J’AI LE COEUR AUSSI GRAND


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J’AI LE COEUR AUSSI GRAND

D’abord le galop des garennes

plus sauvages qu’une lampe de civet

près d’un livre pas en corps écrit

c’était lampion de la chanson de rues

le bagout du camelot vendant son sirop d’éternité

l’eau vivante du caniveau entre les jambes des quat’-saisons

bougnat sur façade

contre avaleur de couleuvre et sabreur de ragot

Les feux d’un réverbère prenant la voie fluviale

de l’éclusier

par la direction polaire de sa propre étoile

boussole de rêves boulimiques d’une géographie apprise chez Jules Ferry

entre deux éviers à faire la vaisselle

et un vers vide à remplir

sans jamais que mon coeur ne crise autrement que mis en étroitesse…

Niala-Loisobleu – 7 Décembre 2018

SOLILOQUE


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SOLILOQUE

En face de l’anse, les pêcheurs chargent leurs paniers d’un espoir répété chaque jour de la semaine. Sauf le dimanche de la fête de la mère où il l’honore d’un ex-voto, Un autre marmot viendra ajouter sa station au chemin de croix. Si on pouvait deviner, on serait mieux renseigné sur le plaisir du cadeau con fait. Vas savoir si le jour que la mer est plate, tout doit changer du fait des paires. Y a des matins où je me pose des réflexions existentielles si profondes que je crois être comme le gras du bouillon, Le seul à faire surface.

Niala-Loisobleu – 8 Août 2017

Je suis de Monts-Usés


Je suis de Monts-Usés

Ils sont de ma famille ces gens de rien-qui-se-fait-mousser, qui, depuis des millénaires, se sont accrochés aux à-pics de quotidiens sans pitié. Solidement encordés pour laisser à leur amour de la vie toute Liberté d’être. Dans la plus grande force nécessaire au moment le plus critique. Ce moment où le cerveau ne s’irriguant plus, envoie à tout le corps des messages d’arrêt. Plus du tout contré par le coeur, qui divague dans les lises boulimiques. Je suis de monts-usés, que la bêtise humaine a laminé de toute sa puissance lapidaire.. Lorrains par ma mère, auvergnats par mon père. Mon sang coule dans la seule ligne Maginot qui ait su repousser l’envahisseur sous quelque forme qu’il ait choisi. Ballons des Vosges sur la ligne de crêtes d’un Chemin Bleu, feux intérieurs de volcans usés seulement en surface. A quelle époque de l’Humanité a-t-on connu la félicité ? L’Homme ne fait allusion à l’esprit humain que dans ses discours, jamais dans ses actes. Son nombril l’en empêche d’une manière ou d’une autre, aidé en cela par le plus bel organe de mauvaise foi qui soit: sa fourberie. L’unité perverse se fait autour de lui. L’homme a toujours coupé des têtes dites ennemies en criant à la barbarie dans la rue, dans les tribunes, dans les écrits et pire du haut de prêchoirs placés au choeur de ce qu’il a eu la suprême hypocrisie d’appeler « lieu sacré ».

Et pourtant l’Espoir existe.

Bien sûr puisque c’est de la seule volonté de chacun qu’il devient réel et que ça n’a absolument rien à voir avec un foutu paradis mercantile offert dans un loto tenu par une mafia du temple., éleveuse de serpents.

Je suis donc c’est vrai de Monts-Usés qui contiennent le diamant, la Veine de la Pureté.

La tête dans le seau de la méchanceté je recrache le venin à la gueule du Monstre. Si je t’aime mon Coeur, c’est parce tu es la Beauté que la souffrance est seule à pouvoir créer. j’abandonne à la masse toute prétention de refaire le monde. Elle l’entraînera seule à sa perte. Sans qu’un instant mon cheval est cessé de tirer le sillon pour s’aimer.

Niala-Loisobleu – 1er Août 2017

 

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Rêve – Tamara de Tempicka

CHANVRE A LOUER


CHANVRE A LOUER

La pierre en pleurant

tisse t’hisse t’hisse

Un grincement d’os

vagabonde du néant

tu es seul à tenir l’apporte

Du champ bleu de lin

tire le chanvre de l’hôte

Oune dos tresse

la nappe envoie un carton d’invitation

Retire tes billes

le double-je n’est pas négociable.

 

Niala-Loisobleu – 7 Juin 2017

 

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