Jean d’Ormesson est mort


Exclusif - Jean d'Ormesson était présent à Bruxelles pour la présentation de son nouveau livre "Comme un chant d'espérance". Après une courte intervieuw, il a rencontré de nombreux lecteurs pour des dédicaces. Le 27 novembre 2014, Bruxelles.

Jean d’Ormesson est mort

 L’écrivain a rendu son dernier souffle dans la nuit.

Jean d’Ormesson est mort, vient de confirmer sa famille à l’AFP. L’Académicien et écrivain de 92 ans a fait une crise cardiaque à son domicile de Neuilly (Hauts-de-Seine), selon les précisions de sa fille éditrice, Héloïse d’Ormesson, dans la nuit de lundi à mardi 5 décembre 2017.

Dans un court communiqué, elle écrit à propos de son père : « Il a toujours dit qu’il partirait sans avoir tout dit et c’est aujourd’hui. Il nous laisse de merveilleux livres. » Jean d’Ormesson est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages. Il était entré à l’Académie française en 1973 et a été publié de son vivant dans la prestigieuse collection La Pléiade des éditions Gallimard.

Cette vie fut belle

Jean d’Ormesson est né à Paris le 16 juin 1925. Fils d’ambassadeur, il est agrégé de philosophie et normalien. Il est d’abord haut fonctionnaire avant de devenir en parallèle le journaliste et l’écrivain que l’on connaît. Il est, par exemple, secrétaire général de l’Unesco de 1950 à 1992 mais il fut aussi le collaborateur de plusieurs cabinets ministériels de 1958 à 1965.

 

Dès 1949, il collabore à de nombreux journaux comme Paris Match, Ouest-France, Nice Matin, mais aussi Diogène, une revue philosophique dont il est le rédacteur en chef adjoint de 1952 à 1971, puis le directeur général en 1976. Mais la grande aventure de Jean d’Ormesson restera celle du Figaro, qui a célébré son 70e anniversaire en octobre, qu’il dirige dès 1974 et auquel il restera très attaché.

Son premier roman porte un titre qui lui ressemble : L’amour est un plaisir, lui qui parlait tant du plaisir qu’il trouvait dans les grandes et les petites choses de la vie, est paru en 1956. C’est au début des années 1970 que cette carrière d’écrivain explose. Jean d’Ormesson reçoit le Grand Prix de l’Académie française pour La Gloire de l’Empire. Le succès d’Au plaisir de Dieu en 1974, adapté par la suite pour le petit écran, continue d’asseoir sa popularité.

Jean d’Ormesson a signé une quarantaine d’ouvrages qui lui ont ouvert non seulement les portes de l’Académie française mais aussi celle du coeur des Français dont il était l’écrivain préféré. Nombre de ses livres étaient autobiographiques comme Le Rapport Gabriel (1999), C’était bien (2003), le bien-nommé cité par sa fille Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit (2013). En 2016, il reçoit même le Jean-Jacques Rousseau de l’autobiographie pour Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

L’amour est un plaisir

Cette vie, Jean d’Ormesson l’a passée aux côtés de Françoise Beghin (79 ans), benjamine de l’industriel et homme d’affaires Ferdinand Beghin (le sucre Beghin-Say), qu’il épouse le 2 avril 1962. Dans les pages de Gala en 2015, l’écrivain confiait avec malice : « [Mon épouse] est merveilleuse, elle a été formidable pendant ma maladie [un cancer de la vessie en 2013, ndlr]. Elle n’est jamais sur le devant de la scène et a toujours été d’une grande patience. Pour le reste, le mariage, c’est quarante mauvaises années à passer, puis après, c’est épatant. La vie devient délicieuse à partir de 60 ans. »

Le couple n’a qu’un enfant : Héloïse d’Ormesson, née le 10 octobre 1962, à propos de laquelle il avouait regretter de s’en être peu occupée. Bien inspirée cependant par l’érudition de son père, cette dernière devient éditrice et sa ouvre sa propre maison d’édition. Avec son premier époux, l’éditeur Manuel Carcassonne, Héloïse a une petite fille : Marie-Sarah.

