A UNE PERCHE SANS FIN


A UNE PERCHE SANS FIN

Henri Michaux

 

Je vois là-bas un être sans tête qui grimpe à une perche sans fin.

Tandis que je me promène, tentant de me délasser, d’atteindre ce fond de délassement qu’il est si difficile d’atteindre, qu’il est improbable, quoique ayant tellement
soupiré après, que je l’atteigne jamais, tandis que je me promène, je le sais là, je le sens, qui infatigablement (oh non il est terriblement fatigué), qui incessamment
grimpe, et s’en va grimpant sur son terrible chemin vertical.

Souvent il me paraît comme un amas de loques, où se trahissent deux bras, une sorte de jambe, et ce monstre qui devrait tomber de par sa position même (car elle n’a rien d’une
position d’équilibre) et plus encore par l’incessation de son dur exercice, grimpe toujours.

Pourtant de cette montée aussi je dois douter, car il échappe assez souvent à mon attention, à cause des soucis de toutes sortes que la vie a toujours su me présenter
et je me demande lorsque je le revois, les repères manquant complètement, s’il est plus haut ou, si loin d’avoir accompli des progrès, il ne serait pas plus bas.

Parfois je le vois comme un vrai fou, presque sans appui, grotesquement écarté le plus possible de cette perche qu’il hait peut-être et il y aurait de quoi, encore que l’espace
lui doive être plus haïssable encore.

Henri Michaux

 

La raison d’être fou, j’ai fini par la trouver dans l’équilibre de mon Moi respectueux et irrévérencieux. La société n’est pas franche elle est fourbe sans le moindre scrupule. Je dis les mots les plus crus avec une pudeur totale. Je n’exhibe pas une attitude de faire croire à tous les passants. Je ne me cache pas derrière mon doigts pou mettre la vérité à s place. Et pourtant je suis celui qu’on traitera de perverti, d’infréquentable, de malsain, tout sauf bourge…

Alors comment pourrais-je être autrement que lucide et fou à la fois ?

 

C’est comme l’intelligence, la folie, tu sais. On ne peut pas l’expliquer. Tout comme l’intelligence. Elle vous arrive dessus, elle vous remplit et alors on la comprend. Mais, quand elle vous quitte, on ne peut plus la comprendre du tout.

Hiroshima mon amour – Marguerite Duras

Niala-Loisobleu – 28 Mars 2018

TOI Debout en bouts Bleu et Rouge


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TOI

Debout en bouts

Bleu et Rouge

 

Montante comme un estran
de fort-coefficient

tenant son bas entre les récifs

 tu relies sans cesse avec moi

le titre du livre aux pages des deux rives

sans modifier les berges côté cour et côté jardin

Depuis les coulisses de ta loge à la scène

d’un solo-trombone des reins de l’exploit

d’une paire

de quarantièmes rugissants jaillissants de leurs bretelles

 

Niala-Loisobleu – 9 Janvier 2018

Illustration: Le passage Bleu (Cette intime vision) Niala

 

 

 

Un Conte de Loiso de Noël


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Un Conte de Loiso de Noël

 

Je me regarde assis, debout dans ma démarche, et vois couler les mots d’un bout à l’autre de la place qu’ils ont occupés à l’occasion qui leur correspondait.

Une petite-fille, des fourmis, une guitare et un foutu bordel de cigales à l’endroit d’un été. Contre le fil de la rivière, un prestidigitateur versé dans la haute-couture dessinait la poupée que t’avais dans  l’éclat des yeux. Du coup, voilà que le gel d’hiver demande au garçon de ressortir un parasol, pendant que l’anis  suce son vert. Il fait soleil comme quand d’amour le père Noël n’a rien à y foutre…les mots frappent à la porte de l’encrier, j’aime cette photo-montage merci, le papier d’emballage ne sera  pas nécessaire. La poupée est de chair, elle supporterait pas la cage. Non c’est pas de la Barbie.

Les magasins sprintent
plus que quelques heures avant ripailles

Sur mon frein tu vas et viens en prenant tout ton tant

Un pont ronronne tout contre la rivière
il fait le gros dos
c’est bon de laisser glisser les ronds dans l’eau

Entre des feuilles mortes, l’herbe s’est éveillée, elle a dessiné une robe de vie pour aller danser, sans perdre aucune de ses chaussures et sans demander une citrouille par téléphone. Elle a rejoint l’ailleurs, sans faire la vaisselle, ni balayer les râclures des mauvais esprits, après tout, les contes ça se règle mieux à l’amiable qu’avec huissier…Enfin je le croyais.

