Le Don des souffles


223732362-eedea260-51b3-450f-bd0c-339a230ee934

 

Le Don des souffles

(…) Mais ininterrompue, que serait la poésie ? Le laisser-faire, le savoir-faire. C’est la fraîcheur que je souhaite maintenir pour qu’il n’y ait plus de hiérarchie entre tous les états d’une vie, poème ou non. Tout est plus modeste, presque banal, ou du moins peut l’être. On écrit, on  s’épuise.On n’écrit pas, on  se  ressource. J’aurais pu dire exactement l’inverse. La perte égale la  résurgence.  Ni  perte  ni  résurgence,  en  fait.  Je n’arrête rien, et dans ce permanent va-et-vient, cet équilibre instable, il n’y a que le présent qui se régénère. Je n’appelle pas autrement la poésie.

Quand je parle des vagues ou des branches, il est certain que je parle de moi : parlant de moi, je voudrais parler des vagues ou des branches.

Ce ne sont pas nos bras que pressent nos bras, ce ne sont pas nos mots que nos mots font entendre : le soleil lui-même, de qui est-il la lumière ?

 

Pierre Dhainaut

 

Des cases et des lettres beurk de nord mendie je t’attrape à plaine mains que c’est Beauce au moins là il y a pas l’ombre d’un arbre ils les ont tous coupés pour plus de quintal de fric au soleil non ne sont pas mes bras qui nagent c’est mon ventre qui gargouille…

Niala-Loisobleu – 10 Juin 2018

DEDICACE à BARBARA


Liegende-Mutter

DEDICACE à BARBARA

 Nu

Nu, j’ai vécu nu
Naufragé de naissance
Sur l’île de Malenfance
Dont nul n’est revenu
Nu, j’ai vécu nu
Dans des vignes sauvages
Nourri de vin d’orage 

Et de corsages émus
Nu, vieil ingénu
J’ai nagé dans tes cieux
Depuis les terres de feu
Jusqu’aux herbes ténues
Nu, j’ai pleuré nu
Dans la buée d’un miroir
Le coeur en gyrophare
Qu’est-ce qu’on s’aimait… Samu

Nu, j’ai vécu nu
Sur le fil de mes songes
Les tissus de mensonges
Mon destin biscornu
Mais nu, je continue
Mon chemin de tempête
En gueulant à tue-tête
La chanson des canuts
Nu, j’avance nu
Dépouillé de mon ombre
J’voulais pas être un nombre
Je le suis devenu
Nu, j’ai vécu nu
Aux quatre coins des gares
Clandestin d’une histoire
Qui n’a plus d’avenue

Nu, je suis venu
Visiter en passant
Un globule de sang
Un neutrone des nues
Nu, le torse nu
Je voudrais qu’on m’inhume
Dans mon plus beau posthume
« Pacifiste inconnu »

Allain Leprest

ENTRELACS


990424157d0ef4209872e07b36de9970

ENTRELACS

C’est un Dimanche, encore matinal

un volet ouvert donne un peu d’oiseau libre

S’envolent des serments de mains

Sur l’appui de fenêtre où des géraniums, fût un temps,  sont venus s’asseoir, une terre cuite rêve de figures indiennes qu’elle a en tête. La Plaza  de la Constitucion  « Zocalo » de Mexico, sort d’un voyage, la cathédrale Métropolitaine de la Très Sainte Vierge Marie se fait diffuse entre le bruit de la circulation et les effets de la pollution. Ses pierres grises s’étalent sur les cinq nefs et les 16 chapelles latérales, comme pour évangéliser  l’ancien Templo Mayor que les Aztèques avaient érigés là en l’honneur de leur dieu Xipe. combattu par Cortès, le conquistador exécuteur. La guitare est restée allongée sur le hamac. Elle se balance sur une aventure  de révolution solaire. L’eau chante dans la fontaine  et perle sur le buste de la cruche.

Tes seins ruissellent.

Alors que tes pieds nus ont laissé leur marque sur mon corps quand tu m’as traversé de ta lettre écrite sur papier. J’ai vu un peu de blanc dépasser de ton sac à main pendant que tu tournais le mouton dans le tagine. Etrange et envoûtant assemblage de parfums.