Le mariage, c’est quarante mauvaises années à passer, puis après, c’est épatant.

En 2012, Jean d’Ormesson soutient Nicolas Sakorzy lors de l’élection présidentielle. L’année suivante, il tient son premier rôle au cinéma, celui d’un président très inspiré de François Mitterrand dans Les Saveurs du palais de Christian Vincent. En 2014, retour à l’Élysée où il est fait grand-croix de la légion d’Honneur par le tombeur de Sarkozy, François Hollande. Cette année-là, Jean d’Ormesson revit après s’être remis d’un cancer de la vessie qui lui a valu huit mois d’hospitalisation en 2013.

En janvier 2015, les éditions Gallimard annoncent que l’oeuvre de Jean d’Ormesson sera éditée dans la prestigieuse collection La Pléiade. C’est un immense honneur d’autant qu’il n’est que le 16e auteur (et toujours antépénultième à ce jour depuis l’arrivée de Mario Vargas Llosa et Philip Roth) à le recevoir de son vivant comme d’autres géants de la littérature que sont, par exemple, Milan Kundera, Nathalie Sarraute, Marguerite Yourcenar et André Malraux… Ce ne sont que des statistiques dont ne s’encombrait probablement guère le premier intéressé. N’avait-il pas déclaré « Les honneurs, je les méprise, mais je ne déteste pas forcément ce que je méprise » ?

Un dernier ouvrage autobiographique de Jean d’Ormesson sera publié en début d’année 2018 par Gallimard. Son titre ? Et moi, je vis toujours.

 

Source Purepeople
Depuis quelques jours le temps glacial préparait à ce coup de gel immesurable….perdu lui-même, l’air manque, il est en retrait,
Trop immense, pour dire ce que cet homme d’humilité représente. Pour moi, comme pour d’autres il est la main courante qui m’a tenu et m’a empêché de tomber durant des années.
Quelle Lumière, toute entière dans son regard!
Il avait eu peur de partir sous Hollande, déclarant que l’idée de savoir que ce serait lui qui lui ferait l’Hommage funèbre…Sans doute sera-t-il quelque peu rassuré….mais en totalité, certainement pas, il sait trop où se trouve la Vérité.
Monsieur, vous demeurerez « Comme un chant d’espérance ». Dormez en paix.
Niala-Loisobleu – 5 Décembre 2017

Il fait un froid à se couper aux mâchoires du vent


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Il fait un froid

à se couper aux mâchoires du vent

 

Fatras, ces jours vides ont le don d’être plein de confusion. On en arrive à devoir se curer du prêchoir, pour entendre sa voix intérieure faire bonne toilette entre l’ornière et le Centre du chemin. Faire entrer la voix. L’oeil resté enseveli sous l’avalanche du non-dit, n’avait fait que se protéger sous la visière de la paupière. Si les cons volaient, sans doute ne pourrions-nous plus arriver à nous tenir à la verticale. Tenir debout c’est plus prometteur que ces étalages racoleurs de traiteurs outranciers devant la file des Restos du Coeur. Vitrines de fêtes, putasserie autorisée par une prostitution affranchie par décret. L’enfant est le plus sûr véhicule d’abus sur toute la ligne. Entre le Bien et le Mal du débat philosophique séculaire, Noël insère sa zone franche.

Il fait un froid à se couper aux mâchoires du vent.

Le ressassé ne peut se réchauffer, il se dégoûte froid. Exsangue, une tête de suicidé dans l’espérance. Que j’aime po Noël, c’est prouvé. Je le dis pour le transiter comme le déchet alimentaire qu’il est. Vous allez bien à la selle, demande le véto à l’étalon ? Je monte toujours à cru, répond-île.

J’Amour plus que jamais. Les illuminations artificielles d’une ville à l’autre déplacent le ça à ras en métropole. A faire du brouillard pour truquer le rêve. Les mirages sont justes bons à bombarder les populations. Imagines l’horreur d’avoir l’oeil crevé par un coup de nichon qui n’a d’autre intention qu’aimer. Horrible. Bible ou pas, non je ne tendrais pas l’autre au second.