La vie est pleine de solutions de barrières suspectes. Les passages à niveau m’en parle pas. Les sabots que nous avons taillé au canif de nos rejets des conventions devraient éviter les blessures aux pieds. Rappelle-toi au moment où nous avons allumé le feu dans la cheminée, le bois venait d’être livré par un train électrique sortant d’un tunnel à toute vapeur. La flamme qu’il avait mise dans le battement de coeur du gosse aux pieds nus, nous a semblé lui avoir ôté la gelée des pieds. Pour les chocolats et autre poularde grasse on a pas cru bon d’en faire une priorité. Les oranges ont l’inégalable en matière de sensation. Parce que nous nous sommes attachés à ne jamais faire de notre vie une prison. Cette nuit les rennes rejoindront l’étable des rois de la carambouille, un chinois à la guirlande fera cramer le courant pour que  personne ne touche à ton rêve mon Petit Enfant.

Niala-Loisobleu
24 Décembre 2017

Course à Pieds


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Course à Pieds

Le ciel clignote

tes cheveux sont de mèche avec le vent

je vois qu’ils courent d’un trottoir à l’autre

Je me suis éveillé

une pierre de lune dans l’escalier

quand j’ai ouvert la porte à mes souliers

par un trou entre deux arbres

un poisson-volant est entré

Il m’a dit Bon Jour

viens je t’emmène nager

Nous avons laissé la voiture attachée au ruisseau

puis à cheval nous avons pagayé

ta blondeur ondulait comme un chant de blé

 

Sang pour sang

Le cheval d’abord

le poisson-volant ensuite

et moi pendant.

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2017

 

CE MOMENT LA VENU


CE MOMENT LA VENU

C’est à ce moment là que je me sépare pour me doubler. Rond-point bretellé d’étoiles, avenue du cosmos, boulevard des rimes, voie d’ô. Provence, fifre et tambourins, j’ail ici  mieux qu’en endroit recommandé

A-pic abyssal, le Minotaure sort ses crocs aux vitrines du Dédale. Rougeoiement des rétines, point fixe de la cécité, un zèbre de feu vient de déchirer le ciel. A mes genoux les rotules des locomotives traversent la Crau, ormeaux hérissés vers les éclairs ouvrant l’invisible chemin à suivre. Entre deux rives je me lève Pont Langlois de haut en bas.

Comme ailes j’ai trouvé qu’à tout prendre un fou ne peut avoir d’autre asile que celui de son poitrail dégrafé. Les iris à Vincent dresseront nos cris hors de la culotte des ronces

Dans l’angle de deux murs une fenêtre bat aux tempes de mes délires. Dressés au départ du lointain Les Alyscamps alignent les repères de mes nécropoles, pierres qui parlent du cimetière de Trinquetaille.

J’ai trempé de semence les toiles de mon lit. Renversé les meules de ma chaise de paille. Retourné le miroir de mes attentes. Damé les coquelicots de mes tomettes. Et toujours ce soleil qui brûle mes nuits. Sillonne mes godillots au pavé d’Arles. J’ai mis tant d’appareillages aux barques des Saintes-Maries, que je roulotte aux lignes de mes paumes ouvertes sur les guitares des gitans.

C’est à ce moment là, qu’en campagne sur la Promesse, j’accouche de mon 3°.

Niala-Loisobleu – 29 Avril 2017

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CONFESSION D’UN FOU A SON PSY…Extrait


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CONFESSION D’UN FOU A SON PSY…Extrait

En hommage à Vincent Van Gogh

.