Le chien est resté calme pendant que tu trempais ton doigt dans ton petit-déjeuner.

Il sait qu’il faut te laisser seule. Un rite est un rite.

La radio s’est tue quand le cheval est entré dans la cuisine pour se mettre au piano. Un jour de belle mer faut croire que ça l’inspire à voir comme il donne de la voix. Sur la table le couvert s’est mis à applaudir. Il fait un vent qui demande à ouvrir. Les bruits qui se lèvent resteront en dehors de la conversation. Quelque chose d’espéré prend forme. Le prochain voyage en attisera les besoins.

La guitare vient démettre un son.

Du tableua la montagne accouche, tu souris. Ces couleurs ont quelque chose d’une robe de Frida. Sans le corset. Elle s’est déplissée des douleurs, en passant par le pays occitan un jour de Juillet tout proche; que l’humide de la pierre allait poser pour la première fois sur le départ de la flèche.

Niala-Loisobleu – 29 Avril 2018

LA BOÎTE A L’ÊTRE 34


main-header_father-nature

LA BOÎTE A L’ÊTRE 34

BUEES

Traversée du frisson voilà qu’elle ondule

resserrant les épaules

autour du chenal blanc

Juste ce qu’il faut de bruit

dis-je

l’oreille à l’oeil ouvert

Et pas du n’importe lequel

bord d’elle

s’écrient-îles !

Tiens un aile rond

au beau milieu dune carrée ô val…

Long de dieu c’est quoi cette accro bath ?

Non non non

de rien

je ne regrette rien

gouaille le piaf seulement vêtu d’un marcel

Une réception dans la pièce d’à-côtés

c’est quoi ?

Un plat car à ballets

Ah bon excusez-moi

javelle cru des filets de chants élysées

ranimés d’un mors inconnu

Laisse ta fenêtre ouverte que j’voye l’estuaire du lit d’eau

pigeons lavés aux seins marre

qu’un lion de bel fort liche de la crinière

Mordiou quand tu traverses la chambre à air

t’es pas qu’un pneu belle comme l’amour

T’as le jardinet suspendu bien ouvert

qui fait crac boum hue

Dans l’allez les bleus

perdent

les deux mains

La victoire que l’amor trace

a r’trouvé ses deux bras

Pourquoi tu t’arrêtes ?

Chut

Sodade

Un Bleu-Blanc Matin

est devant la porte

aux carreaux en buée

mes doigts s’écrient

« Je t’aime comme la vie »

Niala-Loisobleu

17 Novembre 2013

Ne pleure pas si je chante à la portuguesa, danse avec moi…


IMG-2222

Ne pleure pas si je chante à la portuguesa, danse avec moi…

 

Dans l’écume où tu marches

j’ai trempé mes cheveux

De mousse avec ma barbe ils ont blanchis les sangles des labours

Cheval de mer à tête de drakkar mes prières ne sont qu’un courant de moulin à marées

fou comme une rivière qui mit le mont en Normandie

pour que j’y dragonne tes  seins, tes miches et tes ailes..

 

Fado, fado, fado tu transportes l’accent des larmes par bonheur fertiles

toutes les guitares suspendues au souffle inextinguible de l’amour

dans le déploiement pulmonaire des accordéons du couloir des marelles

métro poli tain pour mieux se voir transportés en dehors du cadre de glace

l’aisselle de cheval à rab montée à cru

pour les steppes tartares des contrées sauvages sous la yourte de poésie…

 

Niala-Loisobleu – 26/02/18

 

 

TOI Debout en bouts Bleu et Rouge


P1050483

TOI

Debout en bouts

Bleu et Rouge

 

Montante comme un estran
de fort-coefficient

tenant son bas entre les récifs

 tu relies sans cesse avec moi

le titre du livre aux pages des deux rives

sans modifier les berges côté cour et côté jardin

Depuis les coulisses de ta loge à la scène

d’un solo-trombone des reins de l’exploit

d’une paire

de quarantièmes rugissants jaillissants de leurs bretelles

 

Niala-Loisobleu – 9 Janvier 2018

Illustration: Le passage Bleu (Cette intime vision) Niala