Faut que je te dise qu’alors que jamais on n’avait pas eu moins d’horizon, j’ai jeté la douleur de ton manque aux façades. Une fois que leur poussière a été retombée, puti  je t’ai vu toute nue, belle comme quand t’es née, couverte de ce premier cri de sang qui mord sans attendre d’avoir des dents !

Niala-Loisobleu – 5 Décembre 2017

 

Le Jardin Retrouvé


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Le Jardin Retrouvé

De tous vents

Terres connues nouvelles semences

A pics défis

Eaux mortes

Sables émouvants

Carreaux des marais

Furie ventre marin

Fantasme mûri dans la ferveur de l’estran

Creux  d’aisselle, glissade du sein qui jongle avec l’autre autour de l’aréole, soucoupe lancée en toupie

La touffe d’un go aimons gardant la crevette accrochée en son varech

Viendra l’amplitude du compas des cuisses en sécante de la spirale des hanches

Alors les fesses se projetteront sans fausse-honte au lointain qui refuse de se taire, tout dans le don de la course qui remue les fragrances des chaleurs animales barattées dans le vaisseau rompu d’amarres qui dénie l’encre flottante

C’est le seoir qui pousse  à la crête, le coq à chanter sans retenues les vérités tues. Moments avalés dans un étouffement, non-dit involontaire, sournoise intention d’ailleurs, jalousie hideuse projetant le détournement du naturel.

Aimer vivre en peignant libre.

Niala-Loisobleu – 16 Novembre 2017

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LE JARDIN DE NIALA

9 Rue de la Chaume

16100 BOUTIERS-SAINT-TROJAN (Cognac)

Tél. Mobile : (33) 06.84.19.18.49

http://www.niala-galeries.com

Exposition Permanente

Entrée Libre tous les jours même le Dimanche

DEDICACE A L’AUTO-PROCLAME


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DEDICACE A L’AUTO-PROCLAME

Et dire plus clairement ce que tu veux pas… ça m’étonnerai que t’y arrives toi le guignol qui me gave avec tout ce que tu prétends vouloir changer…

Niala-Loisobleu –  6 Novembre 2017

 

Je ne Veux Pas de Choix – Élégie

Crâne fendu.

Règne du paradoxe.
Icare est un cow-boy.
Le testament écrit par la rosée.
Le match de boxe.
Le je, le tu, le nous, le quoi dément.

Pourquoi les seins sont-ils des hirondelles ?
Le baobab a payé ses impôts.
Quelques rayons lasers.
Moi, le rebelle, je déchire d’abord votre drapeau.

L’ordinateur et le refus de vivre, mon frère le chaos, mon dernier sou.
La page la plus vraie manque à mon livre.
Le paillasson de l’âme.
On me dissout.

Un azur ronfle.
Une planète tousse.
J’ai fait un beau séjour dans un vagin.
On rêve trop, on s’arrache les pouces.
J’écoute : est-ce le séquoia qui geint ?

Je me censure afin d’être moi-même.
L’absurde bleu est mon meilleur ami.
Désincarné, désincamant, je t’aime, mon moi numéro 5 !
Qui a vomi

sur
Dieu portant son anus à la bouche ?
Colibri, colibri, reste un moment !
Je chauffe mon langage et je m’y couche : ce je-m’en-fous, ce pourquoi, ce comment…

Mon néant, vieux tailleur aux cent costumes en organdi, si je lui commandais une toge à l’ancienne ? Ô goûts posthumes !
Mon amour s’est assis sur son bidet.

Le papillon est mon agent de change.
Je ne connais aucune affinité entre le sang, l’amour, les trois vendanges, la symphonie.
Je voudrais profiter

du désarroi qui devient élégie.
Le réalisme règne dans
Pékin.
Comète, souviens-toi de notre orgie, de ces enfants qu’on jetait aux requins,

de ces noyés qu’on allongeait sur l’herbe, pour mieux leur arracher le cœur.
Patron pris en otage.
Adolescent imberbe.
Clavicule nouée sur chaque front.

