Sur ta hune, nous voici d’eux pas indignes


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Sur ta hune, nous voici d’eux pas indignes

« Et toi qui sais, Songe incréé, et moi, créé, qui ne sais pas, que faisons-nous d’autre, sur ces bords, que disposer ensemble nos pièges pour la nuit ?

« Et Celles qui baignent dans la nuit, au bout des îles à rotondes,

« Leurs grandes urnes ceintes d’un bras nu, que font-elles d’autre, ô pieuses, que nous-mêmes ?… Ils m’ont appelé L’Obscur et j’habitais l’éclat. »

[Du Maître d’Astres et de Navigation]

St-John-Perse – Extrait d’Amers

A bout de doigts, planté entre vert d’herbe et blanc d’écume, ourlé d’un blond sable , assemblé de planches tenues par des goudrons de carénage, tu fends l’azur de l’émail de ton sourire comme tu écopes le vide par une présence d’yeux-pelles. La marche-avant (redoutée des crabes) est gravée dans la parole graniteuse. La partie nerveuse apparaît sur la carte de nos allées et venues, toujours tracée d’un trait sécant. Là où le cercle médian propulse un rayon une aube tourne. Il ne suffit plus pour Nous de promettre. L’acte s’est immédiatement présenté comme seule preuve d’existence. Vivre une île c’est voir la masse porteuse de tous côtés. Plutôt que d’arborer des slogans en larges banderoles tapageuses ton féminisme garde son teint naturel par le maintien de sa culture. Une diversité de bon aloi faisant échec à l’unisexe à grande gueule. Le genre garde la qualité du germe. Les tomates cultivées en étages peuvent restées rouges c’est tout ce qui leur reste, la honte d’être sans goût porte à la confusion.

Sur ta hune, nous voici d’eux pas indignes…

Niala-Loisobleu – 27/09/18

UN PEAU PLUS LOIN


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UN PEAU PLUS LOIN

En grattant l’épisode au moment du mot à suivre, alors que le grand Jacques faisait ses adieux, j’ai vu venir l’écriture de ces paroles détournées du temps à remplir. On a des longueurs de bassin d’ennui phénoménales dans une seule journée en mauvaise compagnie. Du ton de voix qui monte on se couvre les oreilles  pour suivre sa pensée. La vie est un curieux assemblage de distances à rapprocher. A croire que la taille des bonnets change entre le saint du jour et ceux avec qui on ne fête rien à acheter. L’enfant dans son cauchemar accélère sa fuite et avance toujours de moins en moins vite. Au bout du lit en soupente, la table de toilette tient la cuvette et son pot sur les veines de son marbre de Carrare. Les pensées oniriques s’y caressent d’un gant qui éponge avec précaution, propre à séparer ce qui est à garder de ce qui est à nettoyer. Il faut chasser ces regards déplacés. L’image intime est saine. Elle n’a pas à craindre d’appartenir à certaines formes de maladie. Le cadre de Notre Jardin Bleu prolonge le tableau sans le limiter.

Niala-Loisobleu – 15/09/18

AUTREMENT


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 AUTREMENT

 

A l’aube, les yeux dans l’éboulis, le rai force
levier qui voit bien les cercles concentriques de l’épervier
il glisse à passer, en appui sur un minuscule caillou pour point de levage.

Le vent a sorti ses sorcières
un immense charivari claquemure, déracine et envoie les volets au rabat
corps à corps de l’allumage avec le coupe-circuit

Autrement ce qui oui fait non
l’ouverture tourne au double-tour
Autrement le soleil tombe à seaux
Autrement le baiser mord
Autrement l’arbre dressé s’abat de tout son long sur la voix
au tressauté de sanglots le sol déchire la clef de l’apporté

Et au bout d’une tuile romane l’arrondi se raidit à briser l’arêtier
un déversoir perforé de balles noie le chien dans le bond de son jeu
la marche-en-avant dévisse, désencordée de l’ascension
l’à-pic arrête le truc à plumes en haut du grand escalier

Autrement dit
Autrement fait
Le même geste a changé de sémaphore
Le même mot prend l’accent du tant qui fait

Autrement
assis sur le tapis
la main sur la manivelle
bleue
fait chanter la montée du chevalet
ô rangé
il était une foi les couleurs complémentaires…

 

En réponse: https://lireditelle.wordpress.com/

 

Niala-Loisobleu – 2 Mai 2018

LA BOÎTE A L’ÊTRE 37 – BON JOUR ALORS


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 37

BON JOUR ALORS

Des chemins d’eau sortent aussi bien des crues que des tarissements

le caillou ne trempe pas toujours au sel

et l’humide peut se cacher derrière la ligne de flottaison

non embusqué

juste le temps qu’il lui faut de sourdre à nouveau

A l’étiage mes pinceaux et moi

on a planté notre atelier-jardin

des iris au liseré du palier

quelques canards plus amoureux que jamais

et des ondes en ronds excentriques

Au vent

quand le temps est au souffle

la toile de lin bande des quatre coins

quelque nouvelle histoire d’amour

d’un jour de vie ajouté à la suite des autres

Ne sommes-nous pas la suite de nous ?