Pour une fois, je vais prendre la parole sans considérer cette faculté naturelle comme une automutilation que je m’inflige pour rajouter du mordant à l’intensité des émotions générées par mon combat psychique quasiment quotidien. Laissez-moi parler, docteur, il y a un conflit ondulatoire qui s’éternise dans mon être sans cesse envahi par des ondes antagonistes qui cherchent à s’y évincer réciproquement. Je regorge d’impertinences et deviens hutin et pugnace devant celui qui se permettrait l’audace de me reprocher mon raffut.
Je ne suis pas qu’un être physique ou simplement un corps matérialisé sur un sol florissant d’énergies lourdes, mon âme est insondable. Vous tentez à chaque fois de numériser mes neurones alors que pour vous, depuis longtemps, amour et humanité ne sont qu’incompréhension ? Vous allez feutrer les poils de ma peau à vouloir cerner le côté délictueux de ma personnalité ; nous ne sommes pas frères d’une même lumière, télétransmis dans la même sphère cérébrale par une même affinité neurotrope. Quelquefois, vous opérez dans un commerce pitoyable pour répondre au mieux à mes hallucinations innombrables, amusées par mon ardeur de jouet épidermique. Quand j’aime, je ne dis pas que l’amour est à moi pour laisser à la haine l’instinct le plus élémentaire. Ma musculature affective ne relève pas de votre sensibilité, je suis un phénomène opératif capable d’agir et de produire une semblance de lui-même à l’état sobre et pur.

…/…

Vous me dites schizophrène, je vous le concède. Je suis un schizophrène conscient de sa schizophrénie et pour se plaire à l’avouer, il faut endurer des pluralités d’insomnies ; il faut tirer à bout portant sur l’érudition des pudeurs à la condition livresque et tant pis si elles en seront affectées. C’est vrai, je perds quelques fois toute notion d’espace et de temps et mes cheveux blanchissent prématurément à quelques endroits de ma palette mais rien de ce que vous pensez saisir de mes délires ne peut aboutir sans ma participation. Ma lucidité a le mérite d’être cyclique ; elle est élastique ; elle reprend à chaque fois sa souplesse d’origine après avoir été contractée. Laissez-moi parler, cela va vous éviter de procéder au téléchargement de mes pensées par effraction, sans crypter les codes de mon homéostasie subrepticement modérée dans un équilibre respiratoire devant lequel votre compréhension risque de déchanter. Nuages, froid, sexe, extase, cauchemar, craintes, surprise, joies, tristesse et sommeil ne sont pour moi que pétarade d’étincelles dans un douillet d’amour et de vin. Je me fustige inlassablement de rimes colorées comme une prime de ma propre colère où nichent mes plaisirs ailés et je m’enivre d’espoir alors que s’étrillent mes miroirs aux pastels de pluie dans le faubourg des indifférences qui m’ont déjà muté au nu vain et stérile.

…/…

À force d’avoir bu tant de douleurs, il y a des orages dans ma bouche et mes mots tempêtent comme de fortes précipitations de soupirs expectorés en signes persistants de délivrance

…/…

Patientez, docteur, ou alors, mettez-moi un oreiller sur la bouche et quand bien même, mon cri surgira de manière à m’extraire des absurdités paradoxales de la morale. Élu par mes nuits mandataire idéal de l’errance dont les chenaux m’ont ordonné label incontesté de la navigation entre les iles, transcendant les points de chutes, je porte mes jours comme un faix d’orgueil avec le vœu de rester libre dans ma raison jusqu’au trépas

…/…

Je suis d’une douleur particulière, ma prose sur la paix n’est pas un âpre chant de désolation que la raison des autres m’impose avec la mystification de ses bruits au goût effréné du bavardage. Dans le souterrain de mes longs soliloques intimement rageurs, les autres pensent dénoter une altération pathologique de mes facultés mentale et je m’en fous. Etre incompris je l’admets, être confondu, je refuse. Il est inutile de me condamner aux partitions des autres pour mériter l’état normal. Je m’interdis obstinément la moindre joliesse acquise sans bouleversement des codes et sans habilité. Ma prose sur la paix est un chant rugueux et touchant d’où émerge la vitalité contagieuse des insoumis dans l’exaltation de mes émotions intenses poussées au paroxysme sans endommager mes urgences. Mais, hélas, on est fou dès qu’on s’écarte du convenable dans les normes sociales dominantes comme des herbes qui croissent en désordre, en abondance et au hasard.