La nature n’est douce que bizarre. À force d’insulter notre devoir, nous avons fait de la raison la tare, le pus, la syphilis.
Un tamanoir

sous les palmiers lentement se promène, comme un prophète imbu de sa grandeur.
Ennui, angoisse, rage, entrez en scène !
La mouche qui se tue, la pierre en pleurs,

la neige en feu, la boue qui s’humanise.
Ulysse est établi à
Manchester.
Le doute, j’en ferai mon entreprise.
Okapi commerçant, as-tu ouvert

pour les bourgeois du coin une boutique où tu revends tendresse et gros baisers ?
Soleil aléatoire.
Informatique.
Opticien, programmeur.
Sexes rasés.

Le philosophe invente une prothèse pour ce monde affaibli.
Je vais citer
Schopenhauer, en mangeant quelques fraises.
Je mets en œuvre un plan d’austérité.

Mon fils, c’est au napalm que je t’élève.
Hiroshima, j’aime les champignons, quand ils sont indigo.
Ma mort si brève, il faut ressusciter !
Nous nous baignons

dans quelles eaux, qui soudain se font plates pour n’avoir pas choisi leur océan ? Écriture pourrie jusqu’à la rate.
Bouddha, boudeur, boudin…
Si, en créant

je ne sais quel objet : une chemise,

un pas de vis, un col dur, un écrou,

je parvenais à surmonter ma crise…

Hamiet est chez
Maxim’s dans les frous-frous.

J’ai bu avec
Kafka le dernier verre.
Au travail mes amis : la pendaison !
Ayez la gentillesse de vous taire : aucun livre jamais n’est de saison.

Jésus-Christ, mon ami, as-tu vingt roubles, pour me payer ce soir une putain ?
Le corps est nul, l’esprit se voudrait double et le proverbe, on dirait qu’il s’éteint,

comme sous le crachat mes étincelles.
Pour le cancer, on cherche un débutant : le cou d’abord, puis la nuque et l’aisselle, le ventre, le thorax : on a le temps !

J’éprouve une douceur sous ma souffrance : est-ce un lilas qui veut me caresser ?
Shylock est employé au
Gaz de
France.
Au paradis, j’ai mon laissez-passer

car je suis avec
Dieu dans les affaires : il me donne 1 % sur l’au-delà. Épilepsie.
La dent qu’on doit extraire. Ô
Jeanne d’Arc, bois ton coca-cola ‘

Toute éloquence en poésie, en prose, est comme une jument qu’il faut saillir.
Je sens en moi séisme et ménopause.
La licorne est ministre des loisirs.

Capitale vidée.
La soldatesque a pris le
Graal, la
Toison d’or, l’anneau pour son butin.
Seul un monde burlesque m’est acceptable : un cinéma porno.

Lady
Macbeth, venez qu’on vous console : j’ai un choix de phallus en caoutchouc.
Fuir, je veux fuir la forêt des symboles et devenir banal comme le chou.

Salaire.
Offre d’emploi.
Chef de service.
Titulaire du bac : antihéros du cœur, du doute et de l’esprit qui glisse comme dans sa baignoire un hobereau

âgé de quatre-vingt-dix ans.
Salope, ma tendre muse, où sont mes coups de sang, mon sperme qui baignait toute l’Europe, l’Asie couchée, mon verbe caressant ?

Je suis l’ombre et le vent ; je suis la chiffe et ne reconnais pas l’identité.
J’ai le corps en béton, l’âme apocryphe ; je nais et je renais pour m’effriter

peau après peau, vertèbre après vertèbre.
Abstrait, concret, je ne vois de salut que dans le saint mépris.
Drôle de zèbre !
Le dérisoire avec le superflu,

je les marie en moi.
Beau capitaine, dans le naufrage on trouve sa raison.
Regard de sable et cervelle trop naine.
Je l’ai dans l’intestin, mon horizon.

Un bal.
Une industrie pharmaceutique.
Le marketing du siècle.
Export-import.
Téléscripteur, j’adore ta musique, comme la symphonie du coffre-fort.

Pour se rendre aux enfers avec
Orphée, il suffit de s’asseoir dans le métro.
La reine d’Angleterre est décoiffée.
Einstein, devant la mer, vous pensez trop :

soyez plutôt joyeux dans la lumière

de cet après-midi ; le soleil blanc

ressemble au linge frais.
Ma banque est fière :

j’aurai de quoi vieillir, mais sans talent.