Bien sûr que si

et m’aime sans savoir écrire

Certains ont avec la craie leur langage

d’autres trouvent à tremper leurs mots aux éclairs des orages

plus enclins à faire tonner le ton

beaucoup se taisent à l’abri d’un pied de mur

monté en pierres de suspension

C’est ainsi qu’aux almanachs des sentiers on voit des oiseaux de toutes les couleurs

ils font le jour la semaine et les mois

chacun tout seul ou tous ensemble comme un kaléidoscope.

qui tourne en toupie

au son d’un orgue de barbarie

que des enfants percent pour y accrocher leurs rondes

Je suis enfant père

je suis le buisson la forêt et le désert

je suis la femme mère de mes landes et chemins douaniers

senteurs bruyères de mauves parfums où vient le sébum des racines

je suis rien qui sert je suis tout ce qui serre

Mes doigts braillent l’alphabet de ton émotionnel partage

lisant pore après pore le chemin de tes attentes

sans idées tordues

sans dessein indécent

que de la folie d’aimer

naïvement

infiniment

parce mon air à moi c’est de te respirer uniquement

Bon Jour alors !

Niala-Loisobleu

24 Octobre 2014

 

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LA BOÎTE A L’ÊTRE 36


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 36

LETTRES DE PANDORA 2

 

Bernadette Griot

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Minuit, Wellington

Ma chère Athéna,

Ce qui m’intéresse, c’est l’écart.

La distance entre deux lieux ; entre vous et moi.

L’écart entre deux êtres ou entre deux choses, dans son

apparence de rien, me paraît contenir tout l’or de notre désir, en

même temps que son ombre. Dans l’air, circule ce que le mental

projette ; on ne sait jamais d’où ça vient, et cela fait peur.

L’arrière du visage brouille le regard qui, pour se rassurer, préfère

endiguer plutôt que s’abandonner aux eaux du fleuve.

Plus que réunir, j’aimerais pouvoir traverser ce que le monde

sépare.

Mais je ne sais comment vivre cela.

Je vous interroge, Athéna, dans le silence des mots.

Pandora

 

A Barbara, quant à son genre d’écriture

Parti pour un bain de lumière, j’essaie de coordonner le mouvement de mes bras avec ceux de mes jambes. Savez-vous ce qui en blizzarde la progression ?

Je n’ai pas de partage avec la cynique attitude qui assure qu’on se noie à la première goutte d’ô. Et qui surnage avec assurance en se mettant des brassards de police secours.

C’est dans les petites lignes que sont tendus les rêts.

– Non Madame, rien chez-moi ne laisse croire que je suis oiseleur…

Réunir NOUS…sans toucher à ce qui fait notre MOI

et je ne crois en rien d’autre…

Niala-Loisobleu – 9 Novembre 2016/ 20 Avril 2018

 

 

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QUATRE HEURES DU MATIN


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QUATRE HEURES DU MATIN

 

La tranche d’épave, partie d’un débris qu’on traîne de soi, est là qui tire du lit son fond d’insomnie. Les loups veillent de leurs yeux brillants.

Flux et reflux, l’ô monte et descend en nausée les mots crus à tort par-dessus bord. Du tape-cul tombé un drap solitaire fait linceul sur la couche du gouffre.

Du haut de la vague on distingue l’écume préparer son avaloir la gueule grande ouverte où le vertige précipite.

La mémoire et l’amer reprennent place pour briser les reins du chantier en cours sur le front de mer…

Niala-Loisobleu – 4 Avril 2018

 

 

 

 

 

 

 

Créé d’Ô


 

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Créé d’Ô

Un matin chassieux qui souffre d’avoir la patte enlisée

s’étire lentement de la nuit.

Ce fut une nuit de chine où les ombres n’ont fait que du porte à porte

au lieu de dragons vomissant du feu des souvenirs défunts. N’en parlons plus, le lapin est cuit.

Mais que cette nuit fut proche d’un matin qui peine, noué aux non-dits

Quand mes rêves prennent la mer c’est pas pour aller à la pêche, mais avec l’intention d’aleviner.

toute la connaissance du noeud marin se met alors en attente de sa capacité à faire des entrelacs.

Le ciel d’amour ouvert

Une jarre plaine

Le ricochet traversant sa voix d’une rive à l’autre

 Ne pas être tendance, juste soi. A la mode qui vient sans besoin de marché. Une enfance passé cherche inlassablement à se rattraper. Les déviances guettent au bord de la route. La tentation du moulin où on se jette par dépit est dessus. Je suis androgyne par nature.

Pour apprendre, en partage de comprendre, de vivre fusionné, de tolérer plus loin qu’un genre.