Un homme qui s’exclut de la morale des autres se mutile et qu’importe si ses yeux se dépêchent de regarder ailleurs. Il tombe comme un vieux enclin à la peur de mourir brusquement sans pouvoir dire adieu. Je me crois en enfer, peut-être que j’y suis ? Parfois, je procède à une analyse méthodique de mon cerveau, comme pour la défaillance d’un logiciel mais ma raison persiste à disséquer les particularités de ma folie qui se succèdent avec envie de me déchirer. Devenir fou, c’est ne plus s’appartenir, c’est se désincarner psychiquement pour n’être plus rien ni personne, ou alors, juste un cri d’une libellule qui lentement s’étouffe dans le souvenir des autres…

…/…

Je ne suis ni tristesse ni ennui, docteur, ni l’arrière-gout des joies dans un monde supra sensible des aisances. Vous ne connaissez comme réponse que l’action périphérique pour agir sur l’esprit. Je suis fou parce que vous ignorez les vertus de la parole, Je suis le fou qui s’identifie volontairement au cheval mal traité de Nietzsche parce que je parle de la beauté dont la sensitivité sacrée s’insurge jusqu’à nous soustraire du relief contrefait des interdits. À moins que vous ne soyez chapardeur des expériences essentiellement sensorielles des autres, la beauté peut vous aider à évacuer vos ruminations sur la cohésion de l’être et de son esprit. La beauté déclenche l’offensive de la poésie. Oh, la poésie, voilà le corpuscule d’une extrême ténuité, docteur, qui restera de nous quand sonnera la fin des fins, n’en déplaise aux moralistes ringards qui s’effectuent d’un point aveugle sans le savoir.
On ne dégage pas de la poésie comme on éructe par effet de contre sens à son être. S’engager dans la poésie, c’est avoir l’exceptionnel privilège de réinventer à chaque fois les eaux de son bain, avec des ondes justifiant les effluves de son vin où le jasmin trouve intacte la tonalité de ses enchantements en fureur qui écorchent les inquiétudes et dépouillent le silence de ce qu’il a de féroce. Sinon, on se donne genoux à terre aux idoles qui fomentent des cendres dans nos volontés et de l’acide pulvérisé dans nos idées. Je ne collectionne pas les psys ni des idoles afin d’en faire des calmants ou des expédients à mes peurs soudaines, j’ai du gout pour l’audace. Par contre, je voudrai bien m’offrir les idoles des monarques et celles des psys mais il faudrait qu’elles m’appartiennent, qu’elles soient entièrement à moi et j’en disposerai à ma guise avant de leur cracher dessus pour conjurer mes craintes et réconforter ceux qui s’agitent dans la colère des incertitudes.

Vous vous voulez spectateur de ma vie que vous décortiquez dans une tentative désespérée de me reconstruire artificiellement dans l’illusion d’une réalité. C’est donc dans le sentiment chronique de ma dépersonnalisation que vous expérimentez vos propres doutes métaphysiques afin d’actionner vos mécanismes d’acquisition de connaissances qui servent de référentiel psychotropique à vos histoires sur le psychique alors qu’inversement, il n’est que le pendant intérieur de votre déréalisation. Oui, docteur, l’usure des lèvres étanchées me font encre rouge qui sèche sur une plume irritée contre les brises légères des dieux pénates aux revers déplaisants.

Ne cherchez pas dans mon subconscient, docteur, l’estampille de l’irréalité. Dans la grisaille de vos notes à mon sujet se succèdent mes graffitis de sueurs dans lesquels vous percevrez l’écho renvoyé par mes désirs dans une symphonie de rupture où mes lutins intérieurs ont posé leur dernière pierre. J’ai des folies en réserve alors que mon esprit n’est point une idée préétablie en dehors du rationnel et mon âme n’est pas une esbroufe soumise à la psyché inclinable des carabins caressant les horribles sorts.

…/…

Vous cherchez toujours un accès à mon cerveau ? Faites gaffe, il vous sera plus difficile d’en sortir que d’en forcer l’entrée. La localisation physique de mes sentiments est une équation à plusieurs inconnues, elle sème le déséquilibre. Je ne suis pas un être soumis au calcul algébrique dans une méthode de géométrie variable. On n’entre pas dans la chambre de mon hypothalamus comme on va à l’offertoire des messes où les idoles sont rentables, où les dieux païens habillent Jésus d’un sentiment d’appartenance, développé pour actionner les revues destinées aux grands spectacles de la crédulité. Au risque de me dévoiler bigrement névrotique dans la blancheur crue des sunlights de la physique, je peux faire danser Bouddha à vos pieds dans une longue jupe de tartan sous le rythme aigu d’une chanson raï. Je suis ainsi, pire que moi-même. Je ne suis pas fou, docteur, je ne suis qu’un incrédule.