Je ne veux pas d’exemple ni d’Histoire.
Mon siècle est une erreur, et le passé un chapeau claque au fond de mon armoire, bon pour la naphtaline.
Terrassé,

contredit, douloureux comme une chienne que vient de renverser un autocar…
Il n’est jamais de poésie qui tienne, quand on voudrait se pendre au nom de l’art.

Paul
Valéry — journée sentimentale — me montre le néant, qui est en fleur et qui porte avec joie ses cent pétales.
Le vu pour l’invisible est un malheur.

Watteau, le
Vol 40 pour
Cythère à cause du brouillard est annulé ; acceptes-tu, pour mon anniversaire, de peindre un autre amour ?
Il faut mêler

rêve et terreur, le meurtre et la mystique.
J’étais à
Saragosse un jour sans jour, où la pensée ressemble à ces moustiques qui vous crèvent les yeux.
Dans une cour,

vêtue de blanc, hilare, la marmaille découpait, sabre au clair, un vieux taureau.
Adolescents cruels, si je tressaille, c’est que nos jeux communs sont immoraux.

Faim d’absolu, comme une confiture que l’on étale sur son pain moisi.
Dieu ennemi de
Dieu, je n’en ai cure : être, pour moi, c’est rester insaisi.

Car je me joue à la roulette russe :

sang jusqu’aux murs, je sais que je me perds.

Je triche contre moi, la belle astuce :

il est sans roi ni cœur, mon faux poker !

Je ne vais pas à
Katmandu ; l’aorte

et la plèvre, je dois les explorer.

J’ouvre en moi-même une à une mes portes ;

ma chair protège mon instinct doré.

Freud au divan !
Le gros
Apollinaire à la chanson qu’il écrivait pour
Lou !
Je suis la lettre sans destinataire et je vous congédie, mes dieux jaloux.

Un abat-jour blessé, une commode où j’ai rangé quelques préservatifs, un livre nu, un oiseau à la mode, une caresse lente, un geste vif,

un vieux buvard qui rappelle une absence, un journal d’avant-hier, douze chapeaux mais il manque la tête, un air de danse, une philosophie à fleur de peau :

à la pensée je préfère l’outrage

et je vous interdis de protester !

Le subconscient n’est qu’un bout de fromage;

moi, j’ai perdu toute virginité.

Il faut haïr, et ma plume est méchante comme un renard.
Je t’offre mes jurons, femme qui m’intéresses par les fentes, idole à qui je prépare un affront.

L’homme est pour la nature une salive : il se fait tard pour un coup de torchon.
Mon attitude, on la veut positive ?
Venez, mes assassins : nous embauchons !

J’éprouve tant de mal à me comprendre, que j’en accuse encore l’univers…
Si vous grattez un peu, je suis si tendre et pur, sous la surface de mes vers.

Le vivant, le vécu ou le vivable. «
Alain, sois snob ! » me disait
Aragon.
La toile d’araignée, j’en fais ma fable.
La nuit, le jour : si nous les distinguons,

c’est que nous sommes dans l’erreur.
Verlaine claudiquait devant moi, pauvre clochard.
Vous m’offrirez ce pull-over de laine ?
Dans mon ricanement se cache un art.

Je voudrais être un peu de turbulence.
L’eau de
Cologne est douce à mon menton.
Cigarette ou whisky.
Je me dépense à devenir un objet de carton :

à qui m’achète, un service après vente garantit tous les jours ma propreté.
Azur, tu dois me verser une rente : sans ma chanson, serais-tu habité ?

Je suis un bout de plomb, une gazette qui se survit en perdant ses lecteurs, la clé sans cadenas, la prune blette que refuse en hurlant l’oiseau moqueur.

Un mécréant !
Mettez-moi les menottes.
Je vais sacraliser le tout-venant.
Voyez, l’antimatière, elle complote, et le neutron fait de nous ses manants.

