ESPACE ONIRIQUE


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ESPACE ONIRIQUE

La voix prise entre couloir et pièce d’à côté surveille la porte en retenant son volume, pourtant elle ne pense qu’à l’envie de s’exprimer librement. Cet endroit est un placard qui empêche de rejoindre le coin de cabane que la campagne tient sans laisse.

Quelques pas  pour sortir  rejoindre les oiseaux qui chantent sans attendre une autorisation. La nuit semble avoir à se partager entre le permis et l’interdit.

Les matins où la voiture n’est pas impatiente de vous emmener aux taches quotidiennes, tempèrent la vitesse du vent et le froid des courses contre la montre. Chaque instant peut donner plus de concentration, l’endroit où l’on va sans besoin d’ouvrir les yeux sort des virages dangereux.

Il y a cette façon bien à soi de regarder le mur d’en face qui fait apparaître un long couloir ouvert.

Dehors la mer à deux pas se balance.

Des femmes en robe à traîne longent la voie ferrée, la Petite-Fille sort du sarcophage  ouvert sur le quai. Il fait une ligne vive d’eau qui coule  au creux de la main.

Illustration: Paul Delvaux

Niala-Loisobleu – 23 Octobre 2018

LA RIVIÈRE ENDORMIE


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LA RIVIÈRE ENDORMIE

Dans son sommeil glissant l’eau se suscite un songe un chuchotis de joncs de roseaux d’herbes lentes et ne sait jamais bien dans son dormant mélange où le bougeant de l’eau cède
au calme des plantes

La rivière engourdie par l’odeur de la menthe dans les draps de son lit se retourne et se coule Mêlant ses mortes eaux à sa chanson coulante elle est celle qu’elle est surprise
d’être une autre

L’eau qui dort se réveille absente de son flot écarte de ses bras les lianes qui la lient déjouant la verdure et l’incessant complot qu’ourdissent dans son flux les algues
alanguies.

Claude Roy

PANNE DE SEXE HEUR


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PANNE DE SEXE HEUR

 

N’importe comment déshabillée l’oreille louche comme si le né aurait tenu à la petite écuyère en argent

l’amer monte, le safran s’échappe, renversant la coque au gouvernail démâté, Moby Dick je t’aurais, crie le vitrier en remontant le trottoir

lasse la rampe laisse choir

l’escalier rétrécit, rien à faire le truc en plumes est en manque de largeur, la nuisette n’a pu empêcher qu’un poil se marche sur la langue

quand les yeux se sont éteints, une panne de sexe heur a soufflé sur la flamme genre saut d’eau pour décoller les chiens en proie à jouer dans le rut

Comme un oiseau que le vent a mis au bord des rives paisibles de la Charente, un reflet joue du cornet chocolat-vanille, se remplir la barbe d’un parfum commun à la route de la soie

Délice d’hâler cru nu bord de mer sans besoin de gilet…

 

Niala-Loisobleu – 22 Juin 2018