DJAFFAR BENMESBAH

Source Emmila Gitana

https://fr.wikipedia.org/wiki/Djaffar_Benmesbah

Quelle lumière pour les cellules grises ! Prodigieux, je n’aime pas, je partage, parce que je comprends votre malheur de vivre dans votre petit mouchoir qui pleure…

Niala-Loisobleu – 24 Mars 2017

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Hommage à la Femme Kabyle – Djaffar Benmesbah

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OLFACTOIRE DESSEIN


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OLFACTOIRE DESSEIN

Collé

à vide

à ton

trou de serre hure

plein

de

mon long cours

tous

voiles dehors

j’hûme

et

langue

ce

barbu bleu

où je

conte

bien

mettre ma clef

au

trousse ô

enjeu de la mourre

ambidextre

L’Art est amour fou, seule définition sensée de la vie

Niala-Loisobleu – 22 Février 2017

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Biographie d’Egon Schiele (1890-1918)

Egon Schiele : Peintre et un dessinateur autrichien né le 12 juin 1890 près de Vienne, décédé le 31 octobre 1918 dans la même ville. À la naissance d’Egon, la famille Schiele loge un immeuble situé près de la gare de Tullan. Le père, né à Vienne, est chef de gare des Chemins de fer d’État. Son propre père, pionnier de la construction des chemins de fer, avait participé à la réalisation de la ligne ouest entre Prague et Cheb. La mère de Schiele, née Soukupova en 1861 à Krumlov, est issue d’une famille de paysans et d’artisans de la Bohème du Sud. Egon grandit auprès de ses deux soeurs, Mélanie et Gertrude – l’aînée, Elvire, étant décédée en 1893.

Dès l’enfance, Egon Schiele marque un vif intérêt pour le dessin, auquel il s’exerce régulièrement. Sa scolarité se déroule successivement à l’école primaire de Tullan, au collège de Krems, et au lycée de Klosterneuburg. Dès 1905, année du décès de son père, il exécute ses premières peintures, notamment des autoportraits. Le décès de son père ternit sa jeunesse et lui procurera une vision du monde sombre et torturée. Son oncle, ingénieur et inspecteur supérieur des Chemins de fer d’État, devient alors son tuteur. S’appliquant à respecter les intentions du père d’Egon, il tente, sans succès, d’orienter le jeune garçon vers une carrière dans les chemins de fer, à l’École Polytechnique Supérieure. Cependant, avec l’accord de sa mère et l’appui de son professeur de dessin, Schiele entre en 1906 à l’Académie des beaux-arts de Vienne. Il y apprend la peinture générale auprès du professeur Christian Griepenkerl, peintre académique conservateur. La relation entre les deux hommes s’avère difficile : Schiele, ne pouvant plus supporter la tutelle académique de ses maîtres, quitte l’Académie, suivi d’amis partageant les mêmes convictions.

Première expérience artistique

Il fonde alors le Seukunstgruppe (Groupe pour le nouvel art), se faisant ainsi remarquer par Arthur Roessler, critique d’art du Journal Ouvrier, qui deviendra durant les années suivantes son principal protecteur. Parmi les membres de ce groupe, se trouve Anton Peschka, que Schiele a rencontré à l’Académie. Leur amitié jalonne la vie de Schiele : chacun appuiera l’autre pour promouvoir leurs premières oeuvres, et Peschka épousera en 1914 une des soeurs d’Egon, Gertrude.

Schiele découvre à Vienne un art différent lors d’une exposition d’artistes du deuxième mouvement de Sezession (Sécession en français), plus proche de l’Art nouveau. Âgé de 17 ans, il rencontre en 1907 Gustav Klimt, alors âgé de 45 ans, en qui il reconnaît son modèle et maître spirituel. L’admiration est réciproque entre les deux artistes.

1909 voit la première participation de Schiele à une exposition publique, à Klosterneuburg. Il présente la même année ses oeuvres à l’Exposition Internationale des Beaux-Arts à Vienne (l’Internationale Kunstschau), qui lui permet d’établir ses premiers contacts avec collectionneurs, éditeurs et aussi architectes – tels qu’Otto Wagner et Josef Hoffmann. Ce dernier dirige alors L’Atelier d’art de Vienne, fondée en 1903, visant au soutien des arts et de l’artisanat, pour laquelle travaillera Schiele en 1909 et 1910. Notons qu’une des plus importantes commandes qui lui sera alors faite, ne sera jamais réalisée : le portrait de Poldi Lodzinski.