Sois-moi fidèle, ô muse atomisée !
Mon embryon mûrit dans le formol, et je suis de moi-même la risée. «
J’aime les fous », dit
Nicolas
Gogol.

J’ai préparé un discours pour
Lénine ; ma tête roule : est-elle à toi,
Danton ?
J’ouvre un goulag pour les penseurs, vermine qui corrode l’albâtre et le béton.

Le dégoût, le soupçon, seules patries !
Il m’arrive de suivre un vieux canal ; mon cœur est mou, et les cerises crient dans le jardin au bien-être banal.

Amants perdus, fermez les dictionnaires : il est chômeur,
Fabrice del
Dongo ; et
Rodrigue, pompiste ou commissaire,
Français moyen, colporte les ragots.

Goethe, je crois, me devient inutile et je renonce à célébrer
Mozart.
Au fond de moi, je me découpe une île et je m’y cache seul.
Il se fait tard :

c’est qu’avec l’âge on devient un faussaire, à force de récrire un testament ; nul ne voudra le lire : on exagère son désespoir.
Je vais, me décimant

et découvre à ma vie une mesure de petite nausée.
Je suis poltron, j’ai peur, je rentre en moi et je ne dure que le soupir du chien devant l’étroit.

J’ai tout prévu : l’abcès, le cœur qui cède, l’hémiplégie, la lèpre, un prix
Nobel; rien en moi ne m’amuse : adieu l’aède !
Nous trouverons d’autres professionnels.

Mon
Ophélie, on change de théâtre.
Mon
Antigone, on brûle nos tréteaux.
Une biographie que l’on replâtre.
Ukase du pollen.
Second veto

du scarabée.
Fureur du chèvrefeuille.
Thomas
Mann m’a écrit : «
L’homme a rendu l’homme suspect. »
En vain je me recueille et cède à de nouveaux malentendus.

Il convient d’être simple : à chaque phrase il suffit d’un insecte et d’un pipeau, comme jadis car l’angoisse n’écrase que ceux qui portent l’enfer dans leur peau.

O clichés, lieux communs : la folle engeance !
Je reprends le poison et le fusil.
Chacun pour soi !
Je tue.
J’ai la malchance d’être à moi-même le bourreau nazi.

Mon âme aussi, on la nationalise, à la façon de ce chemin de fer, qui serpente là-bas sous les cytises.
Je ne suis plus
Roméo ni
Werther.

Le bifteck avant tout.
Je vote à gauche.
Je fais la queue devant l’éternité.
Tu me promets l’ivresse et la débauche, ô
République ?
Je vais t’exalter.

J’astique un vers, ma vieille casserole.

Je répare un sonnet, ce paravent.

Je suis un ébéniste et me recolle.

Je vous repeins quelques soleils levants.

Le pot de lait chez
Vermeer est mystique ; la mystique est chez moi un pot de lait.
Toucan, à qui faut-il que je t’explique : la merveille est gratuite ?
On se frôlait,

vodka en feu, dans les ports de la
Hanse.
Mensonges, souvenirs et faux baisers.
Un mort se lève, un pendu se balance; pour un fou rire on nous a tous gazés.

Je saute ainsi du coq à l’antilope.

Je n’ai jamais été l’adolescent

qui, boutonneux, s’invente quelque
Europe

où la pensée se lave dans le sang.

La sodomie.
Le contrôle des changes.
L’entreprise publique.
Les requins.
L’intérêt national.
Qui fait l’archange, fait la bête assoiffée.
Pour
Charles
Quint,

l’Empire avait de trop vastes frontières.
Mon univers à moi s’est rétréci.
La cocaïne rouge.
Un plant de lierre.
Un mot trop vénéneux.
Je suis assis,

décadent et multiple, sur moi-même, avec mes manuscrits pour m’étouffer.
Une attachée de presse.
Le système de
Descartes, pourquoi ?
L’autodafé.

Ode au corail.
Pavane à l’hippocampe.
Rondeau trop court pour la neige qui fond.
Puisqu’il ne peut voler, mon verbe rampe : on n’est pas compliqué chez les bouffons.

À celui qui veut vivre d’évidences, vingt-cinq ans de prison !
Un syndicat chez les ratons laveurs.
Trop de dépenses :
Molly,
Marie,
Minou,
Paule,
Erica.

