il y a qu’avec la bière que tu sais tout de suite la couleur. Mais trouver le pigment naturel dans les mélanges, c’est tout un art, un solfège appris de mon père, puis plus tard à l’Ecole des Beaux-Arts. En voilà une richesse. Apprendre le beau, c’est entrer derrière le contoir pour trouver le juste mot. Surtout que les rues elles-mêmes, n’offrent plus la différence. Les néons écrivent en capitales de minuscules propositions. Il y a eu les façades et leurs encorbellements, à présent elles tiennent juste le temps de vendre, avec un slogan. Ce soir l’envie de faire l’amour change les draps. La fraîcheur de l’herbe où ta peau a décalquée ses pores en l’absence de dessous, fait planer des secrétions à nulle autre pareille. C’est vrai, toi tu sens la femme au premier abord quand je mets pieds à taire. Le sac laissé en consignes d’un quai de quelque part. L’île où j’ai ma cale. Dire comme t’es vraie malgré les appâts rances que la société de consommation balance. Je cabane habillé en peau de fleurs et ça ne choque personne.

Niala-Loisobleu – 26 Mai 2017

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Mot à Mot 6


Mot à Mot 6

De l’hermétisme des données

A l’abri de toutes arguties
seul à loisir le génie se transcende

Albert Ayguesparse

Encore fumant le jus de chic concocté dans l’ombre par le déchu, en fin de mandat, miroite de lui m’aime, l’égo bandé à l’extrême par maman qu’il se brosse à reluire faute d’avoir au programme inventé la poudre de riz,  c’te vieille gagneuse des trottoirs de la pénombre. Vise le fauteuil comme une Emmanuelle du tant passé, cherchant l’orgasme à bans coqs, prêt atout rater comme dab. On change plus une équipe qui perd dans l’esprit libéral.

Au moins pour une fois, on aura  jamais eu moins peur de perdre la foi, la réussite est  assurée pour cinq ans

Niala-Loisobleu – 25 Avril 2017.

Henri Julien F_lix Rousseau - Mauvaise surprise

(Mauvaise surprise – Le Douanier  Rousseau)

ROUE A AUBE


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ROUE A AUBE

Le magasin de ce Lundi n’a pas ouvert son rideau, quel sera le plat u jour ? Il y a dans la fraîcheur du matin, l’humide perle de rosée qui risque un oeil au bout de la branche. A part une pie voleuse qui marche sur le toit de la cabane, rien ne sort du lit de la rivière. Je laisse mes yeux dans la chaleur du rêve où hier soir ils se sont endormis.

Insanes histoires de la vie,

Toutes voix tues
Reste le bruit éternel du sang.
Debout sur les désastres des guerres
Brillent les vains débris du monde,
Le ciel rempli de fantômes d’aurore.
Cachée dans les brouillards des villes,
La peur fait bouger les engins du rêve

Un doigt déchiffre la langue morse
Des fièvres profondes,
La litanie des oracles perdus

Tout va se refaire sous nos pas
Au seul cri du matin
Et les ruines s’illuminer d’aube.
Aube, première aube toujours déchirante,
Qui construit la journée avec le néant.

Albert Ayguesparse  (Les armes de la guérison – extrait)

Le laitier réveille les pis du bruit de ses bidons, une vieille histoire triste colle à la paille chaude de l’étable. L’oiseau rieur s’essaie depuis la nuit des temps à changer l’heur du commencement. Un homme de mauvais foie a laissé son fiel dans l’huile des rouages. Je ne suis pas de ceux qui plaisent, ma nature ne fait jamais l’effort de refuser le bonheur de vivre. Ah la bouteille et sa moitié pleine ou vide c’est plus un sarment d’ivrogne de l’amer que la fille de joie vierge du jardin des délices. Au bar de la Marine on aime se ressasser l’infortune d’avoir un fil à retordre dans chaque pore. Pourquoi vendrai-je mon sourire au diable, il ne changerait rien au seul âge qui soit vrai: celui de mes artères. Les Chemins des Dames ne devraient pas être faits pour les commémorations funestes de la connerie humaine, mais pour hâler la rencontre de l’Amour.

Niala-Loisobleu – 17 Avril 2017

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MOT A MOT 1


Mot à Mot 1


Louange des insoumis

À profusion se lisent aux fenêtres
les appels à la louange des insoumis

Est un signe de connivence
ce qui dans l’effusion s’improvise
Pays où l’irrationnel triomphe
y apparaissent une multitude d’étrangetés

Pour que s’abolissent les poncifs
il a fallu à tout prix un retour de force

Avant longtemps auront disparu
d’une tragédie les vestiges

Albert Ayguesparse

Comme le mort cérébral qu’on refuse de reconnaître mort, le paysage d’un monde qui a peut-être eu une âme, mais…me sourit de toute l’absence de ses dents. Il conviendrait certainement de reconnaître que j’en suis mordu tout seul. En l’absence de la réciproque. Les fruitiers d’un jardin n’ont de fruits que par la greffe de la semence au sillon qui trace au creux de la veine. Sang lui, rien. L’amour, élément vital de toute espèce, est incompatible au mariage pour tous. Marier son coeur à un cliché décharné de vie, c’est vendre son âme au diable. Il y a tout près, bien plus près qu’on ne le  voit, ce qui ne fait pas de bruit, battant d’énergie rentrée. Et dans ce qui ce montre sur une scène constamment ouverte, rien que du factice. Regarde en toi, la lumière ne fait pas clinquant, elle sourd de l’ô, naturelle, comme source vitale cachée. A force de courir d’un bout à l’autre du rien tu apparais comme une imagination sans scrupules, je te laisse à ton inconséquence, toi qui m’as trompé dès le début, tu ne seras pas ma fin. Être bon rime à tort avec con. J’aime le silence qui n’a rien vieilli du vrai malgré les années. Leur manque, leur vide apparent. Ce qui ne se montre pas est ce qui est visiblement intègrement pur.

Niala-Loisobleu – 7 Avril 2017

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