Indépendance vis-à-vis du Jugendstil

Si à ses débuts, Schiele reste proche du Jugendstil (nom donné au mouvement Sécession en Allemagne par la revue Jugend), il prend peu à peu ses distances. Il peint alors de nombreux portraits d’amis et autoportraits, qui sont exposés dans de nombreuses galeries autrichiennes et allemandes : à la Maison d’exposition de Budapest, avec le « Groupe du Nouvel Art », chez Glozt à Munich, avec les artistes du « Cavalier Bleu », et à l’exposition du « Groupe Particulier » à Cologne. La critique est partagée, une petite partie seulement de l’opinion reconnaissant son talent, l’autre part allant même jusqu’à qualifier ses oeuvres « d’excès d’un cerveau perdu ». Il adhère en 1911 au groupe « Sema », de Munich, auquel appartiennent déjà Klee et Coubine.

Il rencontre en 1911 une jeune femme à la réputation sulfureuse, Wally Neuzil, déjà modèle de Klimt, qui devient son propre modèle et sa compagne. Tous deux emménagent en province, à Krumlov, près de la Vltava, en Bohème du Sud (aujourd’hui République Tchèque). La ville met alors à sa disposition sa plus vaste salle pour qu’il y a réalise ses grands formats. Cependant, les habitants de Krumlov manifestant un antipathie de plus en plus marquée pour la vie et les toiles libres de moeurs de Schiele, l’artiste se voit obligé de quitter la ville, pour s’installer avec sa compagne aux environs de Vienne. L’accueil de l’artiste n’y est guère plus ouvert : la profusion des dessins à caractère érotique de Schiele, couplée à des soupçons de détournement de mineurs à son encontre, conduisent à son arrestation en 1912, ce qui lui vaut de passer vingt-quatre jours en prison, pour outrage à la morale publique. Certaines de des peintures, majoritairement des nus, sont confisquées par le tribunal départemental. L’une de ses œuvres les plus célèbres de cette époque est Le Cardinal et la nonne, paraphrase expressionniste, provocatrice, du Baiser de Gustav Klimt.

En 1913, Schiele rompt avec Wally Neuziel, et voyage dans les Carinthes et à Trieste. Il loge quelque temps chez sa mère à Vienne, avant de trouver un atelier sur la Heitzingerstrasse, au n°101, où il travaillera jusqu’en 1918.

Reconnaissance internationale

La renommée de Schiele s’accroît progressivement hors d’Autriche. En 1913 et 1914, il participe à de nombreuses expositions internationales : Budapest, Cologne, Dresde, Munich, Berlin, Düsseldorf, Bruxelles, Paris et Rome. Il est exposé pour la première au pavillon de la Sécession. Entre 1913 et 1916, il publie ses oeuvres et poèmes dans l’hebdomadaire berlinois Die Aktion. En 1916 sera publié un numéro spécial intitulé Cahier d’Egon Schiele, avec ses dessins et gravures sur bois. Schiele consacre ainsi son été 1914, auprès du peintre Robert Philippi, à l’apprentissage de la gravure sur bois, ainsi que l’eau-forte, suite à une recommandation de Roessler, qui espérait en tirer de meilleurs ventes. Cependant, Schiele abandonne rapidement ces deux techniques, les trouvant trop lentes à l’exécution. Il se consacrera au dessin et à la peinture, excepté deux autres lithographies en 1917.

Dès 1914, l’artiste se lie d’amitié avec les deux soeurs logeant en face de son atelier de la Heitzingerstrasse, Adèle et Edith Harms. Sur l’intervention de certains personnages reconnaissant son talent, il est dispensé du service armé, et fait son service de guerre dans l’administration. Il peut ainsi continuer de peindre, et d’exposer en Autriche, Allemagne, et Scandinavie. Quatre jour avant son service de guerre, il épouse Edith Harms, de trois ans son aînée, le 17 juin 1915, inaugurant ainsi une période moins tourmentée de sa création. Le 21 juin, il commence son service à Prague, accompagné d’Edith qui s’installe à l’Hôtel Paris. Elle le suit aussi à Jindrichuv Hradec, où il suit son instruction de base. Schiele est ensuite placé aux environs de Vienne comme soldat de garde, et obtient la permission de passer son temps libre dans son atelier à Vienne. À partir de mai 1915, il exerce la fonction de clerc dans un camps de prisonniers, en Basse Autriche, où il réalise quelques portraits d’officiers détenus. Il est transféré en 1917 dans l’Intendance impériale et royale de Vienne.