Amis, divinisons la libellule ;

le pissenlit mérite un
Parthénon.

Je suis un taoïste, et je recule

au fond de moi, en refusant mon nom.

Je suis aussi le jouisseur, le pitre qui se mutile à bouche-que-veux-tu.
Mon poème indécent n’a pas de titre : il appartient à ceux qui se sont tus.

Ramasse-t-on la mûre et la méduse, le jour où le navire coule à pic ?
Devant la classe,
Arthur
Rimbaud s’abuse ; téléphonez, maître d’école, aux flics !

Je suis pour moi la plus dure menace : à aucun prix je ne dois m’accepter.
J’ai marché dans
Florence en pleine grâce.
New
York est mort sous mon ébriété.

Je ne veux pas de choix : mon seul message est dans le vin qui doit me transformer. Église, banque, on tournera la page : on ne m’a pas appris à mieux m’aimer.

Destin, hasard ?
Je ressens l’allégresse d’être l’écrit autant que l’écrivain.
Le
Mexique est pour moi la seule
Grèce, avec l’iguane au flanc de ses ravins.

Dieu m’envoie chaque jour des télégrammes : «
Sois plus aimable.
Stop.
L’homme a du bon. »
Il ne faut pas compter sur moi.
J’enflamme, j’agace, j’empoisonne : un vrai bubon.

Et pourtant, dans mon âme — ô mièvrerie ! — on rencontre un soleil qui n’a pas peur, un horizon qui n’a pas de scories, une plage sans fin où rien ne
meurt.

Pureté, mon démon, tu m’incommodes ; mon esprit te préfère un eczéma, la syphilis, le doute ou cet exode, police parallèle et cinéma.

Je suis le sac et la peau de banane.

Je suis le cric, le pneu et les dessous

que porte une prostituée, le crâne

de quelqu’un d’autre, une machine à sous.

Je suis le porte-plume et le bas-ventre, ne me demandez pas de qui ! la glu, le parapluie, le cercle sans le centre, le vieux fourgon, le livre le moins lu.

Je suis le cyclotron, la marchandise, le
Picasso volé, l’arbre tout nu.
Je suis la porcelaine qui se brise, le hold-up, la rançon et ce menu

qu’affiche un restaurant sur la colline.
Je suis le vide et l’espace comblé, le typhus, le cancer, l’aube câline sur l’océan, quand il secoue ses blés.

Je suis à pleines mains le seul non-être qui puisse proclamer qu’il se suffit.
Je suis le gant, la ceinture et la guêtre.
Je suis la tortue mâle du défi.

Alain Bosquet

Mars-avril 1983.
Paris.

 

 

A carreaux tiens-toi, t’auras du Coeur


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A carreaux tiens-toi, t’auras du Coeur

A me battre le clou, je la carène de la plante à l’épi. Les jours sans, quand tu vois à ne plus entendre la cloche de brume. Les autres aussi, mais si c’est le blues, faut régler le tempo comme on recale l’aqueux du chas pour aider le fil à repasser dedans. Rien ne saurait prêter à remarque quand du foie ça bile à te faire la langue vert de gris. La connerie ne limitant pas la vitesse de la bêtise, elle croît – c’est un comble pour de l’obscur – à la vitesse-lumière. J’lui disais des essences de bois à cabane. De l’exotique pour le santal qui dégage les bronches, au séquoia pour les boules. Vînt alors le vieux chêne, blasé de la justice à rendre genre dégobille. On lui pèle le gland avec la différence sociale entre l’yeuse qui garde ses feuilles vertes et le liège qui les perd mais reste fluctua nec mergitur. Alors  hésite pas à prendre du être. C’est le meilleur.Ma parole on doit savoir que l’injustice c’est ce qui nourrit l’homme. Tiens il te suffit juste l’écouter cinq minutes. Il va accuser les autres en ignorant totalement qu’il en fait partie. Une salope pire qu’une pute accro de la lime au trottoir des sous en mise tarifée selon le choix, sur place, dans la voiture, sur le ban contre l’arbre. Il en voit des terribles ce pauvre, écorcé au couteau pour un coeur initialé pour la vie qui va pas passer l’année. Ma parole si je mens…

La Parole

Ton vœu qui répugne à l’aisance d’une trame

appauvrie,
Balance entre deux morts.