Rien qui tende homo.

Je n’aurai fait que passer, restant cellule de l’ensemble si j’ai construit. Ce que mon père me donne à vivre a jamais été mort. Ce que l’on m’a privé d’avoir en l’ayant jamais né tape contre la cage de mon ventre pour accoucher.

Je veux être deux en un seul.

Niala-Loisobleu – 15 Mars 2018

Je t’en prie, surtout reste Femme !


 

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Je t’en prie, surtout reste Femme !

 

A l’écart des asphaltes, je marche dans la moiteur de son ventre de hautes herbes. Un coq sans clocher étiqueté d’une religion,  sonne ses seins à toute volée. Elle justifie ma voix contraire aux dires  des presses de la Cité. Dans ses hanches pleines, se forme le cortège du mariage adultère où l’Amour a banni les robes blanches à traîne et les redingotes à chapeau haut de forme.  Je retiens les fragrances du creux de ses aisselles  comme ce que le vent porte au coeur de la forêt pour l’assemblage minéral-végétal marqué des traces animales. Naturel en tout, m’éloigne de faire  usage de l’inépuisable arsenal du produit commercial de beauté. La santé des sens passe par leur maintien en bon état de marche. L’Esprit donne au corps ce qu’il possède d’Âme. Le regard plongé dans ce qui n’a pas à se cacher, permet de voir calmement la profondeur de ce qui disparait dans l’excitation sans frein du besoin possessif. Quel merveilleux langage elle m’inspire quand j’écoute son vagin  me dire dans le texte pourquoi on la faite Femme. Poésie, voilà tout ce qui fait chez moi la nuance entre L’animal et la bête. La différence n’a pas de prix, elle est ce qui se est de plus entier de Vie.

Niala-Loisobleu – 8 Octobre 2017

Fille ou Garçon ?


Fille ou Garçon ?

Juste un équilibre de brise tient la respiration de la jupe active. Elle sait que derrière la couleur je la regarde à l’intérieur. Matière à aimer, écrasant du poil au tour. Par exemple, la honte : suivre le Vermot au chevet pour s’instruire.

La torpeur que l’addiction du déodorant développe est visible au détachement des seins. Tous à genoux…oh non ! Le dernier bastion de résistance de la feuille de vigne . J’en ai vu qui ne permettaient plus de distinguer le genre. L’homo lave tellement. Mais que celui qui croirait que je suis omophobe se la batte au lavoir. Seulement un racé, je ne mélange pas la fiotte dans mon vers en vain. L’homosexualité devenue un dérivé de mode, est une déviance organisée par la politique du démembrement Tobira.

Laissez causer la nature, comme elle est dans sa profondeur, ne faites pas du bio dans le jardin de l’usine des colorants.

Niala-Loisobleu – 9 Septembre 2017

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MON LONG DU LONG


MON LONG DU LONG

La jetée étire le reste de la nuit vers l’interrogation factice du quotidien. L’embarcadère pour touristes vers les îles était une foi, dort encore dans un rêve à laver la voie . Dans quelques heures il y aura la queue pour embarquer. Les haubans s’en foutent des filles de joie des bars à marins. Ils gémissent de jour comme de nuit sans faire semblant de jouir. La petite lumière qui saute est bien tranquille à l’intérieur du phare. Tout en haut des escaliers, comme ceux où la Butte funiculait des battements de Bateau-Lavoir. Le tant où la bohème posait nue entre les mains de la couleur. Mon coeur et moi, nous sommes sortis du sommeil avant d’être étouffé par l’outre-noir. Cet hymne au désespoir qui rapporte. La joie ça coûte seulement. Comme le prix d’une vérité qu’il faut cacher. Tu t’y colles câlin-maille-art. Faut reconnaître sa soeur en fouillant dans la culotte du zouave, Le mariage pour tous c’est l’étroit mousquetaire d’une politique à la vue basse où tout le monde s’engouffre devant comme derrière. Les murs sans fenêtres ça n’accepte pas les appuis pour les géraniums avec les odeurs de roucoulements amoureux. En revanche ça cultive le pigeon au point que les évangélistes en sont dépassés. Vaut mieux se quitter que de vivre dans un paraître imposteur. Qu’est-ce que je pourrai faire de bleu sans l’amour qui le fait naître ? De l’autre-côté du mensonge l’herbe reste vers. Et le bois vert. M’aime la planche de cabane se fout du surf sur la vague de la dernière mode, tant elle sait qu’on ne sel pas un cheval à cru. La mer ne se montre qu’en plongée, en surface c’est que capitaine de St-Tropez. Je retourne au fond des plis d’accordéons, pêcher la nacre des chansons pour retrouver mon vrai Capitaine. Vos chagrins ne collent qu’à l’appeau. Je vis de sel de nos larmes, dans l’estuaire  de la douceur de ta côte sauvage ouvrant grand large.

Niala-Loisobleu – 10 Juillet 2017