1918 : Dernières œuvres et décès

Le 5 janvier 1918, décède Klimt, dont Schiele exécute un portrait sur son lit de mort. En mars doit se tenir la 49e exposition de la Sécession viennoise, devant être présidée par Klimt lui-même. Schiele se charge alors de l’organisation, et propose une affiche, intitulée La compagnie à la table, le montrant entouré d’amis peintres. Il expose 19 huiles et 29 dessins (dont une grande partie est réalisée à l’aquarelle), dans la salle principale du pavillon de la Sécession. L’exposition rencontre un franc succès : une part importante de ses oeuvres est vendue, et Schiele obtient des commandes de portraits de personnalités, ce qui lui permet de louer un second atelier pour ses grands formats, rue Wattmann.

Le peintre n’a pas le temps de réaliser la plupart de ses commandes : le 28 octobre 1918, sa femme, alors au sixième mois de sa grossesse, décède de la grippe espagnole, qui se répand alors dans tout Vienne, et fera des millions de victimes en Europe. Egon Schiele meurt de la même maladie, trois jours plus tard, le 31 octobre 1918.

* Biographie Wikipédia. Présentée par Stéphen Moysan.

La Boîte au l’Être 9


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La Boîte au l’Être 9

ATLANTE IDE

Le sable étendu aux plis du désert

souleve ses épaules à la vue des chameaux

Les yeux enfouis dans toutes les directions

il se dit

– Où que je regarde je ne vois que des bosses

pourtant mon Ami le vent

n’ignore rien de mon penchant à mettre les choses à plat

– C’est vrai mais tu rêves trop, me répondit-il en m’envoyant une poignée de grains dans les yeux

– Vois les choses en face

tu crois qu’il suffit d’être naturellement bon pour que le tant soit beau

c’est pas parce que tu vois le vrai apparaître en dépit des efforts du faux pour paraître

que tu vas initier un autre art de vivre

Cette manie des hommes de faire la roue

elle n’a nul besoin de la générosité

Tu donnes ils prennent

la simplicité ne mène à rien

le compliqué voilà comment l’homme se fait paon

et il adore

Le voilà devenu héros

Les grands mots du Je au nom du Nous

tu parles

c’est l’incroyant qui se devient dieu tout seul

de sa main

réflexe inconscient du mortel qui veut gagner l’éternité

Moi moi moi

c’est bien vrai ça que nous sommes tous égo

Le sable tournant le dos au sot

pris l’appel

et d’un élan du coeur

plongea dans la mer

en laissant les châteaux aux assauts de l’ô

Aux fonds du fond de moi

j’écoute la voix du Capitaine

sortir de son enfoui sous la mer

et lui réponds

Petit-Frérot je te l’avais montré que le bien n’appartient  qu’à soi-seul , que ce n’est pas une exhibition pour que ça rapporte, que le salaire peut en être la peur, que faut donner du dos à grands coups de reins pour en jouir d’Amour Bleu autrement que de pu teint.

Niala-Loisobleu – 25 Février 2013

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JE SUIS LE CHANCRE PIGNON


JE  SUIS LE CHANCRE PIGNON

A saute-mouton du dernier trio du vague

alors que l’amer s’entre-déchirait

un premier réflexe étincela en un éclair l’engourdi de ces ciels de traîne

Cessant de se demander la sempiternelle réponse

d’un lob réussi

il plaça la question au poteau rose

Ah le voir sourire

non de diou

ça vous change tout d’un cul

comme si d’être fendu

c’était plus inné qu’acquis

Et puis debout

on voit son visage

sorti de la paille

qui

en l’absorbant en faisait l’accusé d’assises

qui a pas dit toute la vérité

Viens saute

rebondit

éclate

danse tango-tango

et devient la boule du bande aux néons

l’éperon qui tape au fond

J’ai toujours eu l’esprit qui fit celle

enceinte d’un ballon

Mais à les entendre se gausser je me serais trompé

épris dans mes propres barbelés

l’utopique coquelicot assiégé par les engrais

A deux mains

aujourd’hui

vas-y ducon chante ave aria !

Niala-Loisobleu – 17 Août 2016