Les marges se resserrent autour de ton lingot aride
Et déjà, le dernier refuge, le feuillage, flambe,

O ma parole en perte pure,

Ma parole semblable à la rétraction d’une aile extrême sur la mer !

Jacques Dupin

Sois belle et tais-toi. Non, dis tout et ne change rien à ton visage, la beauté c’est l’âme pas le corps tiré au canon. Les compliments de menteurs c’est pire que l’affligeant, c’est une injure. Quand le public se lève pour applaudir casse le prompteur. Artiste c’est pas se faire chanteur, écrivain, plasticien, jongleur, etc.. Artiste c’est savoir l’art de pratiquer avec maîtrise la connaissance approfondie que l’on a acquise en tant qu’humain en tout premier lieu et ensuite dans la profession que l’on a choisi. L’idéal de l’ensemble vivant, la voilà la Beauté où elle se trouve.

Niala-Loisobleu – 29 Octobre 2017

 

Un Tableau à Venir


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Un Tableau à Venir

Durant une précédente période on pouvait penser qu’une sorte de genèse en s’accomplissant , avait définitivement mis les choses en ordre.
La vie se manifeste en se faisant fête, certainement pas faite à l’avance.
Le bal de l’amour sort ses instruments et entraine la Muse à travers chants. C’est la forme du sentiment propre à l’artiste qui s’exprime dans sa force, et avec sa passion poétique. L’expression même de son écriture picturale.
c’est la percée de l’amer, le trou par lequel un nouveau et grand voyage commence.
Le rêve se veut la réalité vivante d’un amour absolu. Le tableau s’écrit à l’Encre  couleur de soi.

Niala-Loisobleu – 25 Octobre 2017

Le long des Quais 5


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Le long des Quais 5

 

En 1980, j’ai rencontré Francis Hardy, alors Député-Maire de Cognac pour lui proposer de m’occuper d’animation culturelle dans sa ville. De son accueil plus que chaleureux sont nés deux lieux d’animation. La Salamandre (Palais des Congrès), pour les manifestations d’envergure et le Couvent des Récollets pour les expositions personnelles.

Au terme de 53 ans de carrière artistique

je vais ouvrir demain ma dernière expo

dans cette salle du Prieuré des Récollets

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Alain DENEFLE dit NIALA

Artiste-Peintre et Poète

Né à Chelles (77) le 24 Novembre 1933

Fils de Louis-Michel DENEFLE, Peintre et Sculpteur

Ecoles Beaux-Arts et Estienne Paris

Sociétaire : Surindépendants, Violet, Indépendants, Artistes Français, Automne, etc…

Vit et travaille à Paris jusqu’en 1970

1ere Expo Paris 1954

Installé à Cognac depuis 1979

Médaille d’Or et d’Argent : Fédération Nationale des Beaux-Arts, Société des Artistes Français, C.B.A.P.C.,

et Villes de Strasbourg, Caen, Marseille, Avignon, Nantes, Cognac, etc…

Président du Cercle des Beaux-Arts Poitou-Charentes

Président-Fondateur du Salon des Vendanges de Cognac

Président-Fondateur de l’Atelier du Duodénaire

(Cours Adultes et Enfants)

Membre : Maison des Artistes, A.D.A.G.P., C.T.I., S.N.A.P., S.A.D.A.P.P.

Œuvres dans collections d’Etat, Publiques et Privées en France et aux Etats-Unis, Canada, Mexique, Angleterre, Hollande, Belgique, Allemagne, Norvège, Danemark, Suède, Espagne, Italie, Maroc, Japon, Indonésie, (Bali, Java), Asie du Sud-Est (Birmanie, Viet-Nam, Thaïlande), Inde, etc..

Dans la peinture figurative moderne, Niala est classé dans la tendance :

PEINTRES PRIMITIFS MODERNES

RECOLLETS 2017 AFFICHE